Afrique de l'Ouest
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On le sait peu, mais près d'un litre sur dix de l'essence vendue aux automobilistes français provient du delta du Niger. Cette région, qui ne doit pas être confondue avec le delta intérieur du Niger au Mali, se trouve sur la côte atlantique du Nigeria anglophone, le pays le plus peuplé d'Afrique et l'un des principaux producteurs de pétrole du continent. Ce dédale de criques, immense, s'étale sur des centaines de kilomètres et constitue le plus vaste delta d'Afrique - le troisième au monde par son étendue. Une grande insécurité caractérise aussi la région, liée à des conflits qui mêlent groupes armés et contrebandiers en tous genres, trafiquants hier d'esclaves, aujourd'hui de fûts de pétrole.Pour beaucoup d'observateurs, la ruée vers l'or noir est à l'origine de ces troubles. Le pétrole serait une malédiction, et le Nigeria un exemple emblématique de gaspillage financier, de gâchis industriel, de corruption endémique, de mauvaise gouvernance, de criminalité violente. Or, à y regarder de plus près, les nombreux conflits qui secouent le delta du Niger ne peuvent être réduits à une simple opposition entre des pêcheurs, des militaires et les multinationales du pétrole. La production d'hydrocarbures ne constitue qu'un des éléments d'un problème dont les racines sociales et communautaires sont beaucoup plus profondes.
L'actualité du Sahel, avec la disparition de Kadhafi, l'occupation du nord Mali, la guerre engagée par la France, a pris une résonance particulière, extrémiste, terroriste et mafieuse. Les réseaux Aqmi et Touareg, dans le cadre d'une alliance contre nature, avaient saisi l'occasion pour s'approvisionner en armes provenant de Libye et tenter de se tailler des territoires. Pour les Touareg il s'agissait de réaliser un vieux rêve d'indépendance que de Gaulle et les nouveaux états noirs leur ont refusé. Pour Aqmi il s'agissait de se doter d'une base à partir de laquelle ils pourraient installer la charia et entamer la conquête de l'Afrique Sahélienne au nom de l'Islam. Mais ces Touareg, en réalité peu islamisés, qui sont-ils, d'où viennent-ils? Tin Hinan est leur mère à tous, elle est leur référence. Qui était-elle ? Aujourd'hui encore Tin Hinan est reconnue par l'ensemble des Touareg et par les Historiens, comme étant à l'origine des tribus nobles Touareg du Hoggar. On a retrouvé sa tombe, digne d'une reine, à Abalessa, près de Tamanrasset.
Les origines du Gabou sont difficiles à cerner. Une telle lacune s'explique par le sort que le partage colonial a réservé à ce royaume. Il fut en effet partagé entre l'Angleterre, la France et le Portugal. Nous ne disposons pour ce faire que des seules traditions malinkés, mais celles-ci sont unanimes pour situer l'arrivée des Mandingues vers 1240, quand Soundjata lança ses armées à la conquête de l'Ouest. Ce royaume connaîtra cependant son vrai développement du XIIIe au XIXe siècle. Il englobait alors la région de haute et moyenne Casamance ainsi que le cours supérieur du fleuve Koliba. L'affrontement final avec les Peuls, en 1867, fut fatal au Gabou et causa la chute de sa capitale, Kansala. Une des premières conséquences en fut le triomphe de l'Islam dans la région. Mais la victoire peule allait être suivie de près par les conquêtes coloniales et le partage du Gabou.
Cet ouvrage apporte des précisions sur la réalité de la mise en oeuvre des programmes de coopération étatsuniens au Mali et aussi sur la divergence dans les perceptions du bien-fondé de ces politiques et de leur impact concret sur le terrain. Il met en exergue qu'au Mali comme ailleurs, la politique des États-Unis est toujours duelle. Les programmes de coopération sont toujours proposés en parallèle d'intérêts stratégiques. Il explique comment la lutte contre le terrorisme et les questions sécuritaires structurent les relations entre les États-Unis et le Mali depuis la fin de la guerre froide. Il démontre également que la réussite ou l'échec d'une politique d'aide au développement n'est pas uniquement liée à l'importance de celle-ci en terme financier, elle est aussi et surtout tributaire de la perception de cette politique par les populations des pays bénéficiaires. Enfin, la réception de la politique d'aide au développement par les Maliens est d'autant plus importante que la Russie et la Chine se sont employées ces dernières années à mettre en place une propagande subtile et efficace pour discréter la politique américaine, mais aussi française comme pendant l'époque de la guerre froide.
Ce livre traite des origines des grands conquérants du Mali à partir des Konaté et Keïta depuis l'arrivée de l'Islam en Afrique au VIIe siècle jusqu'à la période coloniale à l'indépendance des pays africains. L'ouvrage relate le fruit d'une civilisation orale transmise de père en fils par les griots qui peuvent remonter à plusieurs générations, assorties d'images et de témoignages des acteurs de cette période riche et mouvementée. Enfin, des archives familiales y sont présentées.
Ils sont de nationalités algérienne, anglaise, belge, hollandaise, portugaise, sud-africaine, suédoise, suisse et, bien sûr, angolaise. Tous ont vécu une part de l'histoire de l'Angola et certains d'entre eux en tant qu'acteurs directs. Leur donner la parole fait partie de ce « devoir de mémoire », cette « responsabilité envers le passé ». Et que dire de cette guerre civile d'un autre temps, qui ne s'acheva qu'à l'aube du XXIe siècle ?
Ce livre aborde l'histoire sociale, économique et politique de la vallée du fleuve Sénégal (appelé Tulde Dimat ou Dimar) à travers un croisement des sources orales et écrites. Il revient sur les relations politiques de cette région dans la première moitié du XIXe et traite des aspects peu connu de l'histoire de cette région. En effet, le Dimar fut à la fois une terre de résistance multiforme à la colonisation française et un laboratoire d'expérimentation du fait des phénomènes coloniaux. Il fut aussi un champ de bataille entre les djihadistes d'El Hadji Omal Tall et les français.
L'auteur présente les diverses facettes de Léopold Sédar Senghor et dresse un portrait de cette icône africaine d'exception. La première partie avance les raisons de son écriture et l'accompagne par la suite à Joal, espace dynamique en constante transformation et cadre poétique du royaume d'enfance. Préoccupé par les pourfendeurs de la politique africaine, l'auteur témoigne de l'humanité politique du président légendaire du Sénégal et invite les présidents africains à se réapproprier les valeurs démocratiques.
Le présent ouvrage contribue à la compréhension des stratégies développées par la petite paysannerie et les dynamiques qui animent les exploitations agricoles familiales permettant la production de biens nécessaires à l'alimentation et l'entretien des familles. La capacité des paysans à prendre en main leurs propres préoccupations a été mise en évidence par l'émergence d'organisations, de groupements, d'associations et d'unions dans tout l'espace rural sénégalais.
La plupart des études menées à ce jour sur les mouvements religieux en Afrique de l'Ouest ont un cadre d'étude monographique qui privilégie l'entrée par une région ou un pays, alors que les Eglises, les associations islamiques, et mêmes les confréries, développent un prosélytisme à l'échelle de la région, du continent, voire de la planète. L'objet spécifique de cet ouvrage porte sur l'analyse comparative des réseaux transnationaux tissés par de nouveaux acteurs religieux : docteurs, prédicateurs et entrepreneurs. Il fait d'abord place à la variété des formes que prennent les réseaux religieux : entreprises missionnaires supranationales, voire centralisées, associations nationales et réseaux transfrontaliers informels, ou encore diasporas religieuses, migrantes ou commerçantes.
Du Soudan colonisé par la France au Mali indépendant." Le Mali est revenu dans son berceau ", écrit Bakari Kamian, jeune enseignant d'histoire-géographie dans le journal de Bamako, L'Essor, le 22 septembre 1960, jour de l'indépendance. L'assujettissement du Mali à la France commence à partir de la conquête du pays dans les années 1880. Conquête longue ‒ elle dure plus de vingt ans ‒ et violente. La colonisation " invente " le Soudan, qui deviendra le Mali indépendant, encadré de frontières et découpé en circonscriptions administratives. L'édifice, fragile, connaît de rudes révoltes au cours de la Première Guerre mondiale. L'entre-deux-guerres est marqué par le véritable lancement de l'exploitation économique du pays, ainsi que par l'émergence d'une élite indigène nouvelle, laquelle rompt avec les hiérarchies traditionnelles et cherche sa place dans la société coloniale. Ce sont ces hommes et ces femmes qui deviennent les acteurs de la vie politique et syndicale désormais autorisée après 1945. Certes, le mot indépendance n'est plus un tabou, mais il ne s'impose pas avant 1956. Pour les responsables qui prennent progressivement en main les affaires du pays, l'horizon est alors celui de l'unité africaine. Après la fin de l'Afrique occidentale française, l'échec de la Fédération du Mali (qui rassemblait le Soudan, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey) en août 1960 les conduit à repenser le pays comme un État-nation dans ses frontières héritées de la colonisation.
La première histoire globale d'un corps d'armée mythique.Créé par décret impérial en juillet 1857, le premier bataillon de tirailleurs n'a de sénégalais que le nom : en effet, ce corps de militaires constitué au sein de l'empire colonial français regroupe en réalité toute la " force noire " - c'est-à-dire les soldats africains de couleur qui se battent pour la France.Si les études portant sur le rôle des tirailleurs sénégalais dans les deux conflits mondiaux sont légion, rares sont les ouvrages qui retracent toute leur histoire, de la création de ce corps au XIXe siècle à sa dissolution en 1960. S'intéressant aux trajectoires collectives comme aux destins individuels (le militant Lamine Senghor, le résistant Addi Bâ ou encore le Français libre Georges Koudoukou), Anthony Guyon propose ici la première synthèse globale sur le sujet. Il revient sur les moments de gloire de cette armée - comme la défense de Reims en 1918, la bataille de Bir Hakeim en 1942 ou l'opération Anvil en 1944 -, autant que sur les tragédies qui jalonnent également son parcours (citons notamment les terribles massacres commis par la Wehrmacht à leur encontre lors de la campagne de France).Loin des habituels clichés qui font que, aujourd'hui encore, l'iconographie dégradante incarnée par " Y'a bon Banania " demeure l'un des premiers éléments associés à l'identité des tirailleurs sénégalais, cet ouvrage à la fois complet et accessible illustre toute la complexité de leur position à mi-chemin entre les sociétés coloniales et l'autorité métropolitaine. À mettre entre toutes les mains.