Benoît Michel
Benoît Michel
Nom : Merle. Profession : Commissaire. Signe particulier : impénétrable. Merle se remet très difficilement de la mort de son épouse, Muguette. Mais les affaires continuent et il se plonge dedans pour noyer sa tristesse. Deux jeunes femmes sont retrouvées mortes : une enquête est confiée à Merle, l'autre à un jeune bleu. Toutefois, Merle sent rapidement que quelque chose cloche : avec son expérience et sa connaissance du genre humain, il est le seul à pouvoir résoudre ces deux affaires...
Le printemps était en retard sur la côte d'Albâtre et l'hiver n'en finissait pas de demander du rab. Simon regarda sa montre. L'aiguille tapait 10h20. Cela faisait six minutes et douze secondes que Marcel le Brestois et Joe le Nantais avaient franchi la porte de l'établissement bancaire et rien ne se passait. Pas un bruit suspect, pas un client n'était entré et pas un n'en était sorti bien sûr... Le silence, le vrai, le pesant... à vous donner des frissons dans le dos. Six minutes et douze secondes ! C'est fou comme la petite aiguille d'une montre peut angoisser le quidam dans des moments pareils. Dans quelques instants, le tour serait joué et la destinée basculerait pour ceux qui sortiraient tranquillement de la banque avec des sacs de biffetons à en faire baver une armée d'escargots...
L'ancien est inquiet. Devoir donner la Terre à tant de gens si différents de lui le laisse désemparé. Chef de la Brousse, intermédiaire entre Dieu et les hommes, il répond de la survie de tous : « Ils arrivent du Yatenga et de Ouagadougou. Ils viennent de plus en plus nombreux au pays des Bobo. Ils veulent gagner du mil chez nous... Celui qui vient emmène son poulet et on l'égorge sur les fétiches avant de lui donner la place, et je n'ai jamais refusé une place à un Mossi. Si nous faisons ces sacrifices c'est pour protéger notre Brousse contre le Mal... Eux, quand la Brousse sera finie, ils iront ailleurs. Tous ! Mais nous, les villageois, nous serons obligés de rester et nous serons les seules victimes. Eux, ce sont des oiseaux ! Des oiseaux de mil ! »