Bruno Chesnard
Bruno Chesnard
Avant 1968, l'autorité ne se discutait pas : elle s'imposait. Le père frappait. L'Église surveillait. L'école dressait. Obéir, endurer, se taire : telle était la règle. Retiré à une famille rongée par la violence paternelle, un enfant est envoyé en pensionnat pour y être « redressé ». Dans cet univers où la discipline gouverne chaque geste et où la religion surveille jusqu'aux pensées, on façonne des garçons dociles, promis aux ateliers et aux usines. Lire en cachette, rêver ou penser autrement devient déjà une faute. L'adolescent ne brise pas immédiatement la chaîne. Le foyer de jeunes travailleurs, l'atelier et le chantier prolongent le monde de l'enfance : les ordres changent de voix, mais la dureté demeure. Pourtant, des fissures apparaissent. Un jean, le rock, le twist. Les Beatles, Dylan et les Rolling Stones entrouvrent une fenêtre sur un autre monde. Puis Mai 68 éclate et met enfin des mots sur ce que beaucoup ressentaient sans parvenir à le dire : assez d'obéir. L'usine et l'engagement syndical prolongent alors cette quête d'identité. Entre récit intime et mémoire collective, ce livre raconte le parcours d'un garçon du dernier rang qu'on voulait discret, mais qui devient encombrant dès qu'il commence à penser.