Bernard Spitz
Bernard Spitz
« Depuis trente ans, les jeunes Français ont été trompés, manipulés, instrumentalisés. Les troupes du baby boom de l'après-guerre vont partir à la retraite en leur laissant la facture. Le scénario est écrit d'avance. Il se résume en un mot : le Papy Krach. Dans les trente prochaines années, le nombre des plus de 60 ans va doubler. Celui des moins de 25 ans va diminuer. D'un côté plus de retraités, vivant plus longtemps, dépensant plus pour leur santé ; de l'autre une population active moins nombreuse. Les jeunes devront payer au prix fort: Plus de prélèvements pour moins de prestations, de formation, de services publics, d'emplois Le Papy Krach ne sera pas seulement économique mais aussi social et moral. Pourtant quand les jeunes protestent, c'est en se trompant de cible. Ils s'opposent aux réformes qui pourraient alléger leur fardeau ; et ils soutiennent les conservatismes qui vivent à leurs dépens. Et s'ls se décidaient à ouvrir les yeux ? Et s'ils refusaient de payer? Et s'ils se révoltaient ? » B.S.
Inégalités, chômage, terrorisme, migrants, péril environnemental... les citoyens européens ont peur. L'Europe ne les rassure plus. Pire, elle accroît leurs inquiétudes. Ils ont le sentiment qu'elle ne profite qu'à une minorité « déracinée » (les financiers, les riches et les professions qui jouissent de la mondialisation) mais précipite pour les autres le déclassement, attaquant leurs langues, leurs modes de vie, leurs cultures, leurs entreprises, leurs emplois, leurs données privées, etc. Dans une Europe perçue comme faible et injuste, la tentation est grande de chercher le salut chez ceux qui parlent fort et critiquent les élites et le système. Leur stratégie consiste à s'appuyer sur les échecs et à tordre les faits pour justifier de solutions simplistes fondées sur autant de mensonges. Et ça marche ! Partout les populistes gagnent du terrain : à l'Est , au Nord, en Italie, en Allemagne, et en France si l'on se souvient du premier tour des présidentielles où, tous scores réunis, ils avaient la majorité. L'auteur dénonce ici les sept grands mensonges qui font le lit du populisme : l'Europe serait tout à la fois une passoire à migrant, un euro qui nous plombe, le pigeon de la mondialisation, la victime des plombiers polonais qui volent nos emplois, le jouet des technocrates de Bruxelles, etc... Les critiques sont légitimes. Les nier avec condescendance exaspère les opinions publiques. S'il faut évidemment écouter les peuples et respecter le verdict des urnes, c'est pour mieux combattre les populistes et dénoncer leurs fausses solutions. En proposer de meilleures. Et ne pas oublier l'essentiel. Car, malgré tous ses défauts et imperfections, l'Europe nous a apporté ses bienfaits: la paix, la monnaie commune, les déplacements faciles, les échanges d'étudiants, les projets industriels majeurs, type Ariane ou Airbus. Comment ne pas voir que dans un monde dangereux, l'Union est la seule et unique façon de nous protéger des volontés de domination des géants asiatiques ou américains et des idéologies hostiles ?
La France a sacrifié sa jeunesse. Année après année, le pays finance à crédit son administration, ses collectivités, sa protection sociale. Résultat : chaque nourrisson, en guise de cadeau de naissance, trouve dans son berceau 30.000 EUR de dette à rembourser. La variable d'ajustement de réformes toujours repoussées ? Nos enfants ! Filières de formation sans espoir, contrats précaires, logement inaccessibles, retraites en voie de disparition, fiscalité punitive: nous ne laissons plus à nos jeunes le choix qu'entre la résignation, la révolte ou l'exil. Un pays qui maltraite sa jeunesse est un pays en danger. L'auteur propose ici une nouvelle alliance entre générations.