Cardinal Linda
Cardinal Linda
Bien des Canadiens et des Canadiennes seront surpris de lire qu'il n'existe toujours pas de version française officielle de la Loi constitutionnelle de 1867. Depuis 1982, l'article 55 de la Loi constitutionnelle de 1982 exige la préparation et l'adoption de la version française des textes constitutionnels du Canada « dans les meilleurs délais ». En 1984, le ministre de la Justice crée le Comité de rédaction constitutionnelle française qui, en 1990, propose dans son rapport final une version française de la constitution écrite au Sénat et à la Chambre des communes ; pourtant, nous attendons toujours que le gouvernement canadien procède « dans les meilleurs délais » à l'adoption d'une constitution complètement bilingue. La Constitution bilingue, un projet inachevé est le premier ouvrage consacré à cette question. L'ouvrage porte aussi sur les voies à explorer pour mener à bien l'obligation codifiée dans l'article 55 de la Loi constitutionnelle de 1982. "Il est inédit que la traduction se trouve au coeur d'une impasse constitutionnelle. L'ouvrage collectif La Constitution bilingue du Canada: un projet inachevé, d'un intérêt remarquable pour plusieurs disciplines : traduction, sociolinguistique, science politique, droit constitutionnel, entre autres, éclaire sous plusieurs angles le très important (et épineux) dossier de la traduction de la Constitu- tion canadienne et secoue la poussière qui s'y est déposée par couches successives." Catherine Zekri, École nationale d'administration publique, Montréal, Canada
Le Québec et l'Irlande ont beaucoup en commun. La quête politique pour se sortir de l'Empire britannique, un catholicisme longtemps omniprésent et la lutte pour préserver la langue nationale sont autant d'éléments qui en font des sociétés comparables. De plus, les Irlandais font partie du paysage démographique du Québec depuis deux cents ans. Jusqu'au début des années 1900, ils y étaient plus nombreux que les Anglais, les Écossais ou tout autre groupe ethnoculturel, exception faite des Canadiens français. Majoritairement catholiques, ils ont profondément influencé la société: non seulement les traces de cette présence irlandaise sont palpables dans l'histoire, mais on peut encore les remarquer dans la culture, qu'elle soit musicale, littéraire, cinématographique, religieuse ou politique.Les auteurs nous apprennent, entre autres, que la Société Saint-Patrick de Montréal a été fondée par des Irlandais protestants en 1834 pour contrer les aspirations des Patriotes, alors que d'autres Irlandais, tel Daniel Tracey, les appuyaient. L'Irlande et les Irlandais ont continué de marquer la société après 1960, en alimentant les productions des géants du monde cinématographique et littéraire québécois que sont André Forcier, Gilles Carle, Victor-Lévy Beaulieu et Jacques Ferron. Ce livre est donc une occasion unique de redécouvrir l'empreinte que l'Irlande et les Irlandais ont laissée au Québec ainsi que les liens qui unissent les deux nations.Linda Cardinal, professeure à l'École d'études politiques, est titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa.Ses travaux portent sur les politiques linguistiques, les minorités linguistiques ainsi que la citoyenneté et l'identité au Québec et au Canada. De 2002 à 2004, elle a été titulaire de la Chaire Craig Dobbin en études canadiennes à l'Université de Dublin (UCD).Attaché politique, conférencier et chargé de cours, Simon Jolivet détient un doctorat en histoire. Son ouvrage Le vert et le bleu (PUM, 2011) a reçu de nombreux prix, dont le Prix de l'Assemblée nationale décerné par l'Institut d'histoire de l'Amérique française pour la qualité, l'originalité et la rigueur de la recherche historique.Isabelle Matte détient un doctorat en anthropologie de l'Université Laval.Elle s'intéresse aux rapports entre modernité et religion. Elle a aussi travaillé et publié sur la chanson québécoise, les scandales sexuels du clergé en Irlande, la Vierge Marie et sur le boom économique irlandais du Celtic Tiger. Elle est présentement stagiaire postdoctorale au Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM) de l'Université d'Ottawa.
Premier ouvrage en français à intégrer la question des minorités linguistiques au débat sur le fédéralisme asymétrique au Canada, «Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales» étudie les fondements mêmes du fédéralisme asymétrique dans le pays. Le fédéralisme asymétrique est une forme d'aménagement des politiques plus respectueuses des besoins de chaque communauté au sein de l'ensemble fédéral. « [S]a fonction principale [...] n'est pas de mettre fin au conflit entre les groupes, mais bien de leur permettre de poursuivre leur autodétermination tout en participant à des valeurs communes. » (Introduction, Linda Cardinal) Il favorise ainsi la diversité en accordant aux minorités plus de pouvoirs ou en leur reconnaissant une distinction de traitement ou de statut. L'ouvrage, auquel collabore une vingtaine de spécialistes, se démarque par sa nature multidisciplinaire et comparée, ainsi que ses interrogations qui puisent dans les dimensions constitutionnelles, historiques, économiques, politiques et morales du Canada. Cet ouvrage s'interroge non seulement sur l'asymétrie depuis les débuts de l'État canadien, mais aussi sur le fédéralisme asymétrique issu des rapports entre le Québec et les minorités francophones au Canada. Des textes examinent de quelle façon le concept d'asymétrie peut être un moyen au service de la nation québécoise et des minorités linguistiques; ils cherchent à concilier égalité et diversité par ce moyen. Des personnalités politiques bien en vue collaborent à cet ouvrage, notamment le sénateur Hugh Segal et le ministre Benoît Pelletier.
Les leçons des référendums de 1980 et 1995 L'automne 2015 marque les vingt ans du deuxième référendum sur la souveraineté - un anniversaire qui soulève encore des souvenirs amers, chez les fédéralistes comme chez les souverainistes. Lysiane Gagnon a suivi au jour le jour les campagnes référendaires de 1980 et 1995, à titre de chroniqueur politique à La Presse. Elle propose ici aux lecteurs une première partie inédite qui rappelle les événements ayant précédé le référendum de 1995, depuis l'accession au pouvoir du Parti québécois en 1976 jusqu'à l'accord de Charlottetown, en passant par l'épisode crucial du référendum de 1980. La seconde partie de ce livre est constituée des chroniques écrites à chaud durant la période référendaire de 1995. Ce récit vivant, assaisonné de nombreuses touches d'humour, se distingue par la narration exacte des faits, par une vision détachée et non partisane de cet épisode bouillonnant de la vie politique québécoise, de même que par un point de vue très critique envers les stratégies des deux camps. L'auteure décrit comment, tant en 1980 qu'en 1995, les souverainistes ont maquillé leur option sous un emballage rassurant et équivoque, alors que les dirigeants du camp du NON n'ont jamais réussi à élaborer un discours inspirant en faveur de l'appartenance du Québec au Canada. Les leçons que l'auteure dégage de ces deux exercices référendaires sont d'autant plus utiles qu'il n'est pas impossible que les Québécois aient à affronter un troisième référendum d'ici quelques années.