Centre D'Etudes D'Histoire De La Defense
Centre D'Etudes D'Histoire De La Defense
Comment concilier l’étude des batailles et les méthodes de la Nouvelle histoire ? Ce cahier du CEHD propose une réflexion inédite sur l’articulation entre événement et longue durée.
Quatre nations, quatre façons d’écrire l’histoire militaire : ce recueil inédit révèle les débats, enjeux et défis de la recherche en Italie, Allemagne, Grande-Bretagne et États-Unis. Un éclairage passionnant sur une discipline toujours controversée.
Créé par le ministère de la Défense, le Centre d'études d'histoire de la Défense a reçu pour mission, en liaison avec les Services historiques des trois Armées et en coopération avec d'autres institutions, de promouvoir l'histoire militaire et d'encourager la recherche scientifique dans cette discipline, sans restriction de domaines. Pour atteindre ces objectifs, le Centre a mis en place des commissions spécialisées, destinées à faire se rencontrer universitaires, militaires, chercheurs et étudiants, français comme étrangers, autour de thèmes relevant de l'histoire de la défense. La Commission d'histoire des rapports politico-stratégiques, animée par le professeur Georges-Henri Soutou, est l'une de celles-ci. Quant à eux, les Cahiers d'histoire du C.E.H.D. doivent, entre autres, permettre au public d'avoir accès aux communications des commissions depuis le début de leurs travaux, en 1995. Avec ce cahier n° 3, le C.E.H.D. publie les textes d'exposés présentés dans le cadre de cette commission, laquelle se propose d'étudier l'interface entre l'histoire des relations internationales et l'histoire militaire, la zone où se recoupent les questions internationales et les problèmes de défense. On pense en particulier aux alliances, à la conduite de la guerre, c'est-à-dire à la stratégie générale au niveau gouvernemental, ou encore aux différentes questions liées aux questions de désarmement. Cette démarche est inspirée par une interprétation clausewitzienne des rapports entre la guerre et la politique. Une telle interprétation semble en effet historiquement fondée pour toute l'histoire des relations internationales et de la stratégie depuis les origines, en tout cas depuis Thucydide. On trouvera donc ici une analyse de la situation géopolitique dans le Pacifique au lendemain de la Première Guerre mondiale ; le récit des contacts militaires franco-soviétiques au début des années trente ; l'analyse de la politique française vis-à-vis de l'Alliance atlantique, depuis la fondation de celle-ci jusqu'à l'affaire de la CED, en 1954 ; les positions du Royaume-Uni et de la France par rapport au problème de la défense de l'Afrique, dans les années cinquante ; le problème de l'armement nucléaire dans les négociations pour l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun, au début des années soixante ; les convergences et la coopération stratégiques sino-américaines depuis 1949 ; et l'Amérique centrale pendant la guerre froide.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le 7 juin 1997, le Centre d'études d'histoire de la Défense organisait, autour de neuf intervenants, un séminaire pour aborder sous des angles variés la « peinture de guerre » aux XVIIe et XVIIIe siècles. Officiels, des artistes, tels ceux du Dépôt de la Guerre, sont les premiers à produire leurs esquisses sur le terrain et parviennent à « perpétuer une tradition de prestige et non la réalité quotidienne », par un art « à la fois intellectuel, dans la perfection abstraite de la tactique, et physique dans l'expression martiale des corps lancés dans la bataille » (Isabelle Bruller) ; tel encore un Van der Meulen qui « livre une vision des guerres de Louis XIV savamment étudiée pour servir la gloire du souverain » (Isabelle Richefort). Plus « réalistes » sont ces peintres de détails, tels le « graveur d'histoire » Callot, dont la « démarche intellectuelle et graphique n'est pas sans évoquer celle de l'enquête ethnographique de terrain » (Colette Foissey), ou Watteau qui « peint l'intraduisible en somme, l'intime espace intérieur qui se profile dans les êtres quand ils connaissent l'infortune de la guerre » (Arlette Farge). Le cadre dans lequel sont placées ces « peintures de guerre » est évoqué par un tour d'horizon des grands décors de galeries telle la « galerie de Diane » à Fontainebleau (Frédéric Lacaille), une étude plus précise, dans la même optique, de l'Escalier des ambassadeurs à Versailles qui « associe la louange allégorique du roi héros à la représentation réaliste » (Pascal Torres-Guardiola) ; l'étude également, inattendue, d'un manuscrit inédit, qui « malgré sa destination, échappe presque totalement aux conventions » (François Robichon). Enfin, deux études un peu à part : celle des « peintres de marine », tels Nicolas-Marie Ozanne (François Bellec) ; et celle d'un tableau plus particulièrement, la Bataille de Marengo, qui « tente une synthèse entre deux types picturaux, peinture d'histoire d'une part, et dessin topographique d'autre part » (Jérémie Benoît). À travers l'étude de ces « peintures de guerre », c'est à une réflexion inédite sur les relations entre représentations, arts graphiques et mentalités que ce recueil nous convie.