Bernard Clesca
Bernard Clesca
Un frère disparu, une mer infinie, et le dialogue impossible qui renaît sous la plume de Bernard Clesca. Il regardait la mer est un texte rare, où la douleur se mêle à la poésie pour recréer ce qui ne peut plus être dit.
Une vieille dame à sa fenêtre derrière ses rideaux beiges, au cinquième étage d'un immeuble bourgeois.De l'autre côté de la rue - en face exactement - un jeune homme assis à sa table de travail la regarde vivre. Il la voit et l'imagine dans ses occupations quotidiennes, jusqu'à un certain soir, très tard, où il devine le malaise qui la prend soudain. Il va la secourir.Claire, quatre-vingts ans et Didier, vingt ans, se revoient, se racontent. Claire parle de Pierre, son fiancé mort depuis si longtemps, Didier évoque la Méditerranée, qu'il rêve de connaître, et l'aventure. Peu à peu, ou très vite, le sentiment naît et grandit entre eux, qui s'étonnent faiblement. Claire offre à Didier ce séjour au bord de la mer. Plus tard, sur une île au soleil, Didier apprendra la mort de celle qui était restée dans la ville, à l'attendre. Il la rejoindra brutalement pour d'ultimes épousailles, entraînant avec lui une jeune femme de rencontre.Cette histoire n'est pas triste, c'est une histoire d'amour. L'âge n'a pas d'importance du côté d'Harold et Maude. Un livre frémissant et pudique à la fois, qui nous mène, par sa discrétion même, à l'essentiel. La fête n'est pas un vain mot.
Un homme encore jeune parcourt, seul, le Champ de Mars. Il cherche, semble-t-il, à s'identifier à un vieil aulne : l'arbre immobile et vibrant, symbolise, pour lui, la vie inépuisable. Et lui rappelle la sienne.Les jours passent. Chaque soir l'homme revient. L'heure où le silence et la solitude s'installent est propice à l'évocation du passé. Les images de sa jeunesse africaine glissent, se délient, se concilient. Et surgit la lumière persistante des étés révolus. Réapparaissent Marrakech, Barcelone, Ancône, Athènes. Paris également : un Paris où il se voit en marge, indifférent comme cet aulne de soixante-huit ans environ, figé et pourtant frémissant, complice de la vie qui dure.Avec ces images qui échappent à l'oubli et se juxtaposent, l'homme pourra enfin s'enraciner dans sa propre existence.