André Carpentier
André Carpentier
J'ai marché les rues de ma ville en mode flâneur durant plus de cinq ans, sans compter ma longue expérience précédente de piéton. Ce que j'ai recherché, dans ces rues et quartiers, ce sont avant tout des parcelles d'humanité tirées des circonstances de la vie de quartier. Il s'agissait en effet de ne pas rester sans voix devant le mystère de l'ordinaire quotidien.Les pages de cet ouvrage renferment des « miniatures de rues », des impressions, des anecdotes où l'invention compte moins que l'observation, et l'empathie plus que la péripétie. Ces petits tableaux, ces fragments de flâneries, une fois rassemblés, forment un témoignage et suggèrent une appropriation personnelle du puzzle des rues montréalaises.
Dans ce recueil de nouvelles, André Carpentier présente des marginaux qui n'en ont pas toujours l'air. Accablés par des faits de la vie, ils se répartissent en trois classes : « Les égarés », « Les éprouvés », « Les éclopés ». Ils peinent à s'expliquer ce qui leur arrive et à mettre des mots sur leurs émotions. Ils aspirent à se constituer une mémoire, à voyager, à créer, à aimer, mais rien ne leur est jamais facile. Ce qui les sauve peut-être, c'est de chercher à comprendre... même en vain.
Cet ouvrage de flâneur, comme les deux précédents consacrés aux ruelles (Ruelles, jours ouvrables) puis aux cafés (Extraits de cafés), porte témoignage, au fil des jours, sur un réseau spatial qui est aussi un espace humain. Durant cinq ans, j'ai en effet plongé mes racines et déployé mes antennes dans l'archipel des parcs montréalais. Il en ressort un patchwork de moments de parcs où les sens et la sensibilité furent sollicités. C'est d'ailleurs ce que signifie le titre de ce livre, que les parcs y sont saisis dans les moments de leur fréquentation. Voici donc onze douzaines de fragments aussi autonomes qu'interdépendants, en quelque sorte des stances de flâneur portées par le dessein de côtoyer, sans souci d'exhaustivité ni de synthèse, cette part du monde qu'est le familier quotidien. J'ai choisi d'écrire sans plan sur l'expérience de juste être là, parmi d'autres, dans un espace commun, sans trop épier, mais de manière à saisir des extraits du sous-texte des choses humaines. Ces petits tableaux, qui sont répartis sur le mode des années calendaires, pourront aussi servir de point d'appui à qui voudra aller mener ses propres expériences de flânerie, dans les parcs ou ailleurs. Il est en effet proposé au lecteur d'imaginer, entre les fragments, des espaces blancs lui permettant d'ajouter ses observations à l'ouvrage. Le lecteur pourra ainsi privilégier les allers-retours entre ses propres flâneries et la lecture des fragments ici recueillis. André Carpentier
Un homme répond à une petite annonce parue dans un hebdo culturel. Il est médecin et il est en convalescence à la suite d'un cancer. Ladite annonce propose « une expérience artistique à deux - galants s'abstenir ». Après quelques échanges de courriels, il se rend à l'atelier d'artiste de Dylanne, et il est déconcerté devant l'originalité du projet qu'on lui propose. L'homme de raison se plie néanmoins aux directives de l'artiste et accepte de la suivre, même s'il ne comprend dans quelle voie elle l'engage. Quelques mois plus tard, au retour d'une mission humanitaire, il revoit Dylanne lors d'une séance de signatures pour son livre intitulé Derniers regards. Il comprendra alors la nature du lien qui unit le modèle et l'artiste.
Après ses flâneries dans les ruelles montréalaises (Ruelles, jours ouvrables, 2005), André Carpentier s'est plongé quelques années dans l'ordinaire quotidien des cafés, carnet à la main, y consignant ses observations, impressions et intuitions, y ouvrant sa « géographie affective ». Il invite ici le lecteur à sortir flâner dans ses propres cafés, puis à revenir à une lecture par bribes de ce livre, s'il le veut bien, pour dialoguer avec lui. « Ces notes ont été prises à l'ombre de l'Amérique, à Montréal, où l'histoire des cafés est trop récente pour s'être constituée en tradition ; elles ont été tirées du paysage mutant des cafés d'ici et d'aujourd'hui, qui, j'en ai bien peur, tombent lentement dans le décours des modes. Les cafés de Montréal ne sont pas des centres incontestés de la vie sociale, comme autrefois ceux de Constantinople ou de Vienne, ni même des laboratoires d'idées, comme dans le Paris postrévolutionnaire, mais ils demeurent des lieux publics ouverts à tous. On y croisera, à la suite et sans surprise, une chemise indienne, un tailleur Chanel, un jeans troué, une veste Armani, des sandales bibliques... Il s'agit d'un lieu où le fondement de l'activité est de n'en avoir pas trop ni de très importantes, un lieu où chacun s'autorise de lui-même à garder le silence ou à jaser tout son soûl. » A. C.
À 4500 mètres d’altitude, au pied du mont Kailash, André Carpentier nous entraîne dans une quête intérieure aussi exigeante que le désert tibétain.
Découvrez Gésu Retard, le roman culte d’André Carpentier : un anti-héros né dans une poubelle, professeur de géographie devenu flâneur du Plateau Mont-Royal, toujours vêtu de son casque et de ses lunettes d’aviateur.