Cirque
Cirque
Filtre
Si le cirque et le cinéma ont souvent et depuis longtemps été pensés conjointement, ils l'ont davantage été sur le mode de la thématique et de l'incorporation : c'est le cinéma qui s'empare du cirque, s'approprie son « univers », ses personnages, ses histoires, et inversement. Or la fécondité des liens qui unissent les deux pratiques ne peut se borner à un simple « aller sans retour ». Cirque et cinéma ont coexisté et coexistent toujours dans une dynamique d'échanges et de circulations sur laquelle cet ouvrage souhaite revenir. Cette dynamique est impulsée par la notion d'attraction, au centre des neuf études et des témoignages d'artistes qui composent le livre. En effet, l'attraction est tout à la fois une clef et un moteur pour saisir la complexité des relations entre deux pratiques qui, paradoxalement, ont dû se repousser pour exister. Des premiers films Lumière aux dernières productions hollywoodiennes en 3-D, en passant par le cinéma d'avant-garde et l'animation, les auteurs interrogent l'attraction pour tenter d'éclairer sous un jour nouveau les rapports entre ces deux éternels « frères ennemis ».
The clown's artistry offers key insights into how practitioners in guidance & support can unlock their own capacity for the mental and physical flexibility needed in their work with clients. The clown is a master of improvisation and humour. Being a clown is a breath of fresh air, a pause for thought; it invites us to converse with complexity. Giving and receiving with respect and sensitivity is the essence of this key player in our human repertoire. All roads are open with the clown.
Quand il publie ses Mémoires, en 1860 à vingt-deux ans, Jules Léotard est en pleine gloire. Il vient d'être sacré par la presse, à Paris, Berlin, Londres, New York, 'roi des trapézistes'. Les femmes se battent, sous le praticable où il exerce son art, dans l'espoir d'approcher le 'corps sublime' que le jeune homme entraîne depuis l'enfance dans les gymnases. Le Toulousain a été formé par son père au 'système gymnique' mis en place par Amoros. Sa spécialité est rapidement trouvée : le trapèze volant, dont il est l'inventeur moderne et le représentant d'époque le plus virtuose, enchaînant dans les airs, à quelques mètres au-dessus des têtes, les numéros, les pirouettes, les sauts. À vingt et un ans, Léotard monte à Paris et débute au Cirque d'Hiver. Le Second Empire aime ces spectacles du corps, où la peur et le brio, le risque et la vitalité sont mis en scène dans leurs rapports délicats, avec un éclat inédit propre à la fête impériale. Les foules se pressent devant ses jeux de jambes et leur galbe, habilement souligné par la tenue mise au point par le trapéziste lui-même : un maillot et un collants blancs moulants. Considéré comme l'homme le plus attirant de son temps, il laisse cette trace de tissu révélatrice à la postérité : aujourd'hui encore, le justaucorps des trapézistes se nomme leotard en anglais. Ces Mémoires oscillent entre le récit d'une vie d'exercices, d'une pratique de la gymnastique, et les commentaires, souvent drôles, ironiques, sur la fabrication d'une gloire et ses effets parfois déroutants, celle d'un art autant que d'un corps.