André Ruyters
André Ruyters
L'Éthiopie est le cadre d'un récit de voyage qu'André Ruyters publie dans la N. R. F. et que nous reproduisons ici. La première partie (octobre 1911) s'intitule simplement « Addis-Abeba », les deux suivantes (décembre 1911 et mai 1912) prennent le titre que nous avons choisi pour cette édition. Il est trompeur puisque la destination n'est pas atteinte dans les pages publiées, alors que le voyage se poursuivit bien jusqu'à Djibouti, d'où il comptait embarquer le 3 mai pour arriver à Marseille le 14 - il donne ces dates à André Gide sur une carte postale envoyée d'Addis-Abeba le 8 avril. La caravane, tant bien que mal, se met en marche et André Ruyters raconte les paysages, les hommes et les femmes, les coups de fusil, les bonnes et les mauvaises rencontres... C'est vif, non exempt des préjugés de l'époque. Les traits de femmes croisées au retour de leur corvée d'eau sont épaissis par « le sang impur du nègre ». Dans la facture de cases grossières, « on sent la main du nègre ». N'en jetez plus...
En 1889, le capitaine Joseph Conrad Korzeniowski se trouve dans la même situation que Marlow au début de l'ouvrage : en attente d'un commandement. Celui-ci vient d'une proposition faite par la Société Anonyme belge pour le Commerce du Haut-Congo qui, bien qu'elle tarde à se concrétiser, débouche sur un engagement : commandant « d'un petit vapeur sur le Congo ». Le 7 mai 1890, il signe son contrat à Bruxelles, le 10, il embarque à Bordeaux pour Matadi.
Le personnage duquel s'inspire André Ruyters se trouve dans une parabole rapportée par Luc : « Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. » Ce riche, considéré donc comme mauvais, est puni de son comportement parmi les vivants quand il gagne le séjour des morts. Mais, écrivant à Luc (qui, rappelons-le au passage, diverge singulièrement de Jean en rapportant cette histoire), Le Mauvais-Riche argumente sur de tout autres valeurs. Qui traversent également, comme on le verra, les différentes parties de l'ouvrage.
Quand L'Ermitage commence à publier Le tentateur, en mars 1903, les deux premiers chapitres sont insérés entre un poème de Francis Vielé-Griffin, Sainte Marguerite de Cortone, et la quatrième partie de Specimen Days, de Walt Whitman. Sept livraisons, jusqu'en septembre, accueillent l'intégralité d'un roman que la « Collection de l'Ermitage » éditera en volume l'année suivante. « Vient de paraître », annonce la revue de juin 1904.
Le dernier texte de fiction que publie André Ruyters ne paraîtra jamais en volume - sauf en 1988 dans le tome III des OEuvres complètes établie et annotée par Victor Martin-Schmets au Centre d'Études Gidiennes et, désormais, ici. Si l'intégralité du texte de L'Ombrageuse est connue, c'est d'abord qu'il a été réparti sur quatre livraisons de La Nouvelle Revue française, d'octobre 1910 à janvier 1911, à raison d'environ 35 pages mensuelles, soit, sans y regarder de trop près, un quart de chacun de ces numéros (la pagination est variable). Ce n'est pas rien...
Voici, jusqu'ici entièrement inédite, une des correspondances les plus importantes d'André Gide, tant par le nombre des lettres échangées (près de 600, sur plus d'un demi-siècle) que par la diversité des intérêts qui lièrent l'auteur des Nourritures terrestres, dès 1895, avec André Ruyters, écrivain belge précoce (il a alors dix-neuf ans) et original, qui sera avec lui l'un des six "pères fondateurs" de La Nouvelle Revue Française (dont il fut le gérant jusqu'à la guerre de 1914).Cette correspondance fera sortir de l'ombre où elle était restée la figure, singulière et attachante, d'un des plus proches amis de Gide, dont tous les lecteurs de celui-ci connaissaient le nom, mais en ignorant tout (il est à peine mentionné dans les biographies de l'écrivain) de celui qui fut le dédicataire d'Isabelle. On verra vivre ici une amitié, d'abord tendre et passionnée, puis orageuse et subissant de violentes ruptures, mais perdurant jusqu'à la mort de Gide. Outre son intérêt documentaire et biographique, cet ensemble de lettres, où chacun lit, explique et commente les oeuvres de l'autre, est surtout précieux d'un point de vue purement littéraire : sur les Nourritures de Gide, sur Le Mauvais-Riche de Ruyters, sur l'art de la traduction (à propos du Typhon de Conrad traduit par Gide), sur de multiples questions de grammaire et de morale..., on découvrira ici nombre de lettres passionnantes, dont la lecture est indispensable pour la connaissance de Gide et de l'histoire littéraire de son temps.L'édition de cette correspondance est due à la collaboration de Claude Martin, auteur de nombreux ouvrages sur Gide (en particulier sur sa correspondance), et d'un des meilleurs connaisseurs de la littérature belge de l'époque, Victor Martin-Schmets, éditeur des Oeuvres complètes d'André Ruyters ; Pierre Masson, auteur d'une étude publiée naguère aux PUL (André Gide, voyage et écriture, 1983) s'est joint à eux pour la présentation de ce monument épistolaire.
Voici, jusqu'ici entièrement inédite, une des correspondances les plus importantes d'André Gide, tant par le nombre des lettres échangées (près de 600, sur plus d'un demi-siècle) que par la diversité des intérêts qui lièrent l'auteur des Nourritures terrestres, dès 1895, avec André Ruyters, écrivain belge précoce (il a alors dix-neuf ans) et original, qui sera avec lui l'un des six "pères fondateurs" de La Nouvelle Revue Française (dont il fut le gérant jusqu'à la guerre de 1914).Cette correspondance fera sortir de l'ombre où elle était restée la figure, singulière et attachante, d'un des plus proches amis de Gide, dont tous les lecteurs de celui-ci connaissaient le nom, mais en ignorant tout (il est à peine mentionné dans les biographies de l'écrivain) de celui qui fut le dédicataire d'Isabelle. On verra vivre ici une amitié, d'abord tendre et passionnée, puis orageuse et subissant de violentes ruptures, mais perdurant jusqu'à la mort de Gide. Outre son intérêt documentaire et biographique, cet ensemble de lettres, où chacun lit, explique et commente les oeuvres de l'autre, est surtout précieux d'un point de vue purement littéraire : sur les Nourritures de Gide, sur Le Mauvais-Riche de Ruyters, sur l'art de la traduction (à propos du Typhon de Conrad traduit par Gide), sur de multiples questions de grammaire et de morale..., on découvrira ici nombre de lettres passionnantes, dont la lecture est indispensable pour la connaissance de Gide et de l'histoire littéraire de son temps.L'édition de cette correspondance est due à la collaboration de Claude Martin, auteur de nombreux ouvrages sur Gide (en particulier sur sa correspondance), et d'un des meilleurs connaisseurs de la littérature belge de l'époque, Victor Martin-Schmets, éditeur des Oeuvres complètes d'André Ruyters ; Pierre Masson, auteur d'une étude publiée naguère aux PUL (André Gide, voyage et écriture, 1983) s'est joint à eux pour la présentation de ce monument épistolaire.
Ce premier roman, inspiré de faits réels, plonge le lecteur dans l'histoire d'une vengeance, celle d'un fils, atteint de schizophrénie, prêt à tout pour détruire sa famille. Un redoutable drame en huis clos. Que fait-on lorsqu'on a hérité d'un « paquet de génétique avariée », d'une tête pourrie au « sous-gène » de la psychose ? Faut-il mettre ses parents au tribunal ? Faut-il se maudire ou accepter sans mot dire la condamnation sociale et générale pour « péché de différence » ? Diagnostiqué schizophrène, Manuel s'y refuse et promet d'avoir sa revanche : il sèmera tant qu'il en aura la force la discorde et transformera son foyer et celui des autres en un « âtre de guerre ».