Anne Peyrouse
Anne Peyrouse
Entre deuil et poésie, Anne Hébert, si tu veillais ma tristesse tisse le récit bouleversant d’une fille confrontée à la disparition brutale de sa mère, guidée par l’ombre tutélaire d’Anne Hébert.
Un récit autobiographique éclaté et hybride aux frontières de l'autofiction Tout commence par un appel téléphonique et une invitation à aller voir un père mourant. Dans la chambre d'hôpital s'enclenche la mémoire et l'autrice revit la violence et les insultes du paternel. Elle le décrit dans tous ses désastres. Des situations troublantes sont révélées ; des coups et des abus détruisent toute la famille, et même le chien remonte du sous-sol l'arrière-train affaissé, la colonne vertébrale tordue. Dans ce récit sans compromis ni demi-mots, l'autrice dévoile tous ses traumatismes, de l'enfance à l'âge adulte. Ceux qui l'ont hantée, mais aussi ceux qui l'ont créée ou définie. Elle montre ses combats et ses hésitations. Que fait-on d'un père mort dont on ne veut plus ?
Autant de relations et d'invitations que d'évitements, autant d'interactions et de sourires posés sur les autres que de haines et de coups de poing. Autant de lourds quotidiens et d'évanescences, autant de vérités et mensonges que portent les personnages d'Anne Peyrouse. Dans encore temps de rebrousser chemin, des destins se jouent. Et ils se jouent souvent à deux, dans un désir de renouveler l'image du couple : père/fille, frère/soeur, amoureux/amoureuse, voyageuse et celle qui ne partira pas... Assassin/victime; maître/chien. Ces destins s'accompagnent aussi de littérature et de mots, de livres et de chansons, d'Hébert et de Dostoïevski, un peu partout dans la fiction comme des leitmotivs pour vivre mieux ou pour réagir contre.