Asie centrale
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Samarcande, Boukhara, et combien encore d'oasis mythiques parsèment l'infini des steppes... Depuis l'Antiquité, l'Asie centrale est une terre de métissages et d'échanges au coeur de laquelle la route de la Soie a laissé une empreinte inaltérable. Là régna le terrible Tamerlan, qui se lança à la conquête du monde et jeta les bases d'un empire dont la Transoxiane devint le centre. Mais comment ce nouveau Gengis Khan et ses héritiers, les Timourides, ont-ils pu imprimer dans les mémoires le souvenir de progrès scientifiques majeurs, et même celui d'une véritable « renaissance » culturelle ?
Au Tadjikistan, le mariage définit le destin des femmes : de l’épouse soumise à la belle-mère respectée, chaque étape compte. Mais quand les hommes migrent et que les unions se brisent, comment éviter l’exclusion ?
La foisonnante richesse de la civilisation du Tibet. Puisant dans les littératures tibétaine et chinoise, dans les récits des voyageurs et dans les travaux de nombreux chercheurs, Rolf Alfred Stein (1911-1999) présente ici la foisonnante richesse de la civilisation du Tibet sous ses différents aspects : habitat et populations, histoire, organisation sociale, religion et coutume, arts et lettres. Son propos est de donner, à travers un choix de sujets, de documents et de faits, une vue générale et significative qui permette au lecteur d'appréhender un univers où sacré et profane se mêlent en chaque geste, en chaque son, en chaque voyage. Découvrez un ouvrage qui constitue un livre de référence particulièrement précieux en une période où les Tibétains voient le maintien de leur mode de vie ancestral et de leurs particularités culturelles gravement menacé. EXTRAIT Les chants de mariage commencent par une allusion à la « parole de vérité », terme bouddhique qui a pris, dans le langage courant, le sens de formule de serment et de prise à témoin, chargée de puissance magique (formule d'imprécation : « aussi vrai que... » ou : « que je sois puni si ce que je dis n'est pas vrai ! »). Pour l'épopée, la récitation exacte est aussi importante qu'elle l'est dans le lamaïsme pour les formules magiques et les rites. L'épopée, les chants et les récits des courses, ainsi que les pièces de théâtre jouées au moment de la récolte réjouissent le dieu du pays (montagne sacrée) et créent une communion entre lui et le groupe qui participe à la fête. Pour authentifier le rite, il est essentiel de remonter dans chaque récit à l'origine de telle ou telle institution, et ce récit doit être authentique et véridique. C'est le cas même des rituels lamaïques qui rappellent toujours l'origine, le précédent mythique, qui justifie ce rite. Chose curieuse, ces récits des rituels ont toujours un caractère dramatique et se font remarquer par leur expression littéraire très soignée d'oeuvres poétiques. Dans l'épopée, de longs récits poétiques sont consacrés à l'origine et à l'explication symbolique du chapeau du barde, du cheval et de l'épée du héros. Les chants de mariage exaltent l'origine du mariage, du vêtement, du chapeau et du « mouton de bonne fortune », les hymnes des courses l'origine des courses et des clans qui y participent. Ces récits sont volontiers appelés gtam-dpe, expression dans laquelle le dernier mot signifie à la fois modèle, métaphore, dicton, conte et livre. Dans les palabres, on cite comme autorité les « dires » (dpe) des anciens. Dans l'exposé de la « religion des hommes », les différentes parties du corps du lion servent de modèle ou de métaphore (dpe) aux différents genres de traditions. En se conformant aux modèles et aux précédents des temps originels, on s'insère dans l'ordre du monde et on le maintient de ce fait. À PROPOS DE L'AUTEUR Rolf A. Stein (1911-1999), professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'études du Monde chinois, institutions et concepts, de 1966 à 1981, est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'Épopée tibétaine de Gesar dans sa version lamaïque de Ling (1956) et Le Monde en petit, jardins en miniatures et habitations dans la pensée religieuse d'Extrême-Orient (1987).
L'histoire du Kazakhstan offre le paradoxe du vide géographique, de cet espace steppique au coeur de l'Eurasie, face au cheminement humain qui, des Scythes aux Soviétiques, a tracé ses sillons. C'est l'histoire du visible qui se dérobe, de l'oralité vaincue par l'écrit, du nomade sédentarisé, d'une nation aujourd'hui indépendante qui cherche ses racines plurielles.
L'Aghanistan : épicentre des guerres depuis deux siècles.L'histoire de l'Afghanistan est d'abord une histoire militaire, l'histoire d'un pays constamment impliqué dans des conflits en raison d'invasions étrangères ou de luttes de pouvoir. C'est l'histoire d'une nation qui lutta pour imposer son indépendance face à d'autres puissances expansionnistes. Son unité et la puissance de sa réputation guerrière s'établirent dans ses luttes depuis le XVIIIe siècle. Les réactions de la population afghane, véritable mosaïque de communautés et de tribus, furent à la fois variées et empreintes de fierté territoriale. Mais surtout, l'histoire militaire de l'Afghanistan aux XIXème et XXème siècles s'est trouvée au coeur des rivalités stratégiques entre l'empire tsariste et l'empire britannique, puis entre l'URSS et les États-Unis, qui ont voulu y reconstruire un État viable et y conduire une "guerre contre le terrorisme". Les résultats furent systématiquement mitigés, et si les envahisseurs y ont démontré de belles qualités militaires et remporté nombre de succès tactiques, aucun n'a pu vouloir s'imposer au "Royaume de l'insolence" et vaincre ses fiers défenseurs. Le général Philippe Sidos, qui y a servi à plusieurs reprises, raconte avec brio les guerres d'Afghanistan, successivement impériales, coloniales et idéologiques : tour à tour menées par les Britanniques au XIXe siècle dans le cadre du "Grand Jeu", par les Soviétiques à partir de 1979, puis par les Américains à partir de 2001. L'ouvrage de référence.
Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre. Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre. Mais celles-ci n'ont jamais unifié cet espace, et n'ont permis sur le continent que des échanges limités de biens, d'idées et de techniques. Puis la généralisation de l'État-nation au XXe siècle a accentué sa fragmentation et les zones de conflits se sont multipliées aux marges des anciens empires devenus grandes puissances. Il a fallu attendre l'idéologie eurasiste, puis, au XXIe siècle, le projet russe d'Union économique eurasiatique d'une part, et chinois des " nouvelles Routes de la soie " d'autre part, pour que se modifie notre façon de considérer ce continent. Car ces nouveaux corridors, continentaux ou maritimes, aménagés ou en projet, font l'Eurasie et sont susceptibles de donner à l'avenir plus de cohésion à cet espace qui couvre 1/3 de la superficie de notre planète et compte plus de 60 % de la population mondiale. Un ouvrage ambitieux et original qui s'attache à ce qui a été trop longtemps un impensé de l'histoire et de la géographie.