Alex Lutz
Alex Lutz
Descartes ou la philosophie française : le caractère fondateur qui a été reconnu de droit à Descartes au regard de toute la philosophie moderne a masqué l'importance toute particulière que les penseurs français lui ont toujours accordée, de fait, dans leur propre édification intellectuelle. Descartes fournit en France moins les idées que la trame qui a servi à les ordonner - ce qui n'est le cas d'aucun philosophe ailleurs. Sartre, toute sa vie durant, fut tenu par le projet de construire une morale. Par la suite, il ne s'est jamais lassé de conclure : "Et j'ai toujours échoué." Conscient de cet échec où son projet de métaphysique l'a mené, il reconduit les motifs qu'il avait de l'écrire à son enfance : "Ma seule affaire était de me sauver." Il avait cru être au monde ; il a vécu dans l'imaginaire. Il avait bâti tout une oeuvre afin de s'y mettre tout entier. Or ce Moi immortalisé, celui auquel il aspirait, c'était secrètement Descartes, médiateur caché dans la pénombre mais qui lui avait tracé un chemin pour le rejoindre. Sartre ne l'a pas dit. Néanmoins il savait qu'il était en train de récrire les Méditations métaphysiques de Descartes. C'était son secret et le propre du secret est d'appartenir à ce qui relève en chacun non pas de l'inconscient mais de ce "fonds sombre qui refuse d'être dit" - le vécu. Un tel secret, encore enveloppé et obscur à lui-même, explique également que Sartre ait pu se dire à la fois existentialiste et cartésien. D'un côté, l'existentialisme est le nom que l'adversaire avait donné à la doctrine. Il est la manière objective dont sa pensée s'est extériorisée dans l'histoire, il est la doctrine vue du dehors. De l'autre côté, le cartésianisme est la même doctrine mais telle qu'elle est comprise du dedans par Sartre. Il est la manière subjective dont Sartre a intériorisé sa doctrine dans l'histoire de la philosophie. Deux courants de pensée dont l'un, tout en surface, a recouvert malencontreusement l'autre qui était pourtant le seul qui fût profond.
Descartes ou la philosophie française : le caractère fondateur qui a été reconnu de droit à Descartes au regard de toute la philosophie moderne a masqué l'importance toute particulière que les penseurs français lui ont toujours accordée, de fait, dans leur propre édification intellectuelle. Descartes fournit en France moins les idées que la trame qui a servi à les ordonner - ce qui n'est le cas d'aucun philosophe ailleurs. Sartre, toute sa vie durant, fut tenu par le projet de construire une morale. Par la suite, il ne s'est jamais lassé de conclure : "Et j'ai toujours échoué." Conscient de cet échec où son projet de métaphysique l'a mené, il reconduit les motifs qu'il avait de l'écrire à son enfance : "Ma seule affaire était de me sauver." Il avait cru être au monde ; il a vécu dans l'imaginaire. Il avait bâti tout une oeuvre afin de s'y mettre tout entier. Or ce Moi immortalisé, celui auquel il aspirait, c'était secrètement Descartes, médiateur caché dans la pénombre mais qui lui avait tracé un chemin pour le rejoindre. Sartre ne l'a pas dit. Néanmoins il savait qu'il était en train de récrire les Méditations métaphysiques de Descartes. C'était son secret et le propre du secret est d'appartenir à ce qui relève en chacun non pas de l'inconscient mais de ce "fonds sombre qui refuse d'être dit" - le vécu. Un tel secret, encore enveloppé et obscur à lui-même, explique également que Sartre ait pu se dire à la fois existentialiste et cartésien. D'un côté, l'existentialisme est le nom que l'adversaire avait donné à la doctrine. Il est la manière objective dont sa pensée s'est extériorisée dans l'histoire, il est la doctrine vue du dehors. De l'autre côté, le cartésianisme est la même doctrine mais telle qu'elle est comprise du dedans par Sartre. Il est la manière subjective dont Sartre a intériorisé sa doctrine dans l'histoire de la philosophie. Deux courants de pensée dont l'un, tout en surface, a recouvert malencontreusement l'autre qui était pourtant le seul qui fût profond.
« Dans le magasin, Françoise n'en finit pas d'oublier pourquoi elle est venue. Deux ampoules pour la lampe du guéridon, du scotch double face pour un coin du lino du cellier, sans quoi elle finira par y rendre l'âme un jour, et un radiateur d'appoint pas trop lourd et efficace, c'est-à-dire "tout moi". » Ce roman est celui de nos zones d'activité, de nos fourmilières de solitudes, de nos villes nouvelles ; des routes, des chemins, des rayons que nous empruntons pour tâcher de nous y trouver. Au coeur de ce feu humain qui couve, le défaut d'un radiateur d'appoint, narrateur de ces destins et témoin de nos froids, nos joies, nos espoirs, nos certitudes déçues, nos petits courages, nos soleils, nos faiblesses inutiles et nos lâchetés d'enfant. Avec un talent rare et un humour délicat, Alex Lutz et Géraldine Nakache se répondent dans ce roman choral, fable tendre et cruelle de notre quotidien.
« Dans le magasin, Françoise n'en finit pas d'oublier pourquoi elle est venue. Deux ampoules pour la lampe du guéridon, du scotch double face pour un coin du lino du cellier, sans quoi elle finira par y rendre l'âme un jour, et un radiateur d'appoint pas trop lourd et efficace, c'est-à-dire "tout moi". » Ce roman est celui de nos zones d'activité, de nos fourmilières de solitudes, de nos villes nouvelles ; des routes, des chemins, des rayons que nous empruntons pour tâcher de nous y trouver. Au coeur de ce feu humain qui couve, le défaut d'un radiateur d'appoint, narrateur de ces destins et témoin de nos froids, nos joies, nos espoirs, nos certitudes déçues, nos petits courages, nos soleils, nos faiblesses inutiles et nos lâchetés d'enfant. Avec un talent rare et un humour délicat, Alex Lutz et Géraldine Nakache se répondent dans ce roman choral, fable tendre et cruelle de notre quotidien.
« Dans le magasin, Françoise n'en finit pas d'oublier pourquoi elle est venue. Deux ampoules pour la lampe du guéridon, du scotch double face pour un coin du lino du cellier, sans quoi elle finira par y rendre l'âme un jour, et un radiateur d'appoint pas trop lourd et efficace, c'est-à-dire "tout moi". » Ce roman est celui de nos zones d'activité, de nos fourmilières de solitudes, de nos villes nouvelles ; des routes, des chemins, des rayons que nous empruntons pour tâcher de nous y trouver. Au coeur de ce feu humain qui couve, le défaut d'un radiateur d'appoint, narrateur de ces destins et témoin de nos froids, nos joies, nos espoirs, nos certitudes déçues, nos petits courages, nos soleils, nos faiblesses inutiles et nos lâchetés d'enfant. Avec un talent rare et un humour délicat, Alex Lutz et Géraldine Nakache se répondent dans ce roman choral, fable tendre et cruelle de notre quotidien.