Urbanisme
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Alors que la crise du logement s'aggrave et que les promoteurs s'inquiètent de leur propre survie, une question demeure : et si le problème venait de ces professionnels de l'immobilier ? Cet ouvrage ne propose pas de sauver la promotion immobilière, mais d'explorer ce que la ville pourrait devenir sans elle. L'auteur prend ainsi le contre-pied des arguments couramment mobilisés par les organisations professionnelles du secteur pour sortir de la crise immobilière actuelle. Il explique que le fond du problème est la marchandisation et la financiarisation du logement, dont le promoteur immobilier est la cheville ouvrière. Une approche historique permet de voir que le métier est plus récent qu'on ne le pense et d'aboutir in fine à la nécessité et aux modalités concrètes d'une démarchandisation de la production des logements.
Cet ouvrage traite des transformations des villes arabes au contact de la modernité (XVIIe-XXe siècle). Il aborde les processus de modernisation qui ont touché l'urbanisme et l'administration des villes, notamment à Alexandrie, au Caire et à Beyrouth, et rend compte de l'influence des élites citadines et de leurs positionnements par rapport aux influences européennes. Ziadeh relie la modernisation des villes aux campagnes militaires européennes visant à prendre le contrôle des pays de l'Orient arabe et propose une réflexion sur la Modernité en s'appuyant sur des comparaisons entre villes occidentales et villes arabes.
Les sols remontent en surface dans les débats sur l'aménagement de nos campagnes et de nos villes. Étalement urbain, disparition des terres agricoles, raréfaction des ressources, érosion de la biodiversité, pollutions sont autant de sujets d'actualité dans lesquels les sols jouent un rôle prépondérant, souvent à leur désavantage. Cet ouvrage s'interroge sur ce que sont les sols et en particulier les sols urbains. Le rappel des alertes qui ont été émises au fil du temps éclaire la situation actuelle. Les débats sur l'objectif de Zéro artificialisation nette (ZAN) doivent-ils être compris comme une menace pour l'urbanisation ou au contraire une opportunité de rebattre les cartes ? La désimperméabilisation des sols n'est pas seulement une opération technique, elle est aussi une façon de considérer les sols pour ce qu'ils sont, de mieux les comprendre et d'aménager autrement. L'histoire du projet urbain indique que des pistes existent afin d'imaginer de nouvelles formes urbaine pour enfin donner toute sa place à un urbanisme des sols.
Un plaidoyer pour la beauté accessible à tous ! Dans un monde en mutation rapide, où l'urbanisation croissante et les défis climatiques redéfinissent nos cadres de vie, François de Mazières puise dans son expérience de maire et d'homme de culture pour nous inviter à repenser la ville. Ce livre propose 10 axes concrets pour faire de l'esthétique urbaine une priorité démocratique et sociale. De la concertation citoyenne à la préservation de la nature en passant par le choix de matériaux sobres et naturels ou encore l'art de transformer sans détruire, ce guide visionnaire encourage à concevoir des espaces où il fait bon vivre. La beauté d'une ville n'est pas un luxe : c'est un patrimoine partagé, un vecteur de bien-être et un levier culturel. Une boîte à idées éclairante pour transformer notre regard sur la ville et imaginer des cadres de vie où l'harmonie entre l'homme, la nature et l'architecture redevient une évidence. « Les professionnels ne parlent plus de la ville en terme esthétique mais plus volontiers en chiffres [...]. En plaidant pour une ville tout simplement belle, François de Mazières renverse et provoque le discours habituel. » PRÉFACE DE CHRISTIAN DE PORTZAMPARC Architecte et urbaniste français, lauréat du prix Pritzker en 1994.
« Trottoir » est un mot si courant que même les tout-petits enfants savent ce qu'il désigne et la plupart des habitants des villes marchent dessus plusieurs fois par jour. Pourtant, le trottoir existe à peine d'un point de vue juridique, les urbanistes lui préfèrent la notion d'« espace public », moins associée à la prostitution et à la vie dans la rue, et les « rez-de-chaussée », qui sont le plus souvent des « rez-de-trottoir », effacent jusqu'à son nom. Il est aujourd'hui urgent de reconnaître toute la valeur de cet espace qui se raréfie sous l'effet des transitions numérique et écologique. Il est par exemple de plus en plus convoité par les opérateurs de trottinettes électriques, livreurs de colis, fontaines rafraichissantes, points de collecte de déchets, etc., tandis qu'il reste indispensable pour les piétons et les riverains. Entre public et privé, entre marchant et marchand, le trottoir cristallise les principaux changements à l'oeuvre dans la ville, et les « batailles du trottoir » qui se multiplient sont plus largement l'écho des débats sur le futur des villes.
Pourquoi écrire sur les tours ? Pour décrire la manière dont on y vit en se référant à la parole de ses habitants et à des archives. Se poser la question du voisinage et des relations que sucite un habitat en hauteur est paradoxal quand on connaît les critiques faites aux grands immeubles de l'après-guerre et il existe peu d'écrits de sociologues sur les « villages en hauteur ». La vie dans une tour, l'entretien avec l'architecte qui en a construit, il y a 50 ans, la description de son architecture et du quartier et la lecture de romans sur des villes effrayantes et leurs tours en folie alimentent ce travail. On y trouve aussi une discussion sur des thèmes centraux en sociologie urbaine comme ceux du don, de l'entraide et des solidarités.
Ce dossier appréhende des espaces de bain souvent dissociés, ceux liés à la propreté et à l'hygiène et ceux liés aux loisirs, au bien-être ou aux rituels religieux. Il traite de nombreux lieux en ville : rivières, canaux, piscines, bains-douches, hammams, douches associatives, douches pour chauffeurs routiers, etc. Leur diversité incite à questionner les héritages géographiques, culturels et politiques qui font diverger les aménagements, les politiques et les expériences du bain et du lavage du corps hors du domicile. Le dossier donne à voir des similarités ou des différences dans les pratiques et les espaces de bains selon les contextes géographiques, historiques, politiques ou sociaux. Il propose aussi une approche géographique des corps, car les bains étudiés sont des lieux publics, c'est-à-dire situés hors du domicile et de l'espace privé, mais aussi intimes : pour veiller au respect des « bonnes moeurs », les gestionnaires de bains se sont longtemps attelés à la séparation des corps des usagers souvent nus ou légèrement vêtus. Enfin, en étudiant conjointement lavage et baignade en ville, ce numéro questionne l'articulation et la tension entre différents enjeux, usages et fonctions du bain, à savoir l'hygiène, le soin, le sport, le loisir ou encore la détente et le plaisir dans des contextes urbains eux-mêmes en évolution (tension entre ville solidaire et revanchiste, augmentation du coût de l'eau et de l'énergie, réchauffement climatique, etc.).
Cinquante années de l'histoire d'Ottignies-Louvain-la-Neuve depuis les origines de la ville nouvelle, au travers des défis qu'elle a rencontrés et des débats qui l'ont animée. Pour mieux comprendre ce qu'elle est aujourd'hui : un pôle urbain complètement atypique, branché sur la culture, éminemment participatif. Un succès au-delà de toute espérance. Avec ses paradoxes et ses défis.
Livre d'architecture privée et publique, le De architectura de Vitruve intéresse également, dans une relation novatrice longtemps méconnue, les arts mécaniques (mécanique civile, mécanique militaire) et élargit son champ d'étude à des disciplines et thématiques diverses : hydrologie, biologie, géographie, histoire, éthique, histoire événementielle et croyances. Les études sélectionnées dans cet ouvrage s'attachent à saisir dans ses constituants particuliers, mais aussi comme ensemble, cette problématique complexe. Elles la situent dans un contexte historique, socio-culturel, scientifique et technique déterminé, dans le système plus précisément aussi d'une pensée antique aux postulats parfois radicalement différents des nôtres et intégrant dans une vision globale ses interrogations sur l'homme et sur le monde. La démarche critique choisie associe à une enquête conceptuelle une enquête linguistique tendant à identifier l'interdépendance établie dans le De Architectura entre un projet d'auteur et le langage qui lui donne corps. Professeur émérite à l'Université de Caen-Normandie, Louis Callebat est un spécialiste internationalement reconnu à la fois du latin tardif, des langages communs et techniques latins et du De Architectura dont il a édité et commenté plusieurs livres dans la Collection des Universités de France, qu'il a étudié dans de nombreux essais et communications et pour l'analyse duquel il a fourni des outils lexicographiques (Concordance, Dictionnaire des Termes techniques).
L'histoire de l'architecture ne cesse de conjuguer deux regards : celui, panoramique, portant sur les ensembles urbains, révélant les politiques sociales ou techniques, et celui sur les édifices et leurs intérieurs, vus en gros plan, qui reflète les idéaux et l'engagement de leurs auteurs et de leurs habitants. Faisant dialoguer théoriciens, philosophes et écrivains avec les architectes du xxe siècle (Mies van der Rohe, Wright ou Le Corbusier), Jean-Louis Cohen suggère une approche renouvelée, ancrée dans l'histoire culturelle et dans l'humain, de l'architecture comme questionnement et comme pratique.
Dans le paysage chromatique romain, de plus en plus de façades blanches émergent aujourd'hui. Par le contraste qu'elles offrent avec les tons chauds habituels de la ville, elles viennent questionner la définition de la couleur de Rome. Face à la difficulté des institutions à établir pour les façades de la ville une couleur qui préserve l'esthétique urbaine et fasse consensus, diverses représentations de Rome associées à des palettes colorées variées coexistent aujourd'hui. Cet ouvrage s'attache à rendre compte de cette multiplicité d'images colorées et à comprendre en quoi celles-ci peuvent nous éclairer sur les enjeux passés et présents d'une définition de la couleur de la ville. Éminemment subjective et sensible, la question de la couleur est ici étudiée à travers le croisement de sources variées et un travail d'enquête, afin de définir la ou les couleurs de la capitale italienne. Après avoir étudié les changements chromatiques successifs de la ville depuis la Renaissance, les différents enjeux actuels sous-tendant la question d'une définition de la couleur de Rome seront dégagés et explicités, afin de proposer de nouvelles perspectives dans le débat existant.
Cet ouvrage porte sur les infrastructures sociales, entendues comme des lieux accueillant la vie collective dans les villes, à partir d'un regard spatial, historique et appliqué à la Région de Bruxelles-Capitale. Ces lieux ont longtemps été au coeur des modèles de l'urbanisme de proximité, qui en proposaient des formes spatiales spécifiques. Cette publication revient sur ces différents modèles, et sur la façon dont l'urbanisation bruxelloise a été marquée par ceux-ci. Elle propose une analyse de la fabrique actuelle de l'infrastructure sociale bruxelloise, en soulignant les enjeux qui devraient être pris en compte dans une réflexion sur l'urbanisme contemporain. Louise Carlier (Université Catholique de Louvain-La- Neuve et Maître de Conférences à l'Université libre de Bruxelles). Geoffrey Grulois (Faculté d'Architecture de l'Université libre de Bruxelles). Benoit Moritz (Faculté d'Architecture de l'Université libre de Bruxelles).
Depuis 2016, l'État et ses administrations ont façonné une nouvelle catégorie d'action publique, dénommée « habitat inclusif ». Porté par le mot d'ordre de la « société inclusive », l'habitat inclusif impose progressivement aux personnes en situation de handicap un mode de vie parmi une pluralité d'autres possibles. C'est à la compréhension de ce mécanisme de forclusion qu'est consacré ce court essai. Ainsi qu'au dévoilement des principaux impensés de cette politique dans sa conception imparfaite de ce que pourrait être l'inclusion. Il propose enfin d'autres perspectives afin d'envisager l'habiter des personnes en situation de handicap comme l'opportunité de ne plus penser et agir en termes spécifiques pour des groupes de personnes tenues pour singuliers. Et de faire de l'habitat, une manière de s'appliquer à humaniser la vie pour tous, à partir du principe universel d'accessibilité et du concept de qualité de vie.
« Zéro phyto », gestion écologique : les espaces verts urbains longtemps conçus sur le mode « nature morte » de la tradition horticole se font de plus en plus vivants. Plus participatifs aussi, comme en témoigne la prolifération des programmes de jardinage collectif. Cet ouvrage invite à comprendre l'insertion de ces transformations dans les nouvelles logiques de production de la ville et des services urbains. Sur la base d'enquêtes de terrain menées à Genève (Suisse) - auprès de responsables administratifs, politiques et associatifs, de travailleurs de la nature, et de citadins-jardiniers - il illustre la manière dont les politiques urbaines néolibérales faisant la part belle à l'événement, au managérialisme et aux partenariats publics-privés modèlent la ville vivante et le rôle qu'y jouent humains et non-humains. En détaillant le traitement réservé à différentes formes de végétaux - horticoles, vivriers, bio-divers - l'ouvrage développe des outils conceptuels pour une écologie politique du végétal urbain.
Comment la ville numérique affecte-t-elle la qualité, l'attractivité et la vitalité des territoires ? Comment les objets connectés urbains sont-ils appréhendés ? Remettent-ils en cause nos représentations de la ville et nos perceptions des paysages urbains ? Dans le contexte de la promotion de la ville numérique, Emeline Bailly et Dorothée Marchand interrogent les implications de son essor sur la qualité urbaine. Prenant appui sur une recherche empirique interdisciplinaire, elles explorent comment les smartphones et les objets numériques urbains médiatisent la relation aux lieux, aux autres et à soi. Le numérique transforme la relation à la ville et révèle une mise à distance des territoires. Des formes de reterritorialisation éclosent. Le lieu apparaît comme une unité de sens forte. La présence de la nature, la qualité des ambiances et des paysages créent des expériences urbaines plus sensibles. L'enjeu ne serait-il pas alors de mieux considérer ces dimensions dans la création des lieux ? Ne faudrait-il pas imaginer et raviver des formes d'urbanité conciliant une transition urbaine et numérique avec la qualité de la vie ? Une réflexion singulière pour réinventer la ville et sa relation au numérique. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "Dans le contexte de la promotion de la ville numérique, Emeline Bailly et Dorothée Marchand interrogent les implications de son essor sur la qualité urbaine. Prenant appui sur une recherche empirique interdisciplinaire, elles explorent comment les smartphones et les objets numériques urbains médiatisent la relation aux lieux, aux autres et à soi." - WBArchitectures "L'ouvrage d'Émeline Bailly et de Dorothée Marchand est un ouvrage très intéressant qui vient interroger les caractéristiques d'un habiter possible futur dans lequel l'individu vivrait la ville de manière connectée." - La Cliothèque "Auteurs du récent ouvrage La ville numérique. La qualité urbaine en question (Mardaga, 2021), Emeline Bailly et Dorothée Marchand ont pris le temps de revenir sur la manière dont les smartphones et les objets numériques redéfinissent notre rapport à la ville." - Société de Géographie À PROPOS DES AUTEURES Emeline Bailly est docteure en urbanisme et chercheuse au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) depuis 2010. Ses recherches portent sur la ville écologique et sensible et les concepts de paysage, d'espace public, d'ambiance et de qualité urbaine. Dorothée Marchand est chercheuse en psychologie sociale et environnementale au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) de l'Université Paris-Est. Elle mène ses recherches sur les processus psychologiques qui opèrent dans les relations entre l'individu et son environnement.
Au Bénin, on observe ces dernières décennies une forte influence de la pression foncière urbaine sur le patrimoine sociocultuel, notamment dans certaines communes périurbaines qui sont à forte tradition Vodoun comme Adjarra et Avrankou. En effet, les réalités foncières modernes ont investi cette région surtout à travers des lotissements administratifs qui se réalisent parfois au détriment des sites sacrés. Mais les ''terres sacrées'' n'ont pas été emportées par la pression urbaine même si leur emprise spatiale s'est fortement réduite. Au contraire, elles ont contribué à freiner à plusieurs endroits l'urbanisation galopante, créant un paysage mixte où s'interfèrent la tradition et la modernité dans le tissu urbain.
Un manifeste programmatique provocateur et stimulant de Benjamin Bratton qui promeut de nouveaux modes d'habitation (et d'artificialisation) de la planète, face à la crise environnementale, économique et sociale qui dément radicalement la possibilité d'une poursuite du modèle capitaliste mondialisé actuel.
Budapest compte plusieurs quartiers urbains qui, à des époques variées, ont été qualifiés d'« historiques ». Sur la rive gauche du Danube, à Pest, le discours des années 1920-1930 véhicule la vision d'une ville « jeune et sans patine historique ». Six décennies plus tard, cette perception a évolué, menant à la création de zones patrimoniales aux échelles variées. Avec ce processus de patrimonialisation, la protection des monuments s'est progressivement élargie à des unités spatiales plus vastes, créant des « espaces urbains protégés ». Les sociétés, à travers le changement d'échelle du patrimoine, redéfinissent leur relation à l'espace urbain. Cet ouvrage interroge précisément l'expérience du centre-ville de Pest.
Cet ouvrage collectif concerne l'histoire architecturale et urbaine de Tianjin, ville chinoise majeure, port de Pékin, marquée par la présence de neuf concessions occidentales, dont le patrimoine est mieux conservé qu'à Shanghai.Richement illustré, nourri par de nombreuses archives chinoises, japonaises et européennes, il vient combler une lacune béante sur une ville pionnière dans la modernisation de la Chine, et centrale pour comprendre le rapport de la Chine à l'Occident.Fruit d'une coopération de longue date, il comprend trente textes, réunis à parts égales par l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et par l'Université de Tianjin. Publié en deux versions, l'une française et l'autre chinoise, il entend porter à la connaissance d'un public francophone l'apport des recherches menées à Tianjin et en Occident. En croisant les approches académiques respectives d'un même objet historique, la réunion de ces contributions apporte un éclairage précieux dans le contexte de la mondialisation de la recherche. L'ouvrage bénéficie en outre de la préface d'un écrivain chinois célèbre, Feng Jicai, qui a joué un rôle central dans la reconnaissance du patrimoine de Tianjin.
Comment a-t-on pu oublier les territoires ? Il fallait tenter de trouver réponse dans les faits, en remontant le fil des politiques d'aménagement des territoires qui depuis plus de soixante ans cadrent la vie et la formation de ceux qui aménagent, construisent, réparent les territoires. Et trouver : on a oublié les territoires, simplement, parce qu'on n'a pas vu qu'on les oubliait. On pensait à autre chose. Car les humains voient ce qu'ils pensent (Boris Cyrulnik), puis le dessinent, et le construisent. Ce ne serait donc pas difficile de prendre soin d'elle, si dès notre naissance, nous découvrions la chair du monde. Si nous prenions tous, et pas seulement une minorité d'hommes sages ni une majorité de victimes naufragées, à l'école de la vie, conscience que seul compte, pour ce qui reste de chaque homme, infime et fugitif fragment, le sort qu'il réserve à la chair du monde.
Cet ouvrage tente de comprendre comment ont été pris en compte les principes de durabilité urbaine et de développement durable au niveau de la conception et de la mise en oeuvre de certains projets urbains au Maroc. Ces projets, que les maîtres d'ouvrage présentent comme durables, font partie d'une mouvance qui a touché plusieurs pays du sud. L'essai s'appuie sur un travail de terrain et une série d'observations, d'enquêtes et d'entretiens menés par l'auteur au niveau de deux projets urbains emblématiques au niveau marocain, celui de Bouregreg à Rabat-Salé et de l'éco-cité de Zeanata au Grand Casablanca. Au-delà de son utilisation comme stratégie de compétitivité urbaine, comme outil de marketing territorial, et comme une forme de greenwashing, cet affichage de la durabilité semble obéir à une sorte d'injonction imposée par les bailleurs de fonds et conditionnant le financement de certains projets. Dans le même sens, cette intégration de la durabilité urbaine est véhiculée par certains maîtres d'oeuvre dans le cadre de la circulation des modèles et des bonnes pratiques, du nord vers le sud.
Ce livre s'adresse à un lectorat passionné par l'environnement bâti qui désire en connaître davantage sur l'organisation physique et spatiale de nos villages, de nos villes et de nos agglomérations en lien étroit avec le territoire qui les a vus naître. Il intéressera particulièrement les personnes qui interviennent, exercent une pratique professionnelle ou étudient dans les domaines de l'architecture, de l'architecture de paysage, de l'urbanisme, de la géographie urbaine, du patrimoine, du design urbain et de l'environnement. En plus de présenter les notions clés de la morphologie urbaine ouvrant la voie à une compréhension approfondie du mode de structuration des établissements humains, l'ouvrage explique et met en application, à l'aide de plusieurs études de cas, les méthodes d'analyse de ce champ de recherche afin de lire et de caractériser les milieux bâtis du Québec. Finalement, des exemples montrent comment les connaissances morphologiques peuvent être opérationnalisées en stratégies d'intervention et de design urbain à de multiples échelles. À l'heure où la crise des changements climatiques et sanitaires nous enjoint à repenser en profondeur nos façons d'habiter et de pratiquer le territoire, il est essentiel de mieux comprendre le produit de notre expérience collective en ces matières. Pourquoi ne pas en tirer ainsi des enseignements utiles afin de nourrir le travail de planification, de conception et de gestion de la qualité et de l'intégrité de notre environnement construit ?
Le monde urbain constitue un lieu de rencontre de temporalités plurielles et des multiples arts de faire où se trament les enjeux du futur. Cet ouvrage se démarque des grilles habituellement utilisées pour révéler l'objet urbain. Il dévoile les stratégies de son appropriation, ses modes de médiation, les multi-rationalités en jeu et les logiques rebelles des acteurs sociaux. Les contributions des auteurs s'alimentent des réalités sociales engendrées dans les bas-fonds, les bidonvilles, l'informel, le formel et les bruits du monde urbain.
La Chine s'urbanise, et aujourd'hui à une vitesse vertigineuse. Cependant ce processus ne date pas d'hier, il est à la fois historique, évolutif et complexe. Cet ouvrage est la troisième partie d'un travail de recherche portant sur les 70 dernières années de l'urbanisation chinoise, et mène une réflexion approfondie sur l'expérience chinoise en matière de stratégies et de démarches urbanistiques, en s'appuyant notamment sur des exemples concrets et des analyses pertinentes. Cet ouvrage est une référence précieuse non seulement pour toute lectrice et tout lecteur s'intéressant au développement urbain de la Chine contemporaine, aux stratégies et aux démarches du PCC dans l'urbanisation chinoise, mais également pour les décideurs de politiques urbaines, les gestionnaires de villes, ainsi que les chercheurs en théorie urbaine et les urbanistes.
Comment habite-t-on à l'ombre des cathédrales et des châteaux ? Une vingtaine de chercheurs apportent des réponses originales à cette question en montrant, exemples à l'appui, comment on conçoit, construit, occupe, transforme une maison en ville et à la campagne, du XIIe et XXe siècle, dans le nord de la France. Terres d'échanges mais aussi de conflits souvent fatals au bâti ancien domestique, ces régions qui furent à la pointe de l'innovation architecturale retrouvent ici la place qu'elles méritent dans un panorama de la recherche sur la maison ancienne, en particulier médiévale, en plein renouvellement. Ce livre y contribue grâce à la diversité de ses approches qui empruntent à l'histoire, l'histoire de l'art et l'archéologie autant qu'à la littérature et aux cultures visuelles. Il offre au passage, sous la plume des meilleurs spécialistes, un bilan et des perspectives de découverte d'un patrimoine d'une étonnante diversité et adaptabilité à son environnement naturel et humain.
Cet ouvrage met en exergue le rôle qu'ont joué le Chemin de Fer Congo-Océan et le port maritime dans le processus de croissance de la ville de Pointe-Noire. L'analyse de la situation urbaine faite sur cette ville laisse apparaître une croissance démographique et spatiale rapide, anarchique et un important étalement de la ville vers les zones périphériques, un désordre dans le paysage urbain ainsi que des problèmes de gestion de l'espace, une réelle anarchie foncière et spéculative, une absence ou une déficience des infrastructures de base et des services urbains. Ces différents éléments ont fini par « martyriser » cette ville sans créer les conditions pour un accès aisé aux équipements essentiels pour les populations urbaines.
Qu'est-ce qu'habiter une ville soumise à l'entrechoquement des temporalités, au contraste des rythmes urbains et aux gouvernances discordantes ? Pour qui s'intéresse à la fabrique urbaine, le phénomène de l'événementialisation constitue un sujet de choix. Les grands événements, sportifs ou culturels, sont des exemples emblématiques des contradictions urbaines étudiées ici à partir des catégories du pérenne et du temporaire. Ce livre explore, dans une démarche résolument critique et comparative, des situations aussi variées que les Jeux olympiques à Rio, Pékin, Athènes et Turin, l'exposition universelle à Shanghai, la Biennale internationale de design à Saint-Etienne et le label « Capitale européenne de la culture » à Marseille. Au milieu de la frénésie événementielle devenue routinière dans des villes sous injonction permanente de performance et dans un monde urbain où le bouleversement de l'ordre et des choses a intégré le quotidien de manière accélérée, n'assistons-nous pas à un changement de pensée sur la ville ?
« Habiter la ville latino-américaine » serait-elle une expression polysémique ? Cet ouvrage explore les différents sens, les multiples formes et contenus dans l'action d'habiter une des régions les plus urbanisées du monde. Entre étude des pratiques quotidiennes, des politiques urbaines, des réseaux habitants, des frontières réelles et imaginaires, l'objectif est celui d'offrir une vision élargie, actualisée et critique de l'habitat et l'habiter latinoamericain. Propice, ce volume témoigne des transformations urbaines récentes concernant les modes de financiarisation, les impératifs environnementaux, les nouvelles formes de gouvernance, les nouveaux modes d'habiter et s'approprier la ville. Bilingue, français et espagnol, les 18 chapitres ici présentés, aiguisent une panoplie d'expériences localisées avec des influences globales et mettent en exergue des territoires insolites.
Le sujet des petites et moyennes villes a été délaissé depuis vingt ans par la recherche urbaine, au profit de l'étude des formes de la métropolisation : il est pourtant aujourd'hui d'une brulante nécessité. Ces territoires sont largement touchés par les effets de la globalisation et de la concentration et se sentent délaissés et déclassés. Ils sont à la recherche de nouveaux leviers de développement, rêvant encore de bénéficier d'un «ruissellement métropolitain» largement fantasmé.Cet ouvrage s'inscrit dans les débats ouverts par les travaux sur la « France pé
L'histoire urbaine récente de Téhéran est marquée par une importante différenciation socio-spatiale suite à l'urbanisation rapide des années 1960. Cette scission connaît un tournant quand la famille impériale Pahlavi déménage au milieu des années 1960 des palais du sud de Téhéran pour les complexes palatiaux de Saadabad et Niavaran au nord. Dès lors, les catégories aisées s'installent au nord et les plus populaires au sud de la capitale. A l'aide d'une démarche documentaire et d'une enquête de terrain, cet ouvrage dresse un état des lieux de Téhéran pour révéler les raisons de cette importante séparation socio-spatiale.
La peur suscitée par les événements terrifiants comme le terrorisme et la pandémie de la Covid-19 conduit à l'érection de nos agglomérations en villes forteresses dans lesquelles l'urgence sécuritaire est devenue la valeur primordiale au détriment de la liberté, l'éthique et l'esthétique. Dans ce contexte de mondialisation, les villes érigent des frontières, des barrières à l'intérieur de leurs territoires décomposés et reconfigurés, limitent la mobilité et étouffent ainsi toute altérité. Paradoxalement, le désir de protection fait que l'humanité entre dans l'ère de l'oubli de l'humain.
S'appuyant sur l'étude statistique du comportement de 100 villes de 20 000 à 50 000 habitants entre 1970 et 2020 pour établir une typologie inédite des villes moyennes, cet ouvrage éclaire particulièrement les postures de déclin dont il propose une nouvelle lecture à l'aune d'une histoire revisitée de l'aménagement du territoire. Entre déni et non-dit, il puise aux sources du discours politique, de l'esthétique romantique et du fonctionnalisme utilitariste les éléments d'explication d'une fracture territoriale et sociale annoncée depuis un siècle et demi entre la France du vide et celle du trop-plein. Dans une approche qui rétablit la philosophie au cour de la pensée, il se démarque des nombreux ouvrages attachés aux effets pour décrire les causes et mesurer l'écart entre les valeurs révolutionnaires qui ont forgé les républiques, et leur mise en pratique à l'aube du IIIe millénaire. Ce que montre ce livre qui invite au débat véritable, c'est le hiatus entre une conception ancrée et productive du monde et un projet global où le vide esthétique et technique devient une fonction corrélative du plein.