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Nos rayons et sélections

Aurélie Leroy

Aurélie Leroy

6 livres
Couverture ebook de Les déchets du monde : envers du décor, de Aurélie Leroy
Syllepse | 1 janvier 2026

Les mots façonnent nos perceptions. «Déchet» n'échappe pas à cette règle. Dans son sens premier, il désigne ce qui est tombé en dehors, ce qui n'a plus de place, ce qui doit être mis de côté. Cette étymologie en dit long sur notre rapport à ces objets devenus indésirables. Le déchet, c'est l'inutile, l'invisible, l'indigne. Celui qu'on rejette, qu'on exile hors de notre champ visuel pour retrouver la propreté rassurante de nos espaces de vie. Cette vision dominante organise tout un système, celui de la consommation moderne. Elle nourrit un récit où le gaspillage et la pollution seraient les effets collatéraux «naturels» du progrès, et où la solution technique incarnée par le recyclage industriel ou la valorisation énergétique viendrait refermer la boucle. Cette logique est rassurante, mais elle est trompeuse. Elle éclipse les questions fondamentales: qui produit les déchets? Qui en paie le prix? Qui profite de leur gestion? Elle occulte les asymétries entre pays riches et pays pauvres, entre centres de pouvoir et périphéries sacrifiées, entre consommateurs privilégiés et travailleurs précarisés. Elle passe sous silence la réalité économique: la transformation des déchets en marché, l'exploitation des ressources résiduelles, la course au rendement orchestrée par le capital financier sur l'ensemble des circuits mondiaux des détritus. Réfléchir aux déchets, ce n'est donc pas se limiter à une question technique ou logistique comment les collecter, les trier, les valoriser. C'est interroger les fondements mêmes de notre modèle économique: son obsession de la croissance, son extractivisme destructeur, ses logiques néocoloniales qui déplacent la pollution des uns vers les autres. C'est comprendre que nos «restes» ne disparaissent jamais vraiment. Ils voyagent. Ils circulent. Ils redessinent les cartes du monde en silence, en créant des zones sacrifiées où s'entassent nos rebuts et, avec eux, les stigmates de nos choix collectifs.

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Couverture ebook de Dissidences dans la «nouvelle» Inde, de Collectif, Aurélie Leroy
Syllepse | 8 septembre 2024

Selon sa Constitution, l'Inde est toujours une république socialiste, laïque et démocratique. Force est de constater cependant que la «nouvelle» Inde s'est écartée des idéaux d'antan. En lieu et place du socialisme, un capitalisme de copinage résultant de la collusion entre conglomérats et dirigeants politiques a acculé le pays dans une croissance sans emploi, aux coûts socio-économiques et environnementaux exorbitants. Exit les valeurs d'égalité et de diversité, bafouées par un extrémisme religieux haineux qui assimile la nation et l'identité indiennes à la seule majorité hindoue. Quant à la démocratie, elle est à la dérive. Ses institutions sont mises sous pression, les pouvoirs concentrés, les oppositions muselées. La direction du pays est passée maître dans l'art du parler démocratique et de l'agir autocratique. Dans ce climat hostile, où anxiété économique et frénésie identitaire se renforcent mutuellement, des contestations s'élèvent. Agriculteur·trices et travailleur·euses font plier le gouvernement sur les réformes agraires. Des minorités musulmanes persécutées, au Cachemire ou à Delhi, s'insurgent contre leur invisibilisation. Des groupes dalits et adivasis résistent aux dépossessions, à la militarisation et à la colonisation de leurs terres. Et des femmes défendent leurs droits dans un pays aux structures patriarcales ancrées. Néanmoins, ces luttes sont prises à partie par les milices extrémistes hindoues au service du pouvoir, qui prolifèrent et traquent les «antinationaux» et les voix dissidentes.

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Couverture ebook de De l'usage du genre, de Aurélie Leroy
Syllepse | 13 juin 2018

Affirmons-le d'emblée, le genre n'est pas un concept éthéré, délié des contextes de son émergence ou de son importation. Il est ouvertement politique, pour le meilleur et quelque fois pour le pire. Conçu comme un outil d'analyse critique, il a dénaturalisé et révélé le caractère socialement construit de l'ordre traditionnel des sexes, ouvrant de nouvelles voies aux luttes des femmes. Le succès de la notion a néanmoins un prix, celui de sa reprise par des acteurs dominants, dont beaucoup l'ont réduite à un outil technocratique de gestion et plus encore, de contrôle social et de pouvoir. Le recours aux droits des femmes, devenu emblème de la modernité démocratique, a ainsi servi de caution morale à l'entreprise coloniale, aux guerres « humanitaires » et au racisme institutionnel. Il est un des discours légitimateurs de la mondialisation néolibérale. Les usages « impérialistes » du genre, tout comme son instrumentalisation pour masquer d'autres enjeux, ou encore sa politisation réactionnaire témoignent de l'ambiguïté de l'expression. Tantôt au service d'un «communautarisme majoritaire», tantôt d'une élite soucieuse de ses intérêts et privilèges. Pour inverser la tendance et rendre au genre sa force politique originale, des espaces de mobilisation se réinventent. L'«intersectionnalité» des luttes, en cherchant à aborder de manière égalitaire et imbriquée, critique et dynamique, les rapports sociaux de classe, de race et de sexe, offre de nouvelles perspectives et rend possible de nouvelles alliances.

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Couverture ebook de Migrations en tout «genre», de Aurélie Leroy
Syllepse | 15 mars 2023

Les femmes ont toujours migré, de longue date et en nombre, mais leur mobilité a longtemps été occultée par celle d'un référent masculin considéré neutre et universel. Selon une perspective étroitement économique, l'homme migrant, pourvoyeur de revenus, apparaît comme l'acteur principal de ces flux, tandis que la femme migrante, dépendante, campe dans des rôles sociaux secondaires de mère et d'épouse ou incarne la figure passive de victime. Ces dernières décennies, la mise en visibilité du genre dans les théories des migrations et des femmes immigrées dans un champ féministe longtemps centré sur la femme occidentale a permis de déconstruire des catégories englobantes et des tendances faussement universelles, contribuant à complexifier l'approche des réalités migratoires et à cerner les effets réciproques des dynamiques de mobilité et de genre. Dans les pays à hauts revenus d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie et du Golfe persique, la «féminisation de la migration» fait généralement écho à la proportion croissante de migrantes internationales devenues pionnières de chaînes migratoires. Plus fondamentalement, cette expression renvoie, dans un contexte d'austérité néolibérale, à une division sexuelle et racisée du travail et à des schémas inégalitaires qui - redéployés du Sud au Nord ou à l'intérieur des Suds - exposent une majorité de femmes migrantes à la violence, aux réseaux informels et à l'exploitation, dans les métiers du care, le travail domestique ou les services sexuels.

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Couverture ebook de Asie: des pouvoirs et des luttes, de Aurélie Leroy
Syllepse | 8 janvier 2020

Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de «troisième vague de démocratisation». Les sociétés civiles, plus encore que les États, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité. Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement. Une majorité de pays du continent sont en «récession démocratique». Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques. Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes. Là où il y a domination, il y a résistance. Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources. Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent. Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'État militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en ­Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes. Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.

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Couverture ebook de Violences de genre et résistances, de Aurélie Leroy
Syllepse | 12 septembre 2021

Dans l'imaginaire collectif, les violences de genre - au même titre que la pauvreté - sont souvent considérées avec fatalisme. Phénomène social banalisé, elles renvoient à l'ordre «naturel» des choses, réduites au seul fait d'«hommes violents». De la sorte, on oublie l'essentiel. Féminicides, viols, harcèlements ne résultent pas seulement de comportements isolés ou «déviants» ils témoignent de ressorts patriarcaux profonds et indiquent une même représentation de l'infériorité des femmes. Ces agissements s'inscrivent dans un continuum de violences qui se déploie à toutes les étapes de la vie, dans les espaces privés ou publics et sous de multiples formes - physiques, symboliques, institutionnelles... -, afin de conforter l'emprise masculine. La violence patriarcale a ses propres spécificités, mais pour l'aborder dans sa complexité, elle doit être articulée à d'autres structures de domination telles que le mode de production capitaliste - particulièrement abusif pour les femmes - et la matrice coloniale, qui exerce des effets concrets et durables sur les territoires et les corps - principalement ceux des travailleuses pauvres racisées. Dans un climat délétère pour les droits des femmes - crise sanitaire et économique, campagnes antigenre, offensives réactionnaires -, un renouveau féministe s'est affirmé ces dernières années, à partir de l'Amérique latine, autour de l'enjeu central de la violence. Et s'est amplifié, en Asie et en Afrique, par son articulation avec d'autres luttes sociales et politiques.

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