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Complet, cet ouvrage propose un panorama de l'histoire du théâtre, de l'Antiquité à l'époque contemporaine. Organisé par siècles, il propose pour chacun un parcours original, clair et vivant : o Un déroulé chronologique. o Une description des genres théâtraux, de la farce au théâtre d'idées. o Des focus sur les auteurs, les metteurs en scène et les comédiens. o Des clés pour comprendre le contexte social, économique et politique. o Des encadrés sur l'évolution de la dramaturgie et les techniques de représentation. Un index des personnes et des oeuvres facilite sa consultation.
« Aboyeur », « bonisseur », « conférencier », « charlatan »... La diversité du vocabulaire employé pour désigner le bonimenteur atteste la richesse de cette figure centrale de la pratique théâtrale, de la fête foraine au cabaret. Emblématique du tournant des xixe et xxe siècles, le bonimenteur donne voix et visage à l'attraction populaire face au public. Il trouve, et parfois invente de toutes pièces, ses origines dans le théâtre baroque ou la littérature médiévale, mais décline au moment de l'apparition du cinématographe. Dans cet ouvrage, issu d'un travail récompensé par le prix de thèse Ary Scheffer en 2020, Agnès Curel pose un regard novateur sur un personnage majeur du spectacle vivant, jamais étudié auparavant, au carrefour de l'histoire littéraire, de l'histoire sociale et de l'histoire du son et de la voix. Par la mobilisation d'archives textuelles et iconographiques variées et jusqu'ici négligées, permettant de cerner la personne pourtant évanescente, car profondément verbale, du bonimenteur, l'autrice nous fait entrevoir une véritable poétique du boniment.
Loin de constituer un effet de mode appelé à disparaître, les technologies numériques sont au coeur de la création contemporaine. Créatrices d'esthétiques et de nouvelles narrativités, elles innervent les pratiques de très nombreux artistes et compagnies et appellent de ce fait une réinvention des pratiques scéniques : jeu de l'acteur, narration, conception du personnage, scénographie, mise en scène. De façon plus importante encore, elles émergent comme véritable processus de création, générant des esthétiques et modifiant de façon radicale l'art de faire du théâtre. Ce livre rassemble vingt et un entretiens, menés entre 2014 et 2019, avec des artistes européens et nord-américains dont l'approche de la scène est marquée par l'intégration des technologies audiovisuelles (parmi lesquels Guy Cassiers, Romeo Castellucci, Heiner Goebbels, Ivo van Hove, Milo Rau, Cyril Teste, Marianne Weems). S'ils n'ont pas introduit la vidéo au théâtre, ils ont largement contribué à démocratiser sa présence sur scène à un point tel qu'elle s'est aujourd'hui naturalisée. Théoricienne du théâtre, Josette Féral a enseigné à l'Institut d'études théâtrales de l'université Sorbonne Nouvelle ainsi qu'à l'université du Québec à Montréal. Elle a publié plusieurs livres parmi lesquels L'Acteur face aux écrans. Corps en scène (2018), Théorie et pratique du théâtre : au-delà des limites (2013), ainsi que Mise en scène et jeu de l'acteur, 3 tomes (1997, 1998, 2007). Julie-Michèle Morin est doctorante en littératures de langue française à l'université de Montréal où elle rédige une thèse sur la robotique dans les arts vivants.
« [...] ce sont des corps présents, physiques, visibles qui sont toujours en train d'évoquer des choses qui ne sont pas là, ce qui constitue le contrat imaginaire entre nous et le public. » Sopro, création 2017 de Tiago Rodrigues, nous amène au coeur du théâtre : la parole offerte au public le soir du spectacle. Si les mythes, les classiques, la tradition nous précèdent et nous dépassent, grâce au « contrat imaginaire » entre artistes et spectateurs la parole est libre de resurgir, ici et maintenant, sur les planches d'un plateau. Dans le devenir sans fin de l'histoire, une chose est sûre : sopro, le souffle des êtres humains, va rester à jamais...
Ça commence comme ça. Cette histoire-là. Le 3 septembre. Rentrée scolaire ordinaire à Presque-La-Ville... si ce n'était de la rencontre fulgurante entre Dom et Fred, deux êtres incandescents qui trouveront en l'autre un refuge contre le monde où la norme tue. Leur serment : traverser vers La Ville, à la fin de l'année, là où on peut être tout ce qu'on veut, semble-t-il. Mais le temps est encore long avant le mois de juin. Et le pont acceptera-t-il de les laisser passer ? La grande épopée d'un combat si commun, pour deux ados qui nous ressemblent étrangement, nos frères, nos enfants. Notre avenir. Olivier Sylvestre est né à Laval (Québec) en 1982. Auteur et traducteur, il détient un baccalauréat en criminologie de l'Université de Montréal et un diplôme d'écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Sa première pièce, La beauté du monde (Leméac) a remporté le Prix Gratien-Gélinas. Chez Hamac, il a publié noms fictifs (finaliste au Prix des libraires du Québec - catégorie roman, et aux Prix littéraires du Gouverneur général, lauréat du Prix du premier roman de Chambéry) et le désert. Sa pièce La loi de la gravité, traduite en anglais et en allemand, a fait l'objet de plusieurs productions en France, en Allemagne et au Québec, et d'une dizaine de mises en lecture. Il anime des ateliers d'écriture et fait de l'accompagnement dramaturgique.
« Essayer de faire du nouveau, de l'art, tenter quelque chose, c'est un combat ; que ce soit ce combat-là, c'est ce que j'espère du théâtre. Et voilà que quelque chose se constitue publiquement face à une oeuvre. Que cela doive se constituer dans une bataille, je pense que c'est de notre temps. » Quand Marie-José Malis aborde Hypérion d'Hlderlin, elle veut en transmettre la philosophie aux spectateurs. Le poète a imaginé une nouvelle organisation du monde pour atteindre le bonheur. Cela passe par la nécessité d'apprendre à aimer le monde, les hommes et tout ce qu'engendre l'humanité, entre autres, la pauvreté, les échecs et ne plus avoir peur de la perte. Voilà le bonheur de Marie-José Malis, des idées qu'elle propage sur la scène.
« Pour moi cette communauté de corps, cette agrégation de corps nus est un début possible de quelque chose, ou bien la fin. » Comédienne, dramaturge et metteuse en scène, Emma Dante trace un panorama de la scène italienne en le situant dans un plus vaste contexte européen. En parcourant l'histoire du théâtre des cinquante dernières années, elle observe l'évolution ininterrompue des expressions artistiques. C'est justement dans ce sillage que s'inscrit Bêtes de scène, à l'intérieur d'une recherche de formes esthétiques tant nouvelles qu'anciennes. Anciennes comme le théâtre, ou, plutôt, comme le genre humain.
« Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, on a besoin d'avoir des littératures immenses, d'être face à des choses qui sont gigantesques, pas par la taille ou la durée, mais par la pensée, l'élégance, la puissance de l'écriture. La situation est tellement critique qu'il ne suffit pas de choses « grandes » ou « bonnes », il faut des choses gigantesques. » Faut-il lire au théâtre ? Julien Gosselin montre à quel point il peut être intéressant, voire essentiel, d'aller au-delà du théâtre parlé. Le théâtre, c'est aussi une lecture, des vidéos, de la poésie, de la musique. Un mélange des genres mis en pièces autour de grandes oeuvres.
« Pour moi il y a forcément la notion d'histoire, de raconter une histoire. » Passionné de contes et de « petites anecdotes » depuis l'enfance, Thomas Quillardet considère la notion d'histoire comme la pierre angulaire de la création théâtrale. Révélation du Festival 2017, ce jeune metteur en scène déclare avoir pleinement satisfait son inspiration artistique grâce à Tristesse et joie dans la vie des girafes, pièce qui a eu le mérite de concilier deux types de travail apparemment aussi différents que la traduction et la mise en scène. La rencontre entre ces deux activités ouvre un univers imaginaire destiné à un public de tout âge.
Marco Martinelli, né à Reggio Emilia en 1956 et co fondateur du Teatro delle Albe de Ravenne, est aujourd'hui l'un des auteurs majeurs du théâtre italien contemporain. Auteur de nombreuses pièces originales et de réécritures de classiques, il a reçu de nombreux prix internationaux, dont à quatre reprises le prix UBU . Sur le fil qui divise l'océan des choses possibles et celui des rêves, le théâtre est fable ; dans ce fil il tisse sa toile, il se fait lieu et route, rite et histoire. Marco Martinelli interroge ici, par touches volontairement fragmentées et asymétriques, toutes les questions fondamentales de la scène. Les réponses, du moins celles possibles, viennent de sa pratique quotidienne, en dialogue « nomade » avec les théâtres du monde. Tous participent à la construction en mouvement de son lieu et du nôtre, dans le « refus de tout conformisme » et « le courage d'une recherche incessante ».
À travers ses trois drames dont les sujets sont empruntés à l'histoire et à la mythologie grecques, Sappho (1818), La Toison d'or (1821) et Les Vagues de la mer et de l'amour (1831), Franz Grillparzer (1791-1872) s'inscrit dans la tradition de la grande tragédie allemande (Goethe et Schiller) dont il est sans doute l'ultime héritier. Revisitant l'Antiquité avec le regard nostalgique de celui qui se voit comme « le dernier des poètes dans une époque prosaïque », il brosse trois remarquables portraits d'héroïnes mythiques (Sappho, Médée, Héro) écartelées entre une vocation sacrée et un amour profane qui tout à la fois les arrache et les rend à elles-mêmes, mais au prix de la vie. Placée sous le double signe d'Éros et de Thanatos, cette expérience transgressive de la passion met à l'épreuve la relation de l'individu à l'autre, au monde et à soi. Franz Grillparzer, ce fils des Lumières profondément enraciné dans la culture classique et antique, explore les ressorts de cette crise d'identité avec une acuité psychologique et une sensibilité analytique qui, à maints égards, font de lui un des pionniers de la modernité viennoise.
Directeur du Théâtre National de La Colline de 2016 à 2026, Wajdi Mouawad est un dramaturge et metteur en scène qui a renouvelé de façon significative le paysage théâtral contemporain et dont les spectacles ont rencontré un succès international. Incendies, créée en 2003, reste, à ce jour, sa pièce la plus célèbre et la plus jouée. Elle trouve dans Tous des oiseaux, créée en 2017, un écho singulier, une soeur ennemie. Comment ces deux pièces peuvent-elles être à la fois si semblables et si différentes ? Pourquoi, presque quinze ans après Incendies, la découverte de la vérité, l'initiation et la libération de la parole dans Tous des oiseaux ne semblent-elles plus mener à la compréhension, la réunion ou l'amour ? Comment expliquer autrement que par une recherche de renouvellement artistique bien compréhensible ces changements majeurs, ces métamorphoses étonnantes, voire ces conversions radicales ? Cette étude comparative s'attache à interroger les liens particuliers qui unissent et opposent ces deux pièces dans l'oeuvre de Wajdi Mouawad. Leur analyse dramaturgique questionne cette réécriture antagoniste en mettant à jour une parenté indéniable entre leur structure, leurs types de personnages, les motifs et les thèmes abordés, mais aussi des divergences fondamentales. Tous des oiseaux exacerbe la figure de l'ennemi, remet en question la capacité à surmonter les divisions familiales comme historiques et met en échec l'initiation et l'enquête, tout comme le pouvoir des mots et de la vérité, fondements de la dramaturgie mouawadienne. En ce sens, les deux pièces s'apparentent à un diptyque en miroir dans lequel se joue, au-delà d'une impossible réécriture, une conversion poétique, qui modifie radicalement le rapport de la fiction à l'Histoire, celui du dramaturge à la question de l'identité et impacte considérablement son écriture. Ces disruptions n'invitent-elles pas à considérer la conversion poétique mise à jour entre Incendies et Tous des oiseaux comme une dynamique plus profonde qui anime l'oeuvre mouawadienne : une poétique de la conversion ?
Tissée autour d'une lignée wendat, l'histoire de Yahndawa' : ce que nous sommes se déploie aux confins de la vraisemblance, là où réalité et légende se rencontrent. Ludger Sarenhes Bastien, patriarche et homme d'affaires, lutte contre la ville de Québec pour réparer l'injustice qui prive sa communauté d'eau et d'électricité. Au fil des générations, les trames de ses descendants, Armand, Adèle, Élisabeth, Yandicha et Agnolien, se croisent dans une quête d'identité et de réconciliation. Ces histoires entremêlées, reliées par le sang, résonnent et se confrontent, toujours sur le regard de Yahndawa', la rivière majestueuse qui porte en elle la promesse de guérison.
Un homme s'éveille, drogué jusqu'aux os, dans un sauna gai où il est entré soixante heures plus tôt. Entre euphorie et violence, dépossédé de son corps et animé par le crystal meth, il fait le récit exact de ce qui a secoué ses derniers jours et ses dernières années, en un va-et-vient d'images intime et douloureux habité tout entier par un dur deuil amoureux.
À plusieurs rassemble quatre pièces créées par et avec des jeunes dans différents contextes d'écriture et de médiation culturelle. Il est spécialement conçu pour des pédagogues à l'affût d'une parole vive et décomplexée, foncièrement jeune et animée du désir d'aimer et de vivre en liberté, dans un monde en sursis. Dans Je voudrais te dire que, le discours de 23 interprètes est enfin livré sans fard aux adultes qui gouvernent leur vie. Dans L'Aquarium, ce sont une douzaine d'ados en sortie scolaire qui affrontent l'incapacité de révéler leurs sentiments à l'être aimé. Dans Un deux trois quatre cinq six, une soirée entre amis vient sceller le destin du groupe après qu'un nouveau se retrouve victime d'une mauvaise blague. Et dans Malika a disparu, la disparition d'une influenceuse vient bouleverser le quotidien de ses suiveurs, forcés de tout confesser. Ces pièces résultent de la mise en commun des idées et des envies des jeunes qui ont contribué à les écrire ; elles permettent de faire connaître la scène à un grand groupe d'interprètes, que ceux-ci soient élèves, étudiant·es en art dramatique, participant·es à des troupes amateurices, ou désirant échafauder à leur tour leur propre matière à jouer.
Dans cette version inédite de l'incroyable histoire de Molière à l'Opéra, au pays du Vatican, vous trouverez des invitations à secouer le déjà-là. Arracher nos muselières, c'est à cela qu'invitent les multiples résurrections passées et à venir de Molière. L'oeuvre du dramaturge représente la plus belle mémoire d'une modernité qui peine à progresser. En revisitant inlassablement son héritage, les Italiens témoignent d'une seule certitude intemporelle : un couple, cela ne se consomme pas, tout comme le véritable amour ne se consume pas.
Cet ouvrage invite à découvrir le travail que le metteur en scène et réalisateur, Patrice Chéreau, engage au Théâtre Nanterre-Amandiers entre 1981 et 1990. «S'installer dans un lieu qui existe déjà» interroge ce désir à l'oeuvre qui mène le créateur à vouloir prendre la codirection, avec Catherine Tasca et accompagné par une équipe de fidèles collaborateurs de ce lieu théâtral, à la périphérie de la capitale. Reconnu au début des années 1980 comme un artiste européen majeur il a affirmé son talent au Piccolo Teatro de Milan, triomphé au Festspielhaus de Bayreuth, marqué le TNP de Villeurbanne, qu'il dirige avec Roger Planchon, de l'empreinte de ses créations devenues aujourd'hui quasi mythiques, Massacre à Paris et Peer Gynt notamment, pourquoi Chéreau choisit-il de «poser ses bagages» dans ce théâtre de banlieue à la structure complexe, géographiquement enclavé et dont il conteste l'utopie originelle, celle du théâtre populaire? Entrant dans «une institution en la désinstitutionnalisant», quel défi Patrice Chéreau entend-il relever à Nanterre? Le livre explore avec sensibilité ce trajet qui le fait partir «d'un point» pour aller «le plus loin possible». S'il n'y a pas de hasard, serait-ce un destin, marqué par ses conflits, ses paradoxes et ses affirmations?
Cet ouvrage, portant sur les pratiques artistiques et pédagogiques, s'oriente vers les arts Roms-Sinti. Il s'agit d'un texte illustré à la manière d'un carnet de voyage qui aborde les activités menées grâce à l'association Art Rom, de voyages (Bordeaux-France) de 2003 à 2015, avec la caravane musée de l'art Rom et ses invités, en faveur des enfants non scolarisés en aires d'accueil et squats, tout comme des établissements institutionnels. Le sujet d'une auto-anthropologie historique et sociale vient s'inscrire dans une démarche de promotion des pratiques artistiques Tsiganes et Nomades et de fabrication au quotidien, pour lutter, pour survivre. Ayant vécu 20 ans en caravane et roulotte, avec titre de circulation, étant issue de la communauté manouche et ayant grandi sur les marchés, Tania l'enseignante-marionnettiste, décrit cette errance pathologique à laquelle vient se mêler le nomadisme culturel des groupes familiaux rencontrés au fil de la route.
Invitée à raconter sa version de la tragédie de sa soeur Antigone, Ismène la discrète, l'oubliée, revit les doutes qui l'ont traversée à l'époque et qui la taraudent toujours vingt-cinq siècles plus tard. Seule avec ses notes et ses immenses questions, elle livre une conférence d'abord hésitante qui se mue en confidence enfiévrée, à mesure que les souvenirs affluent et que les conversations passées refont surface.Au-delà du mythe, ce monologue inquiet sonde le conflit intime entre deux soeurs que tout oppose : Antigone la radicale, qui rayonne dans la pureté de la mort, et Ismène la modérée, qui hérite de l'imperfection de la vie et qui cherche à exister avec sa honte, sa peur, son besoin d'amour. Devant l'héroïsme et l'absolu, l'humanité et le réel font-ils le poids ? Un texte ample à la parole fine, tendue, brûlante.
Tout le monde connaît les pièces de Molière ou de Corneille ; ce sont ces « classiques » et d'autres oeuvres moins célèbres des xvie, xviie et xviiie siècles que le mouvement artistique baroque se réapproprie en explorant les codes de jeu, les gestes et les modes de profération des interprètes de l'époque. Cet ouvrage a pour objectif de dresser un état des lieux de la mise en scène baroque aujourd'hui. Or l'entreprise n'est pas neutre, car le baroque contemporain fait l'objet de débats féroces, aussi bien en ce qui concerne sa définition que sa réception. L'analyse se construit autour de plusieurs thèmes : l'importance des autres arts vivants se réclamant du courant baroque, notamment la musique et la danse, le rôle éducatif de ce mouvement théâtral et sa place au sein de l'institution. Elle se nourrit d'une comparaison avec le théâtre élisabéthain outre-Manche et de témoignages d'artistes contemporains, parmi lesquels Eugène Green. S'appuyant sur une réflexion collective où se font entendre plusieurs voix, venues de la scène ou des universités, des salles de classe ou des sociétés de production, ce livre élabore une cartographie précise des interrogations qui irriguent la mise en scène baroque aujourd'hui. Les champs du savoir et du spectacle vivant sont ainsi réunis, s'éclairant l'un l'autre et témoignant de la réussite de ce projet, car c'est de cette façon qu'est né et que continue de s'inventer le théâtre baroque.
Une fille en or, une fille en terre, une fille en double, une fille en pixels : quatre parcours étranges et familiers où le réel tremble, où on danse en enfer, où on se dématérialise tout en demeurant à l'affût des plus infimes détails de la vie quotidienne. Quatre filles qui se transforment et qui cherchent à comprendre ce qui bouleverse leur existence. Inspirée des Métamorphoses d'Ovide, cette pièce aux confins du fantastique creuse nos mythologies contemporaines avec finesse, naviguant librement entre ombre et lumière, humour et blessure, banalité et magie, vie et mort - en une toile chatoyante, bigarrée, magnifiée comme au théâtre.
Marie-Odile, agricultrice, est à Ouagadougou pour un colloque international. Son tour de parole approche. Tandis que l'émotion la submerge - douleurs anciennes, joie des enfants accourus la veille lui donner la main en criant « nassara » : le Blanc, la Blanche -, la porte de la salle s'ouvre violemment. Entre Ali.Habitée par les voix multiples d'un choeur invisible, portée par une narratrice qui suit à la trace les pensées des deux personnages, la pièce entremêle chagrins privés et chocs du monde en une écriture soyeuse, haletante, aiguë. Quel est ce feu dans le ventre qui donne lieu aux déflagrations ? Et comment l'éteindre ?
« Je pense que la connaissance et la maîtrise, même virtuoses, comme c'était le cas classiquement, ne sont pas les seules conditions pertinentes pour avoir accès à l'art. Et je trouve que cette porte ouverte, cette démarche, est un chemin que chacun peut décider de prendre, où qu'il soit, quel qu'il soit. » Madeleine Louarn dénonce ici le mécanisme de domination qui assujettit les personnes handicapées. Son théâtre se caractérise par la mise en scène d'une vérité singulière, faite d'humilité et d'empathie. Dans une libre adaptation de l'univers kafkaïen, le handicap devient ainsi une passerelle pour mieux comprendre le monde, ses apparences et ses rapports de force. Face à la soumission au quotidien, il s'agit d'oeuvrer à une morale partagée, susceptible d'ouvrir de nouveaux espaces, de beauté et de liberté.
Accents toniques, journal de théâtre (1973-2017) de Jean-Marie Piemme, avec une préface de Stanislas Nordey. Le théâtre laïcise le monde. Le « comme si » du théâtre, c'est la vérité qui doute, la vérité qui ne colle pas, qui ne veut pas vous étrangler pour vous convaincre, qui ne vous crève pas les tympans pour avoir raison. Ainsi, en des temps marqués par la morsure du religieux, la simple existence du théâtre est son premier mérite. Jean-Marie Piemme, né en Wallonie en 1944, a écrit une cinquantaine de pièces. Il est aujourd'hui l'un des acteurs majeurs du théâtre francophone contemporain. Immergé dans quatre décennies de création artistique, il égrène ici, avec intransigeance et malice, les réflexions et les souvenirs qui ont jalonnés son trajet de dramaturge, de pédagogue et d'auteur. Alternatives théâtrales, témoin fidèle de son parcours artistique, inaugure avec Accents toniques une nouvelle collection de textes théoriques bimedia (papier et numérique) sur les arts de la scène, alth.
Traduire le théâtre, c'est se projeter sur une scène, dans le corps des acteurs. C'est aussi partir de son propre corps pour trouver les mots qui créeront du jeu, et faire l'expérience de sa place, parfois instable, dans une communauté. Au fil de témoignages, de réflexions théoriques et pratiques, cet ouvrage collectif s'attache aux rôles multiples des traducteurs au théâtre. Il analyse la mission de celles et ceux qui, par leur travail solitaire ou collaboratif, à la table ou en répétition, donnent sa première matérialité au texte ; il questionne les faisceaux de relations qu'ils entretiennent, tant avec des auteurs, metteurs en scène, acteurs, qu'avec des producteurs ou des éditeurs. Se trouve ainsi interrogée la place même du traducteur, au croisement de perceptions divergentes, voire conflictuelles, dans la communauté d'expérience que représente le théâtre.
En 2025, le Théâtre Prospero présentait La Chouette, premier texte dramatique de Sébastien Ricard. Cette partition inclassable, dans laquelle s'entrelacent des thèmes criants d'actualité tels le colonialisme et l'identité de genre, nous la reproduisons ici accompagnée d'un entretien exclusif entre l'auteur et Brigitte Haentjens, cocréatrice du spectacle.
Cet ouvrage analyse l'appropriation par les dramaturges africains post-coloniaux de l'histoire des résistances anticoloniales pour faire du théâtre une véritable fabrique de héros nationaux. En s'appuyant sur des grands évènements historiques et des figures historiquement attestées, les auteurs opèrent une sélection mémorielle qui privilégie les moments de rupture, de sacrifice et de dignité face à la domination coloniale. Les matériaux historiques sont réélaborés par une écriture dramaturgique, mêlant histoire, mythe, oralité et symbolisation, afin de dépasser la simple restitution factuelle. La scène devient ainsi un espace de glorification héroïque où le personnage résistant est érigé en archétype collectif, transmetteur de valeurs éthiques et politiques. Le théâtre se constitue alors en outil pédagogique, en narratif idéologique, contribuant à la reconstruction d'une conscience nationale décolonisée. En inscrivant ces figures dans une temporalité transnationale, les dramaturges participent à l'élaboration d'un imaginaire africain partagé qui, loin d'être figée, nourrit un projet panafricain fondé sur la mémoire, la résistance et l'unité des peuples africains.
Six serveuses d’un bar montréalais, unies par la colère et la sororité, se soulèvent contre l’oppression quotidienne.
Dans un village de pêcheurs gaspésiens au début du XXe siècle, un plat de morue déclenche une révolte inoubliable. Donatienne, en refusant de cuisiner pour le chien des patrons, allume la mèche d’une prise de conscience collective.
Plongez dans Sous-bois, un récit poétique et sensible où deux amies, Désir et Delphine, explorent le passage délicat de l’enfance à l’adolescence.
Une comédie dramatique où le rire se heurte au silence. Entre les éclats d'une fête pastel et les ombres d'un secret, Catherine Côté tisse une oeuvre vive, caustique et profondément humaine. Dans un salon de banlieue transformé en temple de la maternité, cinq femmes se retrouvent. L'autrice orchestre un jeu de vérités, de maladresses et de tendresse brutale où chaque réplique sonne juste, drôle ou cruelle. La pièce alterne entre la fête et la thérapie : deux scènes du soin, deux manières d'affronter la perte et le désir. Par sa langue nerveuse, son humour sans fard et sa lucidité sur les pressions contemporaines faites aux femmes, «Baby Shower» affirme la force d'un théâtre d'aujourd'hui... vif, lucide et traversé par un humour qui éclaire la douleur plutôt qu'il ne la masque.
Esther, jeune adolescente extra-lucide, cherche sa place entre l'univers déjanté de sa grand-mère et celui de sa mère, plus cru, à l'image du bar miteux où elle chante. Entre ces trois générations de femmes se dessine un héritage de dépendance et de sensibilité exacerbée. À travers la boîte noire de sa conscience, Esther voit, entend et vit au diapason des autres, sans tout comprendre, tentant d'inventer, quitte à la réinventer déjà, sa propre identité.