Il y a le plaisir des costumes, des toiles peintes, des perruques et l’adaptation est intelligente. Les Liaisons dangereuses reste une œuvre d’une modernité troublante, où chaque lettre est une arme et chaque mot un piège.
Les Liaisons dangereuses
1782, France : plongez dans l’univers impitoyable de Valmont et de la marquise de Merteuil, deux libertins prêts à tout pour assouvir leurs désirs.
Publié en 1782, ce roman provoque un tel scandale que l'auteur est mis à l'index, exclu des salons parisiens et menacé dans sa carrière de soldat. Ce paquet de lettres sent le soufre, parfum que le temps n'a pas dissipé !
Écrit tout entier sous forme de courrier échangé entre les personnages, le roman met en scène deux protagonistes, le vicomte de Valmont, libertin qui hante les salons à la recherche de proies dignes de lui, la marquise de Merteuil, esprit retors qui masque une vie dissolue sous le masque de la dévotion, et leurs... victimes. Féru de stratégie, Valmont aime la difficulté : il veut suborner une femme vertueuse pour se sauver du ridicule d'en être amoureux. Merteuil se délecte de l'intrique : elle complote, manoeuvre les gens comme les pions d'un jeu d'échecs. Valmont, un ancien amant, est son meilleur ami et se fait l'instrument de ses cruelles fantaisies. Pour se venger d'un intime, la marquise ourdit un plan ravageur et lance la partie. Peu importent les conséquences, la jouissance est à ce prix.
Les Liaisons dangereuses, c'est l'histoire de deux êtres cyniques qui jouent l'un avec l'autre, l'un contre l'autre, se défient, s'accordent et se fâchent au détriment des membres de leur entourage. Brillant, subtil, parfois féroce mais toujours captivant. C'est aussi une satire qui « peint avec naturel, hardiesse et esprit le désordre des principes et des moeurs de ce qu'on appelle la bonne société » (Grimm). C'est enfin une illustration froide de la fascination que peut exercer le mal sur des êtres intelligents qui y cèdent comme à une drogue, pour tromper l'ennui. Laclos ne condamne pas plus le mal qu'il n'en fait l'éloge. Il constate seulement qu'il existe, observation renforcée par le ton des lettres, précis et impassible. Laclos bannit toute forme de frivolité ou de la sentimentalité, ce qui lui vaut le beau compliment de Baudelaire : « Ce livre, s'il brûle, ne peut brûler qu'à la manière de la glace. »
De sa parution à nos jours, l'oeuvre connaît un vif succès et fait de Laclos un de auteurs français les plus célébrés dans le monde. Les nombreuses adaptations à l'écran, sur tous les continents, démontrent sa portée universelle. Alors, au jeu de la perversion, qui gagne, le vicomte ou la marquise, l'homme ou la femme ? La réponse dans ce chef-d'oeuvre du roman français !
Un roman qui a fait grande polémique à sa première publication mais dont on se délecte encore aujourd'hui
EXTRAIT
LETTRE PREMIÈRE
CÉCILE VOLANGES À SOPHIE CARNAY
aux Ursulines de...
Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne prennent pas tout mon temps ; il m'en restera toujours pour toi. J'ai pourtant vu plus de parures dans cette seule journée que dans les quatre ans que nous avons passés ensemble ; et je crois que la superbe Tanville aura plus de chagrin à ma première visite, où je compte bien la demander, qu'elle n'a cru nous en faire toutes les fois qu'elle est venue nous voir in fiocchi. Maman m'a consultée sur tout ; elle me traite beaucoup moins en pensionnaire que par le passé. J'ai une femme de chambre à moi ; j'ai une chambre et un cabinet dont je dispose, et je t'écris à un secrétaire très joli, dont on m'a remis la clef, et où je peux renfermer tout ce que je veux. Maman m'a dit que je la verrais tous les jours à son lever ; qu'il suffisait que je fusse coiffée pour dîner, parce que nous serions toujours seules, et qu'alors elle me dirait chaque jour l'heure où je devrais l'aller joindre l'après-midi. Le reste du temps est à ma disposition, et j'ai ma harpe, mon dessin et des livres comme au couvent ; si ce n'est que la Mère Perpétue n'est pas là pour me gronder, et qu'il ne tiendrait qu'à moi d'être toujours à rien faire : mais comme je n'ai pas ma Sophie pour causer et pour rire, j'aime autant m'occuper.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos (1741–1803) était un officier d’artillerie et écrivain français, surtout connu pour son unique roman, Les Liaisons dangereuses, publié en 1782. Issu d’une famille bourgeoise anoblie, il mena une carrière militaire tout en cultivant une passion pour la littérature. Ce roman épistolaire, écrit dans un style d’une précision chirurgicale, lui valut un succès immédiat et un scandale retentissant, faisant de lui l’un des auteurs les plus marquants du siècle des Lumières. Laclos y dépeint une aristocratie corrompue et des personnages libertins, tout en interrogeant les mécanismes du pouvoir et de la séduction.
newsmode Revue de presse
Dès leur publication, en 1782, Les Liaisons dangereuses connaissent un succès prodigieux. L’avertissement de l’éditeur, qui contredit la préface où Choderlos de Laclos affirmait l’authenticité des lettres, est un chef-d’œuvre d’ironie. Il invite les lecteurs à lire entre les lignes une critique de la société, et plus particulièrement de l’hypocrisie sociale.
Les Liaisons dangereuses est plus subtil et sophistiqué que les autres classiques épistolaires du XVIIIe siècle. Laclos y explore les émotions humaines avec une précision rare, mêlant horreur et fascination pour ses personnages libertins.