Atiq Rahimi
Atiq Rahimi
Roman récompensé par le Prix Goncourt 2025 et le Prix littéraire "Le Monde" 2025. En 1976, mon père a rouvert la maison qu'il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l'intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d'honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d'elles. Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J'ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre. Denis Podalydès s'empare avec un talent inimitable de cette saga familiale virtuose et captivante. © Les Éditions de Minuit, 2025 Couverture : Vilhelm Hammershoi, "Solstraler eller Solskin" / "Rayons de soleil ou soleil" © Akg-images
Roman récompensé par le Prix Goncourt 2025 et le Prix littéraire "Le Monde" 2025. En 1976, mon père a rouvert la maison qu'il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l'intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d'honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d'elles. Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J'ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre. Denis Podalydès s'empare avec un talent inimitable de cette saga familiale virtuose et captivante. © Les Éditions de Minuit, 2025 Couverture : Vilhelm Hammershoi, "Solstraler eller Solskin" / "Rayons de soleil ou soleil" © Akg-images
« Au bord du Gange, à Calcutta, sur le pont de Howrah, un cinéaste accablé par le désespoir songe à mettre fin à ses jours. Il est venu en Inde pour réaliser un film intitulé Kabuliwalla, inspiré de la célèbre nouvelle de Rabindranath Tagore (prix Nobel de littérature en 1913), Kabuliwalla, « l'homme de Kaboul ». L'histoire d'un réfugié afghan à Calcutta, vendeur de fruits secs. Mais le film n'a jamais vu le jour. Deux années de travail, de repérages, de rêves et de promesses se sont effondrées, emportées par les désaccords entre producteurs et par la mousson. À cet échec professionnel s'ajoutent une rupture amoureuse et la lassitude d'un exil trop long. Tout semble perdu, même sa famille qu'il a laissée en France. Au moment de se jeter dans le fleuve, le cinéaste distingue, sur un bateau, une silhouette. Il reconnaît Kabuliwalla lui-même, le personnage qu'il devait filmer, et qu'il n'a pas su incarner. Cette apparition, entre vie et mort, ouvre une faille dans le réel. Là, sur le seuil du suicide, le récit commence. L'auteur imagine - ou rêve - l'histoire de Rahmat, le personnage de la nouvelle de Tagore, exilé afghan venu en Inde pour retrouver l'âme de sa fille disparue. Peu à peu, les frontières s'effacent : Rahmat devient le double du narrateur. Tous deux en exil, en deuil, tous deux suspendus entre le passé et le présent, entre la réalité et la fiction. Ce que le film n'a pu montrer, l'écriture le prend en charge. Le personnage, né de la détresse, sauve le narrateur. Et le fleuve, d'abord perçu comme un tombeau, devient le lieu d'une renaissance. Le livre d'Atiq Rahimi n'est pas une simple adaptation du texte de Tagore, mais un bouleversant récit personnel, une méditation sur la création, l'échec et la réincarnation, et qui renoue avec le talent de conteur de l'auteur de Terre et cendres (P.O.L, 2000) ou Syngué sabour (prix Goncourt 2008). »
Plongez dans Kabuliwalla, c'est moi, le nouveau roman bouleversant d’Atiq Rahimi, où un cinéaste au bord du suicide rencontre son double afghan sur les rives du Gange.
Bien préparer le Bac. Comprendre les enjeux de la pièce et du parcours "Crise personnelle, crise familiale". 1 Histoire littéraire : Le théâtre contemporain, entre renouvellements de la scène et nouveaux langages dramatiques 2 Jean-Luc Lagarce et son temps 3 Entrer dans Juste la fin du monde 4 Les mots importants de Juste la fin du monde (dire ; abandon ; imaginer) 5 Trois textes phares (2 explications pour préparer l'oral ; 1 commentaire pour préparer l'écrit) 6 La grammaire 7 Groupement de textes : "Crise personnelle, crise familiale" Georges Feydeau, On purge bébé Jean Anouilh, Médée Jean Genet, Les Bonnes Ahmed Madani, Je marche dans la nuit par un chemin mauvais 8 Exercices d'appropriation 9 Vers l'examen: dissertation, lectures analytiques, questions de grammaire.
« Personne sur ce flanc de colline n'a fini le lycée. Par ici, on juge un homme sur ce qu'il fait, pas sur ce qu'il a dans la tête. Moi, je chasse pas, je pêche pas, je travaille pas. Les voisins disent que je réfléchis trop. Ils disent que je suis comme mon père, et maman a peur que peut-être ils aient raison. » Le Kentucky Straight est un bourbon pur. Chris Offutt raconte un Kentucky qui ne figure sur aucune carte. Des histoires de familles, d'hommes et de femmes âpres et dignes, à l'image de ce pays où on l'on apprend très jeune le sens du mot « survie ».
« Cela fait un an que je t'écris, que je m'écrie ton nom. Je dors avec toi, je me réveille à tes côtés, je partage avec toi mon petit déjeuner, ma salade de fruits, mon jus de grenade. Et je m'ébats avec toi. Je fantasme sur toi... C'est pourquoi je te parle, et je te tutoie, sans que tu me connaisses. » Dans cette fantaisie littéraire, Atiq Rahimi nous invite à suivre sa conversation imaginaire avec Mehstî, une des premières poétesses en persan classique. D'elle, on sait peu de chose. Certains doutent même de son existence. Restent ses vers, crus, souvent ironiques, volontiers provocateurs, que traduit Atiq Rahimi avec une jubilation communicative. Mêlant érotisme et politique, célébrant les gens ordinaires plutôt que les puissants, ils sont le reflet d'une femme audacieuse, insolente, gracieuse, qui ne se présente jamais comme un objet de désir mais bien plutôt comme le sujet de son désir. Figure féministe avant l'heure, Mehstî fascine par sa modernité et sa liberté. Avec elle, ce sont toutes les femmes qu'Atiq Rahimi convoque, d'hier et d'aujourd'hui.
Confinés séparément en 2020, le père et la fille se sont écrits. Leur correspondance s'engage dans le récit d'une famille bouleversée par la politique, l'exil et l'art. @tiq Alice, Tous ces mots pour te dire - avec le dessein de justifier mes maladresses envers toi et ton frère -, que nous, tes parents, sommes venus ici en France avec les codes et les normes de notre culture d'origine ; et vous, les enfants, vous êtes nés ici, vous avez grandi ici, avec les repères d'ici. Comment nous rapprocher ? @lice Mon père, mon ami, Je porte vos angoisses et vos souffrances comme tu portes celles de tes parents. Mais serai-je capable de me débarrasser des angoisses de mes aïeux pour ne garder que les miennes ? Celles qui rempliront déjà lourdement le sac de mes enfants, les rendant bossus bien trop tôt. Parce que je ne peux pas guérir mes ancêtres, Bâba !
Il faut nommer l'horreur, sinon elle reviendra. Elle reviendra sous le nom qu'elle voudra, sous le masque qui l'enchantera. À l'occasion d'un tournage au Rwanda, Atiq Rahimi a tenu des carnets de travail, avec dessins et croquis, des notes prises sur le vif qui lui ont inspiré ce conte sur l'horreur du génocide. Une expérience qui entre puissamment en résonance avec sa propre histoire.
11 mars 2001 : les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan. Le même jour basculent la vie d'un porteur d'eau à Kaboul et la vie d'un exilé afghan entre Paris et Amsterdam.
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l'Union soviétique. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons... C'est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n'être pas entendu.
syngué sabour, n.f. (du perse syngue «pierre», et sabour «patiente»). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.
Un prince est debout, insouciant, tenant une coupe à la main. Derrière lui, sur un lit, gît un corps poignardé. Deux musiciens, dans un coin de la pièce, jouent du luth et de la guimbarde. À l'extérieur, derrière la porte, deux soldats montent la garde : l'un est armé d'une grande épée et d'un écu, l'autre d'un filet de rétiaire et d'une lance gigantesque. Ils sont tous calmes, sereins, sauf une femme, cachée derrière une jalousie ; elle a une expression bizarre, inquiète et en même temps persifleuse. Sans doute est-elle la seule à connaître le mystère de ce meurtre, et la menace qui vise le prince. Enfant, Raoul était attiré par cette miniature ancienne, et cela alors qu'il éprouvait en le contemplant un malaise indéfinissable, une sensation étrange. Chez ses grands-parents, il se postait devant cette peinture, inventait des histoires dans lesquelles il s'identifiait toujours au prince ; et il attribuait une voix à cette femme qui observait la scène, une voix qui susurrait tantôt avec inquiétude, tantôt avec ironie : «Bouge, Rassoul, bouge!»
" L'exil ne s'écrit pas. Il se vit. Alors j'ai pris le calame, ce fin roseau taillé en pointe dont je me servais enfant, et je me suis mis à tracer des lettres calligraphiées, implorant les mots de ma langue maternelle. Pour les sublimer, les vénérer. Pour qu'ils reviennent en moi. Pour qu'ils décrivent mon exil. " Ainsi a pris forme cette ballade intime, métissage de mots, de signes, de corps. Celui qui se dit " né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France " invente une langue puissante, singulière et libre. Une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d'enfance.
Ça se déroulait toujours de la même manière. Une voix appelait sur mon cellulaire, tard le soir ou tôt le matin. Elle demandait à me rencontrer en tête-à-tête. Et donnait la phrase rituelle : En souvenir d'André. Je me rendais à l'adresse indiquée et là, je rencontrais un homme, parfois seul, parfois avec une autre personne, de son âge ou plus jeune. On ne faisait pas de présentations. Ils connaissaient mon nom, ils m'avaient donné leur prénom. Lorsque le malade souffrait trop, l'autre personne était là pour m'expliquer. Je l'arrêtais très vite. Je vais d'abord m'occuper de la douleur.
Que se passe-t-il dans votre tète, à vous Français ? Vous semblez perdus, déboussolés, frustrés aussi, alors que rien ne vous manque !" Redoutable interrogation d'une interprète de Shanghai au publicitaire Vincent Leclabart ! Les trente dernières années ont certes été marquées par plusieurs crises économiques bien identifiées ; mais un bouleversement majeur, survenu au tournant du millénaire est, lui, passé inaperçu. Fatigués de subir les messages dédaigneux et paresseux des hommes politiques et des publicitaires, les citoyens-consommateurs se sont révoltés. Emancipés et mieux informés, ils refusent désormais d'acheter du vent. A travers la correspondance de ce professionnel lucide avec une jeune Chinoise qui s'interroge sur la France, les évolutions économiques, les interventions politiques, les modes et les tendances, les utopies et les attentes de l'opinion, des années 1980 à nos jours, défilent et se donnent à comprendre, expliquant la "satiété" de consommation dans laquelle nous nous trouvons finalement aujourd'hui.".
En persan 'mille maisons' désigne le labyrinthe, cette étendue où issue et impasse se confondent ; le temps s'arrête, l'obscurité et la terreur s'installent. Et la moindre tache blanche évoque le soleil. Au temps des dictatures, Kaboul et l'Afghanistan tout entier n'étaient-ils pas cette étendue, ce labyrinthe? Cinq personnages pris dans la nasse essaient d'échapper à la terreur par l'ivresse ou la folie, par la mort, par l'amour.