Chaussinand-Nogaret
Chaussinand-Nogaret
Mirabeau s'est imposé à ses contemporains - comme à la postérité - comme une des figures les plus fascinantes de la Révolution. Brillant mais intrépide, il use une partie de sa jeunesse dans l'affrontement avec son père. Interdit, embastillé, victime de l'arbitraire, il est devenu l'apôtre de la liberté. Aristocrate, mais écoeuré par l'injustice des privilèges, la morgue des nobles et de la roture fardée, il a pris fait et cause pour le Tiers État. Adversaire résolu de la monarchie absolue, il a été, dans la Révolution, le plus ardent défenseur d'un régime constitutionnel et du parlementarisme. Préserver les droits de l'individu, garantir sa liberté contre tout retour de despotisme et, en même temps, assurer au pouvoir exécutif l'autorité suffisante pour éviter les risques d'anarchie, de démembrement ou de faiblesse : telle fut la signification de son combat qui fit de lui le tribun légendaire de la Révolution et le rempart de la liberté contre les tentations terroristes auxquelles les révolutions n'échappent jamais.
Tu n'es pas galant, La Marche, un Français ne doit jamais oublier ce qu'il doit aux femmes. L'obscur faux-monnayeur que la Terreur rend stupide, vient de couper le pas à Mme Roland, qui le rappelle à la courtoisie. La scène se passe au pied de l'échafaud : leurs têtes vont tomber. Mme Roland avait été la reine de Paris. Danton l'avait courtisée ; Robespierre, à sa vue, s'était chastement bandé les yeux. Elle avait gouverné la République, et on l'accusait d'avoir converti le ministère en tripot. Girondins et Montagnards, à son nom, s'étaient entre-tués et la France avait manqué s'abîmer dans ce formidable combat. Qui était cette femme qui milita pour son sexe, inventa la République et gouverna la Révolution ? Condamnée par le tribunal révolutionnaire, elle attend aujourd'hui le jugement de l'Histoire.
Le 10 mai 1774, la mort de Louis XV place sur le trône un jeune homme inexpérimenté, timide, cultivé mais élevé sans affection, et peu formé à l'exercice du pouvoir. Durant quinze ans, Louis XVI et Marie-Antoinette vivent dans l'univers clos de Versailles, étrangers aux réalités du royaume. Pourtant, la situation économique, politique et sociale du royaume est difficile. Les Français ne veulent plus s'accommoder d'un gouvernement autoritaire, qui refuse de les comprendre, ni de magistrats et d'officiers royaux plus attachés à leurs privilèges qu'à des changements devenus indispensables. Arrive l'été 1789 : le roi perd le contrôle des États généraux, cependant réunis à sa demande. Dès lors se succèdent les événements qui aboutiront à la chute de la monarchie et que Louis XVI se voit imposer sans savoir les accepter ni pouvoir s'y adapter : le serment du Jeu de paume, la prise de la Bastille, l'abolition des privilèges, la Déclaration des droits de l'homme, la monarchie constitutionnelle, la fête de la Fédération... Trop attaché à un absolutisme dépassé, Louis XVI sera condamné, au terme d'un procès bâclé, à mourir sur l'échafaud, le 21 janvier 1793.
"PEUR Adossé à la paroi, le marcheur risque un regard en direction du vide. Ne pas se pencher. Ne pas bouger. Ne pas rester immobile. Il a peur. Peur à l'état pur, entre l'hostilité massive de la paroi dans son dos et l'hostilité friable du sol sous ses pieds. Et en dessous encore, le vide. L'irréversible. Il sent à cet instant le fil de son existence, tendu à se rompre. Lui à chaque extrémité. Depuis le temps, il l'avait oublié, on n'en avait plus conscience ou si peu. Tout juste parfois un poids sur les épaules, léger tiraillement au niveau du cou. L'homme regarde en bas. Penser avec ses pieds, de tous ses sens, penser de toute la peur qui résonne en lui. Spectateur de sa propre existence un instant de plus et le spectacle est terminé. Faire un pas."