Algérie
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Indissociable de son histoire singulière, complexe et tourmentée, le plus grand pays d'Afrique est marqué par ses crises chroniques et ses paradoxes contemporains. Dotée d'un fort potentiel géostratégique, économique et humain, l'Algérie, deuxième puissance militaire d'Afrique et dixième plus grande productrice de gaz dans le monde, ambitionne de revenir sur le devant de la scène internationale. En abordant successivement les aspects économiques, politiques, sociétaux et internationaux de l'Algérie, cet ouvrage passionnant et accessible donne des clés de lecture pour découvrir ce pays au-delà des clichés. Ainsi, il permet de comprendre comment le passé colonial impacte encore aujourd'hui la politique du pays, tout en explorant les contradictions de son économie, la place de la femme dans cette société en évolution mais aussi ses conflits avec le Maroc et son départ pour une "Algérie Nouvelle".
À travers une histoire sociale de l'Association des oulémas musulmans algériens (AOMA), de sa fondation en 1931 à sa réactivation dans les années 1990, ce livre retrace des débats toujours actuels dans l'Algérie contemporaine : la construction de l'État, la définition de l'islam et la place de la langue arabe. Fondé sur des sources en langues arabe et française, et sur un travail de terrain, L'Algérie des oulémas questionne les clichés liés à l'héritage de l'AOMA. Les activités éducatives et religieuses de l'association à la période coloniale, puis son positionnement dans la guerre d'indépendance ont conditionné l'insertion de ses membres dans l'Algérie postcoloniale. Les parcours de ses dirigeants donnent à voir les stratégies mises en oeuvre après la disparition formelle de l'association à l'indépendance. Si certains des cadres de l'AOMA participent au gouvernement du parti unique FLN, travaillent au sein de l'Éducation na tionale ou oeuvrent à construire les bases de l'islam d'É
L'histoire des Juifs d'Algérie a fait l'objet de nombreuses publications, souvent fondées sur des enquêtes orales dans une perspective mémorielle, mettant en lumière certains aspects du mode de vie de cette population. L'originalité de cet ouvrage réside dans l'exploitation de sources primaires, principalement les registres de conscription militaire et l'état civil. Il reconstitue le parcours de vie d'hommes appartenant à plusieurs générations nées entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Cette démarche met en évidence à la fois des caractéristiques communes et la diversité des trajectoires individuelles. Elle permet aussi de saisir les évolutions d'une génération à l'autre : les plus anciens, nés en 1858, sont venus au monde sous le statut d'« indigènes », tandis que ceux nés en 1901 étaient citoyens français et ont connu l'exil. Selon leur génération, ces hommes ont vécu différemment les grands bouleversements politiques et militaires, des deux guerres mondiales à l'indépendance de l'Algérie.
La France et l'Algérie ont trop longtemps vécu une histoire passionnelle et tragique. L'Allemande Alice Schwarzer, elle, a choisi l'Algérie comme pays de coeur. Et le regard neuf et bienveillant qu'elle pose sur lui nous permet de redécouvrir et de mieux comprendre ce pays étonnant, dont les peurs et les espérances nous concernent plus que nous le pensons. Depuis des décennies, la journaliste féministe Alice Schwarzer entretient une relation étroite et affectueuse avec une famille d'Algérie, merveilleuse incarnation de la diversité de ce pays tiraillé entre tradition et modernité, menace islamiste et espérances démocratiques. Elle donne ici la parole à trois générations : celle des anciens, marquée par la période coloniale, la guerre d'indépendance et les années 1970, durant lesquelles Alger était devenue « La Mecque des révolutionnaires » ; celle des enfants, qui a vécu les « Années noires » de la terreur islamiste et de la répression politique ; et celle des jeunes gens d'aujourd'hui, ballotés entre talons hauts et port du voile, Instagram et vestiges d'un socialisme désuet. En nous faisant revivre les soixante-dix dernières années de l'Algérie, l'auteure nous offre une précieuse clé de lecture pour comprendre la richesse et la complexité du plus grand pays du continent africain, auquel nous sommes à jamais liés. Fondatrice et rédactrice en chef du magazine féministe EMMA, la journaliste Alice Schwarzer est l'une des activistes les plus reconnues des droits des femmes en Allemagne. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages dont, en France, Entretiens avec Simone de Beauvoir (Mercure de France), La Petite Différence et ses grandes conséquences (Éditions des Femmes) et Romy Schneider intime (L'Archipel).
La guerre d'Algérie reste insidieusement gravée dans toutes les mémoires. Elle continue d'influencer les relations entre les deux pays. Or, mal connue, l'histoire de la conquête coloniale de l'Algérie pourrait s'avérer salutaire. Tocqueville, penseur, acteur et témoin direct de cette période, ne voulait pas que les indigènes d'Algérie subissent le même sort que les Indiens d'Amérique. Lui qui avait vu les ravages causés par la colonisation du Nouveau Monde. Critiqué pour ses textes en faveur de la colonisation de l'Algérie, Tocqueville n'a pas été vraiment compris sur ce sujet brûlant, alors qu'il avait prédit l'éventualité d'une guerre violente entre colonisateurs et colonisés. Aussi, redécouvrir ses textes sur l'Algérie, en dégager la cohérence par rapport à ses oeuvres majeures, nous permet de mieux saisir notre présent et saluer le génie de Tocqueville.
Cet ouvrage sur la genèse de l'Algérie, entre 1516-1962, est une synthèse inédite, sur fond de souveraineté. En 1516, un homme, Aroudj Barberousse, venu de loin, sans racines tribales, rencontre une petite ville, Alger, et une cause : le secours des Andalous et l'arrêt de l'offensive espagnole en Afrique du Nord. Mission accomplie, le Maghreb central a désormais son État : il dure trois siècles, puis succombe sous l'offensive coloniale française. Cette dernière met à profit tout l'arsenal militaire, scientifique et technologique de l'Europe moderne pour détruire le territoire, hommes, culture et environnement. Mais elle ne réussit pas à soumettre le pays 132 années durant : les politiques françaises de l'assimilation, l'intégration et de coopération de de Gaulle, ont toutes échoué. Le 1er novembre 1954, le cours de l'histoire change, avec une Algérie qui rafle toute la mise, malgré le prix élevé. La France, deuxième empire colonial, en sort vaincue : le 8 octobre 1962, contre tous les pronostics, l'Algérie, plus grand pays du pourtour méditerranéen, est reconnue par ses pairs, dont la France. Elle occupe son siège comme le 109e État membre de l'Organisation des Nations Unies (ONU).
Les apatriés n'appartiennent plus au pays qu'ils considéraient comme leur patrie. Poussés à partir, ils ne se reconnaissent pas et ne sont pas reconnus dans le pays qui les accueille. L'Algérie « française », avec deux guerres, de conquête puis d'indépendance, et cent trente ans de territorialisation, marque l'inauguration du colonialisme moderne. Trois communautés y ont coexisté : pieds-noirs, harkis et Algériens. Les pieds-noirs furent victimes, beaucoup plus que complices, d'un statut politique octroyé par le colonialisme. Ils durent fuir après les accords d'Évian. Parmi les harkis qui restèrent, un certain nombre furent massacrés ; ceux qui parvinrent à aller en France furent mis en camp de rétention. Les migrants algériens, exilés après la paix, devinrent des ouvriers que des sous-traitants fournissaient aux entreprises. Les auteurs étudient ces histoires de colonisation puis de décolonisation, ainsi que leur impact sur les subjectivités individuelles et collectives, en lien avec la dynamique inconsciente des conflictualités psychiques.
Au carrefour de l'Afrique et de la Méditerranée, l'Algérie a vu de nombreuses civilisations se succéder sur son territoire. L'ouvrage présente à l'image d'un dictionnaire d'histoire les principaux personnages, événements et lieux qui ont marqué une Histoire millénaire. Les liens en début d'ouvrage permettent une lecture chronologique des textes et la reconstitution d'un véritable puzzle d'Histoire. L'ouvrage débute dans ce qui est considéré comme un des premiers berceaux de l'Humanité avec l'Homme de Mechta Afalou et se termine au 1er novembre 1954, date du déclenchement de la lutte de libération nationale qui aboutira à l'indépendance de l'Algérie contemporaine.
La connaissance de l'histoire du syndicalisme algérien durant l'ère coloniale française est fondamentale pour la compréhension de ce mouvement et de certaines réalités d'alors. Quelles conditions ont marqué la naissance de ce mouvement ? Comment a-t-il évolué depuis son apparition jusqu'à l'indépendance du pays ? Quels sont ses acteurs, leurs tendances, leurs revendications et leur position vis-à-vis du fait colonial ? Quelles organisations lui ont donné forme ? Et quels sont ses traits caractéristiques ? Un ouvrage pour tous ceux qui veulent comprendre le passé et le présent du mouvement syndical algérien et de la société algérienne.
Les archives de la France coloniale transférées entre 1961 et 1962 vers la métropole sont, depuis 1966, conservées aux Archives nationales d'outre-mer à Aix-en-Provence. Une évaluation de l'un des plus gros producteurs de ces archives est ici proposée ; à savoir, l'administration départementale et les services préfectoraux. Elle se décline en quatre parties d'inégale importance. La première rend compte de la genèse de l'administration départementale. La deuxième traite du préfet et de ses attributions. La troisième examine les rapports entre le préfet et ses collaborateurs : les secrétaires généraux, les conseils de préfecture, le conseil général et les sous-préfets. Un prologue consacré aux réformes coloniales d'urgence initiées en réponse à la Guerre de libération la clôt.
Par-delà le constat du sursaut populaire inédit du 22 février 2019, Kamal Guerroua tente de répondre à une question fondamentale : pourquoi l'Algérie régresse-t-elle ? Ce fil conducteur va l'amener à évoquer l'échec des élites à « inventer » le changement démocratique tant espéré, ce qui a conduit à la quasi-faillite du système de gouvernance et son divorce consommé avec les masses populaires. Régression tous azimuts, retard dans les réformes structurelles ont provoqué désillusions, frustrations et colères au sein d'une société jeune, livrée en pâture au défaitisme. L'ouvrage est une sorte de radioscopie sur un corps malade, à travers un ensemble de chroniques publiées dans la presse algérienne entre 2016 et 2019.
En explorant cinémas et boutiques, cimetières, rues et places publiques, c'est à une autre histoire de la socialisation politique au Maghreb qu'invitent les vingt-huit disciples et amis réunis dans ce livre pour rendre un hommage collectif à Omar Carlier. Historien de l'Algérie et homme de terrain, Omar Carlier a profondément renouvelé l'approche du politique en Afrique du Nord : venus d'Algérie, de France et d'ailleurs, ces vingt-huit historiens enquêtent, suivant les chemins qu'il a défrichés, sur les lieux, les événements et les objets grâce auxquels il a éclairé d'un jour nouveau notre compréhension de la région et des enjeux politiques, sociaux et culturels qui l'animent. Ces études offrent ainsi de nouvelles pistes pour comprendre la guerre d'indépendance algérienne, revenant sur les origines du Front de libération nationale, sur les mouvements et engagements militants, à Alger comme en métropole, et sur les chants et les festivités à l'heure de l'indépendance. Car, dans ce livre, l'Algérie est saisie dans son ensemble : à l'échelle du Maghreb comme au sein du monde ottoman, parmi les empires coloniaux et dans la période de l'après-indépendance - quand l'histoire coloniale pèse, encore et toujours.
Entre 1961 et 1962, la France coloniale a procédé au transfert vers la métropole de 8 kms linéaires d'archives qui se trouvaient dans les centres d'archives d'Algérie. Depuis l'indépendance, les Algériens réclament ce qu'ils considèrent comme étant leur bien et leur patrimoine. A la suite de ses deux précédents ouvrages, Mehenni Akbal se propose de dresser une évaluation de la valeur de l'administration communale qui est à l'origine de la production de ces archives. Il étudie le rôle de ces communes, leur mode de fonctionnement et d'organisation et leurs fondements juridiques.
L'institution parlementaire algérienne a suivi l'histoire de la République en France. Elle a commencé sous la Révolution de 1848 et s'est poursuivie sous toutes les Républiques, à l'exclusion du Second Empire et du Gouvernement de Vichy. C'est ce qui a donné aux parlementaires de l'Algérie un réel esprit d'attachement aux institutions démocratiques françaises. Après la 2è Guerre mondiale arrivent les premiers parlementaires algériens musulmans à l'Assemblée nationale et en 1958, 71 députés de l'Algérie arrivent au Palais Bourbon. La représentation de l'Algérie au Parlement français appartient aujourd'hui à l'histoire ; c'est une page supplémentaire du passé franco-algérien.
Le 2 février 1956, au lendemain de l'investiture du gouvernement de front républicain dirigé par Guy Mollet, Jacques Soustelle quitte son poste de gouverneur général d'Algérie. Il est remplacé le 10 février par Robert Lacoste, nommé Ministre résident en Algérie. L'Algérie s'impose comme le problème prioritaire du cabinet Mollet. Un courant interne d'opposition à la politique algérienne menée par ce dernier se constitue dès 1956. Lacoste sera associé à jamais à la condamnation du "molletisme". Il deviendra l'homme qui a "couvert" l'armée et dissimulé la pratique de la torture. Le parti socialiste SFIO y survivra difficilement.
A considérer le nombre d'étudiants « indigènes » qui sont passés par le système de l'enseignement secondaire et supérieur colonial, le taux d'analphabétisme relevé pour les années 1960 (85 % de la population algérienne), ou même la part des élèves scolarisés dans le primaire sur celle des enfants en âge d'être scolarisés (moins de 10 % en 54), le bilan scolaire colonial apparaît dérisoire, contrairement à ce que peuvent affirmer les thuriféraires de la colonisation positive. L'histoire de la politique scolaire coloniale n'a ainsi jamais été ce lent mouvement de civilisation des populations locales. Elle apparaît plutôt comme un processus profondément contradictoire dont les déterminants sont à rechercher aussi bien chez les émetteurs que chez les récepteurs de cette politique. Reprenant une analyse historique de l'imposition du système scolaire français à l'Algérie et restituant des mémoires et des expériences d'acteurs, le présent ouvrage va au fond de ces contradictions, dont les instituteurs et enseignants ont en été les figures emblématiques. La République a bien été en effet coloniale et beaucoup d'enseignants en ont été les instruments, à leur insu ou conscients. D'autres, plus nombreux, se sont confrontés au nom des principes fondateurs de la République, aux dénis de droits, à l'injustice et aux atteintes à la dignité humaine. Leur action en Algérie coloniale n'a de pendant que la discrétion de leur retrait ces dernières années face aux bruits et fureurs soulevés ici et là par un revivalisme des mémoires coloniales. Adossées à une analyse historique, les mémoires et les expériences de ces enseignants illustrent leurs engagements, aussi bien dans la situation coloniale, où ils ont voulu pour certains être des passerelles entre les communautés clivées, que dans l'Algérie indépendante où nombre d'entre eux ont participé à la socialisation de la jeunesse algérienne et soutenu la construction du jeune État-nation algérien.
Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d'Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi - et sert encore aujourd'hui - d'inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d'un tiers monde révolutionnaire porteur d'un " homme neuf " restent un grand classique du tiers-mondisme, l'oeuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon. Dans cette édition, la préface d'Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Le Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l'Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l'importance de la pensée de Frantz Fanon.
Vérités et légendes sur deux siècles de relations incandescentes entre la France et l'Algérie. Alors que les relations entre la France et l'Algérie semblent engluées dans une crise sans fin, un ancien ambassadeur de France à Alger passe au crible les deux siècles de relations entre les deux pays, depuis le débarquement français à Sidi Ferruch, le 14 juin 1830 jusqu'à l' " affaire " Boualem Sansal. Comment se déroula la colonisation de l'Algérie ? Le royaume arabe de Napoléon III était-il une utopie ? L'indépendance a-t-elle contraint les Juifs à l'exil ? De Gaulle a-t-il compris l'Algérie ? Les harkis ont-ils été sacrifiés ? La décennie noire (1992-2002) a-t-elle été une guerre civile ? L'Algérie est-elle la "mauvaise conscience" de la France ? Les relations entre Paris et Alger sont-elles condamnées à la crise permanente ? C'est à ces questions au coeur de l'actualité et de nombreuses autres que répond ce nouvel opus de la collection "Vérités & Légendes".
Aucun autre pays n'a de liens aussi denses et complexes avec la France que l'Algérie, au point que le simple énoncé du nom suscite opinions tranchées et sentiments passionnels.Aucun autre pays n'a de liens aussi denses et complexes avec la France que l'Algérie, au point que le simple énoncé du nom suscite opinions tranchées et sentiments passionnels. Afin de comprendre, il faut recourir à un récit de temps long qui inclut la Préhistoire et l'Antiquité romaine avant que le temps de l'islam ne donne naissance à de nouvelles entités politiques. À partir du XVIe siècle, la régence d'Alger sous influence ottomane confirme le pays dans un destin méditerranéen. En 1962, 132 ans de présence française s'achèvent après une longue guerre de libération. L'indépendance se construit avec ses espérances et ses tragédies, telle la décennie noire (1992-2001), ses élans populaires comme le Hirak en 2019 et ses interrogations d'aujourd'hui touchant au développement économique, à un système politique opaque au nationalisme sourcilleux et au poids des conservatismes sociaux et religieux.
Près de soixante ans après la fin de la guerre d'indépendance algérienne, cette vaste fresque de l'Algérie coloniale, replaçant la guerre d'indépendance dans le temps long - car c'est bien dans la longue durée que le conflit s'enracine - est plus que jamais essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle de la France et de l'Algérie, ainsi que leurs relations depuis 1962. Dans ce cadre historique, cet ouvrage, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), met à disposition les travaux les plus récents, qui tiennent compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé en France comme en Algérie. Il montre comment l'histoire de ces deux pays et de ces populations s'est nouée, dans des rapports complexes de domination et de violence, mais aussi d'échanges, dans les contextes de la colonisation puis de la décolonisation. Enfin, ce livre interroge les héritages de ces cent trente-deux ans de colonisation qui marquent encore les sociétés.
Après 1988, l'Algérie a connu plus de dix ans d'une terrible guerre à la suite de l'interruption par l'armée de la première expérience démocratique du monde arabe qui a brièvement profité au Front islamique du salut (FIS). Dans les années 2000, l'Algérie d'Abdelaziz Bouteflika a lentement retrouvé la paix grâce à la rente des hydrocarbures, mais au prix d'une absence de justice et du mensonge. À l'armée, principale détentrice du pouvoir, se sont alors agrégés de plus en plus les milieux d'affaires qui ont profité de la libéralisation économique. La corruption a explosé.En 2019, une mobilisation populaire pacifique, inédite par son ampleur et sa durée, le hirak, a demandé que ce régime " dégage ". Après le départ de Bouteflika, l'armée a engagé une transition factice pour reconduire un régime à bout de souffle, ouvrant une nouvelle période à l'issue incertaine. Aucune alternative politique claire ne semblait se faire jour, alors que les perspectives économiques s'assombrissaient. C'est cette évolution de trois décennies d'une Algérie contemporaine très contradictoire que cet ouvrage retrace de manière chronologique.
Le témoignage rare et poignant d'un jeune "béret vert" durant la guerre d'Algérie.
Après avoir présenté et analysé dans un précédent ouvrage la conquête de l'Algérie par la France et comment s'est construite cette colonie jusqu'en 1914, Jacques Frémeaux s'attache ici aux événements qui, depuis la Première Guerre mondiale, ont conduit à la lutte armée et à la proclamation de l'indépendance du pays en 1962.Un ordre colonial fondamentalement inégalitaire, l'absence d'une croissance économique suffisante et une population algérienne en augmentation très rapide, des mutations sociales, une légitimité politique française contestée, la guerre engagée avec les forces révolutionnaires, la montée en puissance du FLN... N'éludant aucun sujet, n'épargnant aucun protagoniste, mais sans entrer dans des polémiques qui engageraient un camp ou l'autre, l'auteur relate de façon claire, précise et condensée une histoire longue et complexe, et montre le caractère inéluctable de ce qui s'est produit.Ce livre très documenté aborde et décrypte sans concession la réalité d'une mémoire coloniale douloureuse de part et d'autre. C'est le prélude nécessaire à toute volonté de réconciliation, le seul moyen acceptable d'y parvenir. Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer et ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Conquête de l'Algérie. La dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRS-Éditions) et La Question d'Orient (Fayard). Il a publié Algérie 1830-1914. Naissance et destin d'une colonie chez Desclée de Brouwer.
Voici une histoire de l'Algérie d'Abdelkader à Bouteflika (sur deux siècles), qui précède, enjambe et fait suite à l'histoire coloniale française de ce pays (1830-1962). Il ne s'agit pas d'oublier la colonisation française, mais au contraire de la réinsérer dans l'histoire longue de l'Algérie, de montrer en quoi et comment elle s'insère (par exemple dans la culture de la violence politique et de la gouvernance militaire de la société) dans l'histoire ottomane, puis débouche sur la République militaire. La République militaire instaurée avec le FLN est un mixte entre la culture militaire turque et tribale communautaire de la force; la culture jacobine centralisée inculquée par la France; le socialisme égalitaire mâtiné d'islam politique; et la culture militaire d'une armée moderne, qui est peut-être le principal legs de la France à l'Algérie - le tout communiant dans un nationalisme unanimiste et populiste. L'auteur insiste particulièrement sur l'histoire et les cultures politiques, doublés par les enjeux économiques et sociaux qui se succèdent et varient selon les conjonctures historiques. Les travaux sont nombreux sur l'Algérie, mais l'articulation d'un récit unifié sur la longue durée telle qu'elle sera ici traitée n'a pas d'équivalent. Ni en Algérie ni en France, ou la plupart des travaux séquencent une période courte, ou additionnent de nombreuses contributions qui ne permettent pas de saisir un récit unifié et qui fasse sens. Pierre Vermeren, normalien et agrégé d'histoire, est professeur d'histoire du monde arabe contemporain à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et membre du laboratoire SIRICE. Il est notamment l'auteur du Choc des décolonisations (O. Jacob, 2015), Histoire du Maroc (La Découverte, 2016) et La France en terre d'islam: Empire colonial et religions, XIXe-XXe siècles (Tallandier, 2020).
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects du conflit prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects du conflit prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.
11/12/1960, 5/10/1988, 22/02/2019. Trois manifestations drainant toute une population dans les rues ; des observateurs médusés par l'unité d'un peuple que l'on disait résigné. Le procédé est le même, une réappropriation de l'espace public par la population. Les revendications, voisines : l'affranchissement, la liberté, la vie. L'adversaire, immuable : l'ordre colonial, qu'il soit le fait d'une puissance étrangère ou celui d'une caste locale. Ces dynamiques successives d'union et de fragmentation ont jalonné l'histoire de l'Algérie et ont façonné ce pays. Ce sont ces permanences qu'analyse l'auteur, depuis les débuts de la résistance populaire contre les forces ottomanes puis françaises jusqu'aux récents prémices qui ont donné naissance au hirak - le mouvement populaire - de 2019. Originaire de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, né dans le sud de la France en 1973, Mohamed Sadoun est actuellement haut-fonctionnaire et magistrat après une première carrière dans l'enseignement. Il s'intéresse aux questions de justice et à l'histoire du bassin méditerranéen et plus particulièrement de l'Algérie. Des confréries soufies à l'Islam de France est paru chez Hermann en 2016. Il collabore également à la revue Folle Histoire et à Jeune Afrique.
Le FLN dirige-t-il toujours l'Algérie ? Qu'est-ce que la « décennie noire » ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu de Printemps algérien en 2011 ? Que traduit la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel ? La jeunesse rêve-t-elle toujours de départ ? L'Algérie est-elle une alliée de la Russie ? Les Algériens détestent-ils la France ? Avec ses ressources naturelles importantes en gaz et en pétrole, sa jeunesse éduquée et volontaire, l'Algérie dispose de nombreux atouts. Pourtant, beaucoup d'Algériens se définissent comme « un peuple pauvre pour un pays riche ». Car l'autoritarisme du pouvoir, les freins à la création d'entreprise, l'état déplorable des infrastructures et de l'agriculture laissent le pays entravé de toutes parts, sans compter la vie quotidienne souvent compliquée. Et les polémiques et péripéties liées au scrutin présidentiel de 2019 ont engendré colère et accablement. Malgré tout, la jeunesse algérienne se mobilise et demeure créative, notamment grâce aux nouvelles technologies.Akram Belkaïd décrypte en 100 questions/réponses claires et passionnantes la situation politique, économique, sociétale de l'Algérie, et montre pourquoi ce pays si prometteur au lendemain de son indépendance est aujourd'hui enlisé dans ses multiples échecs et blocages.
Il est 20 h 30, ce 17 juin 1962 à Alger. Comme chaque soir, de nombreux Français écoutent à la radio l'émission pirate de l'Organisation armée secrète (OAS), qui rassemble les derniers fervents de l'Algérie française perdus dans un combat désespéré d'une rare violence. Leur sang ne fait qu'un tour lorsqu'ils entendent un porte-parole annoncer d'une voix grave, que, « à l'issue d'entretiens auxquels l'OAS a participé, le FLN vient [...] de définir les bases d'un accord entre Algériens ». Trois mois après les accords d'Évian, la guerre d'Algérie est en train de s'arrêter, presque net. Grâce à un accord que l'on s'attachera à bien garder secret, sorte d'annonce des liens futurs entre la France et son ancienne colonie. Et pour preuve : pendant près de cinquante ans, les deux pays vont entretenir une relation passionnée et tumultueuse faite d'amour et de haine, sur fond de contrats gaziers, d'immigration et de plaies identitaires mal refermées. Une relation où tous les coups seront permis. Mais en cachette. Il ne faut pas oublier qu'on est en paix maintenant. Dans cette étude en deux tomes, Naoufel Brahimi El Mili lève enfin le voile sur cette période bien sombre de notre histoire. Il nous apprend comment Valéry Giscard d'Estaing, qui ne voyait pas l'OAS d'un mauvais oeil, laissera le SDECE déstabiliser le jeune État algérien, ou comment la guerre entre services des deux pays pour le sauvetage des moines de Tibhirine a fait cafouiller toute l'opération. Révélations, point de vue inédit sur une actualité encore brûlante, Naoufel Brahimi El Mili clôt, par cet ouvrage, ses magistrales 50 ans d'histoires secrètes. Naoufel Brahimi El Mili est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris. On lui doit notamment Le Printemps arabe : une manipulation ? (Max Milo, 2012). Le premier tome de France-Algérie, 50 ans d'histoires secrètes a paru en 2017, chez Fayard.
Un conflit colonial majeur qui a isolé la France...Le 8 mai 1945, au lendemain de la victoire alliée, les " évènements " commencent en Algérie. De massacres en représailles, ces évènements deviendront rapidement un conflit colonial majeur qui isolera la France sur la scène internationale, révélant son incapacité à accompagner un mouvement global de décolonisation.... et cristallisé le débat politique. La guerre d'Algérie a cristallisé le débat politique intérieur, défini une génération et révélé les forces contraires d'une France tout à la fois arc-boutée sur son passé et aspirant à la modernité. Riche de l'ouverture récente d'archives militaires françaises et des recherches d'une nouvelle génération d'historiens algériens cet enregistrement apporte une vision exhaustive et équilibrée du conflit.
Aux premiers jours de la guerre d'Algérie, les commandos de choc du SDECE reçoivent l'ordre de frapper la rébellion à la tête. Pendant huit ans, les hommes du légendaire service " Action " et de la 11e demi-brigade parachutiste de choc vont mystifier l'ennemi. Au coeur des djebels, ils organisent le ralliement des chefs fellagha, montent des maquis anti-FLN, parachutent leurs agents au-delà des frontières, de la Libye au Maroc.En Europe même, ils poursuivent leur guerre implacable. Des bateaux chargés de munitions sautent dans les ports de Tanger ou de Hambourg. En Suisse, en Allemagne, en Espagne, des trafiquants d'armes, des responsables rebelles sont abattus par des tireurs d'élite ou sautent au volant de leurs voitures, piégées.Le FLN voulait arracher l'indépendance : il sera obligé de la négocier. Vingt ans après la fin de la guerre d'Algérie, voici enfin que se lève le voile sur l'épopée mystérieuse et stupéfiante du plus secret des services secrets : les commandos de choc, SDECE-service Action.