Villes & Banlieues
Villes & Banlieues
Filtre
«Le vélo, c'est pour s'amuser et ça grille les feux rouges. C'est culturel. Ça ne marchera jamais en France.» «Le vélo, c'est dangereux!» Qui de mieux pour démonter ces idées reçues qu'un Néerlandais installé en France? Peu savent que les Pays-Bas, reconnus comme le paradis du vélo, étaient eux-mêmes un «pays de la bagnole» dans les années 1970, avant que la population ne déclenche une révolution du vélo spectaculaire. Comme quoi la révolution de la pédale relève avant tout d'une volonté citoyenne et politique. Avec un humour redoutable, Stein van Oosteren nous explique pourquoi il faut rendre le pays du Tour de France cyclable: parce que c'est bon pour la santé, le moral, l'autonomie des enfants, la vie de quartier, la planète... Il démonte les multiples freins à la pratique du vélo, qu'ils soient politiques ou bien souvent situés «entre nos deux oreilles». Car pour cet auteur rompu aux débats avec les élu.e.s municipaux,il est temps de se poser les bonnes questions à propos du transport. Par exemple, non pas combien de voitures peuvent circuler sur une rue, mais plutôt combien de personnes? Une piste cyclable faisant passer sept fois plus de personnes qu'une voie pour les voitures, le calcul est vite fait! Pour croire au changement, il faut le vivre. À défaut de pouvoir vous emmener aux Pays-Bas, Stein van Oosteren vous propose de revisiter l'espace public avec son regard de Néerlandais. De ce voyage, vous reviendrez heureux et étonné, comme vous revenez d'un séjour au royaume du vélo: pourquoi pas le vélo, en effet?
Voir d'un pays « éloigné » offre toujours des perspectives nouvelles et conduit à envisager autrement problèmes et solutions. Dans le contexte des événements tragiques survenus en 2015 et face à la désaffection du politique que connaît notre pays, ce volume fait appel aux regards d'observateurs étrangers généralement peu sollicités dans les travaux et les études sur les banlieues françaises. Photographes, journalistes, universitaires ou encore chefs d'entreprise pointent ici les problèmes de fond que les exigences de l'actualité occultent souvent. La banalisation du mot « banlieues » cache en effet des pièges et des maux, mais aussi des opportunités et des réussites que souvent nous ne voyons plus. Cet Essentiel, composé entièrement de textes inédits, présente des regards croisés qui contribuent à élargir notre réflexion et invite à comparer pour imaginer différemment le lien social.
Peut-on empêcher Paris de devenir la capitale de la finance ou une ville-musée ? Sera-t-il encore possible demain de vivre et travailler à Paris ? Oui ! À condition d'engager une révolution économique, sociale et environnementale au coeur du système de production et de consommation. C'est la démarche que Nicolas Bonnet Oulaldj propose à partir d'une expérience de relocalisation de la production et de circuits courts dans la capitale. Mêlant des récits de pratiques novatrices, des portraits de personnes qui ont fait le choix de fabriquer à Paris et des propositions en matière de politique publique, cet ouvrage fait le pari d'une capitale à visage humain. En s'appuyant sur la richesse des métiers de ses habitants, l'auteur propose de changer le modèle économique de Paris pour qu'elle devienne une ville écologique et populaire. À l'heure où les actions contre le réchauffement climatique et pour la justice sociale doivent se conjuguer, il démontre par l'exemple que la capitale est capable de relever ces défis.
Les territoires périurbains, comme leur nom l'indique, sont des zones qui se situent « autour » de la ville. Ni tout à fait urbains ni tout à fait ruraux, ils sont le reflet des choix urbanistiques du XXe siècle. On les juge aujourd'hui avec sévérité : ils seraient l'espace du repli sur soi, de l'égoïsme et de l'homogénéité sociale. Pire : ils ne seraient pas écologiques, multipliant les infrastructures routières tout en dévorant les terres agricoles. Pourtant, les études menées depuis une quarantaine d'années permettent de nuancer ces visions caricaturales. Elles rendent justice à un espace diversifié, pluriel et socialement ouvert. Hervé Marchal et Jean-Marc Stébé prouvent que c'est même au coeur de la France périurbaine que s'inventent des pratiques parmi les plus innovantes (énergie alternative, agriculture bio et solidaire, gouvernance participative, aménagement, animation culturelle...).
Les métropoles d'Asie s'imposent dans l'espace mondial par leur nombre et leur poids. Incarnation de la montée en puissance économique et géopolitique de la région, elles sont devenues des pôles de création majeurs. Les chercheurs réunis ici analysent toutes les facettes de cette explosion urbaine qui bouleverse les trames historiques, en mettant en oeuvre aussi bien des modèles internationaux importés, dans les formes du bâti et les structures urbaines, que des traductions inédites et asiatiques. Sociologues, historiens, géographes identifient les transformations à l'oeuvre, exposent les actions de marketing urbain toujours plus sophistiquées qui les portent, et révèlent les articulations complexes entre acteurs publics et privés de plus en plus éloignées des politiques traditionnelles. Ils dévoilent aussi comment des constructions inédites, issues de ces recompositions de la demande, modifient radicalement les usages de la ville tout en suscitant, pour la premiè
Dans un contexte de déterritorialisation progressive de la citoyenneté, les villes sont au coeur des luttes socio-politiques en raison des injustices socio-spatiales qui les fragmentent (ghettoïsation, gentrification, morcellement communautaire...). Des groupes citoyens revendiquent de plus en plus leurs droits culturels et politiques, prétendent à une certaine visibilité dans l'espace public et tentent d'investir les villes par leurs modes de vie spécifiques. Le « droit à la ville », qui se nourrit du concept de justice spatiale, amène les citoyens à refuser de se laisser écarter de la réalité urbaine par des logiques discriminatoires, inégalitaires et ségrégatives. Ce renouvellement de l'investissement politique des espaces urbains est au coeur de ce livre. À partir d'exemples recueillis dans des villes du monde entier (en Argentine, Inde, Turquie, Bulgarie, France...), des chercheurs interrogent les obstacles à la citoyenneté, mais aussi l'expression politique relative à cette citoyenneté, notamment à partir des affirmations et revendications identitaires contemporaines. Ils analysent les effets de la montée des identités collectives (ethniques, culturelles, religieuses...) sur la citoyenneté et, plus largement, sur les démocraties dites représentatives. Il s'agit en somme de saisir au plus près du terrain l'émergence en actes de mouvements citoyens inédits soucieux de défendre leurs conceptions de la citoyenneté.
Et si la ville que vous voyez chaque jour cachait une réalité bien plus complexe ? Ville visible, ville invisible explore les deux facettes de l’espace urbain : ce qui saute aux yeux et ce qui se joue dans l’ombre.
Et si la ville telle que nous la connaissons n’était plus qu’un lointain souvenir ? Après la ville de Pierre Veltz explore l’émergence d’un monde urbain sans frontières, où mégapoles, campagnes et déserts forment un continuum ininterrompu.
Une voix se lève, au début de la Monarchie de Juillet, pour dénoncer la destruction du patrimoine architectural et artistique français : celle de Victor Hugo. Dans « Guerre aux démolisseurs », paru en mars 1832, le jeune poète regrette le « vieux souvenir de la France » qui « s'en va avec la pierre sur laquelle il était écrit ». Il déplore le vandalisme, moderne et bourgeois, qui se répand et ravage le vieux Paris.
Ancien prof de lycée dans le " 9-3 " devenu sociologue, Fabien Truong a pendant dix ans - des émeutes de 2005 aux attentats de janvier 2015 - suivi une vingtaine d'anciens élèves, du bac jusqu'à la fin de leurs études. Tour à tour prof, enquêteur et confident, il dresse le portrait d'une certaine jeunesse française, celle des banlieues populaires issues de l'immigration.De la fac aux grandes écoles, en passant par les cycles plus courts, ces jeunes incarnent la face cachée d'une passion nationale : sortir de sa condition par l'école. Confrontés au stigmate des origines, à l'impératif de rentabilité assigné aux études longues et à la précarité massive, ils mènent un combat ordinaire pour gagner l'estime de soi et apprendre à naviguer entre les multiples frontières du monde social.En offrant une plongée dans l'intimité de ces jeunes étudiants en quête d'échappée, ce livre peut se lire comme un récit initiatique, déroulant dans le temps long leurs rêves d'ascension sociale, leurs questionnements identitaires, les peines et les joies de l'apprentissage intellectuel, leur rapport à la religion ou leurs histoires d'amour.
Que faire face aux violences ? Comment les désamorcer ? Cet ouvrage allie rapports et analyses scientifiques ainsi qu'exemples concrets pour clarifier et mettre à nu la multiplication des violences subies par les personnes (LGBTIQ, enfants, femmes etc.). L'ouvrage propose aussi des solutions, des pistes pratiques, pour lever les tabous, encourager la parole et mettre en place des stratégies pour les personnes n'aient plus cette peur de parler, de dénoncer. Les violences tuent. Le silence aussi tue. L'articulation de ces deux axes structure l'ouvrage à travers le décryptage des mécanismes et des conséquences qui opèrent ainsi que des modalités concrètes d'action et de réaction. Caroline Dayer est enseignante et chercheuse à l'université de Genève. Elle a déjà publié, chez le même éditeur, Sous les pavés, le genre et Le pouvoir de l'injure.
En ce début de siècle, un constat s'impose : l'urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes. C'est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales - bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne, global city, urbain diffus... L'auteur pointe les défis à relever : la " bonne " occupation des sols face à l'extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la " bonne " manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives...) ; la " bonne " façon d'assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la " bonne " gouvernance, qui exige l'invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la " bonne " habitabilité entre soi et les autres. Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l'éventail des croyances et des rites, de l'incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.
La dynamique planétaire d'urbanisation passe par l'extension des bidonvilles dans les pays en développement. C'est un huitième de l'humanité qui vit aujourd'hui dans ces espaces. Parallèlement, le retour des bidonvilles et des campements illégaux en France suscite inquiétude, voire alarmisme, sur fond de " crise des migrants ". Pour certains, les bidonvilles doivent être éradiqués comme des foyers d'insalubrité et de criminalité. Pour d'autres, ils constituent un laboratoire de la ville durable, à la fois piétonne, écologique, participative et recyclable. Et si les bidonvilles, au lieu de renvoyer uniquement à un passé effrayant, inventaient aussi des solutions pour l'avenir ? Julien Damon est professeur associé à Sciences Po et conseiller scientifique de l'École nationale supérieure de sécurité sociale (En3s). Il a été chef du service " Questions sociales " au Centre d'analyse stratégique et directeur des études à la Caisse nationale des allocations familiales.
" Ils ont couru à perdre haleine à travers le petit bois. Ils ont franchi le mur d'enceinte du cimetière, et progressent vers la sortie. Ils se pensent tirés d'affaire... Mais un crissement de pneus, la lueur d'un gyrophare leur coupent le souffle. "Vite, par là !' [Dans le même temps, sur les ondes radio de la police :] "Ouais, les deux individus sont localisés. Ils sont en train d'enjamber pour aller sur le site, euh... le site EDF. Il faudrait cerner le coin. [...] En même temps, s'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau.' " Dix ans après la mort brutale de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, et les blessures subies par leur ami Muhittin, le drame de Clichy-sous-Bois semble avoir trouvé son épilogue dans un procès qui laisse un goût amer aux familles des victimes. Cette affaire avait déclenché trois semaines d'émeutes et un tourbillon médiatique sans précédent. Dans l'oeil du cyclone, leurs parents, leurs frères et soeurs ont dû tout affronter : la douleur du deuil, les déclarations mensongères sur les circonstances de l'accident, l'intrusion du politique... Avant d'entamer un interminable combat, pour voir enfin deux policiers comparaître devant un tribunal pour " nonassistance à personne en danger ". Ces derniers ont été relaxés le 18 mai 2015. Journaliste au Parisien en Seine-Saint-Denis, Gwenael Bourdon a couvert les émeutes et suit l'affaire depuis ses tout débuts. Avec les frères des victimes, Adel Benna et Siyakha Traoré, elle livre ici le récit " à hauteur d'homme " d'un drame qui bouleversa d'abord la vie de familles ordinaires, avant de devenir l'épicentre d'une onde de choc secouant la France et ses banlieues.
Les métropoles ont longtemps été considérées comme des modèles de développement dans une économie ouverte et concurrentielle. La multiplication des crises - climatiques, sanitaires, énergétiques, géopolitiques - comme des formes de contestations sociales ont fait évoluer ces jeunes institutions qui sont désormais plus attentives à leur environnement immédiat ; non sans difficultés tant les métropoles françaises restent coincées entre le gouvernement des maires, la montée de l'individualisme et les injonctions de l'État. Face à tant de contraintes, cet ouvrage interroge leur capacité à peser dans les débats du siècle. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
Les métropoles ont longtemps été considérées comme des modèles de développement dans une économie ouverte et concurrentielle. La multiplication des crises - climatiques, sanitaires, énergétiques, géopolitiques - comme des formes de contestations sociales ont fait évoluer ces jeunes institutions qui sont désormais plus attentives à leur environnement immédiat ; non sans difficultés tant les métropoles françaises restent coincées entre le gouvernement des maires, la montée de l'individualisme et les injonctions de l'État. Face à tant de contraintes, cet ouvrage interroge leur capacité à peser dans les débats du siècle. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
Cet ouvrage propose d'analyser les pratiques culturelles des jeunes comme ressort de bien vivre territorial dans une petite ville. La notion de bien vivre permet de questionner la qualité de ce qui est vécu, individuellement et collectivement, et les liens créés à la fois entre les habitants et à l'égard du territoire. Chef-lieu de l'Ariège, Foix se révèle être une étude de cas particulièrement intéressante par l'attention de longue date portée par les politiques publiques à la culture et à la jeunesse. Les Carnets de Territoires visent à révéler la diversité des territoires, des dynamiques d'acteurs et des enjeux de l'action publique locale, sous la forme de résultats de recherche ou d'études de terrain.
Cet ouvrage propose d'analyser les pratiques culturelles des jeunes comme ressort de bien vivre territorial dans une petite ville. La notion de bien vivre permet de questionner la qualité de ce qui est vécu, individuellement et collectivement, et les liens créés à la fois entre les habitants et à l'égard du territoire. Chef-lieu de l'Ariège, Foix se révèle être une étude de cas particulièrement intéressante par l'attention de longue date portée par les politiques publiques à la culture et à la jeunesse. Les Carnets de Territoires visent à révéler la diversité des territoires, des dynamiques d'acteurs et des enjeux de l'action publique locale, sous la forme de résultats de recherche ou d'études de terrain.
Autant le dire simplement, j'aime Marseille. J'y ai vécu, et j'y retourne souvent. Deux parties de la ville qui n'ont a priori rien à voir m'occupent depuis des années. La première se passe à la Castellane, dans les fameux quartiers nord. Fin 2011, juste avant Noël, un garçon de 17 ans, prénommé Kamel, y était assassiné à la kalachnikov. Deux jours après, trois dealers grillaient dans un « barbecue ». Une balle dans la tête et des corps brûlés dans une voiture, parce que « ça prend vite feu ». Kamel habitait la cité de Zinedine Zidane que j'avais arpentée aux temps où l'on célébrait la France « blanc, black, beur ». En 2011, les trafiquants de la Castellane n'avait pas encore fait résonner leurs fusils mitrailleurs à la veille d'une visite du premier ministre à Marseille et la cité ne faisait pas les gros titres de journaux. Mais, on disait déjà qu'elle abritait le plus gros marché de stupéfiants de la région, voire de France, ce qui était vrai. Dans la même période, on assistait à l'ascension des deux frères Guérini, Jean-Noël, qui présidait le conseil général des Bouches-du-Rhône et Alexandre, qui retraitait déchets et ordures. Quand Kamel a été abattu en bas de son immeuble, Jean-Noël venait d'être mis en examen pour, entre autres, « trafic d'influence » et « association de malfaiteurs ». Le juge qui instruisait le dossier parlait d'un « système mafieux » mais le socialiste continuait à diriger le département. Son frère Alex, poursuivi pour les mêmes motifs (plus quelques autres dont la « détention » d'un chargeur de pistolet Glock), sortait de cinq mois de détention préventive mais lui aussi continuait à diriger ses entreprises. Ces deux histoires parallèles ont fini par se rencontrer. D'un côté, les quartiers nord, les zones périphériques réservées aux descendants d'immigrés, l'économie de la drogue et sa violence à l'état brut. De l'autre, les quartiers sud, la partie « corso-marseillaise » de la ville, son économie tout court et sa violence recyclée dans les urnes. Deux mondes dissemblables et pourtant imbriqués, l'un expliquant l'autre. Et entre deux franchissements de frontières, j'allais au Cercle des Nageurs, ce club de natation, dont la célébrité s'accroît après chaque compétition internationale. Ce livre est né de mes allers et retours entre ces deux mondes, avec le Cercle au milieu, comme un miroir grossissant de la ville. Marseille est belle et tragique, tout chez elle semble soumis à la fatalité. Marseille est elle-même un cercle, un cycle éternellement recommencé, que rien ne vient jamais briser, la définition même de la tragédie. Marseille a une histoire. Cette histoire la rend unique. Et cette histoire l'enferme. Tous ceux qui ont prétendu vouloir lui offrir un autre destin ont été éjectés du cercle. Marseille, quel que soit le maire qui occupe son hôtel de ville, et quel que soit le gouvernement qui au sommet de l'État promet d'y ramener de l'ordre, reproduit toujours les mêmes formes. Ses habitants eux-mêmes, qu'ils me pardonnent de parler à leur place, enragent d'en être prisonniers mais, qu'on leur donne la clé, ils n'ouvrent pas pour autant la porte pour s'échapper. Sinon quoi ? Leur ville serait comme toutes les autres. »M.-F. E.
Les quartiers « sensibles » font en permanence la Une des médias : trafics de drogue, règlements de compte, rixes entre bandes. Dans quelle mesure sont-ils réellement des «zones de non-droit » ? Comment y vit-on ? Quelles en sont les règles et les valeurs ? Quel est leur avenir ?Le journaliste Stanislas Poyet est allé rencontrer les habitants de ces quartiers compliqués, marqués par la violence, la drogue, la pauvreté. Une vision « à hauteur d'homme et de femme » de leur quotidien, de Roubaix à Marseille, en passant par Toulouse, Rennes ou Venissieux... Il donne la parole aux habitants, ceux qu'on entend peu : les mères de familles, les jeunes, les gardiens de résidence, les dealers, mais aussi à ceux qui façonnent ces quartiers : policiers, bailleurs HLM, travailleurs sociaux...À travers cette immersion là où, nous dit-on, l'État n'a plus le droit d'entrer, Stanislas Poyet nous dévoile une France méconnue. Journaliste, Stanislas Poyet écrit pour Le Figaro. Défense d'entrer ? est son premier livre.
Cet ouvrage éclaire et met en perspective les débats sur l'enracinement des inégalités sociales et territoriales qui caractérisent la transformation des métropoles. L'expression « Banlieues populaires » a pris une connotation négative, désignant des lieux abandonnés par les pouvoirs publics, des lieux de « non droit », habités par des populations désaffiliées, si ce n'est « dangereuses ». Tout un imaginaire s'est ainsi cristallisé autour de cette expression. Ce livre revisite les idées reçues ou les fausses évidences en démontrant que les banlieues ne forment pas des territoires homogènes. Éclairant l'histoire des banlieues populaires et singulièrement celle de la Seine Saint-Denis, ses auteurs interrogent le présent et les futurs possibles des banlieues populaires. Cet ouvrage est dirigé par Marie-Hélène Bacqué, professeure en études urbaines, Emmanuel Bellanger, historien, chercheur au CNRS et par Henri Rey, politiste, directeur de recherche à Sciences Po.
Qui sont « les jeunes de banlieue » ? Qui sont ces grands enfants à peine sortis de l'adolescence, mais déjà marqués par les épreuves, les drames de l'exil et de la misère ? Quelles sont les tensions et les forces qui traversent leurs vies, qui les portent ou les fragilisent ? Et comment expliquer les réussites inespérées de certains sur lesquels personne n'aurait jamais parié ?À travers ce trombinoscope recomposé par la mémoire d'un professeur, au terme de quinze ans d'enseignement, dans des lycées coincés entre un centre commercial et une gare RER, on suit ces vies bouleversantes telles qu'elles s'égrènent au fil des années, dans des discussions, des rencontres, des messages sur les réseaux sociaux. On entend leurs récits de souffrance, de solitude, mais aussi leurs histoires de famille et d'amour. On s'interroge avec eux sur le sens de la loyauté, la force des liens, le poids des origines. On découvre aussi - et heureusement - qu'on ne sait jamais ce dont un élève est capable.Claire Marin enseigne la philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles, en banlieue parisienne.Elle est l'auteur de plusieurs essais consacrés à l'épreuve de la maladie et à la relation de soin, comme L'homme sans fièvre, La maladie, catastrophe intime, ou encore Hors de moi.
relatait le parcours déroutant d'un jeune braqueur devenu directeur d'une maison de jeunes, diplômé en ingénierie de la sécurité. Depuis, Yazid Kherfi a formé des policiers, des gardiens de prison et des travailleurs sociaux, diffusant son expérience des quartiers. Dans ce nouveau livre, il raconte son engagement quotidien pour la prévention en milieu urbain et son outil de travail : un " camion de la médiation nomade " qu'il poste tous les soirs au pied des immeubles.
Promesses électorales, investissements publics et politiques musclées ont déferlé sur Creil. Pourtant la ville demeure en proie au chômage, aux trafics, à la désindustrialisation et au communautarisme. La journaliste Floriane Louison a quadrillé cette ville pendant quatre ans et a mené enquêtes et interviews auprès de ses habitants pour comprendre leurs problèmes et leurs espoirs. Elle a rencontré un syndicaliste qui lutte depuis quarante-cinq ans et a vu six mille emplois disparaître au cours de sa carrière, une mère célibataire qui vit en logement social et se démène pour travailler et éduquer ses enfants, une jeune femme convertie à l'islam qui a lancé son salon de beauté ou encore un médecin, le dernier de la ville, en passe de jeter l'éponge après une énième agression. À la recherche d'initiatives, elle a trouvé un jeune entrepreneur, garagiste dynamique et solidaire, un fondateur d'ONG qui se bat pour siéger à l'ONU ou encore une militante féministe, ceinture noire de karaté, qui défend le port du voile. À l'heure où s'essoufflent les slogans de la diversité et de la politique de la ville, Floriane Louison nous éclaire sur les échecs de cette politique mais aussi sur les réussites construites au quotidien par les habitants de Creil. Floriane Louison est journaliste. Après avoir collaboré à divers médias dont France Info et Rue 89, elle a couvert pendant quatre ans la ville de Creil pour Le Parisien. Des gens à part est son premier livre.
La « théorie du lotissement » est une idée neuve qui repose sur un concept simple : ma maison a d'autant plus de valeur que la maison de mon voisin a de la valeur ! Par extension, Loïck Roche propose une théorie selon laquelle plutôt que de rabaisser mon concurrent, je dois au contraire souhaiter que celui-ci soit le plus fort possible pour que la qualité de son établissement entraîne le mien vers le haut. En 80 pages, il propose une façon radicalement nouvelle d'envisager les relations entre les entreprises, entre les partis politiques, entre les organisations, entre les personnes. Objectif : créer une valeur d'ensemble forte qui permettra de gagner en compétitivité, de créer de la croissance, de l'emploi et in fine de sortir de la crise. L'auteur propose un changement profond de notre manière de penser : ne plus se réjouir du malheur des autres, ne plus se positionner par rapport aux faiblesses de son concurrent, mais se réjouir de la réussite de ses confrères ; la clé pour réussir dans le monde de demain.