Alain De Sedouy
Alain De Sedouy
Si les Français sont de mieux en mieux soignés, leurs médecins vont de moins en moins bien, victimes d'une crise d'identité générale. D'un côté, les généralistes, trop nombreux, sont dépossédés de leur rôle traditionnel par les nouvelles technologies. De l'autre, les médecins des hôpitaux deviennent des ingénieurs, au détriment du rapport au malade, pour le plus grand bonheur des "médecines" parallèles. Mal géré, de plus en plus affecté par la prise en charge du quatrième âge et concurrencé par le privé, l'hôpital public ne sait comment marier la nécessité de faire du profit, et sa vocation traditionnelle d'assistance. En proie au mal de vivre, la société, qui a perdu ses prêtres et ses maîtres à penser, se décharge sur les médecins des problèmes de civilisation. Alain de Sédouy a tout ausculté, clinique high tech et mouroirs, médecins de campagne, infirmières sous-payées. "cow-boys" de SOS-médecins et derniers mandarins, de Paul Milliez à Jean Bernard. Et, dans ce monde où le malade a rarement la parole, le dernier témoignage de Françoise Dolto résonne comme un cri d'alarme : le médecin doit réapprendre à écouter.
"Le journaliste regarde ailleurs. Quand le poète explore, à coups de mots, l'espace du dedans, le journaliste balaie, à coups de phrases, l'espace du dehors. Son univers est à la cantonade. Il est celui des autres. Dérisoire s'il est absent, encombrant s'il est présent, il lui faut s'intercaler entre l'arbre et l'écorce, entre chair et peau, entre la vie et son écho."
Des Français tout à fait comme les autres ? Un parti susceptible d'accéder un jour au pouvoir, d'y rester et d'en partir au gré du suffrage universel ? Des « nouveaux communistes », désormais résolus à bannir tout ce qui les maintenait enfermés dans leur ghetto politique ? Il faut bien reconnaître que les opérations du style « le Parti à coeur ouvert » ne fournissent pas à ces questions des réponses décisives - pour une raison au moins : les communistes français se connaissent moins eux-mêmes qu'on ne le croit. Mais le moment était sans doute venu de prendre au mot cette volonté d'ouverture. De fait, carte blanche fut donnée par la direction du Parti à André Harris et Alain de Sédouy - producteurs du film « le Chagrin et la Pitié » et coauteurs de « Français si vous saviez » - pour mener pendant plusieurs mois, auprès de tous les dirigeants actuels, mais aussi bien dans les cellules, les entreprises, à Paris comme en province, dans des instances jusque-là hermétiquement closes à tout non-communiste, une enquête sans précédent à l'intérieur du Parti, d'autant plus révélatrice et passionnante qu'elle a coïncidé dans le temps avec des événements clés : l'affaire Soljénitsyne, la « crise », le lancement du Programme commun et la consolidation de l'Union de la gauche, etc. Voici donc comment on est communiste en France dans les années soixante-dix, que l'on s'appelle Marchais, Duclos, Fajon, Piquet, Juquin, Andrieu, Leroy ou Henri Alleg, que l'on soit jeune journaliste à l'Humanité ou directeur de la Nouvelle Critique, historien, artiste ou responsable d'une municipalité, polytechnicien ou vendeuse au « Printemps », ingénieur en électronique, réalisateur à la télévision ou militant chez Citroën, viticulteur du Gard ou paysan vendéen, cadre à l'E.D.F. ou smicard à la S.N.C.F., étudiant ou lycéen, membre du Bureau politique, permanent du Parti ou simple militant. Un extraordinaire document politique et humain pour la compréhension de la France d'aujourd'hui.