Antoine Rebérioux
Antoine Rebérioux
Dans le sillage de Enron, Worldcom et Parmalat, les scandales entourant la gestion de grandes sociétés cotées se sont succédé depuis le début des années 2000. Pour l'écrasante majorité des commentateurs, il s'agit là d'accidents isolés, certes fâcheux, mais ne pouvant remettre en cause les vertus d'un système dominé par la finance de marché. Pour Michel Aglietta et Antoine Rebérioux, ces scandales à répétition sont au contraire la marque des dérives de ce « capitalisme financier ». Les auteurs mettent en évidence les contradictions qui traversent ce régime de croissance. Pierre angulaire du capitalisme financier, le postulat selon lequel l'entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires est en même temps son talon d'Achille. Une vacuité du contrôle au sommet des grandes entreprises se solde par une instabilité chronique et une aggravation des inégalités. Surmonter ces contradictions par une avancée de la démocratie participative dans l'entreprise : plutôt que comme un objet de droits de propriété, celle-ci doit être gouvernée comme une institution, où s'élabore une finalité commune à l'ensemble de ses parties prenantes, telle est la proposition des auteurs de cet ouvrage.
Promu par les innovations managériales, le principe d'engagement trouve une issue logique dans la participation des salariés. La participation répond en outre à l'aspiration des salariés et de leurs représentants à intervenir sur l'organisation et les conditions de travail comme à discuter des questions d'emploi et de rémunération résultant des choix stratégiques de leur entreprise. Certains à discrétion des directions, d'autres obligatoires, les dispositifs de participation que recense et analyse cet ouvrage revêtent des formes très diverses : droits économiques du comité d'entreprise, négociation collective, représentation au conseil d'administration, intéressement aux bénéfices, etc. Comment tous ces canaux s'articulent-ils ? Comment contribuent-ils à l'amélioration des conditions de travail, à la transition écologique, à la responsabilité sociale des entreprises ? Que peut-on en attendre, en termes de compétitivité, pour l'économie ? Un tour d'horizon synthétique et critique, alors que la loi PACTE du 22 mai 2019 prescrit une plus grande participation des salariés au capital et aux décisions stratégiques des entreprises.