Christian Gollier
Christian Gollier
Les générations futures vont subir un changement climatique dont l'intensité dépendra des sacrifices auxquels nous consentirons pour affronter nos responsabilités. Il est encore temps d'agir. Néanmoins, devant la myriade d'actions possibles, quelles sont celles qu'il faudrait rationnellement mettre en oeuvre, à quel coût, à quelle intensité, et quand ? S'il est manifeste que nous avons jusqu'à présent privilégié la « fin de mois », jusqu'où aller pour renforcer la prise en compte des impacts à très long terme de nos efforts, et de leur soutenabilité ? Quelle confiance accorder à la croissance économique et à la recherche scientifique ? Dans sa leçon inaugurale, Christian Gollier présente deux outils opérationnels déterminants pour identifier les actions à mettre en oeuvre pour le climat : le taux d'actualisation et la valeur du carbone.
Face à l'urgence climatique, Christian Gollier démontre que l'action coûte moins cher que l'inaction, à condition de gérer la transition avec rigueur.
Sous la coordination de Marie-Laure Barut-Etherington, Directrice générale adjointe à la Banque de France, et de Pierre Bollon, membre du Comité économique et social européen, Secrétaire général de l'Observatoire de l'épargne européenne et Directeur des affaires européennes de la Fédération des entreprises immobilières, ce numéro 158 de la Revue d'économie financière donne la parole à des économistes, chercheurs, acteurs du secteur financier et décideurs publics, pour éclairer les débats et proposer des pistes d'action concrètes. Il ne prétend pas clore le sujet, mais offre des clés de lecture précieuses pour mieux comprendre les enjeux d'une épargne qui, loin d'être un simple comportement individuel, est au coeur de notre avenir collectif. Pourquoi épargnons-nous ? Où va notre épargne ? Et comment mieux mobiliser cette ressource pour répondre aux grands défis économiques, sociaux et environnementaux ? Ce numéro de la Revue explore en profondeur les multiples facettes de l'épargne, à travers une approche à la fois empirique, historique et prospective. Dans un contexte où le taux d'épargne des ménages français reste structurellement élevé, bien au-dessus de la moyenne européenne, ce numéro interroge les ressorts de ce comportement : prudence face à l'incertitude, préférence pour les produits liquides et peu risqués, ou encore effets des politiques publiques. Elle met aussi en lumière les paradoxes d'une épargne à la fois populaire et concentrée, abondante mais parfois mal orientée. Réunissant 36 auteurs et autrices, et riche de 20 articles, le thème central de ce numéro se décline en 3 chapitres analysant, chacun, une facette de cette problématique : Panorama de l'épargne en France et en Europe, ses évolutions récentes, ses spécificités nationales, et les transformations des comportements depuis la crise sanitaire. Tour d'horizon des comportements d'épargne analysés selon les revenus, les cycles de vie, les préférences de risque, ou encore le statut conjugal, avec un éclairage sur les nouveaux investisseurs et les enjeux d'éducation financière. Mobiliser l'épargne au service de l'économie, à travers les défis du financement de la transition écologique, de la défense, de l'innovation, du rôle clef des sociétés de gestion, des assureurs et des banques et des propositions pour bâtir enfin une Union européenne de l'épargne et de l'investissement. Un numéro à lire absolument par quiconque s'intéresse à l'économie, à la société et aux leviers de transformation de notre modèle.
Pratiquement inconnu jusqu'au milieu des années 90, le « principe de précaution » est devenu, avec l'affaire de la vache folle, une expression populaire. On le brandit désormais comme le talisman dont la seule invocation devrait protéger les citoyens contre tous les risques qui les menacent, et l'on invoque son application dans les domaines les plus hétérogènes (climat, couche d'ozone, OGM, santé, jusqu'aux conditions d'utilisation des armes sur les champs de bataille), au point que ce principe, apparu dans les années 70, devient synonyme de politique de sécurité. Il n'y aura bientôt plus personne qui ne se croira obligé d'agir par précaution. Cet ouvrage se propose de clarifier ce principe en réunissant trois expertises, économique, juridique et philosophique.
Toute action publique et privée envers le bien commun devrait être guidée par des principes moraux transparents. Dans notre société, où les marchés financiers jouent un rôle central en s'arrogeant le droit de vie ou de mort sur des pans entiers de l'activité économique, sur la survie des États endettés, les experts de la finance se posent rarement la question de la moralité de ces comportements, de leur compatibilité avec l'intérêt général. Face aux défis majeurs et potentiellement catastrophiques du changement climatique et de la hausse des inégalités, il est indispensable d'orienter le capital global vers des projets créateurs de valeur sociétale. Christian Gollier développe une méthode puissante permettant de traduire nos aspirations morales pour un monde meilleur en outils de gestion financière pour les particuliers et les entreprises. Il propose différentes pistes afin de permettre aux acteurs financiers de mieux contribuer à la construction d'une société meilleure, et répondre aux exigences grandissantes de responsabilité sociétale des entreprises. Publication originale : Columbia University Press, 2018. Traduit de l'anglais par Laurent Bury
On a longtemps vendu à l'opinion publique l'illusion aujourd'hui hautement inflammable d'une transition écologique merveilleuse, qui créerait emplois et richesses pour tous, tout en redonnant à la nature son lustre d'antan. Cette caverne d'Ali Baba n'existe pas. Au contraire, quoi que l'on fasse, la lutte pour le climat est attentatoire au pouvoir d'achat. Elle nous oblige à nous détourner à moyen terme de cette énergie fossile qui a fait notre fortune pendant deux siècles et à demander aux pays en développement d'en faire autant. Cette guerre pour le climat ne pourra se gagner sans la mobilisation de chacun. Cela nécessite d'appliquer le principe pollueur-payeur, en imposant un prix universel du carbone reflétant la valeur du dommage qu'il génère, quitte à le compenser pour les plus pauvres. Mais les Français sont-ils prêts à sacrifier un peu de leur bien-être aujourd'hui pour améliorer beaucoup le bien-être d'autrui, même si cet autrui n'est essentiellement pas français, et qu'il n'est probablement même pas encore né ? Pour la plupart, ici et ailleurs, la fin du mois passe avant la fin du monde. Ce constat dérangeant pose la question de nos responsabilités envers l'humanité.