Benoit Cote
Benoit Cote
Kirkouk, dans le nord de l'Irak, est l'une des provinces les plus touchées par la violence politique. Les conflits s'y superposent depuis plusieurs décennies : mobilisations sociales, guerre entre partis kurdes et État central, lutte d'influence entre les puissances régionales, insurrection arabe sunnite et montée en puissance des milices chiites. Kirkouk constitue donc un point d'observation privilégié des dynamiques politiques qui travaillent la société irakienne. En particulier, les partis - ethno-nationalistes ou religieux - sont à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques, qui restent l'enjeu majeur des affrontements. Ils mettent en oeuvre des politiques d'ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. La guerre contre l' État islamique, à partir de juin 2014, radicalisera leurs projets et conduira, paradoxalement, à un retour de l'État par le biais des milices chiites. Fruit de plusieurs années de recherche sur le terrain, ce livre dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd'hui à prévaloir. Il apporte ainsi une contribution originale au débat sur le rôle de la guerre dans la formation de l'État.
Aux XIe-XIIe siècles, des populations venues du nord des Pyrénées s'installent en péninsule Ibérique. La vallée de l'Èbre devient une terre d'accueil privilégiée pour ces femmes et ces hommes désignés sous le nom de francos par l'historiographie et dans les sources. Au regard de ces dernières, le terme définit aussi bien la personne libre que celle issue d'au-delà de la chaîne pyrénéenne. Dans ce second sens, il désigne des guerriers venus combattre contre les musulmans dans le cadre de la Reconquista, comme des artisans et des marchands qui participent au dynamisme des villes du royaume d'Aragon et de Pampelune. Il se rapporte enfin à des clercs qui participent à l'implantation de la Réforme grégorienne dans des Églises jusqu'alors restées fidèles aux usages locaux. Alexandre Giunta révise dans cet ouvrage la totalité du dossier documentaire, mettant en lumière plusieurs textes encore négligés et surtout apportant à sa relecture le produit des travaux les plus récents de sociologues et d'anthropologues intéressés par les questions migratoires. Il s'agit d'une contribution de premier plan, non seulement à l'histoire médiévale de la péninsule Ibérique mais plus largement aux études sur les mouvements de populations au Moyen Âge.
Le protagoniste de ce roman se nomme Benoît Côté. Il est banquier, courtier grade 2, coordonnateur des clients intermédiaires en Europe de l'Est, surtout en Russie, à la HSBCQ. Il est l'exemple parfait de ces Québécois quarantenaires, affairistes, ambitieux, hédonistes, comme il y en a tant depuis que la nouvelle république est devenue un paradis fiscal. C'est entre deux red-eyes Montréal-Saint-Pétersbourg qu'il rencontre par hasard Mathieu Rancourt, un compagnon de ses années d'études qu'il n'avait pas revu depuis. Mathieu est président d'une confidentielle Société d'histoire du Québec et, à deux ans du vingt-cinquième anniversaire de la victoire du Oui au référendum de 1995, il fait à Benoît une proposition étonnante, invitant celui-ci à écrire, pour la feuille de chou de sa société, un texte autour de la question suivante : que serait devenu le Québec si, par un accident de l'histoire tout à fait improbable, le Non l'avait emporté en 1995? Benoît osera-t-il accepter? Une telle entreprise ne risquerait-elle pas de faire ressurgir des souvenirs qu'il préférerait oublier? Il finira par se laisser convaincre et se lancera dans une vaste enquête qui l'amènera à interroger tout un éventail de personnalités, allant de Jean Chrétien à Richard Desjardins, acteurs ou témoins du grand tournant qu'a marqué l'avènement à la souveraineté. À partir de cette prémisse, Benoît Côté construit une uchronie pleine d'extravagance sur un Québec indépendant. Encore une fois, avec un pied dans « la grande histoire » et l'autre dans la fiction, il nous donne un roman doux-amer, couché dans une langue toujours proche du vernaculaire, où la poésie affleure au milieu d'un humour un rien déjanté. Et si cette histoire du Québec devenu pays n'était qu'un prétexte pour un examen en profondeur de notre fidélité envers nos idéaux, nos projets de vie, nos engagements? À quel point l'héritage reçu de nos ancêtres fait-il de nous ce que nous sommes? À quel point y tenons-nous?