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Découvrez Je suis une idiote de t´aimer, un recueil de nouvelles flamboyantes où Camila Sosa Villada donne voix aux marginaux avec rage et poésie.
Plongez dans Knockemstiff, Ohio, un recueil de nouvelles sombres et envoûtantes, où Donald Ray Pollock dépeint avec un réalisme brut la vie des oubliés du Midwest américain.
Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, espace clos et protégé, connecté au surconscient numérique et régi par les règles de la transaction. Nous vivons désormais dans un objet technique total, une capsule dont la nature est exclue. Elle répond à un désir d'optimisation à l'oeuvre dans toute la société, qui a inversé l'esprit des Lumières. A la grande promesse d'autonomie et de technologie née avec la Modernité, succèdent aujourd'hui deux nouvelles logiques : la technonomie (la normativité technique) et l'autologie (le discours sur soi-même). Dans ce monde ambigu qui prend soin en aliénant, une autre aspiration fait surface : un désir de justesse. Comme dans la mythe platonicien de la caverne, la volonté d'aller vers le dehors est puissante, et se marque ici par le besoin de relations nouvelles. C'est un nouveau regard et une nouvelle culture. Comment faire converger optimisation et justesse ? Que désirons-nous devenir ? Quel destin dans nos capsules ?
C'est l'histoire d'une femme dont les cheveux blanchissent. D'une Iranienne qui libère sa chevelure sur la place publique, au péril de sa vie. D'une femme qui, dans les années 1920, se coiffe à la garçonne. D'un homme qui tombe amoureux des cheveux d'une inconnue. D'une femme jugée pour sa rousseur. D'une popstar qui se rase la tête sous les flashs des paparazzis. De jeunes filles tondues par erreur. Les cheveux des femmes portent une mémoire intime et collective, faite de luttes, d'injonctions et de réappropriations. Ils sont un terrain de contrôle autant qu'un espace de liberté et cristallisent, à travers les époques et les cultures, le regard social, le désir, le scandale, la peur ou la rébellion. Dans ce recueil de nouvelles, douze autrices racontent l'audace et le courage des femmes à travers leur chevelure. 1 EUR reversé à l'association « 125 et après » 125 et après est une association de lutte contre les violences conjugales, en particulier auprès des femmes et des enfants, sur tout le territoire français ainsi que les territoires d'outre-mer. Recueil de nouvelles, avec Sophie De Baere, Tristane Banon, Sarah Barukh, Tonie Behar, Adèle Bréau, Nora Bussigny, Jessica Cymerman, Gabrielle Deydier, Dominique Dyens, Michèle Fitoussi, Alix Girod de l'Ain, Sandrine Roudeix, Agathe Ruga. Romancières, journalistes, essayistes, activistes... Un collectif d'autrices aux univers complémentaires.
Plongez dans La Mort à Venise, chef-d'œuvre intemporel de Thomas Mann, où un écrivain en quête d'inspiration découvre à Venise une beauté envoûtante et une passion interdite.
REPÈRES ET CLÉS POUR DÉCRYPTER L'ACTUALITÉ Les mondes arabes sont traversés par de profondes inégalités économiques, sociales, politiques et culturelles. Depuis plusieurs décennies, ces déséquilibres structurels engendrent de multiples crises et des affrontements armés récurrents, au premier rang desquels le lancinant conflit israélo-palestinien. Comprendre les dynamiques en cours, c'est se donner les moyens de décrypter les rapports de force qui façonnent durablement cet espace géopolitique. En quarante fiches documentées, Didier Billion met en lumière la diversité des mondes arabes et montre combien les équilibres mondiaux dépendent des perspectives de stabilisation et de démocratisation qui peuvent s'y dessiner. L'ouvrage est enrichi de cartes, de graphiques, de données chiffrées et de tableaux.
Dix visionnaires racontent comment ils ont transformé les plus grands musées du monde. Musées vivants révèle les coulisses de ces institutions, entre héritage et révolution.
Quand l'État recule, la forme-Commune s'épanouit. Ce fut le cas à Paris en 1871 comme lors de ses apparitions ultérieures, en France et ailleurs, quand des travailleurs et travailleuses ordinaires prennent en main l'administration collective de leur vie quotidienne. Les batailles contemporaines contre l'accaparement et l'artificialisation des terres, de la zad de Notre-Dame-des-Landes au mouvement des Soulèvements de la terre, ont remis à l'ordre du jour des pratiques d'appropriation de l'espace qui transforment notre perception du passé récent. Les luttes paysannes des années 1960-1970, de la « Commune de Nantes », du Larzac ou de Sanrizuka au Japon apparaissent dès lors comme des combats déterminants de notre époque. Où s'inventent, dans la défense d'un territoire menacé par la construction d'une base militaire ou d'un énième aéroport, de nouvelles manières politiques d'habiter et de produire, hétérogènes à l'État et indifférentes à la logique destructrice du capital ; où se nouent des alliances singulières et des collaborations fructueuses qui laissent joyeusement entrevoir « la forme politique enfin trouvée de l'émancipation économique du travail ».
En devenant majoritairement urbaine, l'humanité a abandonné le monde naturel pour intégrer un monde artificiel, intégralement constitué d'objets techniques. L'ouvrage aborde de front la question la plus urgente aujourd'hui : celle du devenir de l'humanité sous la domination de la technique. Il analyse ainsi les profondes mutations, le plus souvent inaperçues, que la technique fait subir à l'existence humaine, et dans tous ses aspects. Il propose en outre une relecture nouvelle de Marx, totalement indépendante de l'idéologie marxiste, dans une approche inspirée de Heidegger qui tente d'en souligner la portée phénoménologique et ontologique. Jean Vioulac montre à la fois l'emprise totale de la technique sur les hommes et sur le monde aujourd'hui, en même temps qu'il met au jour la nouveauté radicale de cette technique par rapport aux usages anciens de l'outil, et découvre finalement dans cette domination de la technique une menace portant sur l'humanité comme telle.
Plongez dans La forme et la couleur des sons, un recueil de nouvelles envoûtantes où Ben Shattuck tisse des destins brisés par l’amour et la perte, sur fond de Nouvelle-Angleterre.
L'existence de transclasses a-t-elle un véritable impact social ou reste-t-elle un phénomène marginal ? Est-elle promesse de liberté, une voie d'émancipation à généraliser ou au contraire un leurre - la caution utile de la reproduction sociale ? Révolutions transclasses analyse les conditions de possibilité d'un réel changement de vie et d'une émancipation collective qui passe par l'abolition conjointe des classes et des multiples formes d'oppression. De l'analyse des trajectoires transclasses, qui permettent de mieux comprendre la nature et les conditions de possibilité du changement, l'auteure réconsidère la classe au prisme du transclassisme et reprend à partir de Marx le problème de l'abolition des classes. Celle-ci est-elle une condition suffisante à l'émancipation de toutes les formes d'oppression ? Une réflexion en termes de transclassisme peut-elle permettre de sortir de l'écueil de la concurrence des luttes pour embrasser une perspective intersectionnelle ? Chantal Jaquet jette ici les bases d'une nouvelle théorie de l'émancipation, qui permet de rendre justice aux individus singuliers et de se défaire de toutes les formes d'oppression.
Gramsci en France : une série de contresens. Non, Gramsci n'est pas le "classique" qu'ont instrumentalisé les héritiers italiens et français du marxisme de caserne. Il n'est pas non plus, sur le bord opposé, une pure icône du postmodernisme, limité au rôle de père des subaltern et autres cultural studies. On ne peut pas le réduire aux concepts "gramsciens" toujours cités, toujours les mêmes - hégémonie, intellectuel organique, bloc historique, etc. Il faut dire que Gramsci, si prestigieux qu'il soit, reste difficile à classer, et pas si facile à comprendre : les Cahiers de prison ne sont pas un livre, ce sont des notes rédigées dans les pires conditions, et il est remarquable que cet ensemble qui s'étale sur plus de cinq ans ait tant de cohérence dans sa circularité. Dans le choix et la présentation des textes, ce livre a pour but de faire comprendre l'actualité de Gramsci, son importance dans la réflexion stratégique, dans la compréhension du marxisme à la crise du mouvement ouvrier et aux luttes anticoloniales, antiracistes, féministes et écologiques. On y trouvera les raisons qui font aujourd'hui de l'oeuvre de Gramsci un outil révolutionnaire essentiel, de l'Argentine à l'Allemagne en passant par l'Inde et l'Angleterre. Pour la France, il était grand temps. Textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan. Razmig Keucheyan est maître de conférences en sociologie à l'université de Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est l'auteur de Le constructivisme. Des origines à nos jours (2007) et de Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques (2010).
L'ouvrage débute par une définition très précise des termes « anarchie » et « anarchisme » et de leur histoire, en même temps que par un tour d'horizon des enjeux politiques contemporains qui rendent nécessaire une nouvelle réflexion sur ces termes et leur potentiel émancipateur, trop vite enterré ou méprisé (les anarchistes sont des nihilistes, des terroristes, etc.). Catherine Malabou s'interroge sur la raison pour laquelle certains des philosophes les plus importants du XXe siècle ont élaboré des concepts d'anarchie décisifs pour comprendre la situation contemporaine de la pensée en matière d'éthique et de politique sans jamais toutefois se référer à l'anarchisme. Comme si l'anarchisme était quelque chose d'inavouable, qu'il faudrait cacher alors même qu'on lui vole l'essentiel : la critique de la domination et de la logique de gouvernement. D'Aristote à Rancière, en passant par Derrida ou Agamben, au fil de l'interprétation critique de chaque philosophe se dégagent les éléments d'une pensée du « non-gouvernable », qui va bien au-delà d'un appel à la désobéissance ou d'une critique convenue du capitalisme.
Écrits entre 1967 et 1978, ces textes de Jean Améry quasi prémonitoires sont d'une actualité brûlante et se lisent comme s'ils avaient été rédigés aujourd'hui. L'auteur de Par-delà le crime et le châtiment y décrit son attachement existentiel à Israël alors même que sa solidarité n'est pas inconditionnelle. Si, pour lui, Israël est la terre qui a appris à tous les Juifs démunis à marcher droit, en tant qu'homme de gauche il se désole de constater que la Nouvelle Gauche considère Israël comme un État colonialiste et il s'alarme devant un antisionisme moralisateur qui pour lui n'est rien d'autre qu'un indéracinable antisémitisme. À l'instar de l'injonction d'Adorno dans Éduquer après Auschwitz, Améry, au-delà des griefs qu'il adresse à cette Nouvelle Gauche, nous invite ici à une ardente obligation : réfléchir sur la manière de le combattre et de l'identifier
Le présent volume réunit pour la première fois le recueil oublié de textes choisis par Gilles Deleuze dans l'oeuvre d'Henri Bergson, Mémoire et vie (1957), et le petit livre, devenu un classique, qu'il consacre moins de dix ans plus tard au bergsonisme. Les extraits offrent à la fois une précieuse introduction aux principaux enjeux de la pensée bergsonienne et une mise en perspective de son rôle dans l'oeuvre de Deleuze. Si la lecture de ces textes choisis au miroir du Bergsonisme confirme l'interprétation de Deleuze, elle laisse aussi apparaître une résistance de l'oeuvre à son interprète. Une nouvelle trajectoire philosophique, proprement deleuzienne, s'invente ici par différenciation avec le corpus bergsonien.
Et si les classes populaires votaient contre leurs propres intérêts ? Pourquoi les pauvres votent à droite explore ce paradoxe politique, révélant comment la droite a su exploiter les peurs et les ressentiments pour séduire les plus modestes.
Philosophe, mathématicien, ingénieur, Ludwig Wittgenstein (1889-1951) est une personnalité majeure de la philosophie contemporaine, qui fait figure de classique. Sa pensée, résolument novatrice, a longtemps été cantonnée à des dichotomies caricaturales ou réduite à des slogans : parler en respectant les règles de la syntaxe logique, respecter la profondeur du silence, « la signification, c'est l'usage », etc. Pourtant, Wittgenstein a véritablement proposé une nouvelle manière de faire de la philosophie, une clarification logique qui dépasse largement l'étiquette de philosophe du langage qui lui est associée. Dans son oeuvre majeure, le Tractatus logico-philosophicus, il bouscule notre rapport à l'éthique et à l'esthétique en déplaçant notre compréhension courante du travail de l'artiste et de l'appréciation esthétique. À sa suite, les Recherches philosophiques nous montrent que les ressources des jeux de langage reposent avant tout sur leur capacité de modélisation des usages de notre langage. Élise Marrou s'emploie à montrer l'ampleur de la méthode de cet immense philosophe et de son retentissement sur l'ensemble des sciences sociales, de la philosophie analytique à l'ethnométhodologie en passant par l'anthropologie.
1907, Russie tsariste : un jeune révolutionnaire se retrouve seul face aux murs de sa cellule. Seul suivi de Le Pêcheur d’hommes révèle, dès sa première nouvelle, le génie d’Evgueni Zamiatine pour peindre l’angoisse et l’absurdité de l’isolement.
Rêvez-vous d'être riche comme Crésus ? De vous laisser aller aux délices de Capoue ? Ou avez-vous adopté au contraire un mode de vie spartiate afin de faire face au changement climatique, moderne épée de Damoclès ? Venues de l'histoire grecque ou romaine, ces expressions appartiennent à notre langue, mais nous ne connaissons pas toujours leur origine ni parfois leur sens exact. Brigitte Heller les dépiaute une à une, les classant par ordre chronologique, éclairant leur sens, narrant les faits historiques qui leur ont donné le jour, et ne se prive pas pour en ajouter de nouvelles. Ses textes, joliment et précisément traduits par un latiniste passionné, vous donneront envie de franchir le Rubicon !
L'Amérique latine s'est longtemps perçue sinon comme un prolongement de l'Europe, du moins comme un autre Occident. Au XXe siècle les États-Unis, devenus la première puissance mondiale, ont imposé à leurs voisins du Sud à la fois fascinés et hostiles une domination multiforme et brutale. La fulgurante envolée économique de la Chine post-maoïste est en train de changer la donne. Au XXIe siècle l'« Empire du Milieu » ne tente pas seulement de rattraper et de dépasser les États-Unis, mais de les remplacer comme puissance prépondérante. Or la Chine est aujourd'hui le principal partenaire économique de la majorité des pays latino-américains. La compétition des États-Unis avec la Chine est devenue l'antagonisme global de notre temps. Dans ce contexte d'incertitudes géopolitiques, où va l'Amérique latine ? Risque-t-elle de devenir un enjeu direct de la nouvelle rivalité planétaire ? Ou bien un équilibre des puissances pourrait-il s'établir et offrir à ce continent de paix une autonomie inédite ? Une analyse précise et éclairante sur les nouvelles relations entre l'Amérique latine et le monde par un grand spécialiste de la région.
Un conte fantastique pour partir à la découverte de la différence. Au XVIIe siècle, William Davisson, un botaniste écossais, devenu médecin particulier du roi polonais Jean II Casimir, suit le monarque dans un long voyage entre la Lituanie et l'Ukraine. Esprit scientifique et fin observateur, il étudie les rudesses climatiques des confins polonais et les coutumes locales. Un jour, lors d'une halte, les soldats du roi capturent deux enfants. Les deux petits ont un physique inhabituel : outre leur aspect chétif, leur peau et leurs cheveux sont légèrement verts... Olga Tokarczuk s'interroge sur l'Europe par la voix de son narrateur, un étranger pris dans la tourmente de l'Histoire. Perçu comme un danger potentiel, l'autre fait peur. Mais que savons-nous de nos voisins, ceux surtout qui vivent en marge du monde qui nous est proche ? La notion du centre et de la périphérie est-elle la même pour tous ? Qu'en est-il aujourd'hui ? Les observations de William Davisson, l'Européen échoué dans une lointaine Pologne déchirée par les guerres, semblent toujours d'actualité. Une réflexion subtile et non sans humour autour de la perception de l'autre et du rejet de l'inconnu ! EXTRAIT Pendant que Sa Majesté terminait son petit déjeuner et attendait de boire ses tisanes, espérant améliorer ainsi son humeur, je m'étais éclipsé pour aller voir lesdits enfants. J'ordonnai d'abord de leur laver le visage, ensuite seulement je pus les détailler de plus près, prenant toutefois garde de ne pas me faire mordre. À en juger d'après leur taille, ils devaient avoir entre quatre et six ans, mais leur dentition me fit penser qu'ils étaient plus âgés, malgré leur aspect si frêle. La fillette était plus grande et plus robuste que le garçonnet qui, menu et malingre, semblait pourtant bien vif. Mais ce qui me saisit le plus chez eux, c'était leur peau. Elle avait une teinte que je n'avais encore jamais vue - entre le vert céladon et le vert olive. Les touffes de cheveux emmêlés qui leur retombaient sur le visage étaient pourtant claires, mais comme recouvertes d'un dépôt verdâtre, semblable au lichen qui s'empare des pierres et des cailloux. Selon le jeune Opalinski, les Enfants verts - comme nous les avions appelés -, étaient sans doute des victimes de la guerre, nourris dans la forêt par la nature, comme cela se produit parfois, preuve en est l'histoire de Romulus et Remus, les fondateurs de Rome. Le champ d'action de la nature est immense, bien plus grand que celui, somme toute bien modeste, de l'homme. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Une excellente nouvelle aux allures de conte fantastique, qui n'est pas sans rappeler l'univers de l'Estonien Andrus Kivirähk. - Librairie Le Bateau livre Un texte étonnant qui flrite avec le fantastique, et interroge l'altérité... Un texte qui propose une reflexion sur l'Europe, la manière dont elle se dessine et sa capicité à se perpétuer. - Nikola Delescluse, Emission Paludes, Radio Campus À PROPOS DES AUTEURS Romancière et essayiste née en 1962 et installée à Wroclaw, Olga Tokarczuk est l'auteure la plus récompensée et admirée de sa génération, lauréate de nombreux prix (dont le Prix Niké équivalent du Goncourt - pour Les Pérégrins), appréciée autant par la critique que par le public. Margot Carlier est spécialiste de littérature polonaise, enseignante de langue et de civilisation polonaise à l'université Jules-Verne à Amiens, conseillère littéraire aux éditions Actes Sud. Depuis sa rencontre, déterminante, avec Hanna Krall, elle a traduit pratiquement tous ses livres. En 2009, elle a reçu le Prix Amphi pour la traduction de Gottland de Mariusz Szczygiel (Actes Sud).
L'histoire de l'ivresse est l'histoire d'une fascination oscillant entre exaltation romantique et dénonciation scandalisée - entre l'esthétisation et la moralisation. Pourtant, nombreux sont ceux qui, de tous temps et dans toutes les cultures, ont refusé cette alternative pour plutôt s'interroger sur ce que l'ivresse fait - sur les puissances insoupçonnées qu'elle recèle. De la Bagdad du IXe siècle au New York du XXe, de la France médiévale au Japon de l'ère Meiji, poètes, philosophes, écrivains, alchimistes ou simples ivrognes ont exploré, de manière souvent vacillante et imbibée, ce que l'ivresse change dans le domaine de l'art comme dans celui de la science, dans celui de la politique comme dans celui de l'éthique - et jusqu'à celui de l'être. Cheminant en compagnie de Abû Nûwas, Nakae Chômin, Rabelais, Dorothy Parker, Zhang Xu et de nombreux autres, Laurent de Sutter propose une traversée des transformations que l'ivresse propose, à la recherche d'une vérité nouvelle, ne tenant plus sur ses pieds que de manière hésitante : une vérité ivre, ridiculisant la police millénaire de la sobriété.
Longtemps ignoré, le plancton est pourtant a l'origine du Vivant et compose 90% de la biomasse de l'océan. Une seule goutte d'eau contient des millions d'individus dont nous sommes les descendants directs. Nous leur devons notre oxygène, les roches de nos falaises, notre climat, tous nos poissons, notre pétrole, et bien d'autres choses. Depuis quelques années, les nouvelles technologies nous permettent de mieux connaître le plancton. Catalyseurs d'innovations unique dans l'alimentation, le biomimétisme, la régénération de la biodiversité, l'énergie, la captation du carbone, l'élimination de nos déchets ou encore la santé, ces micro-organismes pourraient nous apporter une aide décisive afin de préserver le Vivant. Après nous avoir captivés avec les algues, Vincent Doumeizel nous plonge dans un autre univers fascinant. Et si le plancton, ce héros invisible, détenait les clés de notre avenir ?
« L'expérience consciente est un phénomène répandu. Elle survient à de nombreux degrés dans la vie animale. Le fait même qu'un organisme possède une expérience consciente montre que cela fait un certain effet d'être cet organisme. Nous pouvons appeler cela "caractère subjectif de l'expérience". Il n'est saisi par aucune des analyses habituelles réductrices du mental. Il ne sert à rien de fonder la défense du matérialisme sur une analyse des phénomènes mentaux, qui ne réussit pas à prendre en compte leur caractère subjectif. La raison de cet échec est que le phénomène subjectif est relié essentiellement à un point de vue unique, et qu'il paraît inévitable qu'une théorie objective, physique, abandonne ce point de vue subjectif. Cette réflexion sur les chauve-souris s'inscrit dans le cadre de mes réflexions sur le problème du corps et de l'esprit et elle doit aider à trouver une nouvelle façon de le poser. » Paru en 1974, cet essai est devenu un classique aussi bien de la philosophie que de la psychologie et des neurosciences. Nagel y analyse l'impossibilité d'expliquer objectivement la conscience et l'expérience subjective. Pour le montrer, il s'appuie sur notre incapacité à nous représenter le vécu des chauves-souris qui se déplacent grâce à l'écholocation. Les sciences font donc face à une limite majeure : la subjectivité vécue humaine ou animale. Et l'éthique doit aussi tenir compte de cette sensibilité animale, qui oscille entre plaisir et douleur. En généralisant, Nagel s'interroge alors sur notre compréhension de l'univers, entre perspective scientifique et perspective subjective. Pour cela, il propose des pistes de recherche sur le lien entre la matière et l'esprit conscient. Philosophie américain, Thomas Nagel est l'auteur d'une oeuvre importante, entre philosophie de l'esprit et philosophie morale. Entre autres ouvrages traduits en français, Qu'est-ce que tout cela veut dire (L'Éclat, 1993), Le Point de vue de nulle part et Questions mortelles (rééditions à paraître chez Agone).
Que se passerait-il si Borges rencontrait l’intelligence artificielle ? Vincent Bontems mêle philosophie, science-fiction et expériences de pensée pour explorer un monde où technologie et métaphysique s’entremêlent.
Ce volume, paru pour la première fois aux éditions L'Alphée/villa Médicis en 1986, est composé d'un choix de douze « récits-souvenirs » tirés du volume Riccordi-Raconti publié par Mondadori en 1956. Ces textes en prose donnent corps à l'ambition même de Saba, qui souhaitait écrire une autobiographie à demi rêvée, ou ce qu'il appelait un « portrait d'inconnu ». Un premier groupe de récits est placé sous le signe de Trieste : la ville est le décor ou l'arrière-fond du monde merveilleux que l'auteur s'est obstiné à y voir ; un second est dominé par des figures d'écrivains (Leopardi, D'Annunzio, Svevo), par la passion de la littérature dans ce qu'elle a de quotidien et de fabuleux à la fois. « La lumière de tous les récits (sans parler du ton), écrit Gérard Macé, est la même : celle d'une rêverie où se détachent les silhouettes d'un jeune homme et d'un vieillard, qui ne cessent de s'affronter, de se faire souffrir, et d'implorer un mutuel pardon : ils se nourrissent de Saba lui-même, dont la grande inquiétude est peut-être d'avoir à devenir la figure paternelle ou tutélaire qui le hante. »
À travers les onze nouvelles de ce recueil, Luisa Carnés dresse le portrait de personnages en prise avec un régime totalitaire : des combattant.es, des femmes emprisonnées, prisonnières politiques, des personnes révoltées et engagées dans une lutte sans merci pour recouvrer leur liberté et leur dignité. Des nouvelles écrites par une autrice en exil, réfugiée au Mexique, et qui n'aura de cesse de militer et de lutter pour voir son pays libéré du franquisme. À PROPOS DE L'AUTRICELuisa Carnés [1905-1964] est née à Madrid, dans une famille ouvrière, et commence à travailler dès l'âge de 11 ans. Autodidacte, son apprentissage la conduit vers la littérature et le journalisme, jusqu'à ce qu'elle devienne, selon la critique de l'époque, l'une des meilleures écrivaines des années 1930. S'illustrant notamment dans le genre de la nouvelle, c'est ensuite de son emploi dans un salon de thé qu'elle tire, en 1934, le roman qui la consacre, Tea Rooms (La Contre Allée, prix Mémorable, 2021). Les circonstances historiques, ses engagements sociaux et politiques dans l'Espagne des années 1930, puis durant la guerre civile, son exil au Mexique, et la censure du régime de Franco, ont largement contribué à la «?rendre invisible?» pendant de longues années dans l'histoire de la littérature espagnole.
« Baissant les yeux, elle vit soudain le renard qui la regardait, le menton baissé, les yeux levés sur elle. Ils se rencontrèrent et il la posséda. Envoûtée, elle sut qu'il la possédait. Il la regardait au fond des yeux, et son âme défaillait. Il la connaissait, il n'avait pas peur. Elle lutta, revint confusément à elle, et le vit qui filait, bondissant lentement, avec insolence, au-dessus des buissons. Puis il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule et s'esquiva en silence. Elle aperçut sa queue touffue, lisse comme une plume, l'éclat de son arrière-train blanc, puis plus rien : il avait disparu, aussi rapide que le vent. » D.H. Lawrence
« La crise écologique est une crise de la raison. La raison a été transformée en véhicule de domination et de mort, mais elle peut et doit devenir un véhicule de libération et de vie. »? V. P. La dérive rationaliste de la culture occidentale a donné lieu à de dangereuses formes de déni écologique, qui s'étendent à des domaines aussi variés que l'économie, la politique, la science, l'éthique et la spiritualité. Le désastre écologique est ainsi à mettre au compte de cette raison malade - dualiste, patriarcale et impériale. Nous nous faisons également, selon Plumwood, une fausse idée de notre identité - à commencer par un sentiment illusoire d'indépendance vis-à-vis de la nature et des lieux. En analysant l'édifice mortifère de la rationalité moderne et de sa science, l'autrice définit ce que serait une raison écologique et la montre à l'oeuvre, dans un texte puissant et acéré. La Crise écologique de la raison dessine une image radicalement nouvelle de la façon dont notre culture doit changer pour devenir écologiquement rationnelle. Comme la Critique de la raison pure à une autre époque, ce livre entend ouvrir une nouvelle ère pour la rationalité.
Découvrez Le Monstre et autres nouvelles de Stephen Crane, un recueil aussi percutant qu’intemporel, où chaque histoire explore les marges de l’humanité avec une empathie rare.
Découvrez les tribulations hilarantes de Lord Emsworth, comte excentrique obsédé par ses citrouilles et son cochon de compétition, dans ce recueil de nouvelles aussi fines qu’irrésistibles.
1815, France. Jean Valjean, ancien forçat, tente de se reconstruire après 19 ans de bagne. Entre rédemption et trahison, son destin croise celui de Fantine et de sa fille Cosette, dans une fresque sociale aussi puissante qu’intemporelle.