Bertrand Du chambon
Bertrand Du chambon
Le puits du Temple est un recueil de quatorze nouvelles, quatorze histoires courtes de 5 à 25 pages, qui prétendent éclairer nos gouffres : nos mystères, la part obscure de nos vies, l'incohérence intime de nos destinées, y sont évoqués. Des événements anciens sont abordés, tels que l'errance des bandes de mercenaires en Allemagne au XVIIème siècle, ou un procès des Templiers, - qui donne son titre à ce recueil. Des vies plus récentes, ou contemporaines, sont dépeintes, comme celle d'un photographe qui veut exposer à une jeune femme en psychanalyse les mystères de ses origines, dans une nouvelle intitulée Le sable : celle d'un enfant qui meurt d'un manière inexplicable dans Le mercredi des liens ; celle d'une jeune femme, qui souffrira beaucoup de trop aimer la lecture et d'autres encore, toutes reliées par une certaine méconnaissance de nos profondeurs. Ayant achevé ce recueil, la lectrice ou le lecteur peuvent penser qu'un moment, ils ont plongé au fond d'un puits.
Le chiffre deux existe rarement sans le chiffre trois. Et, pour parler d'un truchement, on évoque souvent une tierce personne. Dans ce roman, Bertrand du Chambon décrit un autre lui-même, Vétyver, tiraillé entre deux femmes : Anis et Menthe, dans un style très vif, direct, impudique, impudent - disons leste, dans tous les sens du terme. Bertrand du Chambon mène un étrange dialogue avec son lecteur, et lui donne à entrevoir les relations entre l'auteur et le moi, entre le personnage et la personne ; une autobiografuite écrit-il, et une histoire d'amour.
« La couleur du soir » devint visible au début des années quatre-vingt. Le soir tombait sur une fin de siècle marquée par la science, la guerre et le narcissisme. Un artisan peintre, Narcisso Lupus, voyage entre Paris, New York et le Danemark à la recherche de son image.
Bertrand du Chambon poursuit ici la saga commencée avec "Flavie ou l'échappée belle". Depuis que nous avions laissé Flavie en Europe, revenue du Brésil où elle avait été esclave puis richissime princesse, nous avons pu craindre qu'elle ne se perde au fil de ses aventures. Cette fois, vers 1820, elle part pour l'Afrique, afin de poursuivre sa lutte contre les trafiquants d'esclaves. Une part mystérieuse de ce continent va s'ouvrir, livrant ses ahurissants secrets à Flavie et sa compagne Inaua. Les deux femmes connaîtront chacune la forme étrange et sinueuse de ce qu'elles se refusent à nommer leur destin.
Serenet Didir est une sorte de Candide égaré dans notre monde ; d'origine indienne, il est Jaïn, et a des idées bien arrêtées sur l'Univers et l'Harmonie qui y règne ; il vit à Toronto, part à la recherche de sa meilleure amie disparue Ida. Et le voici qui s'égare... Il rencontre des gens étranges, part pour l'Afrique, est enlevé, sert d'otage, change d'identité, devient roi.
C'est au siècle des Lumières, de l'obscurité et de l'occultisme, que l'auteur a fait naître le personnage qui porte son nom : celui-ci, né d'une famille noble de l'Allier, se lassera des intrigues de la cour et des fureurs de la guerre, accompagnera Burckhardt dans son expédition vers « l'Arabie heureuse » et la route de l'encens, découvrira une ville oubliée, perdra une princesse et quelques illusions... avant de revenir en France où se lève la tourmente révolutionnaire. Tour à tour se moquant du roman historique et s'y plongeant, Bertrand du Chambon nous livre là, une fiction échevelée où l'on rencontre aussi bien Goethe que le marquis de Sade - en une intrigue si mystérieuse et si pleine d'allégories, que l'on en vient à se demander de qui l'identité est ici en jeu : celle de l'auteur, celle du personnage, ou peut-être la nôtre.
Cette nouvelle raconte un épisode fondateur de l'enfance de Yugurthen Zaragosti, un étrange flic marseillais, et son départ de l'Algérie à l'âge de six ans. Un vol a lieu sur le bateau qui l'emmène vers la France. Sa famille est aussitôt soupçonnée...
Il y a du nouveau chez les flics de Marseille. Et pas ce qu'on imagine : " On a un nonide, pas loin des Arnavaux, le crâne fracassé. Une dame vient de m'appeler. Elle a découvert le corps il y a une demi-heure à peine. Yugurthen, vous filez là-bas, vous revenez me voir tout de suite après. Je ne sais pas pourquoi, cette affaire m'interpelle. " Ce qui est embêtant, c'est que d'autres messieurs, beaucoup plus dangereux, vont s'intéresser à ce cadavre. Notamment ce bon vieux N2C, pape et juge du milieu. Heureusement, Yugurthen va tomber amoureux, et l'amour rend aveugle. Première irruption de Yugurthen Saragosti sur la grande scène littéraire du crime phocéen. Une vraie tuerie. Une révélation. Né en 1953, Bertrand du Chambon signe ici son premier polar. Il est notamment l'auteur de Flavie ou l'Échappée belle (Albin Michel, 2004).