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Nos rayons et sélections

Catherine Dufour

Catherine Dufour

Née en 1966 à Paris, **Catherine Dufour** est une autrice française majeure de la fantasy et de la science-fiction contemporaine. Ingénieure en informatique, chroniqueuse au *Monde diplomatique* et chargée de cours à Sciences Po, elle est aussi lauréate de plusieurs prix prestigieux, dont le **Grand Prix de l’Imaginaire**. Son œuvre, souvent teintée d’humour noir et de satire sociale, explore les marges de la société avec une plume acérée et inventive.
33 livres
Couverture ebook de Lucioles, de Corinne Morel Darleux, Wendy Delorme, Li-Cam, Sylvie Lainé, Juliette Rousseau, Catherine Dufour, Jean-Marc Ligny, Collectif
La Volte | 26 mai 2026

Vous ne rêvez pas, enfin de bonnes nouvelles !  Les fées et les oiseaux de mer murmurent à nos oreilles, les rats grignotent la fibre, nous imposent la déconnexion numérique, un grand-père et une bande d'ados fendent le béton pour redonner vie à une rivière ensevelie, le café donne sa couleur aux luttes souterraines pour un monde plus juste, les fusées des milliardaires sont hackées et les riches confinés sur les sites de déchets nucléaires...  Comment l'imaginaire peut-il allumer des lueurs d'espoir et fabriquer des moteurs de luttes pour sortir d'un réel trop sombre ? L'équipe de Reporterre a invité des auteurices de science-fiction et de littérature politique pour répondre à cette question, avec la conviction que la fiction peut nous mettre en mouvement en déplaçant les idées sur le terrain du sensible.  Se sont prêtéoes au jeu Sabrina Calvo, Wendy Delorme, Catherine Dufour, Patrick K. Dewdney, Vincent Message, Sylvie Lainé, Hélène Laurain, Li-Cam, Jean-Marc Ligny, luvan, Corinne Morel Darleux, Elio Possoz, Juliette Rousseau, Stéphane Servant et Ketty Steward.  Aujourd'hui, La Volte rassemble ces histoires dans des versions inédites ou augmentées pour l'occasion. Quinze fictions pour rendre leur souffle à nos futurs, et de nouveau faire briller les lucioles dans nos imaginaires. 

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Couverture ebook de Fantômes et giboulées, de Catherine Dufour
Robert Laffont | 6 mai 2026

Tout est possible dans cette campagne-là : biner le jardin, cuisiner des scones à la cannelle et même invoquer les fantômes d'êtres disparus...

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Couverture ebook de 7 nouvelles pour la planète (A. Kristof, B. Werber, Ch. Lambert, I. Asimov...), de Isaac Asimov, Catherine Dufour, Agota Kristof, Christophe Lambert, Mickaël Ollivier, Florence hinard, Bernard Werber, Mi
Hatier | 16 avril 2024

Autour des grandes thématiques écologiques, 7 nouvelles contemporaines, suivies d'un groupement documentaire «  Agissons pour la planète  ». Dans une édition tout en couleurs, adaptée à tous les profils de lecteurs et enrichie de compléments pédagogiques, en lien avec les programmes de français (5e et 3e) et d'éducation au développement durable (cycle 4).   Le recueil de nouvelles Sept nouvelles contemporaines, réalistes, fantastiques ou de science-fiction, évoquant les menaces pesant sur notre planète et des actions visant à la protéger. Des récits engagés pour éveiller les consciences et préparer le monde de demain.   1. Agota Kristof, «  La campagne  » (2005) 2. Mikaël Ollivier, «  Longue vie à monsieur Moustache  » (2005) 3. Isaac Asimov, «  2430  » (1970) 4 Christophe Lambert, «  La compagnie de l'air  » (2003) 5. Catherine Dufour, «  La fierté des Centeno  » (2021) 6. Florence Thinard, «  La fin de la faim  » (2008) 7. Bernard Werber, «  Tout est bien qui finit de manière étonnante  » (2021)   Un groupement thématique  : «  Agissons pour la planète  » Un choix de textes et images documentaires pour mieux appréhender les défis environnementaux et se projeter dans des actions écocitoyennes. Corpus  : Hubert Reeves o J.-M. Jancovici et Christophe Blain o Jean-Marie Pelt o Anne-Sophie Roux o Yann Arthus-Bertrand o guide de l'éco-délégué au collège...   Les autres compléments pédagogiques o Un avant-texte pour aborder le recueil par les arts, le situer et préparer sa lecture o Des questionnaires pour analyser textes et images, et enrichir sa culture o Des activités complémentaires (étude de la langue, écriture, expression orale...)   Le livre du professeur en ligne Dans le guide pédagogique, téléchargeable sur www.editions-hatier.fr, l'enseignant trouvera un  descriptif complet de la séquence proposée et  les  corrigés des questionnaires.   Les versions numériques de l'ouvrage Deux formats  : o un ebook, disponible chez les e-libraires o via le KNE (https://mesmanuels.fr/), une version enrichie, projetable en classe

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Couverture ebook de Les Champs de la Lune, de Catherine Dufour
Robert Laffont | 25 septembre 2024

Prix Rosny AînéPrix SGDL / Yves & Ada Rémy des littératures de l'imaginaireSélection Prix planète SFSélection Prix du livre cultissime Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas la Lune ? Mais la vie est rude sous le feu blanc du soleil. À l'abri de son dôme agricole près du cratère Lalande, une fermière regarde les moissons et les générations s'élever et retomber comme les marées terrestres. Le soir, au clair de la Terre, elle parle avec son chat des fièvres qui frappent les humains, des fissures qui menacent la survie de la ferme, des enfants saisis par l'appel du vide, des robots fous et des fleurs dans la mer de la Tranquilité. Son quotidien bascule le jour où on lui confie le soin d'une petite fille a la main verte. Qui fera éclore l'autre ?

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Couverture ebook de Danse avec les lutins, de Catherine Dufour
L'Atalante | 31 août 2022

« La fée haussa les épaules : - Ces jeunes sont aussi agréables qu'une descente de moustiques. Que veux-tu qu'ils fassent de pire que brailler, tout casser, écrire des gros mots sur les murs et flanquer le feu aux charrettes ? Se mettre à descendre tout le monde en pleine rue ? - Et ton coach sportif, demanda Pétrol'Kiwi en arrachant un étage de champignons d'un coup sec, il a des nouvelles de Figuin, de son côté ? - Aucune. Je me demande si c'est un signe. Figuin adorait faire du sport. Il n'aimait que ça, à vrai dire. Pétrol Kiwi se figea, champignons en main. - S'il a renoncé au plaisir de sa vie, grogna-t-elle, je crains qu'il fasse en sorte que ça ne dure pas trop longtemps. - Quoi ? D'arrêter le sport ? - Ça. Ou la vie. » Un roman de fantasy, avec des elfes, des lutins, des fées, des bourdons magiques... et des métis ogro-nains. Dans l'immense ville de Scrougne, un garçon nommé Figuin vit très mal le racisme et la misère auxquels il est confronté. C'est alors qu'entre en scène un banquier... Froid, inusable, immensément riche, il cherche à l'être plus encore. Il décide de creuser un fossé au milieu de la population, afin de jeter une moitié aux trousses de l'autre - qui lui achètera des armes au passage. Il lui faut un garçon un peu paumé à endoctriner, pour l'envoyer se faire exploser au milieu d'une fête de quartier. Catherine Dufour, avec la verve qui a fait le succès de Blanche Neige et les lance-missiles, renoue avec la fantasy pour mieux dire les désordres du monde dans lequel nous vivons, et les peines immenses qu'ils engendrent.

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Couverture ebook de L'Arithmétique terrible de la misère, de Catherine Dufour
Le Bélial | 9 septembre 2020

Et si, après plus d'un siècle de vie, vous vous retrouviez dans un corps tout juste sorti de l'adolescence ? Et si, en guise de petit boulot, le huitième cumulé depuis le début du mois, on vous proposait enfin un vrai job : mourir ? Et si, finalement, votre meilleur ami était ce machin bizarre aux allures de R2-D2 laissé par votre coloc' dans l'appartement ? Et si vous n'étiez pas vous, mais le clone de vous ? Et si Patrick Bateman était... une femme ? Et si l'Intelligence Artificielle avait déjà gagné ? En dix-sept récits comme autant de coups de couteau, Catherine Dufour esquisse les contours d'un futur qui ne parle que de nous-mêmes, la place qu'on y prendra et, de fait, la manière dont il nous traitera. Une science-fiction radicale, à l'os, à en faire mal parfois, souvent à en rire, à en pleurer toujours - de joie comme de tristesse.

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Couverture ebook de Au bal des absents, de Catherine Dufour
Seuil | 9 septembre 2020

Claude, quadra au RSA et menacée d’expulsion, se retrouve embarquée dans une enquête aussi loufoque que glaçante : percer le mystère d’une famille disparue dans un manoir isolé.

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Couverture ebook de La Vie sexuelle de Lorenzaccio, de Catherine Dufour
Fayard/Mille et une nuits | 26 août 2014

Génie et alcoolique précoce, Musset livre l'essentiel de son oeuvre avant trente ans. Ensuite, il sombre. Son nom n'aurait probablement pas traversé deux siècles si, un beau jour de 1834, il n'avait décidé d'écrire une pièce de théâtre intitulée Lorenzaccio. Faites le test. Demandez autour de vous : « Musset ? » On ne vous répondra pas : « Qui ? » Ni même : « Quel ennui ! », mais : « Lorenzaccio ». Pourquoi un tel succès ? Parce que cette pièce écrite avec du sperme est d'un érotisme torride. Elle ne parle quasiment que de sexe et, quand elle ne parle pas de sexe, elle parle de sang, de violence, de fantômes au clair de lune et de la douceur de vivre perdue. Catherine Dufour nous emmène sur les traces moites de Lorenzo de Médicis tel que l'a rêvé Musset. Catherine Dufour est romancière, deux fois lauréate du Grand Prix de l'Imaginaire. Dernièrement elle a publié aux éditions Fayard le Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses et L'Histoire de France pour ceux qui n'aiment pas ça.

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Couverture ebook de Entends la nuit, de Catherine Dufour
L'Atalante | 18 novembre 2020

La chair et la pierre sont de vieilles compagnes. Depuis des millénaires, la chair modèle la pierre, la pierre abrite la chair. Elle prend la forme de ses désirs, protège ses nuits, célèbre ses dieux, accueille ses morts. Toute l'histoire de l'humanité est liée à la pierre. Quand on a 25 ans, un master en communication, une mère à charge et un père aux abonnés absents, on ne fait pas la difficile quand un boulot se présente. Myriame a été embauchée pour faire de la veille réseaux dans une entreprise du côté de Bercy, et elle découvre une organisation hiérarchique qui la fait grincer des dents : locaux délabrés, logiciel de surveillance installé sur les ordinateurs, supérieurs très supérieurs dans le style british vieille école. Mais quand un de ces supérieurs s'intéresse à elle via Internet au point de lui obtenir un CDI et lui trouver un logement, elle accepte, semi-révoltée, semi-séduite... Mauvaise idée ? Pas pire que le secret qu'elle porte. Myriame est abonnée aux jeux dangereux dans tous les cas, et sa relation avec Duncan Algernon Vane-Tempest, comte d'Angus, décédé il y a un siècle et demi, est à sa mesure. Du moins le croit-elle. Catherine Dufour, éprise de légendes urbaines, nous offre avec ce roman un « anti-Twilight » tout en humour et une ode à Paris bouleversante.

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Couverture ebook de L'Accroissement mathématique du plaisir, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Plongez dans L'Accroissement mathématique du plaisir, un recueil de nouvelles audacieuses où Catherine Dufour explore l’art, le désir et les limites de l’humain. Entre science-fiction et fantastique, chaque histoire surprend et questionne.

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Couverture ebook de L'Histoire de France pour ceux qui n'aiment pas ça, de Catherine Dufour
Fayard/Mille et une nuits | 20 mars 2012

« L'histoire de France, quel ennui... » C'est votre opinion ? Alors ce livre a été écrit pour vous. Car l'histoire de France, en réalité, c'est mille ans de film d'action et je vais vous le prouver. La scène ? Elle est grande comme l'Europe. Le décor ? Des palais, des gibets, des bals masqués, des bûchers et des champs de bataille encore fumants. Le pitch ? Des rois fastueux chevauchent de défaites en victoires, escortés par des chevaliers en armure, des ministres sournois, des moines déments et des reines étranglées. Avec, en guest starts, une princesse qui collectionne dans les boites d'argent les coeurs de ses amants, un pape qui boit du sang de petit garçon, un vieux souverain qui gagne une guerre en saoulant toute l'armée ennemie, un jeune despote qui fait payer un sac d'or le droit de le regarder assis sur sa chaise percée et un fier guerrier bouilli dans un chaudron, comme un vulgaire pot au feu. (Notez bien : le livre que vous avez entre les mains n'est pas l'oeuvre d'une historienne, c'est bien celle d'une amateur de livres d'histoire. Il a été relu et approuvé par un véritable historien.)

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Couverture ebook de Ada ou la beauté des nombres, de Catherine Dufour
Fayard | 3 septembre 2019

Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron, est une lady anglaise perdue dans les brumes du xixe siècle. Nous voilà   cent ans avant le premier ordinateur, et personne ne se doute que cette jeune femme maladive, emprisonnée dans un corset, étouffant entre un mari maltraitant et une mère abusive, s'apprête à écrire le premier programme informatique au monde.   À 25 ans, déjà mère de trois enfants, Ada Lovelace se prend de passion pour les mathématiques. Elle rencontre Charles Babbage, qui vient de concevoir une machine à calculer révolutionnaire pour l'époque. C'est en la voyant qu'Ada a soudain l'intuition de ce qui deviendra l'informatique.   Sans elle, pas d'Internet, pas de réseaux sociaux, pas de conquête de l'espace. Dans cette biographie truculente     la première consacrée à Ada Lovelace en français   , Catherine Dufour met en lumière le destin méconnu d'une pionnière qui a marqué notre civilisation par son génie et son audace.   Ingénieure en informatique, Catherine Dufour est aussi chroniqueuse au Monde Diplomatique et chargée de cours à Sciences Po. Deux fois lauréate du Grand Prix de l'Imaginaire, elle a publié de la fantasy et de la science-fiction. Aux éditions Fayard, elle est l'auteure de L'Histoire de France pour ceux qui n'aiment pas ça (Mille et une nuits, 2012) et du Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses (2014).

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Couverture ebook de Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, de Catherine Dufour
Fayard | 25 février 2014

À Noël dernier, j'ai feuilleté le catalogue Jouets d'un grand magasin. Sur fond bleu : des autos, des motos et des bateaux. Sur fond rose : des poupées qui marchent et parlent, dix Barbie princesse et une Barbie fait le ménage. Materner c'est très bien, faire le ménage c'est nécessaire, et s'habiller comme une princesse peut être agréable, mais ce ne sont pas les seules façons, pour une fille, de gagner sa vie. Il y a beaucoup d'autres métiers, bien mieux payés. Ce « Guide des métiers » vous fera découvrir plus de cinquante professions, depuis Aventurière jusqu'à Physicienne en passant par Agent secret, Chef d'orchestre, Femme d'affaires, Informaticienne ou Surfeuse. Chaque fiche-métier offre deux portraits : celui d'une pionnière et celui d'une femme d'aujourd'hui. Des indications pratiques comme « études conseillées », « salaire en début de carrière » ou « espérance de vie » accompagnent le texte.Décalé et enthousiasmant. À mettre entre toutes les mains.

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Couverture ebook de Confession d'un mort, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

IL Y A QUELQUES ANNEES, en 1849, j'ai passé plusieurs mois à Baltimore où j'ai occupé un emploi de typographe.Un certain soir d'octobre, je restai penché sur mes casses jusque bien après le crépuscule et quand je me décidai enfin à rentrer chez moi je vis, derrière les fenêtres sales de l'atelier, que la nuit était tout à fait tombée. C'était une nuit épaisse, noyée de brume, et d'un froid aigre qui laissait présager un long et pénible hiver. Une lune en son plein devait pourtant briller dans le ciel, loin au-dessus des nuages, car une phosphorescence bizarre hantait le brouillard, transformant toute chose en spectre mouvant. C'est donc avec une appréhension diffuse que je sortis dans la ruelle, parfaitement silencieuse à cette heure tardive, et que j'assujettis les panneaux de bois qui fermaient la boutique sur le devant. Les sons eux-mêmes s'étouffaient dans l'obscurité fuligineuse et les planches aspées, en retombant le long de la façade, ne rendaient pas leur habituel claquement net mais une sorte de plainte chuintante prolongée par un écho funèbre. Quand enfin tout fut clos, je glissai une main engourdie dans ma poche pour y prendre la clef. Mes doigts glissaient sur le métal humide de la serrure, et j'eus grand peine à la faire jouer. J'y parvins cependant et elle émit un bruit sourd et profond, semblable à celui qu'aurait fait le pêne d'un cachot qu'on eut tourné quelque part, très loin sous terre. Il me sembla, à ce moment précis, qu'un gémissement faible lui répondait. Je tressaillis, sentant mes cheveux se hérisser sur ma nuque, et me retournai : derrière moi s'étaient amoncelées des ténèbres lourdes, étouffantes, d'une froideur compacte, telles enfin qu'on ne les trouve qu'au sein du plus obscur caveau. Aucune lueur ne trouait cette opacité lugubre, hors l'étrange frisson lunaire qui trompait le regard plus qu'il ne l'éclairait. Je restai un temps immobile, remontant contre mon cou glacé la fourrure de ma pelisse déjà raidie par le givre ; j'écoutai attentivement sans rien entendre, pas même l'habituel murmure du ruisselet qui parcourait la ruelle en son milieu et que le froid devait avoir pétrifié. Je tournai ensuite mes regards de tout côté, désespérant d'apercevoir ne serait-ce que le reflet ténu d'un fanal ou d'un lumignon, qui m'eut donné le courage de me mettre en route vers mon logis. Je pestai en moi-même contre la distraction qui m'avait fait oublier l'heure, hésitant à déclore la boutique pour y chercher une lampe à huile. Je décidai finalement de gagner une rue de quelque importance, avec l'espoir d'y croiser un passant mieux avisé que moi, ou au moins la fenêtre encore éclairée d'une demeure où il me serait possible de demander un bout de suif et une mèche. Je me mis donc en marche, levant les yeux comme un aveugle, contraint d'avancer à pas lents dans l'ordure du bas côté, car je n'avais pour guide que le mur que ma main frôlait.

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Couverture ebook de Kurt Cobain contre Dr. No, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

L'air était frais, la mer était proche ; il l'entendait bouger doucement. Le soleil se levait à peine.Je perçois les choses de façon si aiguë... Si je me concentre assez, je peux voir des petites traces de résidus transparents dans le coin externe de mes yeux. Ou alors, c'est une conjonctivite. Je peux les suivre tandis que mon regard descend, c'est comme regarder un film avec des amibes ou de la gelée, comme observer du plancton au microscope. Et si je regarde en direction du soleil, le flamboiement orange vif dessine le tracé intense de cellules sanguines, ou ce que j'imagine être des cellules sanguines. Elles bougent très rapidement et je ne tiens pas longtemps avant que mes yeux ne se fatiguent, et je dois détourner le regard du soleil et me frotter les paupières très fort, et là, je vois de petites sphères de lumière étincelante - certains appellent ça des étoiles - qui ne durent qu'une seconde, puis j'ouvre mes yeux mouillés de larmes à cause du frottement et regarde le ciel, loin du soleil, et oublie tous ces putains de petits trucs tordus à la con s'agitant au coin de mes yeux, ou la vision en gros plan des cellules sanguines sous mes paupières, et je regarde le ciel tout entier et je n'essaie même pas, mais je vois se dessiner dans les nuages toutes sortes de visages, objets, statues... Il s'assit, secoua le sable de ses cheveux.Une fois, j'ai vu Jésus sur une carapace de tortue.

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Couverture ebook de L'Accroissement mathématique du plaisir - nouvelle, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Plongez dans L'Accroissement mathématique du plaisir, une nouvelle de science-fiction captivante où Catherine Dufour explore l'obsession et la beauté à travers une réinterprétation moderne du mythe de Pygmalion.

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Couverture ebook de L'Amour au temps de l'hormonothérapie génétique, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Plongez dans un Los Angeles futuriste où l'amour et la science s'entremêlent de façon explosive. L'Amour au temps de l'hormonothérapie génétique de Catherine Dufour explore une romance aussi drôle que décalée.

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Couverture ebook de L'Immaculée Conception, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Pour la première fois de sa vie, Claude se regardait vraiment dans sa glace. Sous le néon de la salle de bains, son reflet grumeleux de boutons lui adressait un regard fixe de poisson mort qui ne lui apprenait rien. Elle aurait pourtant bien voulu savoir comment elle se sentait. À force de fixer ce visage aussi immobile qu'une flaque de dentifrice, une baudruche d'angoisse commença à gonfler dans sa gorge. Elle se détourna du miroir, prit sa brosse à dents, la considéra : ce n'était pas l'heure de se brosser les dents. Elle reposa sa brosse. Elle se massa la nuque, sonnée comme la fois où une collègue pressée lui avait donné, en passant, un coup de listing. Elle posa la main sur son ventre puis la retira brusquement, et resta dix secondes à regarder sa main, organe étrange capable de commettre un geste aussi... aussi... La baudruche enflait. Claude s'assit au bord du lit, aussi pesante qu'un sac de plâtre. Puis elle se leva et alla boire un verre d'eau. La voix du Docteur résonnait dans les coins du studio :« Ça arrive, Docteur, qu'on ait des enfants... euh, sans... enfin, sans être allé avec un homme ? »Rire pointu.« C'est arrivé une fois, oui. Il y a 2000 ans. Pourquoi ? Vous nous faites une immaculée conception ? »Rire pointu.

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Couverture ebook de La Liste des souffrances autorisées, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Plongez dans La Liste des souffrances autorisées de Catherine Dufour, une nouvelle de science-fiction sociale aussi percutante que dérangeante.

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Couverture ebook de La Lumière des elfes, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

POUR MOI, IL Y A DEUX Peintures : la concave et la convexe - celle qui sort du cadre pour vous coller au mur et celle qui vous invite à enjamber le cadre pour aller voir comment se continue le paysage, au-delà.Celle qui vous prend la tête en hurlant et celle qui vous prend par la main en chantant à voix de sirène.Pour moi, il y a Guernica et les prisons du Piranèse. Pour moi, il y a deux Femmes : les pétasses en A et les autres. Les pétasses en A sévissent chez les artistes - Gala, Elsa, Amanda, des chieuses aux yeux fous et aux comptes bancaires soignés. On dit : des Muses.Hier soir, j'ai dîné avec Zelma, qui fut la Muse de Toussaint Settbon. Zelma, en bonne et due Muse, a la cinquantaine efflanquée, des cheveux de gitane, le cuir trop cuit et des pâtés sur la gueule (du khôl, du fard à joue, du rouge à lèvres). Tout ça est emballé dans des voileries noires qui puent la clope et lesté par des bijoux en argent crasseux, qui tintent à rendre folle une vache suisse.Je n'arriverai jamais à donner de Zelma l'impression qu'elle veut donner, celle d'une belle pute vieillissante dont on suppose qu'elle a, en son jeune temps, posé à poil pour des génies drogués sous d'immenses verrières glaciales - d'une main elle boit un Tequila-Mezcal, de l'autre elle caresse ses beaux seins durcis. Drapée dans sa seule chevelure, elle incline sur une épaule frissonnante son beau crâne ravagé par l'Art et l'Opium... Je n'y arriverai jamais. Zelma est trop conne. D'ailleurs, Toussaint Settbon était un gros con.

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Couverture ebook de La Perruque du juge, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

« ACCUSE, LEVEZ-VOUS ! Et restez debout. »Le petit homme se leva, minuscule et très pâle dans un costume d'emprunt trop large pour lui. Ses dents de lait appelaient l'indulgence, mais son nez était terriblement impertinent, et ses yeux avaient mille ans.« La liste des chefs d'accusation risque d'être aussi longue que votre répugnante existence ! » dit le Juge de sous son épaisse perruque à rouleaux, ruisselant de poudre et de dégoût. Il abaissa son maillet sur le socle en bois creusé par l'âge et les chocs répétés, avec une force telle qu'on crut un moment que le Tribunal allait se fendre comme une pastèque.« SILENCE ! »D'un geste théâtral, le Juge déroula un acte d'accusation aussi interminable que les conquêtes de Don Juan.

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Couverture ebook de Le Cygne de Bukowski, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

J'AVAIS RENCONTRE CE TYPE AU YMCA de la 188e rue, pile au bas de Harlem. Le YMCA était dégueulasse, mais pas plus qu'un autre, et au moins c'était des dortoirs, ça craignait moins que dans les foutues piaules à quatre de la 44e.L'immeuble de la 44e était un monstre délabré, le genre de truc tout droit sorti de Blade Runner ; massif, pseudo-gothique et raide de crasse, pas entretenu depuis 1930, avec des vieux cinglés qui se baladaient à poil à quatre heures du matin, des fumeurs de crack en tas dans les couloirs et des draps pourris de sang, de sueur, de merde et de pisse, et sûrement aussi de bave mais ça se voit moins. Une petite black en tablier bleu était passée dans le couloir tandis que je secouais les draps, pour voir s'il y en avait pas un moins pire qu'un autre, vu que le matelas était spongieux de foutre. Elle était entrée, elle avait dit : « Pigs ! All pigs ! » et elle m'avait lancé une paire de draps propres.Pour la remercier, je lui avais refilé une caissette de fraises toutes fraîches, je sais pas trop pourquoi ni comment j'avais ça sur moi. Et deux paquets de cigarettes. Après j'avais essayé de dormir, dans la chaleur plombée de Manhattan, les klaxons des taxis et les cris des putes qui se faisaient bastonner sur la 44e. C'est comme ça qu'il tient, l'immeuble du YMCA de la 44e : au dos des putes, et sur des amoncellements de poubelles.C'est pour ça que je suis allée à Harlem. Plus au nord. Plus frais.

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Couverture ebook de Le Jardin de Charlith, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

Charlotte Berg est née la même année que moi. C'est... c'était la grand-tante de ta petite amie Christine. À l'époque, nous nous voyions chaque été, comme tu retrouves chaque été Christine et ta bande de copains. Vous passez vos après-midi à la plage, nous passions les nôtres ici. Nous étions un peu moins nombreux que vous. Il y avait ton grand-père, l'oncle François qu'on appelait Lancelot de la Flaque, Charlotte Berg, sa cousine Adrienne Villers, et puis la vieille tante Rose qui n'était alors ni tante ni vieille. Et d'autres, quelquefois mon frère Adrien, celui qui est mort à la guerre d'une rougeole, un Benoît, aussi, le père de celui qui a foutu le camp avec mon beau-frère, je crois, enfin nous étions une quinzaine. Et puis Dieter Saulx, surnommé « Le plus beau des enfants du monde » par les vieilles du coin. On se retrouvait parfois entre garçons, quand les filles jouaient à essayer les robes de leurs mères. Nous faisions voguer nos bateaux en discutant toujours de la même chose : les femmes en général, ces demoiselles en particulier. Et nous arrivions toujours à la même conclusion: Adrienne était la plus belle, mais nous étions tous amoureux de Charlotte.

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Couverture ebook de Le Poème au carré, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

ASSISE SOUS UN GRAND TILLEUL, Alice s'ennuyait un peu. Elle venait juste de finir son livre et elle ne savait pas quoi faire en attendant l'heure du thé. Elle s'allongea sur l'herbe en prenant soin de lisser ses cheveux sur ses épaules, car depuis qu'elle avait eu dix ans il était nécessaire qu'elle se montre un peu coquette (sa soeur avait été très précise sur ce point). Ce-pendant, elle veilla à garder les yeux grands ouverts afin de ne pas retomber dans un de ces rêves interminables qu'elle faisait autrefois, et dont le récit ne lui avait valu que des réflexions désobligeantes ou, au contraire, des attentions incongrues. Le ciel, à travers les branches du tilleul, était aussi bleu que bleu se peut, de fait Alice fut surprise de recevoir sur le coin du menton une petite goutte fraîche, puis une autre sur le bout du nez, et encore deux autres au milieu du front.Elle s'assit précipitamment, passa sa main sur son visage et regarda le bout de ses doigts.« C'est tout à fait étrange, dit-elle à haute voix, car elle n'avait pas perdu l'habitude de se prendre à témoin quand elle ne trouvait pas d'autre interlocuteur, mais il me semble bien qu'il s'agit de confiture. »Elle goûta, hésitante, puis s'exclama :« De la confiture d'orange ! Vraiment ! Vraiment ! Comme cela est cocasse ! Hélas, je crains de rêver une fois de plus. »

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Couverture ebook de Le Sourire cruel des trois petits cochons, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

ADELINE AVAIT TOUJOURS deux kilos à perdre, un travail à durée déterminée et des opinions bien arrêtées sur une douzaine de séries télévisées. En clair, c'était une fille terriblement banale, hors cette habitude, dont elle n'avait jamais réussi à se débarrasser, de s'endormir avec une grosse boîte à gâteaux vide serrée contre elle. Elle parcourait ses rêves, la boîte sous le bras, et la ramenait emplie de brimborions oniriques. Une fois, c'était une canne sauteuse, une canne en bois noire ramassée dans un cauchemar idiot, qui sautillait tout le temps et qu'Adeline, à bout de patience, enterra nuitamment près d'un calvaire de Rostrenen (elle doit toujours y être). Une autre fois, c'était un bon litre d'eau de lac de fée, qu'Adeline avait mis en bouteille et posé sur sa table de nuit. On y voyait parfois passer le visage idiot d'une sirène ou le regard gélifié d'un noyé. Adeline conservait aussi une petite robe de perles de jais dans laquelle elle ne rentrait plus, un optique de feu rouge en plastique bleu, une poignée de sable dévoreur, un pot de miel impossible à vider, une plaque de rue émaillée « boulevard Higelin » et une paire de ciseaux en cuivre couverts de reflets d'yeux verts. Ce dont Adeline rêvait, ou plus exactement ce qu'elle voulait et dont elle n'arrivait pas à rêver, ce qu'elle avait toujours cherché et jamais trouvé, c'était une baguette magique. Elle savait exactement quoi lui demander et dans quel ordre, tant elle avait passé d'heures à ordonner ses désirs. Elle la découvrit finalement, un matin de ses vingt-trois ans, alors qu'elle abordait le rivage amer du réveil après un voyage au bout de la mer infinie - là où la mer se recourbe, quand l'île que vous devez bientôt aborder se trouve juste au-dessus de votre tête, verte et noire dans son lagon d'eau claire, et que des fruits en tombent pour rebondir sur le pont de votre bateau... La baguette était là, dans la brume épaisse des frontières du rêve, plus fine qu'un cheveu, intermittente. Adeline tendit la main, referma sa boîte et se réveilla.Elle souleva doucement le couvercle : la baguette y était toujours.

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Couverture ebook de Mater Clamorosum, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

(...) en ces temps, les âmes erraient nombreuses le long des chemins. Aussi légères qu'une bruine, elles se pressaient dans les ornières, les fossés et les futaies basses. Elles floconnaient, imperceptibles, aux branches des ormes et des sureaux. Elles dormaient dans les cimetières, allongées sur leur propre tertre, et processionnaient interminablement au coeur des nuits. Les vivants leur cédaient le pas, par respect pour leur éternité. Pourtant, éternelles, elles ne l'étaient pas.

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Couverture ebook de Mémoires mortes, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

L'AIR NOCTURNE ETAIT tiède et chargé d'effluves fruitées, la lune en son plein versait sur le parc un doux argent trompeur. Allongée dans l'herbe, sous les branches fleuries d'un chèvrefeuille, Nylone sommeillait. Un phénix, descendu sans bruit du ciel étoilé, se posa près d'elle et caressa de ses ailes bleues le visage de la jeune fille. Nylone bâilla, étira longuement ses bras chargés de bijoux. La mousseline blanche de sa tunique était mouillée de rosée. Elle ouvrit paresseusement les yeux : sur l'horizon outremer s'élevaient les hautes tours de la cité de Tintagel, mille clochers lumineux au-dessus desquels se croisaient des étoiles filantes. L'oiseau magnifique replia ses ailes, ouvrit son bec doré :« BIP BIP BIP. »Nylone s'assit en grimaçant : « Putain ! Fait chier, ce beeper... »

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Couverture ebook de Rhume des foins, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

C'EST UNE GRANDE MAISON en bois cérusé, blanche et gracile, échouée parmi les fleurs. On y entre par des portes-fenêtres gréées de mousselines et une galerie en fait le tour, séparée du jardin par une colonnade mangée de vigne vierge.Pour aller de la route à la maison, il faut remonter une longue allée tracée à même un fouillis de chèvrefeuille. Le climat est si doux que les floraisons se succèdent sans interruption, d'un bout à l'autre de l'année, entretenant une jungle de parfums. C'est l'allée des vapeurs et des ivresses, un champs de pavots n'est pas plus suffocant, ni plus enchanteur. Les lilas s'enlacent à l'infini entre les fûts droits des tilleuls, élèvent vers les frondaisons des vrilles de pollen puis roulent enchevêtrés vers le sable de l'allée, qu'ils dévorent.Le reste du jardin est une houle d'herbe où tanguent des corbeilles d'oeillets, où transhument des troupeaux de fuchsias. Entre les flaques couvertes de nénuphars que bénissent les saules, tournoient des bosquets de laurier-roses poisseux. En écartant les branches, on rencontre parfois un buste moisi, ou un reste de balancelle, un kiosque en roseau pourrissant, une jardinière moustachue de menthe, un souvenir de plate-bande où le jasmin et le cannabis se battent en duel. On peut craindre parfois de se perdre, mais on retrouve toujours la maison, à cause des rires.Sous la galerie sont servis à toute heure du thé brûlant, du café chaud, des gâteaux encore tièdes, des sirops glacés et des sourires chaleureux. Ça sent bon le bois, la citronnelle et le frais. Assis sous la véranda, j'ai vu bien des fois le soleil se coucher au fond du jardin, allumant des vers luisants dans la pelouse et des incendies sur l'horizon. Longtemps cette maison, ses parfums et ses livres, a été pour moi le paradis sur Terre. Et savez-vous quel serpent m'en a chassé ?Le rhume des foins.Mais il ne m'est pas venu tout seul, oh non...

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Couverture ebook de Un soleil fauve sur l'oreiller, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

QUAND LE CIEL BAS et lourd pèse comme un couvercle...Le ciel ne pesait pas : il était carrément posé par terre et noyait les rues dans une brume de gel. Mye, rétractée au fond de son manteau, avançait à longues enjambées sur le trottoir sonore, donnant courageusement du front contre la bise. Les devantures défilaient à sa droite, chocolaterie rouge, pharmacie verte, oxygènerie grise. Mye tourna un coin et soupira d'aise tandis que le vent continuait tout droit. Elle ralentit le pas en passant devant la devanture éteinte d'un Lavomatic. Il était tard, la boutique était fermée et pourtant, comme la veille et comme le jour d'avant, une machine tournait. Une femme était assise sur une chaise, juste en face de la machine ; une vieille dame vêtue de noir qui paraissait menue et terriblement cassée, presque diluée dans la pénombre jaunâtre. Cette fois, Mye s'arrêta :Quelle vie de misère oblige de si vieilles dames à sortir de si mauvaise heure ?Mye approcha de la vitrine embuée. Elle fit glisser son masque stérile sur son menton et effleura la vitre du nez. La vieille dame ne bougea pas. Mye remit son masque en place et repartit, la tête enfoncée dans ses épaules.

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Couverture ebook de Une troll d'histoire, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

VOUS CONNAISSEZ PAS l'abominable pougnard des Locaces ? Ben c'est un pougnard qu'habite les monts Locaces. Et il est assez abominable. C'est un peu comme un troll avec une cotte d'armoise, mais en taille XXL et c'est pas des écailles d'armoise qu'il a sur le torse : c'est des excroissances naturelles. Et ça aime pas trop le poisson. Et c'est très, très susceptible. Demandez donc à Claquebec, de la taverne du Dragon Frit, si c'est pas susceptible, un pougnard. Pas plus tard qu'hier soir, tiens... Si j'étais au Dragon Frit, hier soir ? Un peu, que j'y étais. Si je suis toujours vivant ? Je veux, oui. Vu comme je suis en train de mourir de soif, un peu que je suis vivant. Ce qui s'est vraiment passé, hier soir ? Ah, je peux rien raconter avec la gorge sèche, hein... Merci. Garçon ! Une autre !

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Couverture ebook de Valaam, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

POUR OBTENIR LE VISA DE LA CEI, j'avais réservé depuis la France à l'hôtel Intourist de Moscou, avenue Gorki. La navette de l'aéroport me déposa devant le perron gardé par trois cerbères en jaquette. Je montrai mon passeport et entrai dans le Golden Hall, un hangar crasseux blindé de plaques de cuivre où se croisaient des touristes japonais, des hommes d'affaires allemands et des garçons d'étage hargneux, occupés à vendre l'Intourist par petits bouts à des Caucasiens. Sur des banquettes en plastique orange, des filles de quinze à trente-cinq ans attendaient. Elles portaient de courtes robes noires, des cheveux décolorés et un air triste. Je posai mon sac dans une chambre du onzième étage (une boîte en peluche marron) et visitai les bars les uns après les autres : le bar italien du deuxième, le bar chinois du quinzième, le bar espagnol du rez-de-chaussée, le bar allemand de l'entresol. Le salon de thé, au dix-septième, était fermé, et le casino hors de prix. Je m'installai finalement au Traveller's Bar, à côté de la plus jeune des putes, une gamine maigre aux cheveux bicolores (blancs à la fin, noirs au début). Elle suçait un verre de sok, ce sirop gazeux qui a le même goût que les oeufs de Pâques en sucre. J'essayai d'engager la conversation en anglais, en allemand puis en russe, elle me répondit par monosyllabes. J'appris quand même qu'elle était supposée s'appeler Tania, née à Komsomol sur Amour, étudiante. Je la laissai à son sirop et dépliai le Moscou Times. Deux moustachus en cravate vinrent s'asseoir à notre table, nous offrirent à chacune une bière et se lancèrent dans une conversation en english business. J'en étais aux petites annonces quand ils adressèrent la parole à Tania. Ils se levèrent presque aussitôt, elle les suivit docilement. En face de moi, deux filles sirotaient leur sok, assises de travers sur un banc en bois, les épaules navrées et les yeux dans le vague. Je finis mon verre, montai dans ma chambre, bus un peu d'eau du robinet hydrochlonazonée, tirai les épais rideaux marron sur la lumière bleue du néon Panasonic et me couchai. J'avais le blues. Le moscues. Moscou est une ville à chier.

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Couverture ebook de Vergiss mein nicht, de Catherine Dufour
Le Bélial | 26 avril 2012

L'IEPT (Institut d'Etudes Polyvalent du Trident) est un préfabriqué provisoire depuis vingt ans, auquel quelque architecte fou ou ivre a donné la forme d'un cancer généralisé. Cette monstrueuse tumeur de béton répand ses métastases au bord du canal Vieux Baiser, crachant ses élèves par trois sorties : l'une, côté sud, dégringole jusqu'à la nationale, l'autre, côté est, mène à un puits de boue pompeusement nommé stade, et la troisième, plein nord, à la cité universitaire. Il devrait y en avoir une à l'ouest, mais c'est là que passe le canal. Qu'aucune sortie ne donne sur cet égout est la seule preuve de l'intervention d'un cerveau raisonnablement pensant dans la conception de l'IEPT.La ZI du Trident prolifère sur dix kilomètres autour de l'Institut, jusqu'à la ville de Haussun Sassey ; on la voit de loin, à cause de son dôme de smog. Quand on arrive des hauteurs d'Haussun, et pour peu qu'il fasse beau, la vue est d'une splendeur martienne : les infrastructures des usines étincellent au fond de la brume délétère, les tuyères luisent comme des anguilles, le dos rond des hangars ruisselle de soleil. Vu de près, c'est moins gracieux. Tout l'IEPT rêve de mettre la main sur le type qui a ainsi appliqué à la lettre l'idée pleine d'esprit de rapprocher le monde universitaire de celui de l'entreprise. Lui mettre la main dessus et ensuite, lui faire prendre un bain dans le canal. C'est un fantasme sadique, car Vieux Baiser charrie l'intégralité des déchets industriels du Trident plus une bonne partie des déchets domestiques de Haussun Sassey. Un centre de traitement des eaux usées est censé intervenir quelque part en amont, mais ce sont des rumeurs peu dignes de foi. A hauteur de l'IEPT, on a installé le long du canal un grillage protecteur que les émanations acides ont depuis longtemps réduit en loques. Les panneaux « Baignade interdite » ont fait rire des générations d'étudiants : la mousse qui recouvre Vieux Baiser, nuancée depuis le jaune pisse jusqu'au vert morve et secouée de brusques remontées de gaz, donne envie de vomir, de fuir ou d'éteindre sa clope mais jamais - jamais - de nager. Tout ça n'empêche pas l'IEPT d'être « une bonne université remplie de bons profs avec du bon matos ». Je me récitais cette devise quand je sentais la foi me quitter, et chaque fois je faisais un petit bâton sur un petit carnet. Dès que j'avais une pleine page de petits bâtons, je sautais dans mon cendrier roulant, une R5 en ruine, et filais vers Hauss boire un peu d'oxygène et beaucoup de bière dans un bar downtown. Ceci mis à part, j'étais une thésarde modèle, passant un tiers de mon temps en amphi, un tiers à dormir dans une cellule tapissée de posters des Editions du Désastre, et le troisième tiers à me préoccuper du matériel : refouler les resquilleurs dans la queue du restau U, trier la viande du gras, boucher les trous dans la porte des chiottes avec du PQ pour pisser en paix et tabasser la photocopieuse.

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