Date de parution
30 septembre 2014
Éditeur
1961 Digital Edition
Caractéristiques techniques
Langue
Français
Pages
179 Pages
Taille du fichier
0.4 MB
ISBN 13
9782368691151
Format
Epub
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Le Nervi
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Retrouvez Raymond Garcia, ex-flic marseillais surnommé Le Nervi, dont la retraite paisible dans l’arrière-pays aixois bascule quand un motard en fuite croise sa route.
Extrait
Préface du chien Saucisse
Moi, je n'aime pas les chats, quant à mon maître il n'aime pas les flics. On n'y peut rien, ce doit être dans notre nature. Il y a tout de même quelques chats que j'ai à la bonne, Léon, le gros chat de son ex, ou Poussy, la chatte à la voisine, parce que je les connais personnellement et que ça se passe bien... Un peu comme pour mon maître, qui connaît également quelques échappés de la maison poulaga, à qui il serre la main et adresse aimablement la parole... Son ami Jacquet est de ceux-là ! Il faut dire qu'il ne l'a pas connu en garde à vue, chacun d'un côté du bureau et lui du côté de la lampe dans la gueule et des coups de bottin sur la tête, ce qui n'aurait probablement pas favorisé l'urbanité de leurs relations à venir, mais qu'il l'a rencontré à la faveur des salons du livre. Qu'ils fréquentent tous deux pour y signer leur prose aux gogos de lecteurs qui les prennent pour des écrivains. Alors que dans ces mêmes salons du livre, où je suis invité moi-même en tant que teckel plumitif*, j'en ai croisé, des vrais écrivains, et je peux vous affirmer qu'ils n'ont rien à voir avec l'ami Michel ou avec mon maître : non, les vrais écrivains, ce sont des gens sérieux, ou qui en tout cas se prennent pour tels, capables de parler de leurs livres du matin au soir et d'en faire même un sujet de conversation à table, là où la moyenne des hominidés parle plus volontiers de bouffe, de sexe ou de politique... mais tout de même assez rarement de la disparition dommageable de l'imparfait du subjonctif !
Michel Jacquet, je ne suis pas sûr qu'il connaisse l'imparfait du subjonctif... et je ne serais d'ailleurs pas étonné d'apprendre que dans une vie antérieure il l'aurait passé à tabac, l'imparfait du subjonctif, comme ça, pour le plaisir. Pour se défouler des phalanges. Parce que l'imparfait du subjonctif nous les brise ! L'un n'empêche pas l'autre, bien sûr, mais pour faire un bon livre il me semble surtout qu'il faut une bonne histoire, un bon tempo, savoir de quoi on parle et mettre dans son écriture autant de coeur que de culture. Et de tout ce qui fait donc un bon livre à mes yeux, ceux de Michel Jacquet ne manquent pas ! Déjà, son expérience de flic le légitime en tant qu'auteur de roman policier, et ils sont d'ailleurs nombreux parmi les anciens de sa corporation à se mettre à l'écriture, avec un certain bonheur. Au moins savent-ils qu'en France on n'est pas « inspecteur », grade qui n'existe plus chez nous depuis longtemps, mais bien lieutenant, qu'on n'a pas non plus besoin d'un mandat pour se présenter chez les gens comme dans les séries américaines, et ne confondent-ils pas non plus systématiquement détente et gâchette, pistolet et revolver, comme nombre de leurs pitoyables confrères en littérature, qui écrivent des romans policiers en n'ayant jamais été confronté à la réalité du métier autrement qu'à l'occasion d'un contrôle routier. Mais la pertinence du propos et la connaissance de son sujet ne suffisent pas non plus : encore faut-il avoir du style ! Du style, je l'ai déjà dit, l'ami Jacquet n'en manque pas. Un style simple et efficace, sans pompe mais juste et sensible, dont il a appris à maîtriser la surcharge pondérale originelle, qu'il tenait d'une faconde méditerranéenne fort sympathique. Après avoir montré à Michel Jacquet que la ponctuation avait été inventée pour faire trois phrases là où il en faisait une, il fut alors incontestablement démontré que nous tenions en ce garçon toujours emporté un bel et grand auteur de polar. Nerveux, incisif, authentique, sans concessions, qui ne s'encombrent ni de la morale ni du bon goût auxquels se croient assujettis des auteurs plus tièdes, qui prennent leur frilosité domestique pour de la sagesse et leurs lecteurs pour des nouilles.
L'homme est rapidement devenu l'ami de mon maître, mais aussi le mien, car il est de ceux qui justement à table n'oublient pas les petits chiens, tandis que les grands auteurs se désolent du peu d'écho de leur dernier pensum dans les médias et de l'incurie de la gent journalistique, toujours injuste à l'égard de leur talent. Pendant ce temps-là, mon maître, Jacquet et moi en profitons pour nous resservir et finir les plats poliment, car nous sommes bien élevés et ne parlons pas la bouche pleine.
Saucisse,
traduit du chien au français par son maître, Serge Scotto
* Saucisse est connu entre autres choses comme l'auteur de six recueils de ses tribunes dans la presse quotidienne, seul journaliste canin de France et de Navarre (NDLE)
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Préface du chien Saucisse
Moi, je n'aime pas les chats, quant à mon maître il n'aime pas les flics. On n'y peut rien, ce doit être dans notre nature. Il y a tout de même quelques chats que j'ai à la bonne, Léon, le gros chat de son ex, ou Poussy, la chatte à la voisine, parce que je les connais personnellement et que ça se passe bien... Un peu comme pour mon maître, qui connaît également quelques échappés de la maison poulaga, à qui il serre la main et adresse aimablement la parole... Son ami Jacquet est de ceux-là ! Il faut dire qu'il ne l'a pas connu en garde à vue, chacun d'un côté du bureau et lui du côté de la lampe dans la gueule et des coups de bottin sur la tête, ce qui n'aurait probablement pas favorisé l'urbanité de leurs relations à venir, mais qu'il l'a rencontré à la faveur des salons du livre. Qu'ils fréquentent tous deux pour y signer leur prose aux gogos de lecteurs qui les prennent pour des écrivains. Alors que dans ces mêmes salons du livre, où je suis invité moi-même en tant que teckel plumitif*, j'en ai croisé, des vrais écrivains, et je peux vous affirmer qu'ils n'ont rien à voir avec l'ami Michel ou avec mon maître : non, les vrais écrivains, ce sont des gens sérieux, ou qui en tout cas se prennent pour tels, capables de parler de leurs livres du matin au soir et d'en faire même un sujet de conversation à table, là où la moyenne des hominidés parle plus volontiers de bouffe, de sexe ou de politique... mais tout de même assez rarement de la disparition dommageable de l'imparfait du subjonctif !
Michel Jacquet, je ne suis pas sûr qu'il connaisse l'imparfait du subjonctif... et je ne serais d'ailleurs pas étonné d'apprendre que dans une vie antérieure il l'aurait passé à tabac, l'imparfait du subjonctif, comme ça, pour le plaisir. Pour se défouler des phalanges. Parce que l'imparfait du subjonctif nous les brise ! L'un n'empêche pas l'autre, bien sûr, mais pour faire un bon livre il me semble surtout qu'il faut une bonne histoire, un bon tempo, savoir de quoi on parle et mettre dans son écriture autant de coeur que de culture. Et de tout ce qui fait donc un bon livre à mes yeux, ceux de Michel Jacquet ne manquent pas ! Déjà, son expérience de flic le légitime en tant qu'auteur de roman policier, et ils sont d'ailleurs nombreux parmi les anciens de sa corporation à se mettre à l'écriture, avec un certain bonheur. Au moins savent-ils qu'en France on n'est pas « inspecteur », grade qui n'existe plus chez nous depuis longtemps, mais bien lieutenant, qu'on n'a pas non plus besoin d'un mandat pour se présenter chez les gens comme dans les séries américaines, et ne confondent-ils pas non plus systématiquement détente et gâchette, pistolet et revolver, comme nombre de leurs pitoyables confrères en littérature, qui écrivent des romans policiers en n'ayant jamais été confronté à la réalité du métier autrement qu'à l'occasion d'un contrôle routier. Mais la pertinence du propos et la connaissance de son sujet ne suffisent pas non plus : encore faut-il avoir du style ! Du style, je l'ai déjà dit, l'ami Jacquet n'en manque pas. Un style simple et efficace, sans pompe mais juste et sensible, dont il a appris à maîtriser la surcharge pondérale originelle, qu'il tenait d'une faconde méditerranéenne fort sympathique. Après avoir montré à Michel Jacquet que la ponctuation avait été inventée pour faire trois phrases là où il en faisait une, il fut alors incontestablement démontré que nous tenions en ce garçon toujours emporté un bel et grand auteur de polar. Nerveux, incisif, authentique, sans concessions, qui ne s'encombrent ni de la morale ni du bon goût auxquels se croient assujettis des auteurs plus tièdes, qui prennent leur frilosité domestique pour de la sagesse et leurs lecteurs pour des nouilles.
L'homme est rapidement devenu l'ami de mon maître, mais aussi le mien, car il est de ceux qui justement à table n'oublient pas les petits chiens, tandis que les grands auteurs se désolent du peu d'écho de leur dernier pensum dans les médias et de l'incurie de la gent journalistique, toujours injuste à l'égard de leur talent. Pendant ce temps-là, mon maître, Jacquet et moi en profitons pour nous resservir et finir les plats poliment, car nous sommes bien élevés et ne parlons pas la bouche pleine.
Saucisse,
traduit du chien au français par son maître, Serge Scotto
* Saucisse est connu entre autres choses comme l'auteur de six recueils de ses tribunes dans la presse quotidienne, seul journaliste canin de France et de Navarre (NDLE)
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Qu’est-ce qu’un Smartbook ?
shield_question Foire aux questions
Le Nervi offre une plongée réaliste dans l’univers policier, écrite par un ancien flic qui connaît les rouages du métier. Le roman se distingue par son héros charismatique, Raymond Garcia, et son mélange d’action, d’humour et de suspense. L’auteur y dépeint avec justesse la vie d’un ancien policier confronté à des choix moraux et à la violence.
Ce roman aborde des thèmes comme la loyauté, la violence, la retraite et la rédemption, ainsi que la corruption et l’amitié. Il explore aussi la frontière entre légalité et justice, à travers les yeux d’un ancien policier qui n’hésite pas à reprendre du service pour défendre ses valeurs.
Le Nervi s’adresse aux amateurs de polars noirs, de romans d’action et de récits ancrés dans le réalisme. Les lecteurs qui aiment les héros anticonformistes, charismatiques et humains y trouveront leur compte, tout comme ceux qui recherchent une intrigue rythmée et des dialogues percutants.
Vous pourrez interroger le smartbook sur les motivations de Raymond Garcia, les détails de l’intrigue, le contexte policier marseillais, les techniques d’enquête, ou encore sur les inspirations de l’auteur et les thèmes de loyauté et de violence développés dans le roman.
person_edit À propos de l'auteur
Ancien policier, Michel Jacquet s’est tourné vers l’écriture pour partager son expérience du terrain et son amour des récits trépidants. Spécialiste du polar noir, il crée des personnages marquants, à l’image de Raymond Garcia, héros de Le Nervi, qui incarne la force et la complexité morale d’un ancien flic. Son style, mêlant réalisme, humour et suspense, séduit les amateurs de romans policiers ancrés dans la réalité sociale.
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littérature contemporaine
polar social
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policier à la retraite
littérature provençale
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