Ce que montre Mirbeau, c’est l’exploitation d’une classe sociale, la domesticité, par une autre classe sociale, la bourgeoisie, qui se pense quasi seigneuriale mais ne procède d’aucune élévation. Pour le reste, ce ne sont que des comportements honteux, des bassesses risibles au mieux, effarantes de stupidité et de lésine au pire.
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Le journal d'une femme de chambre
1900, France. Célestine, femme de chambre lucide et rebelle, ouvre son journal intime et y déverse sa rage contre la bourgeoisie hypocrite, l’Église oppressante et l’antisémitisme rampant.
On ne pourra s'empêcher de faire un parallèle avec cette fameuse affaire de mai 2011, quand Célestine, pour tenter de récupérer un salaire que ces maîtres ne veulent pas lui verser, s'adressera au commissaire et au juge :
« Hélas, le commissaire de police prétendit que cela ne le regardait pas. Le juge de paix m'engagea à étouffer l'affaire. Il expliqua : - D'abord, Mademoiselle, on ne vous croira pas... Et c'est juste, remarquez bien... Que deviendrait la société si un domestique pouvait avoir raison d'un maître ?... Il n'y aurait plus de société, Mademoiselle... ce serait l'anarchie... »
Célestine, petite chambrière délurée, nous dévoile l'intimité de ces maisons bourgeoises où les convenances sont un vernis fragile qui masque mal les perversions, les bassesses morales. Comme ses consoeurs, elle est soumise à la « loi du plus fort », ballottée de place en place, réduite à un « esclavagisme moderne » qui profite aussi bien aux bureaux de placement qu'aux bourgeois qui comptent avec parcimonie les gages. Des femmes de chambre « déshumanisées », exploitées, utilisées souvent comme « travailleuses sexuelles à domicile », pour combler les frustrations du mari ou faire l'éducation sexuelle des fils... Et comme si cela ne suffisait pas, elles subissent humiliations et brimades.
Et au fil des pages de ce roman, se révèle la condition des femmes dans ces entresols sociaux, leur aliénation au pouvoir à la fois des riches, mais aussi des hommes. Un tableau caustique de la société qu'Octave Mirbeau nous livre ici, dans une période où l'auteur était particulièrement dégoûté des hommes.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Octave Mirbeau (1848–1917) est un écrivain français majeur de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, connu pour son engagement anarchiste et son style littéraire sans concession. Figure de la littérature engagée, il a marqué son époque par des œuvres comme Le Journal d’une femme de chambre (1900), où il dénonce avec virulence les inégalités sociales, l’hypocrisie bourgeoise et les abus de pouvoir. Son écriture, à la fois caustique et poétique, a influencé des générations d’auteurs et de cinéastes. Mirbeau reste un symbole de la révolte littéraire et sociale.
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