ARINO-DURAND LOUIS-MARIE
ARINO-DURAND LOUIS-MARIE
Allez dire aux prêtres... Ce sont les mots que la petite Bernadette Soubirous entend de la bouche de la belle Dame qui lui apparaît dans la grotte de Massabielle. Elle prend son courage à deux mains et va transmettre son message au curé de Lourdes. Ce courage, cette audace d'aller dire aux prêtres ce qu'ils préféreraient parfois ne pas entendre, nous en avons encore besoin aujourd'hui. Dans une Église qui ne semble qu'aller de crise en crise, alors qu'elle devrait porter des fruits de vie. Alors qu'elle a une Bonne Nouvelle à annoncer. Les prêtres d'aujourd'hui doivent être à nouveau convaincus de la beauté de leur sacerdoce et de la charge qui leur est confiée. Mais pour cela, ils doivent l'entendre de nous tous - y compris ceux parmi nous que l'Église a le plus blessés et qu'elle doit aujourd'hui le plus soutenir. Voici un livre écrit en collaboration avec des personnes victimes d'abus. Sans ambages, sans compromis : c'est la vérité qu'il faut savoir dire - tout en sachant rendre espoir. Car il y a beaucoup à dire, mais plus encore à vivre.
Dans la Guadeloupe des années cinquante, on tient son rang en se gardant de parler créole; on méprise plus noir et moins instruit que soi. Les conventions priment les sentiments: on ne cède pas aux larmes devant le cadavre d'un être cher; on cache, infamie, un divorce dans la famille. Contre des parents qui semblent soudés surtout par le mensonge, contre une mère aussi dure avec les autres qu'avec elle-même, contre un père timoré, la petite Maryse prend le chemin de la rébellion. L'insoumission, la franchise assassine, l'esprit critique forgent son caractère. La fuite dans un monde imaginaire, la soif de connaissance, les rêves d'autonomie et de liberté la guident vers son destin d'écrivain. Mais peu à peu la mémoire adoucit les contours, les épreuves de la vie appellent l'indulgence, la nostalgie de l'âme caraïbe restitue certains bonheurs d'enfance. Et Maryse se souvient alors de cet instant qui lui redonna l'amour des siens, de cette ultime nuit où roulée en boule contre son flanc, dans son odeur d'âge et d'arnica, dans sa chaleur, elle retrouva sa mère en la perdant.