Annie Thébaud-mony
Annie Thébaud-mony
Cet ouvrage porte sur la régulation du système hospitalier français et vise à replacer les questions que pose cette régulation dans l'ensemble des théories économiques susceptibles d'en rendre compte. Plus précisément, cet ouvrage s'ouvre sur une analyse des politiques hospitalières antérieures à celle d'aujourd'hui où la régulation hospitalière relève à la fois d'une logique planificatrice et d'une logique marchande, sans réelle articulation. L'analyse des théories économiques sous-jacentes met en exergue un cheminement similaire. La régulation hospitalière d'inspiration néoclassique a été amendée par la théorie des marchés contestables, puis des contrats. L'organisation de l'hôpital est alors au centre des réflexions car elle constitue un mode de coordination et d'allocation des ressources alternatif au marché. Ces développements théoriques ont été à leur tour amendés par l'apport de l'analyse conventionnaliste et évolutionniste. L'hôpital est alors appréhendé comme, d'une part, un lieu d'émergence de « règles » collectives, répondant à une logique non marchande, et, d'autre part, un producteur de soins, qui mobilise et crée des savoirs et savoir-faire, selon une logique de création de ressources. Dans cette double perspective, l'analyse de la réforme de l'hospitalisation publique et privée est enrichissante. La régulation du secteur hospitalier intègre des éléments répondant à une logique de création de ressources tels que l'utilisation accrue du PMSI et l'accréditation des établissements de santé qui laissent espérer une recomposition de l'offre de soins basée sur la cohérence des compétences plutôt que sur un critère de performances financières.
Un document saisissant sur cet " angle mort " de la santé publique que sont les atteintes à la vie, à la santé et à la dignité dans le monde du travail.
Plusieurs scandales récents (amiante, pesticides, entre autres) ont dévoilé que des " savants ", travaillant pour des industriels, étaient impliqués dans une " stratégie du doute " quant aux risques et à leurs conséquences. Un climat de suspicion qui creuse le fossé entre chercheurs et citoyens. Chacun est alors confronté à ces questions essentielles, s'agissant de la vie, de la mort, de la santé : qui croire ? À qui profite la science ? Un réquisitoire engagé d'Annie Thébaud-Mony.
Depuis les années 1990, les conditions de travail se sont progressivement imposées dans le débat social et l'on a pu observer de réelles avancées. Néanmoins, la situation reste critique. Ce livre dégage les pistes d'action qui en découlent, en prenant en compte des expériences conduites dans de nombreux pays. Mobilisant une équipe internationale de spécialistes, ce livre entend constituer un outil pratique et militant pour élargir les débats sur l'avenir de la prévention.