Fables
Illustrées de 120 gravures par J. Desandré et W.H. Freeman.
Les Fables de La Fontaine ne forment pas un roman avec une intrigue unique. Il s’agit d’un vaste ensemble de courts récits, souvent en vers, qui mettent en scène des animaux, des hommes, des dieux, des paysans, des rois, des marchands ou encore des personnages inspirés de la vie quotidienne. Chaque fable raconte une petite histoire destinée à faire réfléchir le lecteur.
La plupart des textes reposent sur une situation simple : un animal plus faible rencontre un animal plus puissant, un personnage se laisse tromper par orgueil, un naïf croit pouvoir échapper à la réalité, ou un ambitieux découvre les limites de son pouvoir. Ces récits courts se terminent souvent par une morale, parfois clairement formulée, parfois laissée à deviner.
Les fables les plus célèbres sont devenues des classiques de la culture française. « La Cigale et la Fourmi » oppose l’insouciance à la prévoyance. « Le Corbeau et le Renard » montre les dangers de la flatterie. « Le Loup et l’Agneau » dénonce l’injustice du plus fort. « Le Lièvre et la Tortue » enseigne que la persévérance peut vaincre la vitesse. « Les Animaux malades de la peste » critique l’hypocrisie de la justice et du pouvoir.
Derrière l’apparence enfantine des animaux parlants, La Fontaine s’adresse surtout aux adultes de son temps. Il observe la société du XVIIᵉ siècle : la cour, les puissants, les flatteurs, les juges, les riches, les pauvres, les ambitieux et les faibles. Le lion représente souvent le roi ou le pouvoir ; le renard incarne la ruse ; le loup symbolise la brutalité ; l’agneau ou le rat représentent souvent les plus vulnérables.
Les Fables dénoncent de nombreux défauts humains : la vanité, l’avidité, la naïveté, l’orgueil, la cruauté, l’injustice, la paresse ou l’abus de pouvoir. Mais elles ne donnent pas toujours une morale simple. La Fontaine montre souvent un monde dur, où la force, l’intelligence et l’intérêt personnel jouent un rôle important. Sa sagesse est donc à la fois morale, lucide et parfois pessimiste.
L’originalité de La Fontaine vient aussi de son style. Il transforme des récits anciens en petits chefs-d’œuvre poétiques, pleins d’humour, d’ironie, de vivacité et de naturel. Ses vers semblent simples, mais ils sont très travaillés. Les dialogues rendent les scènes vivantes, et les animaux deviennent de véritables personnages.
Dans l’ensemble, les Fables de La Fontaine sont une grande satire de la société et de la nature humaine. Sous une forme brève et plaisante, elles apprennent à réfléchir sur les rapports de force, la justice, la prudence, l’intelligence et les illusions des hommes. C’est pourquoi elles sont encore lues à la fois comme des textes scolaires, des œuvres poétiques et des critiques profondes de la société.