Une réflexion ciselée sur le temps et la mort.
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La vie sur le fil
Plongez dans La vie sur le fil d’Aline Kiner, un roman pudique et solaire où une jeune femme confrontée à la maladie trouve réconfort dans une voix venue d’Égypte. Une quête poétique entre passé et présent, à la frontière de l’espoir et du mystère.
Comme ses personnages, fragment après fragment, Aline Kiner façonne un roman pudique et solaire sur notre peur du néant et des rendez-vous manqués. Entretien avec Aline Kiner : Après Le Jeu du pendu (Liana Levi, 2011) pourquoi ne pas avoir écrit un autre roman policier ?
Pour moi, le roman policier n'est pas un genre fermé. C'est une forme d'écriture, un système de codes, qui permet d'approcher ce qui me passionne le plus : la vérité des êtres et leur façon de se débrouiller avec cette drôle de chose qu'est la vie. Il ouvre aussi au lecteur des univers qu'il ne connaît pas. Dans Le Jeu du pendu, j'ai aimé raconter un petit village de Lorraine marqué par les souvenirs de la guerre, le rapport ambivalent des hommes à la mine, les failles des personnages... Mon nouveau roman emprunte d'autres codes, mais finalement, l'essentiel n'est pas si éloigné. Et même s'il s'agit d'une histoire plus intime, j'ai voulu instiller une certaine tension dramatique, un suspens.
Après tout, je suis un « jeune » auteur. J'ai envie d'explorer des gammes différentes. Disons que c'est un nouveau premier roman...
Dans La vie sur le fil, c'est l'univers de l'archéologie, et en particulier l'Égypte ancienne, que vous donnez à découvrir...
J'ai toujours été passionnée par l'histoire. Pour Sciences et Avenir, j'ai eu la chance de réaliser de nombreux reportages en Égypte, de suivre plusieurs chantiers archéologiques majeurs, de pénétrer dans des pyramides et des tombes interdites de la Vallée des Rois. Mais mon plus grand souvenir reste celui d'un séjour, en 2006, sur le site d'Abydos. C'est l'un des points de départ du livre : la maison de fouilles blanche perdue dans le désert où j'ai séjournée, la nécropole d'Oumm el-Qa'ab dans laquelle ont été inhumés les tout premiers souverains d'Égypte. « Un monde des débuts », comme le dit un de mes personnages, où tout a été inventé : l'écriture, l'institution pharaonique, l'idée d'immortalité... Pour le personnage de Jonn, je me suis souvenu de l'égyptologue allemand Günther Dreyer, le découvreur de la tombe du roi Scorpion avec qui j'ai longuement arpenté cette nécropole.
Et celui d'Éva, la narratrice ?
Il m'a été inspiré par une femme extraordinaire. Elisabeth Daynès, une sculptrice, plasticienne, qui crée pour des musées du monde entier des reconstitutions d'êtres anciens. Elle travaille avec les plus grands préhistoriens, les plus grands anthropologues, ses oeuvres sont des témoignages scientifiques d'une grande rigueur, mais elles sont également troublantes de vie, et très touchantes. Elisabeth éprouve, pour ces créatures si différentes de nous mais en même temps si proches, une formidable empathie. J'ai passé beaucoup de temps à l'écouter et à la regarder travailler dans son atelier.
Il y a aussi une dimension plus intime dans ce roman...
Depuis des années, toutes ces immersions dans des mondes du passé, ces rencontres, m'ont amenée à réfléchir à notre rapport au temps, à tous les rituels développés depuis le fond des âges pour combattre la peur de la mort, en un mot à cette conscience qu'a l'être humain de sa finitude et comment il se débrouille avec... Quand j'ai dû, dans ma vie personnelle, faire face à la maladie, toutes ces réflexions me sont revenues. Et j'y ai, étrangement, trouvé du réconfort. Je me suis notamment souvenue de ce jour où, dans le désert lybique, j'avais entraperçu, au fond d'une cache, quatre momies, les parents et deux enfants, allongés là depuis des millénaires. Combien ils m'avaient paru paisibles, et familiers. J'ai voulu raconter cette scène. Et le sentiment qu'elle a fait naître en moi : je n'étais pas seule face à l'absurdité de la vie, j'appartenais à une longue chaîne d'humanité.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Journaliste et romancière française, Aline Kiner (1959-2019) a marqué la littérature par son approche à la fois historique et humaine. Rédactrice en chef des hors-séries de Sciences et Avenir, elle a puisé dans ses reportages en Égypte et sa passion pour le Moyen Âge pour nourrir ses romans. La vie sur le fil (2014) s’inspire directement de ses expériences sur le site archéologique d’Abydos. Son œuvre, saluée pour sa pudeur et sa profondeur, explore les failles et les forces de l’âme, entre suspense et poésie.
newsmode Revue de presse
Un roman foisonnant et captivant.
Plus métaphysique que noir, cet émouvant polar se lit comme une enquête.
Un roman tissé de mystères.
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