Sciences de l'Information & de la Communication (SIC)
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« J'ai tenu ce journal au début des années 2020, quand on pouvait encore faire la différence entre la parole et la communication. Mais déjà, dans beaucoup de situations, on n'y voyait plus très clair. » Psychanalyste de métier, Yann Diener relève dans le langage courant des mots et des expressions venus du jargon informatique : « Pendant toute mon enfance j'ai fait l'interface entre mes parents » ; « Je suis déconnecté de ma famille » : ces termes n'étaient utilisés que par des informaticiens il y a seulement quelques années. L'auteur tente de mesurer les conséquences individuelles et collectives de ce glissement de la parole vers le langage machine, lequel est fondé sur un codage binaire. Digicodes, codes de messageries, mots de passe, cryptogrammes, QR codes : nous passons beaucoup de temps à « saisir » des codes, et à en parler. Et quand nous utilisons nos ordinateurs et nos téléphones, nous ne remarquons plus que nous faisons « tourner » des lignes de code. Dans LTI, Victor Klemperer montrait comment la mécanisation de la langue allemande avait permis de mécaniser la pensée et les actes ; l'enquête de Yann Diener montre avec précision comme l'informatisation du langage rend notre pensée toujours plus binaire.
Les journalistes ont un rôle particulier face à la crise environnementale. Éminemment scientifique, technique tout autant que sociale et politique, la complexité inhérente à cette crise nécessite un travail d'enquête, de clarification et d'information exceptionnel. Dans ce secteur, des personnalités inspirantes, talentueuses et pionnières ont relevé à bras le corps cette mission pour contribuer à une mobilisation institutionnelle et citoyenne à la hauteur des enjeux. Ce traitement bouscule parfois les rédactions autour de la question du journalisme militant. Le Monde du journalisme face à l'urgence écologique permet de découvrir leur histoire et leur engagement.
Dès 2008, deux ans après le lancement de la plateforme WikiLeaks, Stefania Maurizi commence à s'intéresser au travail de l'équipe qui entoure Julian Assange. Elle a passé plus d'une décennie à enquêter les crimes d'État, sur la répression journalistique, sur les bavures militaires, et sur la destruction méthodique d'une organisation qui se bat pour la transparence et la liberté de l'information. Une liberté mise à mal après la diffusion de centaines de milliers de documents classifiés. Les "Wars logs", ces journaux de guerre que devaient rédiger les soldats américains engagés dans les guerres en Afghanistan et en Irak, transmis à Wikileaks par une analyste du renseignement, Chelsea Manning, et publiés entre le 5 avril et le 22 octobre 2010, ils ont notamment fait connaître au monde entier les actes de torture sur des prisonniers - comme à Abou Ghraib - ou les nombreuses bavures de l'armée de la coalition, qui ont entraîné la mort de civils afghans et irakiens. Suite à ces révélations, le Pentagone et la NSA ont tout fait pour discréditer un travail journalistique extrêmement exigeant, et détruire (notamment en s'attaquant à ses sources) une organisation qui se bat pour la transparence et la liberté de l'information. L'autrice revient également sur les accusations de viol qui pèsent sur Julian Assange, et les errements judiciaires qui ne lui ont pas permis de se défendre et l'ont contraint à l'exil, puis à la prison. Elle retrace enfin le parcours d'un autre lanceur d'alerte, Edward Snowden, qui a permis de révéler comment la NSA collectait les métadonnées téléphoniques de millions de citoyens américains depuis des années. À travers cette affaire et la persécution judiciaire qui s'est abattue sur Julian Assange et ses collaborateurs et collaboratrices, l'autrice révèle le danger que font peser de très puissantes institutions comme le Pentagone, la CIA et la NSA - le "complexe militaro-industriel" des États-Unis - sur la démocratie : non seulement en dissimulant des crimes d'État particulièrement graves, mais aussi en exerçant une surveillance de masse au prétexte de lutter contre le terrorisme, par des méthodes dignes des pires régimes totalitaires. Elle pose donc en filigrane la question de la réalité de nos démocraties, et de la place du journalisme dans celles-ci, en soulignant le paradoxe de la situation : un journaliste s'est vu emprisonné et traité comme un terroriste et un criminel pour avoir dénoncé des crimes de guerre et des dérives du pouvoir tout aussi intolérables. Stefania Maurizi est journaliste d'investigation. Elle a notamment collaboré avec les journaux Il Fatto Quotidiano, L'Espresso et La Repubblica. Parmi les journalistes internationaux, elle est la seule à avoir enquêté sur tous les documents secrets de WikiLeaks. Elle a publié les dossiers d'Edward Snowden sur l'Italie avec Glenn Greenwald et a remporté d'importants prix de journalisme, notamment le Prix européen du journalisme d'investigation et judiciaire, la Colombe d'or des Archives du désarmement et la bourse Armenise de Harvard. Elle est l'auteur d'Una bomba, dieci storie (Mondadori, 2004), traduit en japonais ; Dossier WikiLeaks. Segreti italiani (Rizzoli, 2011, avec une introduction de Julian Assange).
Hausse de la tricherie et du plagiat, perte du sens de la socialité, déficit d'attention et d'empathie, retards d'apprentissage: les preuves s'accumulent quant aux effets nocifs des technologies du numérique en classe, surtout sur les plans cognitif et social. Mais pour les promoteurs de l'enseignement à distance et de la «technopédagogie», le mot d'ordre est «adaptez-vous!». Dans une critique sans concession de l'informatisation de l'école, deux professeurs de philosophie nous alertent sur ce qui se profile à l'horizon: la destruction de la culture commune et une dissolution des institutions d'enseignement comme lieux de transmission et de formation. Bienvenue dans la machine expose comment l'offensive numérique en cours s'inscrit dans une vision technocratique et économiciste du monde qui réduit l'école à une machine à former du «capital humain». Un cri d'alarme pour préserver le métier de professeur et son autonomie, plus que jamais mis à mal.
Quel avenir faut-il prédire aux humanités ? Les signes d'une désaffection pour la culture humaniste se sont multipliés au cours des dernières années en France et ailleurs. Dans ce contexte morose et déprimé, le développement des humanités numériques apparaît à certains comme une planche de salut pour des disciplines autrement condamnées à disparaître. Toutefois, réinventer les humanités par le numérique suppose de relever trois défis de taille : leur rapport à la technique, leur relation au politique et enfin à la science elle-même. Les humanités numériques sont très critiquées : pour certains elles relèvent de la poudre aux yeux, pour d'autres, elles constituent une menace extraordinaire. Mais s'il y a bien quelque chose que l'on ne peut contester, c'est leur capacité à poser de bonnes questions aux différentes disciplines des sciences humaines et sociales. Penser la place que les humanités doivent tenir dans notre monde implique d'en redéfinir le contrat social et épistémique. Elles sont riches d'opportunités de ce point de vue : à condition de ne pas dénaturer la spécificité humanistique des pratiques de recherche auxquelles elles s'appliquent.
La clé pour faire réussir son entreprise dans un monde ultra-concurrentiel porte un nom : la stratégie. Avec l'aide de Pierre Pupier, Xavier Fontanet a conçu ce livre pour la rendre passionnante et compréhensible par tous. Pierre Pupier, entrepreneur et investisseur issu du private equity, spécialiste de la PME, interviewe Xavier Fontanet, ancien dirigeant du groupe Essilor dont le chiffre d'affaires est passé de 500 millions à 5 milliards sous sa direction, avec dans le même temps un centuplement de la valeur boursière. L'ouvrage est totalement inédit : il se lit comme un roman et permet au lecteur de devenir stratège au fur et à mesure qu'il avance dans sa lecture. Xavier a commencé sa carrière en 1973 au BCG. Il a été ensuite directeur général des Chantiers BÉNÉTEAU, à l'époque encore petite PME, puis directeur central du groupe EUREST, une entreprise de restauration collective. Il a enfin présidé le groupe ESSILOR jusqu'en 2013. En suivant la vie professionnelle de Xavier à chacune de ses étapes, le lecteur découvre la stratégie, celle qui s'applique sur le terrain en situation réelle et permet de maîtriser des situations variées et complexes. Les concepts stratégiques utilisés et décrits dans ce livre sont universels et s'appliquent aussi bien aux PME, aux ETI qu'aux grands groupes. En répondant aux questions de Pierre, Xavier explique d'où vient la rentabilité, où trouver la croissance et, évidemment, comment motiver les équipes. Cet ouvrage concret donne les clés de la stratégie aux cadres et dirigeants des entreprises françaises afin qu'ils puissent s'en inspirer dans leur travail quotidien.
Après un bref historique et le rappel des différentes fonctions des bibliothèques selon leur environnement administratif, social et culturel, expose les aspects fondamentaux du métier de bibliothécaire : accueil et information du public, recherche documentaire, acquisition, conservation... Une large place est faite aux outils et aux techniques actuelles de traitement et de gestion des documents.
Dans le contexte numérique actuel de prolifération des dispositifs d'images et de sons, les différences mais aussi les convergences offertes par leurs modes de production, de diffusion, de réception permettent à l'enseignement et à la médiation culturelle de dégager des perspectives pédagogiques qui participent à la compréhension des sociétés et de leurs évolutions actuelles.
L'intelligence artificielle (IA) est aujourd'hui au coeur d'une révolution cognitive, une force irrésistible qui redéfinit ce que signifie être intelligent. Longtemps reléguée aux rêves futuristes et aux récits dystopiques, l'IA a franchi un seuil autrefois inimaginable, remettant en question notre compréhension de l'intelligence, de la créativité et des émotions. Des domaines autrefois exclusifs à l'esprit humain, tels que l'art et l'humour, sont désormais explorés par des machines qui non seulement imitent nos capacités cognitives, mais les surpassent également. Cette émergence remet en question notre suprématie ontologique et nous pousse à explorer le dernier bastion de la singularité humaine : la conscience.
Les médias ont orchestré l'essentiel de la dramaturgie politique du second tour des élections présidentielles de 2002 et de 2017. Au débat démocratique qu'ils chérissent tant - et qu'ils piétinent si allègrement -, ils ont préféré asséner leurs leçons de bienséance républicaine, de morale civique et de tactique électorale aux électeurs déviants. En collaboration avec les communicants politiques, les médias fixent l'agenda électoral, influent sur ce à quoi il faut penser et disposent du pouvoir de consécration (ou de stigmatisation) des candidats. Ce journalisme de prescription des choix électoraux légitimes et d'écrasement des opinions dissidentes, on l'a déjà connu en 1992 et en 2005 avec les référendums sur le traité de Maastricht et sur le Traité constitutionnel européen. S'ils ne font pas toujours une élection, les médias cherchent à imposer un choix qui semble inéluctable. Le choix des maîtres. En 2002 et 2017, le rappel à l'ordre médiatique de l'entre-deux-tours eut pour fonction d'effacer le désastre du premier tour : « La récréation est finie ! Au nom de la démocratie, votez ! Mais surtout, votez bien ! »
Bifurcation explore quelques-uns des bouleversements profonds qui transforment notre monde. À travers les chocs géopolitiques, technologiques et narratifs qui redessinent notre époque, il invite à repenser nos manières de percevoir, d'interpréter et d'informer. Bifurcation ne se contente pas de décrire cette recomposition, mais propose aux dirigeants d'entreprises et responsables politiques des méthodes et des solutions pour agir, décider et gagner dans un environnement où les règles ont définitivement changé. Entrepreneurs et associés depuis de nombreuses années, les auteurs, aux profils complémentaires, travaillent dans les domaines de l'intelligence stratégique, du numérique et des médias, avec un fort prisme international. Cet essai de Manuel Lagny et Mathieu Gabai est suivi des points de vue de Hamidou Anne, Rami Baitiéh, Armand Caiazzo, Stone de Souza, Stéphane Fouks, Irène Grenet, Laurent Habib, Fred Raillard, Estelle Sauvat, Valérie Trierweiler. Le livre est préfacé par Lucian Despoiu.
«Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es» avance Brillat-Savarin dans sa célèbre Physiologie du goût en 1826. «Dis-moi qui tu veux être, je te dirai ce que tu dois boire» lui répondraient aujourd'hui les guides oenologiques. Objets de consommation, de distinction, prescripteurs d'achats et de pratiques, faiseurs de tendances, ils sont aussi de puissants réservoirs d'imaginaires sexués. À l'origine de ce travail, une intuition: la récente féminisation des chefs d'exploitations à la faveur d'évolutions juridiques et sociales ces cinquante dernières années n'a pas gommé les rapports de pouvoir profondément genrés régissant le monde du vin. Pourtant dans les vignes depuis toujours, main-d'oeuvre prisée pour les vendanges ou le ramassage des sarments, les femmes du vin sont en effet restées d'invisibles «aides familiales» jusqu'à l'obtention d'un statut professionnel il y a à peine quelques décennies. Comment les femmes, de la productrice à la consommatrice, sont-elles (ou non) mobilisées dans les discours des guides oenologiques? Comment leur invisibilisation participe-t-elle à perpétuer une certaine vision de la viticulture française? C'est ce que propose d'interroger cette recherche, en explorant tout à la fois les dimensions genrées, familiales, patrimoniales et agricoles des discours proposés aux consommateurs.
Finis, la vie privée, le salariat, la mobilité subie, l'économie du gaspillage. Effacées, les langues qui nous séparent. Terminée, la domination de l'écrit. Jusqu'au retour d'un au-delà que l'on pensait annihilé par un siècle de philosophie matérialiste... Et si la révolution numérique, dopée à l'intelligence artificielle et aux mondes virtuels, au lieu de nous embarquer dans un train devenu fou, nous ramenait, en fait, vers le passé ? C'est le paradoxe qu'explore ce livre, à travers un voyage dans un avenir proche et pourtant largement à l'oeuvre aujourd'hui. Il annonce le retour, comme au temps de nos ancêtres, du travail à la tâche, du recyclage généralisé, de nos vies exposées sur la place publique, mais surtout la renaissance d'une civilisation orale. Une occasion, au bout de ce voyage, de mieux comprendre les mutations en cours et de permettre aux citoyens que nous sommes de prendre position, en connaissance de cause, pour influer sur ce futur qui nous attend. L'ouvrage se termine par un entretien avec Pascal Picq, paléoanthropologue et ancien maître de conférences au Collège de France.
Nous savons tout de vous, mais vous ne savez rien de nous. Telle est la politique des géants du numérique qui cultivent l'opacité pour ne pas nous terrifier. L'explosion du digital a contribué à une nouvelle forme de valeur dans laquelle nos moindres actions, même les plus intimes, se transforment en une donnée qui alimente le résultat net des entreprises. Orientation sexuelle, préférences politiques, religion ou état de santé, votre profil est créé et n'importe qui peut y accéder. En sachant tout de vous, il est dès lors plus simple de vous influencer grâce à un contenu ciblé. Ce processus, appelé donnétisation, consiste pour toute personne ou entité à revendre vos données, majoritairement personnelles, dans le but d'en tirer profit. Dans une ère où votre quotidien dépend de multiples technologies, êtes-vous réellement conscients de tous les secrets que vous partagez ? Un livre à offrir à tous ceux qui n'ont « rien à cacher ».
Aujourd'hui, les arts de la scène sont confrontés à l'essor des ressources numériques. Ces nouvelles pratiques, renforcées par la crise sanitaire, soulèvent d'importantes questions. Elles concernent notre perception du théâtre, mais aussi ses modèles économiques et sociaux. Au coeur de ce dialogue fécond entre professionnels et chercheurs, les mutations digitales invitent à repenser tant les codes dramaturgiques et scénographiques que les relations avec le public. L'essence même de cet art millénaire en serait-elle ébranlée ?
Le fameux esperanto universel du cinéma muet cessa de l'être bien avant l'avènement du cinéma parlant, avec l'insertion d'intertitres aidant au développement de l'intrigue et devant être traduits pour les différents publics de chaque pays ou territoire. Avec la naissance et la popularité immédiate du cinéma, la traduction audiovisuelle est devenue un outil essentiel pour que chaque programme audiovisuel, fictionnel ou non, atteigne tous les publics et traverse toutes les frontières. L'irruption récente dans nos vies des plateformes de vidéos à la demande a changé les règles du secteur de la postproduction audiovisuelle et a impacté de façon notable la localisation de contenus audiovisuels. Ce volume présente les deux grandes modalités de localisation audiovisuelle : le doublage et le sous-titrage.
La LSF est la langue gestuelle parlée par les Sourds de France. Longtemps interdite, elle a été reconnue en France en 2005, un CAPES de LSF a été créé en 2010, elle est enseignée de l'école primaire à l'université. La LSF - comme toutes les langues gestuelles du monde - obéit aux lois de la gestualité : imiter le réel (ce que l'on nomme « iconicité ») et inscrire son corps dans l'espace (ce que l'on nomme « spatialité »). Elle met en oeuvre, par le canal visuo-corporel, les facultés de langage humaines. En ce sens, elle possède des caractéristiques propres, mais, en tant que langue parmi les langues, on peut aussi l'analyser avec les outils que la linguistique générale a forgés depuis plus d'un siècle. Cet ouvrage de référence, présentant de nombreux exemples et schémas ainsi que de nombreuses illustrations, est le premier qui propose d'explorer et d'expliquer le fonctionnement linguistique de la LSF en regroupant des analyses concernant le lexique, la morphologie et la syntaxe.
Dans son roman Le Guépard, Lampedusa raconte l'histoire d'un aristocrate sicilien du XIXe siècle qui assiste inquiet aux révolutions en marche. Lors d'une discussion avec son neveu, il lui dit « Si tu veux que les choses restent comme avant, alors il va falloir tout changer ». Avec la transformation digitale, nous sommes dans une situation comparable. Si nous voulons qu'un dirigeant puisse continuer à entreprendre, si nous voulons qu'un médecin continue à pouvoir soigner, si nous voulons qu'un professeur continue son métier d'enseignant, si nous voulons que les magistrats continuent à garantir un État de droit, eh bien alors il va falloir tout changer ! L'enjeu ne consiste pas à « numériser » ces métiers essentiels, mais plutôt à les réinventer dans un monde devenu numérique. La transformation digitale est un impératif, et cette Petite philosophie propose aux responsables une méthode pour la piloter et se réinventer dans ce nouveau monde.
Entre mise en marché, structuration professionnelle et adoption de la loi "Influenceurs" en 2023, l'influence numérique s'impose désormais comme un champ autonome des industries culturelles et communicationnelles. Pourtant, ce secteur reste traversé par des controverses majeures - de la régulation des plateformes aux dérives du dropshipping - qui ont façonné son agenda politique et souligné l'urgence de nouveaux cadres régulatoires et normatifs. Au croisement du commerce, de la communication et de la culture, la figure de l'influenceur·se est devenue un acteur médiatique central et cristallise des enjeux éthiques, sociaux et économiques inédits. Ce numéro explore la constitution de l'influenceur·se en objet de recherche. Comment cette figure polymorphe s'est-elle structurée et quelles logiques organisent son activité ? De quelle façon les politiques publiques, les autorités de régulation et les acteurs du secteur publicitaire tentent-ils d'en redéfinir les contours et de se les approprier ? En mobilisant des approches interdisciplinaires en sciences de l'information et de la communication (sémiotique, sociologie, économie politique, études culturelles), les contributions analysent la fabrique médiatique, culturelle et économique de l'influenceur·se. Elles interrogent les trajectoires de professionnalisation ainsi que les tensions entre authenticité, marchandisation et visibilité, offrant une lecture indispensable des mutations contemporaines de la communication. Between market launch, professional structuring, and the enactment of the "Influencers" law in 2023, digital influence has now established itself as an autonomous field within communication and the cultural industries. However, major controversies - from platform regulation to dropshipping scandals - have shaped its political agenda, highlighting the urgent need for new regulatory and normative frameworks. Influencers have become a central media figure at the confluence of commerce, communication, and culture, crystallising unprecedented ethical, social, and economic concerns. This special issue explores the emergence of influencers as an object of research. What logic shapes their activity? How are policymakers, regulators, and advertisers attempting to adapt to this phenomenon and redefine its boundaries? Drawing on interdisciplinary approaches from information and communication sciences (semiotics, sociology, political economy, cultural studies), the contributions analyse the media, cultural and economic construction of influencers, their paths towards professionalisation and the tensions between authenticity, monetisation and visibility. By decoding this multifaceted figure, this issue provides essential insight into the contemporary evolution of communication.
Pourquoi avons-nous accepté de signer une auto-attestation pendant la crise sanitaire de 2020 ? Comment la peur s'est-elle propagée au point de justifier un conditionnement social sans précédent ? Comment comprendre l'enchaînement des décisions prises à l'échelle individuelle et collective qui continuent à marquer nos modes de communication ? Emmanuel Carré propose une analyse communicationnelle rigoureuse de cette période en relisant les auteurs des sciences de l'information et de la communication, de la psychologie sociale et de l'anthropologie. Une préface documentée de Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, complète ce décryptage des processus systémiques à l'oeuvre. Avoir question à tout : une posture nécessaire pour comprendre les fondements et les enjeux de la communication et du pouvoir à l'ère numérique et pour cultiver un esprit critique plus que jamais nécessaire.
La radio, média discret et pourtant toujours présent dans nos vies - près de sept Français sur dix l'écoutent chaque jour - demeure étonnamment peu explorée par la recherche. Cet ouvrage propose de comprendre les raisons de cette relative invisibilité académique tout en soulignant la richesse, la vitalité et la résilience d'un média capable de traverser toutes les révolutions médiatiques. Françoise Polvêche dresse ici un état des lieux inédit des travaux consacrés à la radio depuis sa création et présente des témoignages de chercheurs. Forte d'une double et rare expérience de journaliste et de chercheuse, elle conjugue rigueur académique et regard de professionnelle. Son étude peut se lire aussi comme un plaidoyer pour une revalorisation de la radio, média trop souvent considéré comme « mineur ». Cet ouvrage s'adresse à tous les spécialistes des médias, aux chercheurs en études radiophoniques, aux étudiants en sciences sociales, mais aussi aux auditeurs passionnés par l'univers radiophonique.
Parler de choses sérieuses en ne se prenant pas trop au sérieux, telle est la devise non officielle de Moteur de recherche. C'est aussi dans cet esprit que vous êtes invités à aborder ce livre. L'animateur Matthieu Dugal vous ouvre les coulisses de la populaire émission de radio d'ICI Première et revisite des questions étonnantes parmi les milliers auxquelles son équipe chevronnée a répondu au fil des années. Un ouvrage aussi drôle que brillant, illustré avec finesse d'esprit par le bédéiste Francis Desharnais. Pour les initiés de l'émission, les geeks d'information ainsi que les curieux et curieuses de tous âges.
Et si le copier-coller était bien plus qu'une simple fonction technique ? Et si, dans le monde numérique, il incarnait un tournant décisif dans l'écriture, à l'instar de la photographie dans le domaine de l'image ? Dans cet ouvrage original, première monographie dédiée à ce geste fondamental, l'auteur explore l'archéologie des médias du copier-coller et interroge son impact sur l'écriture et la société numérique. En croisant les études médiatiques, l'anthropologie de l'écriture et la littérature, l'auteur propose une analyse rigoureuse du copier-coller comme pratique qui transforme nos rapports à la création, à l'autorité intellectuelle et à la circulation des idées. Ce geste, loin de se réduire à un simple outil, révèle des dynamiques profondes qui façonnent aujourd'hui nos modes de production et de pensée. Ce livre offre une clé de compréhension pour aborder plus globalement les enjeux contemporains du rapport à l'écriture, en particulier liés à l'intelligence artificielle. Il ouvre un espace pour repenser les frontières entre l'auteur humain et les machines, et questionner ce que ces évolutions disent de notre manière d'écrire et de penser dans le monde numérique.
Cet ouvrage est un guide destiné aux chercheurs et enseignants dans les sciences de l'information et de la communication. Il est didactique et permet aux étudiants en thèse de doctorat de maîtriser les processus de la recherche en sciences humaines appliquées au journalisme et à la communication avec des repères et des conseils pour éviter le piège des dogmes disciplinaires et les errements méthodologiques souvent constatés dans les productions scientifiques. On y trouve plusieurs dimensions de la recherche et des approches complémentaires sur les pratiques d'investigation, les méthodes de collecte de données, les techniques d'analyse quantitative et qualitative.
La violence a une longue histoire. Jamais la violence n'a été aussi présente dans l'espace public ou privé, autrement dit dans les discours désormais assignés à un destin de conflictualité voire d'irrationalité ; parler n'étant jamais sans risques chez les locuteurs. Cet ouvrage concerne les violences verbales dans les « interactions » et dévoile, à travers l'analyse de séquences langagières, jusqu'où peut aller la langue. Son originalité réside dans une approche transdiciplinaire marquée dans trois dimensions : - avec l'adulte qui, dans certaines conditions, use d'impolitesses, d'insultes, d'injures ou de mots grossiers pour attaquer le récepteur. - avec le bébé, l'accès au langage, aux objets et à l'intersubjectivité, inséparable d'une violence développementale le conduisant à l'appel d'une « force symbolique » (l'adulte) et à s'inscrire dans la socialisation. - puis, avec la clinique, lors de maladies neurologiques et/ou psychiatriques chez des adultes ou des adolescents qui, de manière stéréotypée, utilisent des jurons qui ne sont pas que réflexes ; ces derniers établissant un lien à l'antériorité par rapport à la situation actuelle.
Tout semble avoir été dit et écrit sur le « quatrième pouvoir» comme sur le pouvoir des médias tantôt sous l'angle de leur « influence », tantôt sous celui de leurs « effets » réels ou supposés. Il restait néanmoins à mener une réflexion et une nouvelle lecture conceptuelle sur cette question selon un triptyque pyramidal, soit trois concepts que nous relions ici ensemble de manière originale : la compétence journalistique, l'indépendance et le leadership médiatique. Grâce à des exemples choisis dans de nombreux pays dont le Maroc, ce livre court et accessible est pensé comme un texte différent et indiscipliné, à mi-chemin entre l'étude et l'essai, sur cette problématique plus actuelle que jamais.
Les forces de l'ordre (police et gendarmerie nationales, polices municipales) figurent parmi les institutions les plus visibles, tant dans l'espace urbain que dans les industries médiatiques et culturelles. Si elles entretiennent de longue date la publicité et tout autant la mythologie autour de leurs activités, elles ont accéléré, ces dernières décennies, l'institutionnalisation et la professionnalisation de leur communication. Ce numéro thématique entend dès lors questionner les moyens par lesquels les polices s'efforcent de contrôler leur représentation, de (ré)affirmer leur légitimité et leur professionnalité, et partant de (r)établir le consensus social autour des politiques et des pratiques policières. Il offre un éclairage original sur la communication des forces de l'ordre, et sur le « travail de l'image » et de management de l'information qu'elles orchestrent dans les arènes publiques. Sont ainsi dévoilées les conditions de (non-)publicisation de leurs segments et de leurs activités, mais aussi des violences policières. Dans cette « guerre des images » et des récits, les polices s'emparent des technologies mobiles de filmage et de la force probatoire des images prises sur le vif. Le discours des syndicats policiers, dont les conditions de fabrication sont analysées de l'intérieur, est bousculé par les récentes mobilisations policières. La création fictionnelle est également enrôlée dans le travail de représentation et de revendication. D'une contribution à l'autre, la communication des forces de l'ordre apparaît comme un objet dramaturgique et politique, solidaire de l'exercice du pouvoir et des techniques de gouvernementalité.
Dans le présent ouvrage, il est question d'interroger le processus de configuration d'un événement par et dans le discours. L'on sait que, pour rendre un fait social intelligible, il faut l'inscrire dans un ordre perceptible. Le discours, en tant qu'exercice subtil entre le fond et la forme, constitue l'élément « pivot » par lequel ce fait trouverait sa stabilité et sa cohérence. La problématique fondamentale qui sert de toile de fond de toutes les réflexions développées consiste à étudier les multiples facettes et colorations discursives de l'événement aussi bien au niveau médiatique qu'aux niveaux littéraire et communicationnel. Opérer donc une jonction entre l'événement et sa mise en discours revenait à interroger un vaste champ des possibles discursifs susceptibles d'être éclairés par de multiples approches et regards interdisciplinaires.
Ce texte est l'occasion pour Rose Mama DIOUF de penser les rapports jeunes et réseaux sociaux numériques. Elle s'appuie sur un contexte pluri-disciplinaire mixant des méthodologies issues de la philosophique et des sciences de l'information et de la communication. Une des forces de cette production est le choix d'une posture idéologique et critique qui permet à l'auteure d'analyser les enjeux éthiques des réseaux sociaux numériques à partir d'une étude empirique qualitative des usages qu'en font les jeunes ciblés.
À quoi sert le journalisme en démocratie ? Que veut dire voir et faire voir le monde au présent ? Quel est le sens politique d'une telle activité ? Existe-t-il un journalisme « idéal », à l'aune duquel juger le journalisme « réel » ? Sur quelle base le critiquer, et pour lui indiquer quels chemins aujourd'hui ? Dans cet essai stimulant, le premier à soumettre le journalisme à un questionnement philosophique, Géraldine Muhlmann montre qu'une double tâche est assignée au journalisme : faire vivre du conflit et tisser du commun au sein de la communauté politique. C'est finalement l'énigme de la démocratie qu'elle explore : la coexistence de deux scènes, celle des actions et celle des représentations, la seconde offrant une issue symbolique aux conflits qui agitent la première. Une préface inédite met cet essai à l'épreuve des problèmes les plus aigus auxquels le journalisme est confronté aujourd'hui : le complotisme et les fake news ; la vitesse de l'information et son « séquençage » ; ou encore, le phénomène des « lanceurs d'alerte », dans ce qu'il a d'ancien et de nouveau.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.