CAZEAUX JACQUES
CAZEAUX JACQUES
Que connait-on du livre des Rois, de cette saga des souverains d'Israël et de Juda ? Révélée par Jacques Cazeaux, exégète de renom, l'épopée fantastique, brutale et douloureuse des douze tribus d'Israël nous donne à comprendre l'action de Dieu au coeur de l'histoire. Les trois premiers règnes de Saül, de David et de Salomon occupent les deux tiers des livres de Samuel-Rois, appelés Premiers Prophètes. Mais à ces trois noms tristement exemplaires ont succédé une série de rois. Les livres des Rois les ont suivis sur plus de trois siècles, jusqu'aux exils en Assur et à Babel. Cette chronique n'est pas le fait d'historiens mais de prophètes, et ils n'ont guère retenu des règnes que des apostasies, des crimes, des alliances folles, leurs luttes fratricides après un schisme dû à la folie de Roboam, le fils de Salomon, bref, leur course vers l'abîme - l'Exil, finalement libérateur. Leur acharnement paraît étrange. Mais la Bible soude religion et vie en société. Or, aux nations férues de volonté de puissance sous la forme de la royauté orgueilleuse et destructrice, Israël devait donner le modèle d'une fédération de douze tribus sous la royauté du seul YHWH Dieu. Israël serait l'exemple pour les nations du refus de la volonté de puissance qui défie la divinité et aboutit à l'homicide depuis Caïn. Au contraire, en copiant la royauté des nations, les Israélites ont rompu le maillage et la liberté des tribus, des clans, des familles, de chacun. Ils ruinaient l'essence d'Israël et sa mission dans le monde. Mais à même l'horreur, les prophètes rédacteurs de la Bible ont cru à la persévérante présence de YHWH Dieu dans les ruines : de génération en génération Il aura suivi, repris, châtié, béni pour mieux perdre, exténué, réduit à quelques prophètes ce monstre chéri et nécessaire au monde, Israël. Ce second livre de Jacques Cazeaux sur la royauté en Israël entreprend de faire suivre un tel féroce et sublime compagnonnage. Féroce, par ce qu'on ne rabat pas sur l'absolu ; sublime, par la force de la pensée comme par la subtilité et la grandeur du style.
Depuis Vivaldi, les quatre saisons se déclinent d'abord à Venise. Alain Gerber, à son tour, rejoint cet espace que l'on dit enchanté, mais qui est aussi un lieu de vérité où le bonheur et la difficulté de d'être, le rêve amoureux et la solitude semblent se porter à leur acuité extrême. Et de même que les quatre saisons ne font qu'une année, il nous propose ici quatre courts romans qui n'en font qu'un. Chacun a pour héros un créateur - D'Annunzio, Hemingway, Visconti, Italo Svevo - en proie à sa propre création, à l'enjeu qu'elle représente, au conflit permanent qu'elle entretient dans son existence : l'amour est-il encore possible, sans que le travail créateur ne se l'approprie, pour celui qui s'y trouve corps et âme engagé ? Ces quatre romans nous livrent quatre époques - le printemps 1916, l'hiver 1949, l'automne 1974, l'été 1926 -, toutes les lumières de Venise, en somme, mais une seule femme, Renata, qui se transpose dans le temps identique à elle-même car elle a le visage du mythe, sans cesse poursuivi, sans cesse délaissé. Elle est ainsi le dessin principal à partir duquel ces textes, écrits en résonance les uns avec les autres, organisent leurs fêtes et leur mélancolie.