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Par l'auteur de Photo sur demande, Prix Goncourt du premier roman 2025. Pour devenir mannequin, il y a des formulaires sur le site des agences. Il faut envoyer trois photos. Il est demandé de renseigner sa taille, son poids et la couleur de ses yeux. Une réponse d'ici quelques semaines à deux mois est promise aux candidats. Léo est représenté par l'une d'elle. Il explique à Simon que pour être retenu, il est nécessaire d'avoir les bonnes images, le bon look, la bonne démarche. Qu'il n'y a pas d'autre moyen que de d'apprendre à faire bonne figure. Le deuxième livre de Simon Chevrier chronique une année à courir les castings de maison de couture. À travers l'attente et les espoirs souvent déçus, il donne à percevoir l'implacable regard d'un adolescent sur lui-même, son corps et celui des autres garçons. Un roman d'autofiction initiatique porté par une écriture d'une grande maîtrise et une immense sensibilité.
Paula, une jeune esthéticienne, quitte la banlieue parisienne pour s'installer en bord de mer avec Tom, son compagnon jardinier. Dans cet appartement, elle espère un nouveau départ loin des odeurs et des bruits de la tour HLM où elle a grandi. Mais son quotidien est hanté par le souvenir des femmes de sa famille. Enfermée chez elle avec sa chienne Scarlett, Paula sombre dans une angoissante obsession domestique. À travers son regard myope ou la fenêtre inexplicablement sale de son salon, elle contemple l'immeuble voisin brûler et un secret ressurgir. Par une langue obsessionnelle et hirsute, Décolorer sa fille scande une vie réglée comme une liste de course qui glisse vers une inquiétante étrangeté. Dans une tension diffuse et une ambiance irrespirable, ce roman explore la filiation féminine, la charge domestique intériorisée et dissèque ce que la précarité fait aux femmes. « L'écriture la plus intéressante que j'ai vue depuis longtemps. [...] Soixante-huit premiers romans et une révélation : retenez bien son nom, elle s'appelle Lucie Bérard. » Olivia de Lamberterie, Télématin, « Charnel, obsessionnel, incandescent. » Alice Develey, Le Figaro Littéraire « Une quête d'émancipation particulièrement réussie. » Fanny Imbert, France Inter « L'héroïne de Lucie Bérard s'émancipe dans un premier roman poignant. [...] Et nous là-dedans ? Touchés au coeur. » Arnaud Cathrine, La Tribune du Dimanche « Le premier roman de Lucie Bérard est de ceux que l'on a envie de lire d'une traite. » Thomas Messias, Slate « C'est drôle, brutal, parfaitement ajusté. Bérard ne disserte pas sur l'héritage féminin : elle le fait sentir dans les cheveux, les muqueuses, les culottes, les placards, les produits ménagers. » Nicolas Gary, Actualitté « Un bijou de premier roman. » Incipit, Léonard Desbrieres « Un style captivant et magnétique. » Philippe Touron, Librairies Gallimard « L'écriture est hypnotisante. » Agathe Cèbe, Librairie La Belle Image « Inventif, obsédant, profond, bouleversant. » Sarah Gastel, Librairie Adrienne
À 23 ans, Boris Bergmann ose la rencontre avec un père inconnu, psychiatre, qu’il n’a jamais vu. Minotaure est le récit bouleversant d’une quête identitaire, entre désir de vérité et peur de l’abandon.
1962, La Havane. Quand une adolescente timide croise le chemin de Bobby Fischer, le prodige des échecs, une rencontre fulgurante va bouleverser leurs vies.
Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d'alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu'une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin. Avec Rochebrune, Sophie Divry signe un roman haletant et plein d'humour, entre thriller, fable écologique et satire sociale.
"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme "miss martyre". Ses belles-soeurs continuent de lui dire gentiment et sottement "tu es une vraie sainte". Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie. « A coups de détours fantasmés, de traits d'esprit primesautiers et de pages à vous serrer le coeur, l'autrice fait de sa mère une magnifique héroïne » MARIE CLAIRE « Un texte de haute tenue, au tombé impeccable. » LA VIE « Un texte parfois drôle, souvent poignant, toujours intelligent et porté par une si belle écriture » LE PARISIEN « Un texte poignant et empreint d'espoir qui marquera la rentrée littéraire » TELE 2 SEMAINES « La romancière décrit une époque en mêlant avec subtilité et finesse, réalité et vies rêvées. » MADAME FIGARO « Un livre lucide, intelligent et poignant. » ARTS LIBRES « Ce parti pris original et réussi tient en haleine le lecteur qui tressaille, se laisse piéger, se révolte, espère. » OUEST FRANCE « En refusant à la fois d'acquitter, de condamner et d'embellir, Véronique Ovaldé signe un livre très juste » MARIANNE
Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969 ? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d'une fusée décollant vers la Lune. L'après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente - une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade ? De ce jour tragique qui fait chavirer une famille et toute une communauté, Laura Kasischke scrute chaque recoin, sans relâche, pour en saisir toutes les failles. Elle plonge également dans les destins des témoins clés, qui se trouvent heurtés, par ricochet. Baignade surveillée, lecture vertigineuse, signe le retour époustouflant de l'immense écrivaine américaine.
24 juillet 1938. Une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l'Èbre - va commencer. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route et chaque ferme dans des combats féroces et sanglants, où l'on joue sa vie à tout moment. D'un côté, les brigades internationales, le bataillon Ostrovski et les jeunes appelés de l'année vingt, les Biberons ; de l'autre, les légionnaires, les traditionalistes catholiques du Tercio de Montserrat et les soldats musulmans du quatorzième tabor. Ligne de feu met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables : Patricia Monzón, la militante communiste ; Julián Panizo, le dynamiteur murcien ; le sous-lieutenant Santiago Pardeiro ; le monarchiste catalan Oriol Les Forques ; Selimán al-Barudi, le caporal du tabor ; sans oublier les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, ni le photographe Chim Langer. Arturo Pérez-Reverte raconte leurs combats et leur sort, à la fois en grand maître du roman historique et en grand correspondant de guerre, au plus près des événements. Avec Ligne de feu, il nous offre l'expérience d'une immersion saisissante dans un conflit dont les ondes de choc n'ont pas fini de traverser notre présent. "Le grand roman sur la guerre civile espagnole." La Vanguardia "Un grand roman sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes." Benzine "La guerre civile espagnole comme on ne nous l'avait jamais racontée." Publishers Weekly "Le récit épique du meilleur romancier espagnol." El Mundo
Au commencement était Betty Jean. Fille et petite-fille d'esclaves de Louisiane, la grand-mère de Sasha se forge vite sa propre définition de la liberté - il n'est pas venu, celui qui passera la bague au doigt de Betty ! Sept filles lui seront données par ces amants de passage, qu'elle élèvera à la force du poignet, aidée par les femmes du 5010. Car au 5010 Chennault Road, à Houston, c'est un perpétuel défilé : filles, soeurs et tantes se retrouvent autour d'un repas, tressent les cheveux des plus jeunes, pansent les blessures de celles dont le mari a eu la main leste la veille. C'est dans cette ambiance que grandit la tempétueuse Connie, avec qui Betty n'est pas une tendre. Alors, dès que l'occasion se présente, la jeune femme fait ses valises et part s'installer avec Bobby, le père de Sasha. Des années plus tard, lorsque Sasha devient mère à son tour, elle s'interroge : comment ne pas léguer à sa fille le racisme intériorisé de Connie ? La froide sévérité de Betty Jean ? Mais lui transmettre l'inébranlable sens de la communauté et la douceur résolue de ces femmes qui ont modelé sa vie ?
« À force de regarder les choses, on trouve parfois derrière toute façade une beauté si bien cachée qu'elle dépasse notre imagination », écrit Seethaler à propos de la rue dont il dessine les contours dans son formidable nouveau roman. En apparence, rien de bien remarquable « rue de la Lande » : une auberge, un bistrot, une maison de retraite, la statue ratée d'un saint mineur dont on ne sait même pas s'il a vraiment existé... Pourtant, sous le regard affûté de l'écrivain, le moindre détail finit par revêtir de l'importance : une variation de lumière à la fenêtre où se penche un gamin armant son lance-pierre, les prêches de plus en plus confus du vieux curé, les traces d'humidité dans la boutique du marchand de livres anciens, les visites rituelles de la directrice du foyer à la boulangerie ou les lettres de la fleuriste demeurant sans réponse. Tous ont des rêves et des secrets, leurs chemins se croisent, mais que savent-ils l'un de l'autre ? Véritable organisme vivant, la rue prend consistance dans les monologues de ses habitants, dans leurs conversations saisies sur le vif, dans des fragments de journaux intimes, des règlements de copropriété, des rapports de police. Au fil des mois, la spéculation immobilière et l'arrivée d'immigrés nourrissent rumeurs et inquiétudes. Le plus saisissant dans cette narration mosaïque est l'émotion qui s'y déploie. En rendant palpables les doutes, les espoirs, les ambitions ou la solitude de chacun de ses personnages, l'auteur fait de la vie même la matière de son récit et propose chemin faisant une méditation poétique et politique sur le temps qui passe et sur ce que signifie « habiter ». Robert Seethaler, né en 1966 à Vienne, est une des grandes voix de la littérature en langue allemande. Après Le Tabac Tresniek (2014), Une vie entière (2015), Le Champ (2020), Le Dernier Mouvement (2022) et Le Café sans nom (2023), Sabine Wespieser éditeur poursuit la publication en France d'une oeuvre traduite dans le monde entier.
Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l'année 2026. En cours de traduction dans plus d'une vingtaine de langues, C'était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l'Odyssée de Jonas Dorléon. Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières tantôt à bord d'un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Avec la trajectoire de Jonas, c'est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu'universel, ce roman raconte les migrations au présent - non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l'horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d'humour et de poésie, une langue d'exil qui s'apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Porté par un souffle narratif irrésistible, C'était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.
Roman d'apprentissage et roman d'architecture construit autour de personnages particulièrement attachants, est aussi une ode à la nature et un portrait poétique et passionnant du Japon moderne.
À trente ans, Dounya voit sa vie basculer : rupture, licenciement, expulsion. En rangeant ses affaires, elle dialogue avec Darya, l’adolescente rêveuse et rebelle qu’elle a été.
Un premier roman aussi subtil qu'exubérant, qui ressuscite une figure hors du commun et oubliée de l'histoire : Victoria Woodhull." Pas de temps à perdre. Aujourd'hui, je meurs. " C'est par ces mots que, le 9 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu'elle entame la dernière journée de son existence. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière de prédictions catastrophiques au manoir de Norton Park. Ses extravagances proverbiales ainsi que ses contradictions animent et contaminent le quotidien du personnel, au même titre que les récits morcelés de son passé, dont il est impossible de démêler le vrai du faux.Première femme candidate aux élections présidentielles des États-Unis en 1872, première grande courtière de Wall Street, voyante, fille d'escrocs de l'Ohio, pionnière de l'amour libre, fervente militante du droit de vote des femmes, actrice, écrivaine, devenue héritière d'une riche dynastie britannique : Victoria Woodhull n'a cessé de réinventer sa légende et, comme son perroquet sans âge, semble avoir eu plusieurs vies.Tandis qu'elle prépare minutieusement sa mort, le domestique Ménélas, ébranlé par le présage, s'allie à la gouvernante Miss Florence Nixon pour tenter d'infléchir les événements. Véritable course contre le temps, cette journée rocambolesque chamboulera les croyances au manoir...Régal de délicatesse, d'humour et d'imagination, situé dans une Angleterre envoûtante, ce premier roman célèbre la puissance des histoires en ressuscitant la figure hors du commun de Victoria Woodhull.
L'épopée de trois femmes en colère et d'un escargot en voie de disparition à travers l'Ukraine fraîchement envahie par les forces russes.Une histoire d'amour, de perte et de survie à couper le souffle.Sélectionné pour le BOOKER PRIZE 2025Finaliste du GOVERNOR GENERAL'S LITERARY AWARDS 2025Finaliste du GORDON BURN PRIZE 2026Lauréate du ATWOOD GIBSON WRITERS' TRUST FICTION PRIZE" brillant, drôle, satirique, pertinent " MARGARET ATWOOD" Éblouissant . . . J'adore lire des livres plus intelligents que moi, et c'est le cas avec Dernier speciment connu " PERCIVAL EVERETT" Un mélange d'humour noir et de rage tranquille " THE NEW YORKERTrois jeunes femmes et une scientifique sans le sou, Yeva, se retrouvent à travailler pour Romance Tours, une agence chargée d'organiser des voyages de rencontres en Ukraine pour de riches célibataires étrangers en quête de jeunes et jolies femmes à épouser. Activistes infiltrées, Nastasia et sa soeur Solimaya ont prévu de kidnapper un petit groupe de ces célibataires fraîchement débarqués au pays et de les retenir otage contre rançon pour dénoncer la misogynie de ces business de " mariées par correspondance ". Yeva, elle, n'a qu'une obsession: trouver assez d'argent pour financer son laboratoire ambulant et sauver Lefty, l'escargot en voie de disparition qu'elle y transporte.Quand les deux soeurs proposent à Yeva de lui louer son camion-laboratoire, l'affaire est vite conclue. Les voilà donc parties sur les routes, en plein hiver, accompagnées d'une poignée de célibataires occidentaux hagards et du précieux gastéropode.Mais alors la Russie envahit l'Ukraine, leur action d'éclat bascule brusquement, et le roman qu'est en train d'écrire Maria Reva avec...
Alcide a quarante ans, et il lui arrive encore de dormir avec sa mère. C'est un ' être humain défectueux ' parmi tant d'autres, mais ses défauts remplissent quatre pages de diagnostic : trouble bipolaire, spectre autistique, psychose, épisodes de dissociation... Cherchant quotidiennement dans les dictionnaires, dans les livres, les termes justes, absolus, capables de nommer une réalité fuyante, Alcide écrit au plus près du trouble, comme si son corps, devenu sismographe, enregistrait chaque secousse du malaise psychique. En bousculant nos préjugés, ce livre unique raconte de l'intérieur la maladie mentale dans sa vérité nue et donne voix à un besoin collectif puissant : celui de dire avec précision le mal-être psychologique, l'aliénation, la médicalisation et la solitude. Avec une lucidité saisissante, Pierantozzi transforme la matière autobiographique en littérature, dans un récit où la poésie surgit du réel le plus cru.
Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d'une panne de clavier d'ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l'appa¬rente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s'embrasser quand quelqu'un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. Seuls indices : Perpignan, la ville de son enfance, une scène de baiser dans le célèbre film, la présence de son grand-père, une tache de sang sur le petit pull jaune qu'elle portait à l'époque. Elle décide de reconstituer la scène, et pour cela de reconstruire à Perpignan l'appartement de son grand-père dans les moindres détails. Entreprise rocambolesque pour recréer un décor qui devient l'archive supposée d'un trauma. Mais lequel ? Plus Jennifer tente obsessionnellement, et de façon burlesque, de restaurer la scène perdue, plus la mémoire lui joue des tours. Son comportement affole ses proches. Il y a chez Jennifer une petite fille amnésique, traumatisée, et trompée par des récits d'autant plus séduisants qu'ils la protègent d'une vérité impossible à dire.
On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
"C'est comme si j'avais encore 8 ans dans les yeux des gens, comme si être victime et l'assumer me condamnait au rôle de statue commémorative, on l'admire de loin les premières années, et puis les chiens pissent dessus sans que ça dérange, c'était y a longtemps tout ça. Mon corps comme un monument aux morts d'une petite ville de province, sommé de se faire beau pour les grandes occasions, pour témoigner, pour porter la cause, mais globalement oublié, envahi par la mousse, mausolée. Je refuse la tombe, pour moi, pour la petite fille, pour toutes les autres." Elle avait rendez-vous aujourd'hui pour porter plainte contre son grand-père, qui l'a agressée sexuellement durant son enfance, mais il vient d'être annulé. Alors elle décide d'aller tuer le vieux, là, tout de suite. Dans ce train vers le Pays basque, elle échafaude son plan : quand elle sera de nouveau face au vieux, qu'arrivera-t-elle à dire ? Et surtout, à faire ? Avec une écriture qui tempête et cavale, ce premier roman déplie, en une journée, tout un voyage intérieur et physique tendu jusqu'à son dénouement.
Un récit poignant et magnifique sur la perte d'un enfant, couronné par deux prix prestigieux en Espagne : le Premio Tigre Juan et le Premio Ojo Crítico de Narrativa. "Un fils s'en va, et son départ devient un livre qui nous captive et nous attriste.' Manuel Vilas
Sous la canicule, Travis et Anne tentent de survivre à l'assaut du quotidien : stress, travail, bébé. Entre les mille choses à faire, un oubli peut devenir fatal. Un roman magistral qui nous plonge dans l'engrenage de la vie moderne.
" Un premier roman inventif qui fait du code informatique, des codes sociaux et de l'écriture poétique la matière d'un récit vif, inattendu, et touchant. "Laura Vasquez" Remarquable, tout à fait extraordinaire. "Anne BerestSélectionné par le prix Médicis, le prix Méduse et le prix Wepler.
"Dans sa cuisine de Vitry-sur-Seine, je demande à Ama, ma grand-mère, de me raconter sa vie autrefois, en Chine dans les rizières, dans l'Indochine française au service du dernier empereur d'Annam, puis en France. Elle répond : à quoi ça sert ? Une histoire de nà quê, ça intéresse qui ? Il n'y a pas de souvenir d'enfance, dis-tu. Rien à quoi m'accrocher pour me représenter ce monde dont tu viens, ce monde que tu veux oublier alors que je ne cesse d'y revenir, d'excaver ta mémoire, notre mémoire. J'ai cherché ce qui nous relie et nous sépare, ce chemin de boue et de poussière, cette distance spatio-temporelle réduite à néant quand nos peaux se trouvent l'une contre l'autre, quand je reconnais le parfum du riz au jasmin et le goût de ta cuisine." Ce roman est une quête des origines, un voyage sur les traces effacées d'une famille française et sino-vietnamienne. Il interroge l'exil et la mémoire, ce dont on hérite ou pas, les traumas et les silences, les fantômes que l'on porte malgré soi, les assignations qui ont façonné chaque génération, l'identité plurielle et métisse. Dans une langue vive, poignante et poétique, Jeanne Pham Tran tente de réparer, avec pudeur et tendresse, le fil brisé de la transmission.
Béa vient d'accoucher de son deuxième enfant. Elle trouve du réconfort dans les centres commerciaux, se rase le crâne, s'inquiète à propos de tout, punit trop vite son aîné de quatre ans. Le ménage l'obnubile jusqu'à nettoyer en cachette. Sa pensée se disperse. Les consignes qu'elle se donne à elle-même n'en finissent pas, répondre à cette invitation, repriser les coudes du pull en laine, payer les factures. Ça ne s'arrête jamais, même quand, enfin seule, elle accumule ses longueurs de bassin à la piscine municipale. Les brèches sont rares. Mais il suffit que la montagne de linge se mette à respirer comme une baleine, qu'un nuage noir la captive ou qu'elle trouve la bonne phrase pour le roman qu'elle traduit, alors, la voici ramenée à elle-même. En alternant les points de vue, Anne-Sophie Subilia subjugue. Du couple fragilisé par la maternité à l'émerveillement devant l'enfance, cette mise sous tension poétique de la vie ordinaire est haletante.
"Je scrutai une dernière fois le visage de mon arrière-grand-mère. J'aurais tant aimé lui accorder cette humanité qui m'a ému dans ses livres, faire apparaître des irisations de délicatesse, de bonté. J'ai entretenu l'espoir de pouvoir relativiser la colère de mon grand-père, de dessiller le regard sur son histoire, espérant qu'il ait involontairement laissé des pistes de côté. Mireille était une femme blessée. Une orpheline confiée à l'Assistance publique. Une survivante, réduite à l'état de bête." Pour brosser le portrait de son arrière-grand-mère Mireille, Robin Josserand dispose d'un témoin privilégié : Jean-Claude, son grand-père. Celui-ci a quatre ans et demi quand sa mère est arrêtée et déportée pour faits de résistance. À son retour, neuf mois plus tard, elle n'est plus la même, désormais incapable de prendre soin de ses enfants. Sa peine, elle l'écrira dans deux livres. Fils mal aimé, Jean-Claude est devenu un homme meurtri. Grâce à de nombreuses conversations avec le narrateur, il pourra enfin saisir toute la complexité de l'histoire de sa mère, esquissant le début d'un pardon. Comment vivre après avoir connu les camps ? Roman familial aux entrées multiples, Après Mireille parle de mémoire et de transmission. Robin Josserand nous entraîne dans une enquête passionnante sur les traces de son aïeule.
"La ville est sanguinaire : elle fabrique des solitaires et les force à cohabiter." Violemment chassée de l'appartement qu'elle occupait à Barcelone, une femme sans nom est contrainte de faire des ménages pour tenter d'échapper à la rue. Happée dans une spirale infernale, éprouvant les lois du capitalisme le plus cru, elle trouve refuge dans une modeste maison isolée, où, vivant en colocation, elle finit par faire le vide autour d'elle pour jouir seule de la présence de Maria, une propriétaire puissante et fascinante, venue mystérieusement jusqu'à elle. Le roman bascule alors dans un conte macabre, mêlant folie et dévotion, entraînant le lecteur au bord du gouffre.
1980, une femme se suicide dans un appartement cossu. Dans les années cinquante, elle s'était unie avec un jeune homme à qui tout l'opposait. Explorant son histoire familiale, la narratrice tente de démêler les raisons de ce drame et dresse ce faisant le portrait d'une société aux prises avec ses démons : le patriarcat, la guerre, la colonisation, les injonctions à la réussite et au bonheur. N'efface pas mes cercles remonte le temps à la recherche des destins brisés et restitue avec force l'atmosphère des époques traversées.
Si l'on oublie qu'elles transportent de l'électricité, les lignes à haute tension dessinent sur le paysage une interminable dentelle de figures et de formes. Pour Philippe Vasset, elles ont ouvert des routes : l'auteur s'est mis en tête de suivre, à pied et à travers la France, leur tracé, cheminant pendant de long mois sous les câbles qui nervurent la géographie et coupent à travers le bâti, le réel et l'esprit de celui qui les suit. Ce périple électrifié l'a amené à découvrir les panoramas invisibles de l'électricité, à percuter, en ligne droite, toutes sortes de personnages et de situations, et l'a même entraîné au-delà des frontières, dans le grand désordre des échangeurs mondiaux d'énergie. Avec Dans les grandes lignes, Philippe Vasset fait de nouveau se rencontrer la littérature et la géographie, et continue d'imposer sa voix singulière dans le paysage littéraire français.
Paris, 1982. Feliza Bursztyn, sculptrice colombienne d’avant-garde, s’éteint à 48 ans dans un restaurant parisien. Autour d’elle, ses proches, dont Gabriel García Márquez, murmurent : *« Elle est morte de tristesse.
Hilda Bustamante a 79 ans, et comme tout le monde, un jour, elle meurt. Ce qui est extraordinaire, à la stupéfaction de son grand amour, de sa petite-fille, et de ses copines de l'église... c'est qu'Hilda ressuscite. Son retour réveille des secrets que son entourage pensait enterrés avec elle : une amourette entre le curé et l'une des filles du groupe de prière, le relation d'Hilda avec un autre prétendant et la véritable raison derrière cet adultère. Ce roman raconte l'histoire d'Hilda et du merveilleux scandale de sa résurrection. Salomé Esper nous livre dans ce roman une tendre réponse à la question : que laissons-nous derrière après notre mort ? « Cela lui revint d’un coup, et alors elle sut. Sans rien y comprendre, sans pouvoir se l’expliquer. Elle sut qu’elle était morte. Et elle pensa : depuis combien de temps ? Avec le doute vint aussi la tristesse, mais elle chassa cette pensée au plus vite, cela ne pouvait pas faire longtemps : là, maintenant, elle était vivante. »
Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d'une soixantaine d'années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu'à l'épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit : son espagnol hésitant, son accent, rappellent sans cesse qu'elle n'est qu'une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu'elle a sacrifié - argent, temps, présence - s'est effondré. Lavinia Braniste raconte, avec une sobriété bouleversante, la vie d'une femme suspendue entre deux pays où elle n'a plus vraiment de place. Camping est le portrait discret mais percutant de milliers d'existences invisibles, prises entre espoir d'ascension et brutalité du réel. Romancière, poète, traductrice, Lavinia Braniste est née en 1983. Après des études universitaires de littérature et langues étrangères elle a publié plusieurs recueils - poésie, récits et littérature jeunesse - et de nombreuses traductions de l'anglais. Elle a également publié quatre romans traduits en allemand, espagnol et polonais qui l'imposent comme l'une des voix les plus remarquables de la nouvelle vague des prosateurs roumains. Elle est lauréate de nombreux prix littéraires en Roumanie.