Camille Bourniquel
Camille Bourniquel
Et si chaque vie se construisait à travers celles et ceux que l’on croise ? Dans Rencontre, Camille Bourniquel explore avec poésie et profondeur comment le hasard des rencontres façonne nos destins.
Entre la mer et la musique, un jeune garçon découvre l’éphémère beauté de l’enfance et l’initiation à l’âge adulte. Le soleil sur la rade raconte douze étés magiques à Toulon, où l’amitié, l’art et la nostalgie se mêlent pour toujours.
Une statue volée, un homme en quête de sens : Le Dieu crétois de Camille Bourniquel plonge le lecteur dans une intrigue où l’art et le destin s’entremêlent.
Stockholm, une fillette disparaît dans un train bondé, puis est retrouvée morte, le front marqué de mots glaçants. Fredrika Bergman, enquêtrice hors pair, plonge dans un cauchemar où trafics, meurtres et secrets familiaux s’entremêlent.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
"Pourquoi Louise de Belle s'était-elle lancée dans un voyage qui, de train en camionnette, l'avait conduite jusqu'à ce ranch perdu dans une haute vallée vosgienne ? Pour y retrouver le souvenir de son frère, venu mourir ici ? Ou pour sa fortune ?" Un roman du poète, romancier et peintre français Camille Bourniquel.
21 décembre 2012. Le monde bascule dans l’inconnu après un événement inexplicable. Martin Hurston, médecin et chercheur, se réveille d’un coma mystérieux et découvre une société transformée, peuplée d’êtres aux pouvoirs étranges.
Pour des garçons de la classe 39, s'engager dans l'aviation c'était choisir le combat contre la stagnation. Mais trois camarades de promotion, un jeune instituteur, Éric et Bruno, vont retrouver cette stagnation au Maroc où on les envoie suivre leur entraînement : l'École de l'Air, tout juste dessinée au sol, véritable désert dans la ville, est peuplée de mirages nés après la victoire de 1918 et que l'effondrement de 1940 dissipera. La guerre perdue, le jeune instituteur se fait le narrateur de cette étrange fantasmagorie, à partir de la mort d'Éric qui a tenté de rejoindre Gibraltar en avion pour répondre à l'appel du 17 juin. Malade dans une chambre de Casablanca, il relit ses propres carnets et s'efforce de reprendre à son compte l'aventure ; la triple aventure, puisque le récit - souvent déterminé par la beauté du cadre - reflète trois attitudes différentes devant les événements : la participation morale, le détachement, et l'action réelle. C'est cependant la même découverte de l'âge d'homme, non sans mirages encore...
Après « Sélinonte ou la Chambre impériale » (Prix Médicis 1970), l'oeuvre de Camille Bourniquel prend une ampleur dont l'importance n'échappe à personne ; elle se renouvelle dans la simplicité et l'actualité la plus immédiate tout en conservant le charme et la séduction de son écriture. Au coeur d'une station d'hiver italienne vit toute une colonie riche, oisive, archaïque que vient troubler la venue d'un jeune musicien noir nommé Larry, spécialiste de la Pop Music, du Folk-Song et du Rock. Il sort de la misère pour arriver dans ce milieu frivole et cancanier qui se dispute sa grâce et ses dons. Il est pris en charge, en amitié, par un vieux couple célèbre qui se découvre en lui grâce à sa souveraine et juvénile indifférence. Autour de lui gravite toute une constellation de personnages dont l'un ne vit que pour ses grands chiens et sa beauté déclinante qui file au bout de ses doigts. Mais Larry partira avec un compagnon obstiné vers l'Orient tandis que les blancs lévriers de Svetlana prendront la fuite malgré l'égorgement de l'un d'eux. La jeunesse ne connaît que sa sauvagerie et la liberté qu'elle prend devient sa propre vérité en face d'un univers doré et figé "où le temps dure longtemps".
Quel lien trouver entre ces quatre nouvelles ? Le vieux garçon de « La maison verte » qui rencontre l'ange du bizarre sous l'aspect d'un chien et devient sa victime ressemble-t-il à « L'ingénue de Pignerol » dont la langue incertaine provoque la mort d'une « mauvaise langue » ? Pas plus que ne leur ressemble le soldat naïf d'« Ils connaîtront les oasis », héros malgré lui et miraculé qui « manquerait au monde » s'il ne restait pas tel que Dieu l'a fait. Non plus que ne se ressemblent les deux jeunes garçons du « Quai des Anges » qui, au terme d'une équipée insolite dans le Paris de l'occupation, nous font préférer un humble mensonge à une vérité prestigieuse mais entachée de sécheresse de coeur. Il n'y a de lien que l'art du romancier du « Lac ». Il n'y a de ressemblant que le regard de Camille Bourniquel. Un regard attentif au mystère des êtres et au secret des choses. Un art qui lui-même participe de ce mystère et de ce secret : feutré, dévoilant peu à peu ses sortilèges d'imagination et de sensibilité, d'autant plus efficace qu'il nous tient ainsi sous le charme et, jusqu'à la fin, garde en réserve un discret humour.
Le Baron reviendra-t-il ? Est-il déjà revenu ?... Pour Monsieur King la réponse s'inscrit dans le rituel des actes journaliers. Chaque matin, le lit du maître est refait ; chaque soir la table est parée, autel illuminé auprès duquel le desservant finit par s'assoupir. Dans cette demeure délabrée, plantée face à la mer dans le couloir des vents, Monsieur King vit ainsi depuis des années avec sa soeur, Madame Adélia, leur univers n'ayant d'autres supports que leurs mythomanies. Fut-elle jadis écuyère sous les projecteurs de la piste, aventurière sur les chemins du Nouveau Monde ? Adélia reste tournée vers son passé, ses amours, ses triomphes, ses tragédies, tandis que King vit dans l'exaltation d'un futur immédiat greffé sur la page blanche de l'amnésie. En fait, une secrète connivence les lie, la lucidité désabusée de l'un trouvant un prolongement dans l'espérance messianique de l'autre. Peu importe que le Baron ait organisé de son vivant ce culte posthume. Le mythe a pris le relais de l'imaginaire. Rien ne sera changé, ni aux gestes ni aux rites. Conscience et délire continueront de s'équilibrer sous le signe de la présence. Monsieur King et Madame Adélia continueront de servir cette liturgie de l'attente.
Un paradis comme Stevenson aurait pu en rêver et, dans cette région des Cévennes où il s'est promené avec un âne. Une communauté naturiste, pastorale, édénique, peut-être inspirée des anciens adamistes et qui, à l'encontre des sectes, récuse le prosélytisme et le lavage de cerveau. Des adeptes d'apparence rustique et quelque peu fabuleux - une comtesse de lignée cathare, un réparateur de tableaux ami des énigmes... - pour qui le Royaume des Fins n'est rien d'autre que le choix du bonheur immédiat, dans le cadre d'une vie naturelle et même primitive. Qu'une jeune fille, surgie des Flandres, comme l'Ève de Jérôme Bosch et, sous le coup de la mort de son frère qu'elle veut venger, trouve refuge dans cette providentielle Arcadie, et voici que le vieux mythe originel recommence autour du couple reformé. Trois morts pour un paradis, tel pourrait être le titre, telles sont les données de ce crime parfait en forme de légende aux couleurs occitanes, récit tracé entre la fascination des ors maudits, et le refus de se laisser déposséder du bonheur par son ennemi de toujours : l'ennemi du bonheur des autres.