Abbé du prat
Abbé du prat
Découvrez Vénus dans le cloître, un classique audacieux du XVIIe siècle où deux religieuses, sœur Agnès et sœur Angélique, échangent en secret sur les plaisirs interdits.
Angélique. - Hélas ! tu ne sais pas encore la moitié des choses que soeur Cornélie m'a dites. Pour nous entretenir sur ce point, tu sauras que Frédéric lui a été, entre autres, une fois rendre visite, et la trouva toute nue dans sa chambre. Elle, se retournant, lui dit en souriant : Que veux-tu ? Il répondit : Ah ! mon coeur ! ah ! mon amour ! mon unique plaisir de Vénus ! Après ces paroles, elle mit sa chemise, et s'approcha de lui. Puis aussitôt il mit la main sur cette colonne ; elle, toute surprise, lui répondit : N'as-tu pas honte de me tenir de la sorte ? Toutes ces paroles ne servirent de rien ; car il l'embrassa d'une force tout extraordinaire, en lui disant : Baise-moi, ma bien-aimée. Il ne l'eut pas sitôt baisée, qu'il la renversa sur le lit et lui maniait fortement sa poitrine, ses tétons, etc., avec des redoublements de baisers, en lui disant : Croyais-tu pouvoir jouir d'un semblable plaisir sans les hommes ? Après qu'ils eurent achevé quelques plaisirs particuliers, je crois qu'il la baisa plus de mille fois, si bien qu'avant le jour ils redoublèrent ce même doux passe-temps plus de trois fois. Je crois aussi qu'ils se promirent de le réitérer quelques nuits ensuite ; mais c'est de quoi je ne suis pas sûre, ne les pouvant pas tout à fait entendre, à cause de la peur que j'eus d'être vue d'eux.
Vénus dans le cloître Abbé du Prat Agnès. - Ah Dieu ! soeur Angélique, n'entrez pas dans ma chambre ; je ne suis pas visible à présent. Faut-il ainsi surprendre les personnes dans l'état où je suis ? je croyais avoir bien fermé la porte. Angélique. - Eh bien ! tout doucement ; qu'as-tu à t'alarmer ? Le grand mal de t'avoir trouvée changeant de chemise, ou faisant autre chose de mieux ! Les bonnes amies ne se doivent aucunement cacher les unes aux autres. Assieds-toi sur ta couche comme tu étais, je vais fermer la porte sur nous. Agnès. - Je vous assure, ma soeur, que je mourrais de confusion si une autre que vous m'avait ainsi surprise ; mais je suis certaine que vous avez beaucoup d'affection pour moi, c'est pourquoi je n'ai pas sujet de rien craindre de vous, quelque chose que vous eussiez pu voir. Le grand vicaire du diocèse de Nantes pris pour nom d'auteur Abbé du Prat pour écrire cet ouvrage érotique.