Date de parution
4 janvier 2005
Éditeur
Grasset
Collection
Martine Saada
Caractéristiques techniques
Langue
Français
ISBN 13
9782246802174
Format
Epub
Protection
DRM Adobe ou LCP
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Sordidissimes
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Le Livre:
« Un diptyque
Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D'un côté le lieu enchanté, de l'autre côté l'objet d'épouvante. Comme dans les contes, c'est l'objet sordide qui permet de s'introduire dans le lieu le plus doux.
Il s'agit d'un couple indissociable.
Face au monde utérin qu'on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort.
Face au lieu perdu involontairement, l'objet qu'on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille.
Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu'on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu'on amoncelle.
Sordidissimes
Sordidissimes - le tome V de Dernier royaume - est consacré à l'objet sale et sacré, originaire et voilé, malodorant et contagieux, indigne et précieux. A Rome on appelait « sordes » les habits de deuil, qu'on déchirait, qu'on ne lavait pas. Les Otomi appelaient « Vieux sac » la poche utérine qu'ils vénéraient comme une hotte merveilleuse. Anna Freud demanda à être enterrée dans le vieux manteau de son père qu'elle avait fait reprendre par une couturière dans ce dessein. L'objet sordide est le sexe masculin voilé qu'on dévoile au cours des mystères. Puis c'est l'objet qu'on sacrifie dans la tombe en le plaçant auprès du mort. C'est ce que Georges Bataille appelait la part maudite. C'est ce que Jacques Lacan appela « objet petit a ». C'est ce que les new-yorkais appelèrent junk. C'est ce que les anciens Japonais « blessés » par l'amour cherchaient à exhiber comme autant de « blessures » prestigieuses, petits doigts coupés, fourreaux de pénis découpés, cheveux tranchés, témoignages des bagarres, preuves intimes et rebutantes des sentiments intenses qu'ils portent à ceux ou celles qu'ils aiment. Sordidissimes rassemble toutes ces reliques, miroboles, jokers, gâteaux apéritifs, la fève des rois, la crête du coq, la bûche de Noël, la laisse de mer, les langues mortes, le nombril, tous les secrets, le silence. »
Pascal Quignard
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« Un diptyque
Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D'un côté le lieu enchanté, de l'autre côté l'objet d'épouvante. Comme dans les contes, c'est l'objet sordide qui permet de s'introduire dans le lieu le plus doux.
Il s'agit d'un couple indissociable.
Face au monde utérin qu'on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort.
Face au lieu perdu involontairement, l'objet qu'on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille.
Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu'on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu'on amoncelle.
Sordidissimes
Sordidissimes - le tome V de Dernier royaume - est consacré à l'objet sale et sacré, originaire et voilé, malodorant et contagieux, indigne et précieux. A Rome on appelait « sordes » les habits de deuil, qu'on déchirait, qu'on ne lavait pas. Les Otomi appelaient « Vieux sac » la poche utérine qu'ils vénéraient comme une hotte merveilleuse. Anna Freud demanda à être enterrée dans le vieux manteau de son père qu'elle avait fait reprendre par une couturière dans ce dessein. L'objet sordide est le sexe masculin voilé qu'on dévoile au cours des mystères. Puis c'est l'objet qu'on sacrifie dans la tombe en le plaçant auprès du mort. C'est ce que Georges Bataille appelait la part maudite. C'est ce que Jacques Lacan appela « objet petit a ». C'est ce que les new-yorkais appelèrent junk. C'est ce que les anciens Japonais « blessés » par l'amour cherchaient à exhiber comme autant de « blessures » prestigieuses, petits doigts coupés, fourreaux de pénis découpés, cheveux tranchés, témoignages des bagarres, preuves intimes et rebutantes des sentiments intenses qu'ils portent à ceux ou celles qu'ils aiment. Sordidissimes rassemble toutes ces reliques, miroboles, jokers, gâteaux apéritifs, la fève des rois, la crête du coq, la bûche de Noël, la laisse de mer, les langues mortes, le nombril, tous les secrets, le silence. »
Pascal Quignard
Pascal Quignard
Pascal Quignard, né en **1948** à Verneuil-sur-Avre, est l’un des écrivains français les plus marquants de sa génération. Lauréat du **prix Goncourt** en 2002 pour *Les Ombres errantes*, il est aussi commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres et Grand Prix du Roman de l’Académie française. Son œuvre, traduite dans le monde entier, explore les profondeurs de l’âme humaine, mêlant **littérature**, **philosophie** et **psychanalyse**. Auteur de près de quatre-vingts livres, il est reconnu pour son style unique et sa réflexion sur le silence, l’amour et la sexualité.
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Code produit : 9782246802174
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Date de parution
4 janvier 2005
Éditeur
Grasset
Collection
Martine Saada
Caractéristiques techniques
Langue
Français
ISBN 13
9782246802174
Format
Epub
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