Charles Enderlin
Charles Enderlin
Que dirait aujourd’hui Hannah Arendt en apprenant que Benjamin Netanyahu a créé une agence gouvernementale de « l’identité nationale juive » ? Dès 1951, elle alertait des dangers qui guettaient l’État-nation Israël à sa création : « Cette solution de la question juive n’avait réussi qu’à produire une nouvelle catégorie de réfugiés, les Arabes accroissant ainsi le nombre des apatrides et des sans-droits de quelque 700 000 à 800 000 personnes. »
Charles ENDERLIN Le Grand Aveuglement. Israël face à l'islam radical Préface inédite Espaces Libres - Histoire En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, les gouvernements israéliens successifs ont joué avec le feu pendant des décennies. N'ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être « l'antidote à l'OLP » ? À l'époque, les États-Unis eux-mêmes, en finançant et armant les Moudjahidines afghans, avaient sous-estimé la menace islamiste. Ils découvriront trop tard qu'ils ont contribué à la création d'Al-Qaïda et de Daesh. À partir de sources exceptionnelles, souvent exclusives, Charles Enderlin révèle l'aveuglement et, parfois, le double jeu des services de renseignement et des responsables politiques, à Jérusalem comme à Washington. Il montre comment, par-delà leurs antagonismes, les fondamentalistes ennemis sunnites, chiites et juifs concourent à maintenir le Proche-Orient dans un état de guerre permanent. Une alliance aussi paradoxale que meurtrière, nourrie par une même vision eschatologique : le chaos et le sang hâteront l'avènement du Messie pour les uns, du Mahdi pour les autres Charles Enderlin est journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur le conflit israélo-palestinien.
Charles Enderlin retrace ici un demi-siècle d'espoirs et de violences au Moyen-Orient. Arrivé en Israël en décembre 1968, il sera très vite familier de la vie politique israélienne, interlocuteur de choix des civils comme des militaires, de la gauche comme de la droite, des religieux comme des laïcs, et des Palestiniens, de l'OLP comme des islamistes. Il assiste dès la guerre d'octobre 1973 aux grands événements de la vie du pays et du Proche-Orient. Devenu correspondant pour France 2, il va, des années durant, expliquer en pédagogue aux téléspectateurs français les arcanes d'un conflit d'une rare complexité, et leur dévoiler le dessous des cartes. Ce souci d'indépendance lui façonne une image de reporter courageux et d'interviewer coriace, mais fait aussi de lui un ennemi pour les extrémistes de tous bords. Toujours sur la brèche de l'actualité, partout aux premières loges, le récit épique qu'il fait ici de cinquante ans de bruits et de fureur, mais aussi d'espoirs et de communions, nourris aux informations les plus précises et parfois les plus secrètes, est à la fois une leçon de journalisme et de clairvoyance.
La Révolution française les avait émancipés : elle leur avait accordé les mêmes droits civils et politiques qu’aux autres nationaux à condition qu’ils acceptent de reléguer la pratique religieuse dans la sphère privée. Les Juifs de France jouèrent le jeu et se dévouèrent sans compter à la République, apportant leur contribution au développement de la démocratie et de la laïcité. C’est la grande époque du franco-judaïsme. Malgré les persécutions antisémites dont ils sont l’objet sous Vichy, les Juifs de France continuent, après la Libération, d’être animés par l’esprit d’intégration républicaine, en dépit de la création de l’État d’Israël (1948). C’est la vague des rapatriés d’Afrique du Nord, après les indépendances, qui donne la première inflexion : les nouveaux venus n’ont pas la même culture de l’intégration que les Juifs issus de l’est européen. La guerre de Six Jours (1967) marque le tournant : Israël attend des Juifs du monde entier un soutien sans faille. S’amorce alors la formation du franco-sionisme : fidélité au pays d’appartenance, bien sûr, mais aussi à Israël et à sa politique, quelle qu’elle soit. C’est ainsi qu’aujourd’hui les institutions dominantes du judaïsme français s’efforcent de convaincre les Juifs que leur destin est lié non plus au principe d’une République juste et exigeante, mais à un « État nation du peuple juif » à tendance messianique et qui discrimine les minorités non juives. Du franco-judaïsme dominant sous la IIIe République au virage franco-sioniste d’aujourd’hui, l’histoire des Juifs de France a connu bien des vicissitudes. La voici racontée par l’un de leur fils, sur la base d’une documentation exceptionnelle et à travers un récit riche et coloré. Charles Enderlin est journaliste. Il a été le correspondant de France 2 à Jérusalem de 1981 à 2015. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le Proche-Orient.
Plongeant ses sources dans la haute antiquité biblique, le fondamentalisme messianique juif a pris son essor en juin 1967, après la conquête de la Cisjordanie et, surtout, du Haram Al-Sharif, le troisième lieu saint de l'Islam - là où se trouvent aussi les ruines du Temple d'Hérode, là où le patriarche Abraham avait prétendu sacrifier son fils Isaac. Convaincus que le monde est entré dans l'ère eschatologique, les militants de ce mouvement religieux, allié à la droite nationaliste, s'opposent à toute concession territoriale, et a fortiori à la création d'un Etat palestinien souverain et indépendant. Les idéaux, la politique, les principes qui avaient inspiré le sionisme des origines, libéral et pragmatique, ont été, à mesure que progressait la pénétration du fondamentalisme juif dans la société israélienne, de plus en plus marginalisés. Dans ce nouveau document d'enquête, Charles Enderlin décrit la lente diffusion de l'idée messianique et son corollaire, le développement de la colonisation juive en Cisjordanie, qui rend impossible toute solution à deux Etats. Un nouvel Israël est-il en train de naître, menant le Proche-Orient à un point de non-retour ? Charles Enderlin est le correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981.
Correspondant d'Antenne 2 à Tel-Aviv, l'auteur propose la biographie du Premier ministre israélien. « Copyright Electre »
Voici le récit captivant du combat des Juifs de Palestine depuis la révolte arabe des années 1930 jusqu'à la fondation d'Israël. Un combat qui fut aussi une guerre totale. Notamment à partir de 1944, lorsque les trois organisations paramilitaires juives (Haganah, Stern, Irgoun), après avoir fédéré leurs forces contre l'occupant anglais, lancent des commandos armés contre les postes de police et les bases militaires, détruisent l'Hôtel King David, multiplient les attentats en Palestine et à l'étranger. Les Britanniques ripostent par des exécutions et des déportations. En ce temps-là, les têtes de Menahem Begin, d'Yitzhak Shamir et de bien d'autres futurs responsables politiques de l'État sont mises à prix pour faits de terrorisme. Et après l'Indépendance, en mai 1948, ce sont eux que l'on retrouvera logiquement à la pointe du combat contre les forces arabes. Car c'est par le feu et par le sang qu'Israël a vu le jour.Fondé sur une enquête auprès des derniers témoins de cette aventure, sur des sources souvent inaccessibles en français et sur de nombreux dossiers inédits, ce document éclaire d'un jour décisif un épisode crucial, et pourtant des plus mal connus, de l'histoire contemporaine.
Leaders politiques et négociateurs de l'ombre, chefs militaires et agents des services de renseignements, Charles Enderlin les a rencontrés, Israéliens comme Palestiniens. Et c'est en témoin privilégié qu'il livre ici la chronique de la descente aux enfers des deux sociétés, au rythme infernal des attentats-suicides et des ripostes de Tsahal. De l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon, en février 2001, à la guerre du Liban, en juillet 2006, le Proche-Orient a connu les années les plus meurtrières d'un conflit aujourd'hui vieux d'un demi-siècle. Comment le tragique aveuglement des deux parties a-t-il plongé la région dans un tel chaos ? Les mauvais calculs politiques des Palestiniens ont conduit le Fatah à la défaite et les islamistes à la victoire. En Israël, la politique unilatérale et les nouvelles doctrines militaires ont eu des conséquences désastreuses pour les deux camps. lntifida d'al-Aqsa, 1 1 Septembre, guerre en Irak, construction du mur, retrait de Gaza, fin du règne des deux vieux ennemis Arafat et Sharon, victoire électorale du Hamas et guerre du Liban : Charles Enderlin révèle les logiques implacables à l'oeuvre derrière les événements marquants d'une période confuse, et fait oeuvre d'historien du temps présent - un travail essentiel pour tous ceux qui cherchent à comprendre sans juger et veulent toujours croire à la paix.