Bertrand Naivin
Bertrand Naivin
Et si la laideur n’était pas l’envers de la beauté, mais une expérience esthétique à part entière ? Sur la Laideur rassemble philosophes, théoriciens de l’art et designers pour explorer ce qui nous fascine autant qu’il nous répugne.
Nous sommes devenus une société soucieuse. De nos données à nos enfants, nous nous évertuons à maximiser notre contrôle sur une existence que nous ne cessons de numériser pour mieux la gérer de notre smartphone. La cause ? Un XXIe siècle plombé par la fin des grandes utopies, la suspicion généralisée et la conscience aiguë d'un avenir climatique funeste comme d'un présent en proie aux crises. Alors que chaque jour révèle une nouvelle catastrophe et que l'on nous promet un futur cataclysmique, l'insouciance et l'ignorance bienheureuses ne sont plus permises. Le citoyen est plongé dans un état d'alerte permanent. Un désir de maîtrise nous pousse à augmenter le réel pour le rendre intelligible et malléable. L'intime devient une marchandise. L'innocence semble impossible. Cet ouvrage entend donc interroger le désenchantement et le cynisme généralisés pour redonner sa chance à une nouvelle naïveté militante et combattre la morosité actuelle.
Il est devenu commun de considérer le selfie comme un autoportrait photographique. . Et pourtant, le passage du self-portrait au selfie révèle un nouveau regard photographique. L'image de soi devient alors dialogique et permet au Petit Poucet 2.0 que nous sommes de garder la trace de lui-même dans un présent menacé. Face à un futur apocalyptique, le selfiste se vérifie. Cet essai se propose d'analyser l'obsession de rester avec soi à travers les trois grands moments photographiques que furent l'apparition de Kodak, du Polaroïd et du smartphone.
Et si l'oeuvre de l'artiste pop Roy Lichtenstein ne se limitait pas aux sixties ? Et si ses peintures que tout le monde pense connaître nous donnaient à voir, non plus uniquement la postmodernité américaine, mais également ce qui fonde notre hypermodernité écranique, connectée et réseautique ? Ce qu'il qualifiait lui-même de "tête-moderne", cette représentation mass-médiatique de l'homme des années cinquante et soixante, annonce alors les profils de Facebook.
Nous sommes tous connectés dans un « village global » où les objets du quotidien sont devenus intelligents. La culture numérique imprègne nos pratiques quotidiennes, avec cette promesse continuelle de simplifi er nos vies, d'exprimer notre vécu et d'accéder à une réalité augmentée. Internet a bouleversé notre rapport à l'information, à la politique, à la connaissance, mais aussi aux autres et à nous-même, en mêlant sans cesse réel et virtuel. Sous la forme d'un abécédaire, les meilleurs experts et chercheurs dans leur domaine analysent 28 termes de la culture numérique, des plus connus aux plus complexes. Dans un style limpide, avec des exemples concrets, ils posent un regard éclairant avec une détermination commune : donner leur vision et contribuer à l'élaboration d'une éthique digitale pour demain. Avec la collaboration de : Étienne Candel o Jean-Maxence Granier o Sarah Labelle o Adrien Sauzade o Yasmine Jaafar o Jean-Luc Raymond o Serge Tisseron o François Allard-Huver o Gustavo Gomez Mejia o Caroline Angé o Laure Bourgois o Valérie Jeanne Perrier o Laurence Allard o Sébastien de Gasquet o Mickael Bourgatte o Pierre-Alain Raphan o Yves Citton o Serge Miranda o Camille Alloing o François Jost o Nicolas Menet o Benjamin Zimmer o Vanessa Lalo o Arnaud Mercier o Marion Haza o Thierry Devars o Frédéric Tordo
À leurs débuts, les réseaux sociaux nous offraient de concrétiser un vieux rêve : au sein de ces espaces numériques, le partage et léchange devaient fournir les armes dun nouvel eldorado démocratique. Mais force est de constater que sur Twitter, Facebook ou Instagram, des contenus violents circulent désormais sans fin ; les internautes sinsultent ; les fake news fleurissent, comme autant de monstres 2.0 qui nous interrogent sur les dérives de notre époque. Pour rester dans la course, il faut à tout prix « twitter », « liker », « partager ». Voilà révélé lautre visage des réseaux sociaux : un espace du tag et du tacle, du cash et du clash, du clic et du choc, qui semble ne connaître aucun obstacle, aucune loi. Si le monstre, traditionnellement, permet en négatif de penser les normes dune époque, qui sont ces nouveaux monstres qui émergent sur la toile ? Pourquoi nous attirent-ils et à quelles limites nous confrontent-ils ? Une autre utilisation des réseaux, plus humaniste et responsable, est-elle possible ? Cest à ces questions brûlantes que répondent dans cet essai percutant deux spécialistes des médias. Si le constat quils dressent est sans appel, ils nous permettent pourtant denvisager un autre avenir 2.0.