Bovard Jacques-Etien
Bovard Jacques-Etien
Un policier sur le banc de touche est parachuté dans le milieu équestre pour résoudre une affaire criminelle. Le cadavre de Me Julien Chapart, avocat et polémiste virulent, est découvert dans un ravin de la Mentue. « Accident d'équitation », conclut le rapport de la Police vaudoise de sûreté, mais l'hypothèse d'un homicide, soutenue par la presse, demeure assez préoccupante pour qu'un second enquêteur soit envoyé au Centre équestre des Esserts. Au cas où... Et parce qu'il faut bien donner du travail à l'inspecteur Abt, que le scandale des fiches a chassé de son souterrain... Ainsi la taupe émerge éblouie au monde démesuré et panique du cheval. Enquête policière, reconquête existentielle, ce roman décrit aussi la rencontre avec l'animal fantastique qui ouvre au «petit Suisse» les portes d'un agrandissement salutaire. Plongez dans ce thriller initiatique surprenant, mené avec habileté par le style déterminé et entraînant de l'auteur ! EXTRAIT La cravache claque sur le cuir de la botte. - Mais n'importe quoi ! Un fouet, des pétards, des cailloux, un engin à ultrasons, comme ça s'est vu en Amérique ! C'est déjà assez facile, d'effrayer un cheval sans faire exprès, alors quand on veut !... - Vous dites que n'importe quoi peut terroriser un cheval, et vous parlez déjà d'homicide... D'où lui vient cet instinct, cet art achevé de la sournoiserie ?... Les traits de Bocion se sont crispés d'impatience. - Je n'ai pas dit ça... Si on avait voulu le tuer à coup sûr, on aurait choisi un ravin encore plus haut et plus raide... Et surtout un autre moyen moins tordu. Non, on a voulu lui casser la figure, lui faire la peur de sa vie, un peu comme à ce jeune gars du WWF, en Valais... Jérôme aussi il n'avait pas que des amis, avec sa politique, son journal, ses histoires d'écologie... Mais voilà, ici l'intimidation a trop bien tourné. Pas si bête, Quinche, pour finir... - Vous avez une idée ? - Comment, une idée ? - Je veux dire sur la personne qui pourrait avoir fait ça... - Pas la moindre, mais ce n'est en tout cas pas quelqu'un de chez moi. Très maladroit, Abt. Les pupilles dilatées de Bocion ont reculé au fond de leur iris, l'expression comme en arrêt. Avoir l'air détaché, amusé de tant de naïveté. - Ah oui ? Et qu'est-ce qui vous fait croire ça ? - Un cavalier ne fera jamais une saloperie pareille. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Il y a le cheval, magnifique, que Jacques-Étienne Bovard décrit avec l'attention et l'amour d'un cavalier. Le cheval mystérieux, qui sait - sans savoir - ce qui s'est passé, qui porte en lui (dans sa mémoire, dans ses réflexes, dans ses sensations?) la trace des événements, de l'accident ou du meurtre. - Laurent Wolf, Le Nouveau Quotidien Il est rare que l'on tombe sur un roman aussi parfaitement charpenté. Un chef-d'oeuvre d'équilibre. Des dialogues menés avec un art de stratège, une intrigue toute en nerfs, bondissante, surprenante jusqu'à la dernière métamorphose du héros en quête de lui-même. - Michel Audétat, L'Hebdo À PROPOS DE L'AUTEUR Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue. Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.
Une cure de désintoxication entre tragédie et comédie Durant tout le récit, l'humour et l'amour se mêlent, la difficulté de communiquer se fond à celle de vivre, alors que ce voyage semble en fin de compte dérisoire : une poignée de bonshommes qui s'agitent dans une nature joliment restituée. Roman de moeurs et de caractères, La Griffe prend aussi une dimension satirique, dont l'ironie vient égratigner jusqu'aux douces manies helvétiques. Un premier roman efficace pour cet auteur qui s'impose ainsi parmi les meilleurs romanciers de son temps EXTRAIT C'était mon tour. Les autres me regardaient avec l'intérêt poli de la première rencontre, et le Dr Schnieder se fendait d'un sourire engageant. J'ai commencé à transpirer. J'aurais voulu dire quelque chose de provocant ou d'humoristique, mais rien ne venait. Le malaise se répandait. J'ai tenu encore trois secondes, comme on garde la tête sous l'eau, puis je me suis dégonflé. - Grin... Michel Grin. J'ai vingt-cinq ans... - C'est bien de se décider assez tôt... Quelle est votre profession, monsieur Grin ? Toujours ce sourire, cet accent alémanique, cette voix chaleureuse, et les autres qui attendaient la suite... Ça n'aurait pourtant pas été difficile de les tenir à distance, au moins de plaisanter... Je n'ai pas osé. J'ai haussé les épaules. - Je fais du marketing pour une firme de produits pharmaceutiques. On a échangé quelques banalités à ce sujet, puis, comme j'étais célibataire, il a laissé les enfants pour passer tout de suite aux hobbies. J'ai répondu que je n'en avais pas. Il souriait de plus belle, avenant, sympathique à n'en plus pouvoir. - Vraiment ? Pas de tennis, pas de ski ?... Vous allez à la piscine, quand même ? CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "Avec ce livre, Jacques-Étienne Bovard signe une réussite et affiche une maturité étonnante. Les personnages sont brossés avec talent, les ressorts et rebondissements romanesques sont distribués avec intuition. Quant à l'écriture, elle sonne juste de bout en bout : il n'y a aucune pose là-dedans, mais une santé et une solidité qui ravigotent." - René Zahnd, Le Passe-Muraille A PROPOS DE L'AUTEUR Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue. Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.
La pêche, un art de l'impatience ? Pour la plupart, pêche rime avec patience, passivité, ennui. C'est l'éternelle caricature du pêcheur en papi affalé devant sa canne, les yeux rivés à son flotteur qui ne coule jamais. Or, à lire les récits ou à regarder les photos de Jacques-Étienne Bovard, qui rôde depuis son enfance le long des rivières et des lacs, on verra que la pêche peut se décliner en inventaire émotionnel extraordinairement contrasté et intense : le temps devient affût passionné, au seuil d'un autre monde, où se confondent la mémoire et le rêve. La rivière se livre, ou ne se livre pas, telle une femme irrésistible et insaisissable. Quel ennui ? Quelle patience ? Le pêcheur rôde, ruse, rêve, délire, jubile, explose - de joie, de fureur. Et c'est toujours un morceau de lui-même qu'il finit par ferrer, dans les clairs-obscurs où le regard se perd. Une ébauche originale du monde de la pêche comme support de réflexion sur l'existence et l'humanité EXTRAIT Il se rappelle avoir roulé-boulé pour s'éloigner des sabots, s'être même demandé sitôt après où était son cheval. Or il faut admettre qu'il n'y a pas de cheval. Pas cette fois-ci. Il faut admettre qu'il est tombé tout seul, ou plutôt qu'il a été sa propre monture fantasque, et s'est désarçonné lui-même, éjecté de l'intérieur... Son crâne tinte comme une cloche, le gros orteil gauche hurlant dans la botte muette. Rien de grave pourtant, c'est déjà une espèce de certitude, accompagnée d'une curieuse envie de rire - mais attention à cette euphorie d'après choc. Nom, prénom, date de naissance, plaques minéralogiques... C'est bien lui. Merci l'épais bonnet de laine roulé sur le front, qui a absorbé la moitié du coup. À part ça, on est le premier dimanche de mars, à trois cents mètres de l'embouchure de la Venoge, au petit matin de l'ouverture de la pêche. Tout va bien. Ne manquent que ces saletés de lunettes... CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "La pêche à rôder, c'est se glisser d'une rive à l'autre, du passé au présent, de l'obscur des eaux profondes à la lumière des écailles étincelantes, de l'innocence de l'enfant pantelant devant l'inconnu à la conscience de soi de l'écrivain dans la maîtrise de son art halieutique et littéraire. C'est raccommoder son être par le fil de la pêche, au fil de l'eau. C'est exister par les rivières et son petit peuple, confondre le biotope et le biographe. Rôder au bord de l'eau, mémoires d'outre-ondes !" - Eric Morell, Chamane51 "Jacques-Étienne Bovard jette un pavé de poésie, dans la mare des a priori contre la pêche. À la lecture de son livre on ne peut qu'envier cette liberté du pêcheur qui capte les humeurs les plus secrètes de la nature et vibre d'émotions si contrastées! C'est qu'il a le verbe accrocheur, Jacques-Étienne Bovard, drôle, confidentiel, riche en images et en sentiments. Illustré d'une sélection de photographies en noir et blanc, La Pêche à rôder est une invitation à écouter ses passions, à les vivre pleinement sans perdre de temps. A chacun pour ce faire de trouver sa rivière." - Marjorie Siegrist, Terre & Nature A PROPOS DE L'AUTEUR Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue. Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.
Lorsque l'on nous indique un chemin, il faut parfois savoir prendre des risques, avant qu'il ne soit trop tard Carole est sur le point de passer son ultime examen de spécialiste en gynécologie. Il va de soi qu'elle ouvrira ensuite un cabinet en province. Elle fera deux ou trois enfants, le gentil Paul s'en occupera, et assumera les travaux du « ménage ». On habitera dans la ferme des parents, au bon air de la campagne. Ainsi tout sera bien. Merveilleuse convergence des intérêts de tout le monde. Le nouveau couple exemplaire. C'est le plan, établi depuis des années, approuvé par tout le monde. Mais Carole ne veut plus de tout ça. Elle part. Reviendra-t-elle ? Est-ce qu'il la reprendra ? Éternelle histoire de l'homme qui voit son existence le fuir, par cassures subites, ou imperceptiblement, comme le sable entre les doigts : sa femme, sa famille, ses amis, ses projets, sa raison d'être. Et pourtant Paul Ch., photographe, 34 ans, prétend refuser toute rupture. À l'ère du vite pris vite jeté, du « lâcher prise », il s'entête, s'enracine, s'acharne, à l'image des paysans du coin accrochés à leurs terres sans avenir. Reviendra-t-elle ? La reprendra-t-il ? En attendant, Paul fait des centaines de photos contre la mort du pays de Carole, écrit des milliers de lignes dans son journal intime, pour transformer la solitude en royaume, et retenir, rassembler tout ce qui semble se disperser en lui-même. Ainsi ce roman de la dépossession et de la révolte, noué de tendresse et de violence amoureuses, devient-il, malgré la marche inexorable du temps, celui d'une vaste réconciliation, dans la coexistence de l'épars et de l'indéfectible ? Un roman poignant qui montre l'intensité d'une remise en question quand la routine est soudain brisée EXTRAIT Le premier leur était pour ainsi dire tombé du ciel, le lendemain de la « pendaison de crémaillère ». Bien qu'il se fût couché fort tard, Jean-Baptiste Blochard s'était réveillé avec le jour et n'avait pu se rendormir au côté de sa femme. Descendu dans sa cuisine, tandis que le café se mettait à couler dans la tasse, il était allé à la fenêtre pour observer, comme il faisait depuis douze jours, la croissance du gazon neuf sur l'étendue de sa propriété, dont les six cent cinquante mètres carrés s'étalaient vides jusqu'à l'embryon de haie livrée avec la villa. Et comme du bord de la terrasse son regard se haussait vers les tiges de noisetier, il y avait eu, plantée à quelques mètres, cette espèce de petite bombe hilare tombée du ciel, stupéfiante, semblant prête à exploser de joie rouge et bleue dans le vert timide. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "Bovard a trouvé le ton, relâché et impudique, le rythme, nerveux et intériorisé, qui collent à la voix intérieure de cet homme d'ici et d'aujourd'hui en rupture profonde, et qui peu à peu va renaître, avec ou sans elle. Dense, densément fort." - Isabelle Falconnier, L'Hebdo "Le Pays de Carole confirme ce qu'on savait déjà de l'auteur de La Griffe et des Nains de jardin. À savoir, qu'il écrit bien, qu'il est profondément attaché à son terroir et aux valeurs qui résistent à l'emprise du temps et à notre envie de facilité." - Dominique Happich, Le Courrier A PROPOS DE L'AUTEUR Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue. Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.
L'histoire d'une amitié insolite au son du violon Paru pour la première fois en 2000, Une leçon de flûte avant de mourir a obtenu un succès considérable auprès de la Critique et du public. Avec quatre romans et deux recueils de nouvelles, Jacques-Etienne Bovard est devenu, avant le cap de la quarantaine, l'un des auteurs romands les plus appréciés du public. "Les thèmes dominants d'Une leçon de flûte avant de mourir sont à la fois ceux de la filiation et de la reconnaissance réciproque entre générations. Le motif central est le partage d'un trésor qui relève à la fois du savoir et de l'expérience existentielle, de l'art de vivre et de l'art tout court. Rien là-dedans de la thèse, mais une façon de " jouer " des personnages, affectivement très vibrants, comme de véritables instruments de musique se révélant l'un l'autre. Cette manière concertante d'évoquer les relations humaines est d'autant plus émouvante et belle, ici, que l'atomisation et la solitude, le rejet des vieux ou l'éclatement de la communauté fondent le bruit du monde actuel. A celui-ci, Jacques-Etienne Bovard oppose la musique des êtres sans se perdre dans l'évanescence. Ainsi la pauvre Malamondieu fait-elle finalement partie du "concert" dont la résonance intime après lecture mêle le rire et la peine, la joie de vivre de la jeunesse et la mélancolie du grand âge, les humeurs quotidiennes et leur sublimation mélodieuse." - Jean-Louis Kuffer, 24 Heures Un roman qui dresse des portraits d'hommes et de femmes dans toute leur complexité et dont l'histoire nous happe jusqu'à la dernière ligne EXTRAIT - En tout cas, par les temps qui courent, on peut dire que c'est une sacrée chance, pour vous ! C'est bien ce qu'elle a dit, ou plutôt crié dans le tintamarre du chantier voisin, les premiers mots qui ont salué mon arrivée. « Une sacrée chance », j'entends encore sa voix de clarinette glacée, l'accent gaillard, la nuance de dépit et de suspicion néanmoins qui trahissaient son impression de scandale... - Parce qu'avec les prix de fous qu'ils font pour des studios de rien du tout, à présent... J'étais bien d'accord avec elle : un deux-pièces cuisine pour trois cent quatre francs par mois, elle aurait pu aussi bien parler d'un miracle, j'ai même prononcé le mot, façon de glisser une réplique dans le flot de ses paroles, mais j'étais à cent lieues de penser sérieusement à la chance, à la chance de ma vie. Ni elle, malgré sa méfiance, au drame de la sienne. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "Cette amitié improbable, ces méchancetés quotidiennes, Jacques-Étienne Bovard les écrit tour à tour avec tendresse ou avec l'humour pince-sans-rire qui lui est propre. Surtout, il prouve qu'il n'est pas qu'un pourfendeur de la médiocrité suisse. Dans un style toujours sobre, il excelle dans l'art de dépeindre des personnages. Sa finesse d'observation lui permet de donner une réelle épaisseur psychologique. Au point que chacun peut se reconnaître - ou reconnaître son voisin - dans ces petites lâchetés, ces émois ou ces simples plaisir de la vie. - Eric Bulliard, La Gruyère "Un ouvrage qui incite avec finesse, humour et, parfois, dureté à la réflexion sur soi-même et sur les relations avec autrui, et ce indépendamment de l'âge." - Valérie Debieux, La Cause littéraire A PROPOS DE L'AUTEUR Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue. Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.