Annick Le guen
Annick Le guen
Cet ouvrage collectif sur l'angoisse est un bilan de l'évolution théorique et clinique du concept chez Freud puis chez M. Klein et sur le devenir des pistes ouvertes par Freud : le développement de l'angoisse chez l'enfant et l'adolescent, ses rapports aux clivages, sa reprise avec les névroses actuelles dans la pathologie psychosomatique, en tenant compte de l'évolution des relations entre psychanalyse et psychiatrie.
Freud a fondé la psychanalyse comme méthode scientifique, nous léguant la lourde tâche de la reconnaître, de l'explorer, voire - selon son voeu exprès - de la compléter. Ce livre, en référant la pratique, n'entend surtout pas en séparer la théorie ; c'est, au contraire, leurs rapports nécessaires qu'il fait travailler, privilégiant ici l'approche par la pratique de la cure (celles de Freud et celles de l'auteur), comme sera adoptée, dans le volume 2, celle par la théorie de la méthode. Dans cette entreprise, le « fil rouge » tient à la dialectique implicite chez Freud ; plus particulièrement les représentations du couple d'opposés de l'étayage/après-coup (tel qu'il fut ébauché, proposé dès l'OEdipe originaire) : la psychanalyse apparaît comme réalisation de l'histoire. Un autre constat nous contraint : la reconnaissance, jusque dans la pratique la plus courante, des rapports latents de la psychanalyse au socius, que ce soient les pré-jugés de l'idéologie ou les homologies fécondes d'autres disciplines. Peut-être est-il temps d'en tirer quelques conséquences...
Les troubles de la sexualité eurent un rôle privilégié dans l'invention freudienne ; ils se retrouvent encore souvent parmi les symptômes mis en avant par ceux qui consultent les psychanalystes. Même s'ils ne sont plus considérés comme la meilleure indication de la cure analytique, ils n'en fournissent pas moins des thèmes privilégiés aux associations qui s'y déploient. C'est ainsi que l'expérience analytique peut conforter l'importance de la psychosexualité et de ses avatars. Cette monographie n'est ni une nouvelle compilation, ni un recensement exhaustif et descriptif de ces troubles ; elle entend traiter d'une problématique essentielle, située au coeur de la réalité physique et psychique de l'humain.
L'hystérique a toujours fasciné, repoussé, intrigué et scandalisé, tant par les excès de ses figures sexuelles et érotiques que par « sa belle indifférence ». On l'a cru possédé et il fut associé, au cours des âges, à des figures maléfiques. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle qu'il fut considéré comme malade et surtout, avec Freud, malade de « réminiscences » de séductions exercées dès son plus jeune âge. Si, depuis Freud, l'hystérie n'est pluss réservée aux femmes mais appartient également aux hommes, c'est qu'il découvrit que dans tout développement psycho-sexuel « normal », l'hystérie est « obligatoire » en tant que névrose infantile structurante. Là où cette névrose fait défaut, se découvrent des tableaux de psychoses ou de grandes pathologies mentales. Devrait-on dire : là où manque la féminité ? Là où manque l'acceptation de la différence des sexes ? On sait que c'est à partir du noyau hytérique que la féminité, aussi bien celle des hommes que celle de femmes, fut étudiée et apparaît comme un roc. Nous devons beaucoup aux hystériques : c'est à partir d'eux que Freud inventa la psychanalyse.
La notion de castration présentait un sens assez précis dans les écrits de Freud : celui d'une menace, entendue ou fantasmée, d'ablation du pénis, l'angoisse ainsi éveillée jouant un rôle organisateur essentiel dans le développement et la résolution du drame oedipien. Mais si le petit garçon peut redouter un tel châtiment des motions pulsionnelles qui l'animent, qu'en est-il de la petite fille ? On n'a pas manqué de relever à cet égard les incertitudes, les obscurités, voire les contradictions de Freud. Les études sur la sexualité féminine, les apports de l'ethnologie, l'accent mis par certains auteurs sur la castration symbolique, etc., ont considérablement enrichi notre réflexion sur ces problèmes ; mais, élargissant considérablement le paysage, elles ne l'ont pas clarifié pour autant. Le présent volume se propose d'apporter des points de repère à qui tente de s'y orienter.
Cet ouvrage vise au moins dans un premier temps, à susciter une réflexion sur les pratiques théoriques des psychanalystes puis en retour à questionner les pratiques des théoriciens du "socius". Ce double travail devrait permettre d'avancer dans les réponses concernant la question : Pourquoi l'homme a construit la société et comment la société peut ensuite en venir à construire l'homme ? Ce livre devrait contribuer à resituer la part sociale de l'entreprise freudienne, à explorer la compréhension du social, tâche que s'est assignée la psychanalyse.