Renaudot (essais)
Renaudot (essais)
Filtre
Rentrée littéraire « Alors à défaut de m'ensauvager - car je ne ferai jamais l'expérience, rêvée, de la métamorphose animale -, je me dépayse, je m'éloigne de mon terrain, je viens chercher en Ardenne belge de tout autres histoires. » Joy Sorman va passer une année aux côtés d'Irène Gérard, à regarder cette femme peindre des toiles sans titre ni signature, réalisées à partir de modèles trouvés dans des beaux livres ou des magazines : une madone de Botticelli, Tintin et Milou, un portrait de Vé
Après le succès littéraire et commercial de son récit , Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.
"Pour donner à ma longue rêverie la forme d'un livre, j'avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J'ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d'un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d'oliviers où jadis s'affrontaient les héros." Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d'Asie Mineure qu'ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C'était dans la nuit des temps, mais grâce à l'Iliade cela vit toujours dans notre mémoire. C'était, aussi bien, hier, aujourd'hui, demain : la tragédie de la destruction d'une ville n'a cessé d'être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu'à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées. O. R. "La guerre de Troie a bien eu lieu. Elle se poursuit même. C'est ce que semble nous dire le beau et grave nouveau livre d'Olivier Rolin." Livres Hebdo "Ni vraie ni fausse, l'Iliade ressortit à la légende et à l'Histoire."Transfuge
« Après l'effondrement du 7 janvier, j'ai dû fouiller dans la somme de mes gravats mentaux. Pendant plusieurs années je me suis assis au bord de ce moi pulvérisé à contempler le moindre caillou. À envisager de refonder le tout. Je ne sais pas comment j'ai pu me reconstruire au fond, mais c'est dans l'exploration méticuleuse de ma personnalité à terre que j'ai finalement réussi. J'ai commencé à devenir le dessinateur que je suis désormais lorsque j'ai compris que je n'étais plus en ruine, mais en chantier. Alors forcément Beaubourg en reconstruction... Écrire évidemment. Mais dessiner aussi. Puisque le dessin a toujours été là pour me soutenir. »
"Il faut aimer le bonheur malgré lui, et résolument." Jean-Paul Entoven partage avec nous les 1001 petits et grands bonheurs qui apportent bonne humeur et entrain à sa vie.
Les sirènes tentatrices, l'infâme cyclope, Circé et ses pourceaux, et bien sûr Ulysse, mari aimant et roi éclairé, qui parvient après mille détours à rentrer chez lui auprès de sa fidèle épouse pour récupérer sa terre et n'en plus bouger... Voilà ce qu'on nous a toujours raconté des aventures d'Ulysse dans L'Odyssée. Mais lit-on encore vraiment les 12 000 vers d'Homère, ou de celui qu'on appelle Homère ? Or, les lire en compagnie d'un passeur passionné comme Christophe Ono-dit-Biot, c'est découvrir, au-delà des images d'Épinal moralisatrices et simplistes, un univers beaucoup plus riche, sensuel, brutal, complexe et captivant. L'entreprise de l'auteur est directe, généreuse et efficace : raconter L'Odyssée aux adultes, en suivant l'ordre des chants, dans une succession de brefs chapitres qui nous content au plus près du texte les aventures des héros et des héroïnes, des déesses et des dieux, mais creusent aussi le sens profond que les contemporains leur donnaient et les leçons que nous pouvons en tirer aujourd'hui. Nous comprenons enfin pourquoi L'Odyssée, l'une des plus merveilleuses inventions littéraires de tous les temps, fascine toujours, près de trente siècles après qu'elle a été fixée par écrit, et comment elle nous aide encore à naviguer dans les brouillards de notre époque. A prendre, aussi, un plaisir fou. Un livre romanesque en diable, à la pédagogie charmeuse et à l'érudition toujours ludique : le « gai savoir » à la portée de toutes et de tous.
« "Eh bien moi, j'accepterais la proposition de ton diable. Je resterais seul et j'écrirais un livre. Pas vraiment un roman, ni un bouquin d'histoire. Plutôt une nécrologie collective. Un tombeau de papier, dans le genre `Vie et mort de mon peuple' : une fresque littéraire qui tenterait de dépeindre la grandeur et les failles de mes compatriotes. Ou bien une sorte de fable où je retracerais la généalogie d'un pays magique pouvant disparaître à tout moment, car son âme est guettée depuis les origines par la menace de l'anéantissement." C'est alors qu'au pied levé Orly prononce une phrase simplissime, mais qui me bouleverse. "C'est bien gentil, ton aaire. Mais dans le cas d'Israël, ce livre a déjà été écrit. Avant même que nous n'existions. Il s'appelle la Bible." » Avec Aimer Jérusalem, Nathan Devers livre un récit tendu et une méditation habitée sur ces textes sacrés qui ne cessent de travailler en profondeur l'histoire des hommes - et de poser une question capitale : comment répondre au mal ?
Cinq silences. Cinq voix qui se sont tues - trop tôt.Un écrivain est là, vivant, et soudain c'est terminé. Soudain il ne reste plus que les mots qu'il a laissés. Franz Kafka en 1924, Virginia Woolf en 1941, Albertine Sarrazin en 1967, Georges Perec en 1982, Roberto Bolaño en 2003 : cinq fois, la littérature est privée de la poursuite d'une oeuvre qui bouleversait le monde. Comment raconter « ce qui ne va pas pouvoir arriver » ? Cinq fois, Raphaël Meltz se concentre sur ce moment de bascule, sur ce qui précède le silence : la profusion de paroles, de faits et de dates qui constituent les derniers instants, les derniers mots. Loin des figures mythifiées par la renommée littéraire, ce livre nous emmène aux côtés de cinq écrivains au moment où, brutalement, le réel se révèle plus fort que leur imaginaire.EN SÉLECTION POUR LE GRAND PRIX DES LECTRICES DE ELLE 2027« C'est beau, émouvant, érudit ! » Michael, librairie Dialogues (Brest)« Raphaël Meltz nous propose un sublime livre, tissé. Dans Cinq Silences, l'écrivain entremêle ses propres récits intimes aux fins de chapitres de cinq personnalités. Franz Kafka, Virginia Woolf, Albertine Sarrazin, Georges Perec et Roberto Bolaño sont les boussoles de l'auteur. La traversée jusqu'aux derniers rivages est fascinante. On y voit les derniers essais, les ultimes rêves de chacun d'entre eux. Meltz concrétise ce prodige - nous prouver que la littérature survit à toute disparition. » Lyonel Sasso, Librairie Gwalarn (Lannion), Page des libraires« Mêlant des souvenirs personnels, Raphaël Meltz écrit là un texte passionnant, accessible à tous, nous permettant de revisiter ces vies littéraires étonnantes, leurs destinées, à contextualiser leurs oeuvres, à en faire des rapprochements inattendus et pourtant pertinents, il a ce talent pour nous les faire vivre dans leurs quotidiens mais aussi dans l'obsession de leurs oeuvres qui semblent les dominer. » Patrick Le Henaff, Le Club Mediapart
À 32 ans, Hubert flotte entre les plaisirs faciles de Paris et un travail lénifiant. Son existence bascule avec la découverte des ouvrages de Curnonsky, sacré « Prince des Gastronomes » en 1927. Cet ardent défenseur de la gastronomie devient son mentor posthume et lui révèle une manière de vivre où manger, boire, écrire, aimer et penser forment une seule et même discipline du bonheur.Un jour, un fast-food est plastiqué dans un petit village de Bourgogne par « les Curnonskas », un groupe d'activistes qui défend l'héritage spirituel de Curnonsky et veut sauver la cuisine française de sa destruction prochaine. Malgré lui, Hubert est embarqué dans leur combat, et finira convaincu que, derrière l'affadissement de la Table, se profile la mort de l'Art.Dans un style où se mêlent lyrisme et argot, humour et érudition, Louis Michaud célèbre les sens et pose une question essentielle : et si le goût était le dernier rempart de notre liberté ? Né en 1994, Louis Michaud est le co-auteur de Jean Cau, l'indocile, paru en 2024 aux éditions Gallimard. Mon ami Curnonsky est son premier roman.