Charles Nordmann
Charles Nordmann
Naguère, avant Einstein, avant le début de l'ère relativiste, on croyait assez communément que l'espace réellement occupe par un objet était suffisamment et explicitement défini par ses dimensions dans le sens de la longueur, de la largeur, de la hauteur. Ces données sont ce qu'on appelle les trois dimensions d'un objet ; comme encore, si on préfère employer d'autres points de repères, la longitude, la latitude et l'altitude de chacun de ses points, ou bien, en astronomie, l'ascension droite, la déclinaison et la distance. Il était bien entendu et bien connu qu'on outre il fallait préciser l'époque, l'instant auquel correspondaient ces données. Si je définis la position d'un aéronef par sa longitude, sa latitude et son altitude, ces indications ne sont exactes que pour l'instant considéré, puisque l'aéronef se déplace par rapport au repère, - et cet instant doit être lui aussi donné. En ce sens, on sentait depuis longtemps que l'espace dépend du temps. Mais la théorie relativiste montre qu'il en dépend d'une manière bien plus intime encore et bien plus profonde, et que le temps et l'espace sont aussi liés et solidaires qu'on ne peut les séparer sans tuer l'un et l'autre. Les dimensions d'un objet, sa forme, l'espace apparent occupé par lui dépendent de sa vitesse, c'est-à-dire du temps que met l'observateur à parcourir une certaine distance par rapport à cet objet. A cet égard déjà l'espace dépend du temps ; mais on outre, l'observateur mesure ce temps avec un chronomètre dont les secondes sont plus ou moins précipitées selon cette vitesse. Donc définir l'espace sans le temps est impossible. C'est pourquoi on dit maintenant que le temps est la quatrième dimension de l'espace, et que l'espace où nous vivons à quatre dimensions.
Pays basque, début du XXe siècle : Marie d’Abbadie d’Arrast y observe la vie quotidienne des femmes et des enfants, entre traditions ancestrales et légendes mystérieuses.
Dans 'Les Révolutions Scientifiques : Trois Ouvrages Classiques', les thèmes centraux explorent l'émergence et l'impact des découvertes scientifiques qui ont radicalement transformé notre compréhension du monde. Cette anthologie rassemble une diversité de styles littéraires allant de la prose analytique à l'exploration théorique, chaque oeuvre apportant une dimension unique aux révolutions intellectuelles qu'elle décrit. Les pièces retenues pour cette collection sont des exemples notables des oeuvres marquantes du corpus scientifique, mettant en lumière les jalons dans les domaines de la biologie, de la physique et de l'astronomie. La variété des approches reflète l'importance historique et scientifique de chaque texte contenu dans ce volume. Charles Darwin, Raoul Pictet et Charles Nordmann, à travers leurs contributions respectives, ont redéfini leur époque en instaurant des paradigmes aujourd'hui fondamentaux. Darwin, avec sa théorie de l'évolution par sélection naturelle, a transformé notre perception de la vie. Pictet, en explorant des lois de la thermodynamique, et Nordmann, avec ses réflexions sur l'astronomie, ont ouvert des horizons insoupçonnés dans leurs champs. Collectivement, ces auteurs illustrent la convergence des avancées scientifiques avec les mouvements littéraires de leur temps, notamment le positivisme, qui prône l'interconnexion des savoirs. Cette anthologie est une invitation à chacune des parties à s'engager dans un dialogue transversal des idées. Elle représente une opportunité inestimable pour ceux qui aspirent à comprendre la richesse du discours scientifique à travers l'évolution de la pensée humaine. Mêlant perspectives variées et transdisciplinaires, cet ouvrage encourage les lecteurs à embrasser non seulement la profondeur mais aussi la portée historique des grandes révolutions scientifiques qui continuent d'influencer les discours académiques et culturels. Avec une telle richesse thématique et stylistique, cette collection saura éveiller la curiosité intellectuelle de chacun.
Les théories d'Einstein causent dans la Science un profond bouleversement. Grâce à elles le monde nous paraîtra plus simple, plus coordonné, plus uni. Nous sentirons mieux désormais qu'il est grandiose, cohérent, réglé par une harmonie inflexible. Un peu de l'ineffable nous deviendra plus clair. Les hommes traversent l'Univers, pareils à ces poussières qui, dans l'or fin du rayon de soleil filtrant par une persienne, dansent un instant puis retombent aux ténèbres. Est-il une manière plus belle et plus noble de remplir la vie que de se gorger les yeux, la tête et le coeur de l'immortel et pourtant si fugitif rayon? Regarder, chercher à comprendre le magnifique et surprenant spectacle de l'Univers, quelle plus haute volupté? Dans la réalité il y a plus de merveilleux, de romanesque que dans toutes nos pauvres rêveries. Dans la soif de savoir, dans l'élan mystique qui nous jette au coeur profond de l'Inconnu, il y a plus de passion et de douceur que dans toutes les fadaises dont s'alimentent tant de littératures. Je tâcherai de faire comprendre, avec exactitude, la révolution apportée par Einstein. Je tâcherai aussi d'en marquer les limites et de préciser ce que, au total, nous pouvons réellement connaître aujourd'hui du monde extérieur vu à travers l'écran translucide de la Science.
"Ce livre n'est pas un roman. Et pourtant... Si l'amour est, comme l'assure Platon, un élan vers l'Infini, où donc fleurit plus d'amour que dans cette curiosité passionnée qui nous jette, tête baissée, coeur haletant, contre le mur mystérieux du monde extérieur ? Derrière, nous sentons qu'il se passe quelque chose de sublime. Quoi ? En le cherchant les hommes ont fondé la Science. Dans ce mur qui nous masque la réalité un coup gigantesque vient d'être porté par un homme supérieur, Einstein. Grâce à lui, à travers la brèche entr'ouverte, un peu des lumières cachées filtre maintenant jusqu'à nous, et le regard en est charmé, ébloui. Je voudrais glisser dans ce livre, avec des mots simples et clairs si je puis, un léger reflet de cet éblouissement. Les théories d'Einstein causent dans la Science un profond bouleversement. Grâce à elles le monde nous paraîtra plus simple, plus coordonné, plus uni. Nous sentirons mieux désormais qu'il est grandiose, cohérent, réglé par une harmonie inflexible. Un peu de l'ineffable nous deviendra plus clair. Les hommes traversent l'Univers, pareils à ces poussières qui, dans l'or fin du rayon de soleil filtrant par une persienne, dansent un instant puis retombent aux ténèbres. Est-il une manière plus belle et plus noble de remplir la vie que de se gorger les yeux, la tête et le coeur de l'immortel et pourtant si fugitif rayon ? Regarder, chercher à comprendre le magnifique et surprenant spectacle de l'Univers, quelle plus haute volupté ?"