Voyage aux villes maudites
1853, Proche-Orient. Édouard Delessert vous entraîne dans un périple audacieux vers Sodome, Gomorrhe et les cités englouties, entre archéologie pionnière et récits de voyage teintés de mystère.
Qoum mens onus reponit, ac peregrino
Labore fessi, venimus larem ad nostrum,
Desideratoque adquiescimus lecto.
CATULLUS. Juin 1851. Oui, madame, c'est une douce chose de retrouver, après huit mois d'absence, son appartement en bon ordre, de revoir à leur place ses pantoufles et sa robe de chambre, de rentrer dans une atmosphère connue, et de penser qu'on va coucher dans un lit confortable ; mais je ne puis vous dire combien, lorsque ce premier élan d'amour domestique est un peu apaisé, on se sent pris de souvenirs vifs et poignants des endroits qu'on a visités, au milieu des dangers et des fatigues, et combien on les regrette : cette réflexion, je l'ai faite encore bien loin de mon intérieur et de ma famille ; c'était en voyant s'éloigner derrière le sillage du Caire la côte de Malte, et disparaître dans un horizon déjà gris les murailles prosaïques de ses fortifications aujourd'hui anglaises.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Édouard Delessert (1828–1898) était un peintre, archéologue, photographe et écrivain français, figure marquante des explorations scientifiques du XIXe siècle. Issu d’une famille aisée, il participa à plusieurs expéditions en Palestine et en Syrie, notamment aux côtés de Félicien de Saulcy, et fut l’un des premiers à utiliser la photographie comme outil documentaire lors de ses voyages. Ses récits, comme Voyage aux villes maudites (1853), mêlent observations archéologiques, descriptions ethnographiques et anecdotes personnelles, offrant un regard unique sur le Proche-Orient de l’époque.