Par ce dimanche ensoleillé de juillet, une foule considérable se pressait sous les hangars du quai Van Dyck, à Anvers, pour assister au spectacle bi-mensuel, mais toujours nouveau pour elle : le départ d'un paquebot-poste du Congo.Le peuple, en Belgique, a tant de fois entendu parler de ce pays lointain ; tant de familles ont là-bas un membre qui travaille au compte d'une compagnie coloniale, ou de cette autre entreprise commerciale nommée, je ne sais pourquoi, Etat indépendant du Congo, que l'on s'explique aisément l'amas confus d'idées et de sentiments remué en toute âme belge par ce mot de Congo : fierté nationale, gloire épique, richesse acquise.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Michel Mathey
Michel Mathey est un auteur dont l’œuvre *La traite des Blancs* s’inscrit dans la tradition du **roman colonial**, offrant un regard critique sur les mécanismes et les conséquences du colonialisme européen en Afrique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Son récit, inspiré des réalités historiques et des témoignages de l’époque, met en lumière le sort des petits employés et agents coloniaux, souvent oubliés des récits officiels. Publié initialement en 1902, ce roman a été réédité à plusieurs reprises, témoignant de son intérêt pour les questions de pouvoir, d’exploitation et de survie dans les colonies. Mathey y dépeint avec réalisme les tensions entre les ambitions économiques des sociétés coloniales et la dureté de la vie sur le terrain.