Bernard Legras
Bernard Legras
L'histoire de Cléopâtre VII, reine grecque et pharaon féminin, repose essentiellement, depuis l'Antiquité, sur des sources littéraires qui la présentent sous un jour négatif, comme une « Égyptienne », ce qui la dévalorisait à la fois comme « barbare » et comme femme. Ce discours idéologique qui reproduisait la propagande du vainqueur, Octavien-Auguste, doit être confronté aux documents historiques issus de l'Égypte de Cléopâtre : papyrus, inscriptions, sources archéologiques et iconographiques. La publication de ces sources s'est en effet accélérée depuis le début du XXIe siècle, tant par des découvertes faites dans les collections des musées et des instituts de papyrologie que par les progrès de l'archéologie alexandrine grâce aux fouilles subaquatiques. Une Cléopâtre plus authentique naît de l'étude de ces documents, une reine, qui s'affirmait comme une femme d'État. Elle se définissait comme grecque et égyptienne, une double identité acceptée par ses sujets. Sa volonté fut de redonner à son royaume la puissance qu'il avait au début de l'ère hellénistique, en liant totalement son destin aux atouts que lui donnaient le contrôle de l'Égypte, et en nouant de subtiles alliances avec Rome.
La maîtrise des sources, le pompage des lacs et rivières ou l'élargissement de la distribution relèvent d'un pan méconnu de l'histoire de la Suisse et de ses villes. Les municipalités, pour créer leur réseau d'eau, l'étendre et s'assurer des revenus confortables, ont agi en concurrence, parfois épique, avec les entreprises privées et l'Etat. De petits empires de l'eau se sont constitués à Genève, Lausanne, Bâle, Berne, Zurich, ailleurs encore, avec votes et rebondissements. Ces problèmes, très actuels dans toute l'Europe, ont pour enjeux le pouvoir politique sous la poussée de l'urbanisation, le commerce, la technique, les investissements, la santé, l'environnement. Comment notre eau quotidienne coulera-t-elle demain?
L'étude taxonomique des coléoptères Chironidae de Madagascar est présentée et illustrée. Les principaux travaux sur la famille et des hypothèses sur l'origine historique et biogéographique des espèces malgaches sont proposés. Les dernières révisions ont conduit à scinder le genre éponyme Chiron Mac Leay, 1819 et à proposer deux genres et un sous-genre nouveaux : Amphiceratodon Huchet, 2000, Theotimius (Theotimius) Huchet, 2000 et Theotimius (Amaecylius) Huchet, 2000. La larve du genre Chiron est décrite et illustrée. Une clé de détermination des sous-genres et des espèces, illustrée et bilingue, est présentée, ainsi que des cartes de répartition géographique de ces taxa.
S'appuyant sur la documentation papyrologique grecque, l'épigraphie et les sources littéraires, cette étude présente la conquête d'Alexandre (332 av. n.è.) jusqu'à l'édit de Caracalla (212) qui donna la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire romain. Elle s'intéresse à la vie des hommes et femmes dans l'Egypte grecque dans une double perspective anthropologique et juridique.
L'ère hellénistique qui vit le monde grec s'étendre sur une grande partie de la « terre habitée » offre un cadre exceptionnel pour l'étude de la théorie des transferts culturels. Ce livre issu d'une journée d'études en Sorbonne rassemblant des historiens de l'antiquité a pour ambition d'éprouver la pertinence de ce concept encore jeune. Il place le politique au coeur de sa réflexion, car celui-ci permet d'ouvrir la discussion sur des univers qui lui sont indissolublement liés, en particulier le monde institutionnel, le monde juridique et le monde religieux qu'il soit polythéiste païen ou monothéiste juif. La période hellénistique pose de fait une problématique triangulaire, favorable à l'étude du jeu des transferts entre trois pôles : le pouvoir royal des souverains hellénistiques, les cités grecques, anciennes et nouvelles, et les pouvoirs non grecs, qu'il s'agisse des diverses communautés « indigènes », y compris les temples et les sanctuaires, ou bien encore des Romains, tous variablement récepteurs, vecteurs ou bien émetteurs d'éléments culturels, matériels ou immatériels, façonnant leurs propres identités. Il s'est agi de faire le point sur des dossiers importants en associant des synthèses et des exemples précis mettant en scène la problématique dégagée : « le politique et les institutions », « le politique et le droit », « le politique et la religion ». Cette rencontre scientifique, qui s'est voulue dialectique, n'a cependant nullement épuisé la perspective dégagée par les six enquêtes réunies en ce volume : contribuer au débat historique actuel en revisitant avec un regard aussi neuf que possible des phénomènes de réception réciproque qui fondent l'hellénisme.
Le champion du monde 1998 livre sa vision du foot. Et ça décape !
La conquête de l'Égypte par Alexandre le Grand en 332 avant notre ère, puis la victoire d'Octave sur Cléopâtre VII en 31 avant notre ère ont fait entrer l'Égypte dans des mondes nouveaux : le monde hellénistique, puis le monde romain. Par deux fois, ce pays dont la civilisation est pluriséculaire, va vivre une transition institutionnelle, socio-économique et culturelle avec l'arrivée de nouveaux souverains : les Ptolémées, des Macédoniens venus de Grèce du Nord, puis les empereurs de Rome.La donnée fondamentale est la mutation de la société égyptienne en une société multiculturelle. Désormais, Grecs, Égyptiens, puis Grecs, Égyptiens et Romains cohabitent sur un même territoire. Des langues, des traditions, des moeurs, des mondes religieux d'essence différente, sont contraints de se côtoyer. L'un des enjeux du travail des historiens est de déterminer la forme que prend cette rencontre entre des hommes et des femmes venus de civilisations différentes. S'agit-il d'une simple coexistence où se juxtaposent des cultures restées imperméables l'une à l'autre ? Ou bien assiste-t-on à une intégration plus ou moins poussée pouvant donner naissance à une civilisation mixte ou à de simples franges de compénétration ?Au sein d'une extraordinaire mosaïque culturelle, une vie d'une exceptionnelle richesse anime la mégapole qu'est Alexandrie, la nouvelle capitale du pays. Des figures remarquables y vivent leur destin : ainsi l'historien égyptien Manéthon, la reine grecque Cléopâtre ou le philosophe juif Philon.Bernard Legras est Professeur d'histoire grecque à l'Université de Reims. Il a publié Éducation et culture dans le monde grec, Paris, Sedes (1998, 2e éd. Armand Colin, 2002), Néotês. Recherches sur les jeunes Grecs dans l'Égypte ptolémaïque et romaine (Droz, 1999) et Lire en Égypte, d'Alexandre à l'Islam (Picard, 2002). Il a fait paraître en 2004, aux éditions Armand Colin, en collaboration avec Henri-Louis Fernoux et Jean-Baptiste Yon, Cités et royaumes de l'Orient méditerranéen, 323-55 av. J.-C. L'Égypte ptolémaïque : un royaume hellénistique. L'Égypte romaine : province d'un Empire mondial. Alexandrie : une mégapole antique. La population : les statuts juridiques et sociaux. Les institutions : le gouvernement et l'administration. Les cités grecques : institutions et vie politique. Le royaume des Ptolémées : la vie économique. L'Égypte romaine : la vie économique. L'Égypte grecque et romaine : un monde multiculturel.
Les Grecs de l'Antiquité ont vécu dans un monde où l'éducation et la culture ont été valorisées d'une manière exceptionnelle. Elles sont en effet, d'Homère à Hypatie, la dernière philosophe platonicienne du monde antique, les critères essentiels de l'identité grecque.L'objectif de ce livre, dont une première édition a été publiée aux éditions Sedes, est de présenter l'éducation masculine et féminine dans un cadre chronologique de douze siècles qui couvre les époques archaïque, classique, hellénistique et impériale romaine. Elle est étudiée dans tout l'espace grec, qui s'élargit presque aux dimensions du monde connu de l'époque avec les conquêtes d'Alexandre le Grand, et qui constitue la partie orientale de l'Empire mondial des Romains.C'est pourquoi le lecteur est invité à découvrir des systèmes éducatifs qui ne se réduisent pas aux modèles désormais classiques, mais toujours réinterprétés d'Athènes et de Sparte. Cette histoire culturelle de l'éducation grecque se tourne ainsi vers l'Orient grec et hellénisé, où l'hellénisme se définit fondamentalement par le fait de parler correctement la langue grecque.Il sera pour cela nécessaire de s'interroger sur le rôle des États dans les structures scolaires et sur le contenu de l'éducation, ainsi que sur ces processus complexes que sont l'alphabétisation et les rapports des Grecs avec les autres cultures antiques.Bernard Legras est maître de conférences à l'Université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Il a publié Néotés. Recherche sur les jeunes Grecs dans l'Égypte ptolémaïque et romaine (Droz, 1999), et Lire en Égypte, d'Alexandre à l'islam (Picard, 2002). La civilisation de la paideia. Le monde d'Homère. L'éducation masculine à Sparte. L'éducation féminine à Mytilène et à Sparte. L'ancienne éducation masculine athénienne. La nouvelle éducation athénienne : de Protagoras à Aristote. L'éducation éphébique dans l'Athènes classique. L'éducation féminine dans l'Athènes classique. L'éducation des enfants dans le monde hellénistique. Éphébie et enseignement supérieur dans le monde hellénistique. L'hellénisme dans l'Orient romain.