Christiane Chaulet Achour
Christiane Chaulet Achour
Ce livre présente une synthèse des littératures francophones des pays du Sud, qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s'est poursuivie depuis les indépendances. Ces littératures demeurent trop peu visibles en France malgré la renommée d'un Léopold Sédar Senghor ou d'un Aimé Césaire, et sont l'occasion de découvrir des univers culturels fascinants, tant dans leur dimension esthétique que dans leur portée anthropologique. Mais il faut, avant tout, distinguer la Francophonie en soi et les francophonies littéraires au pluriel, dans les anciens espaces coloniaux et dans leurs réalités géographiques et sociales d'aujourd'hui. Christiane Chaulet Achour, professeure de littérature générale et comparée à l'Université de Cergy-Pontoise, est une spécialiste des littératures francophones des pays du Sud. Elle a récemment publié : À l'aube des Mille et une nuits. Lectures comparatistes, 2012 ; La France et l'Algérie en 1962. De l'Histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre, avec Pierre-Louis Fort, 2013 ; Jeux de dames. Postures et positionnements des écrivaines francophones (collectif), 2014 ; Esclavages et Littérature. Représentations francophones, 2016.
Les Mille et Une Nuits, source d'inspiration littéraire, modèle de construction textuelle ou mythe de l'image du féminin avec le personnage de Schéhérazade. Les auteurs interrogent ici, dans des études comparatistes, le rayonnement des Mille et Une Nuits. Sont abordés ici son influence sur les autres textes, les connexions plus ou moins conscientes établies avec d'autres auteurs, la réception qui a pu en être faite dans différentes cultures. De Jules Verne en passant par la Russie, du Dictionnaire des mythes féminins au Manuscrit trouvé à Saragosse, ce volume est une invitation à la déambulation, sur les traces laissées par ce texte fondateur de la littérature orientaliste.
Trois destins de femmes, trois énigmes à résoudre. Une héroïne affronte les tempêtes de l’Histoire, une jeune femme s’évapore dans l’étrange, et une vieille dame emporte ses secrets dans l’ombre.
Si les racines de l'écrivain Camus n'ont pas été oubliées, l'appartenance de son oeuvre au patrimoine littéraire algérien est beaucoup plus contestée. Pour étayer cette hypothèse de lecture, ici retenue, l'étude privilégie une analyse de L'Étranger montrant l'interdépendance entre la cohérence interne du récit et son inscription dans une époque dont les aspérités sont en partie polies par les réussites d'une écriture. L'universalité qu'acquiert le roman explique son étoilement fécond dans des écritures contemporaines ou postérieures. Intégré à l'analyse, le contexte algérien devient une voie éclairante pour la compréhension des textes. L'Algérie - et Alger plus particulièrement - sont terre de bonheur et de plénitude, terre de misère et de conflit. Complicité avec les hommes et incompréhension, fusion avec la nature et éloignement : ces tensions expriment la relation intime que l'écrivain établit avec son pays d'origine où les ethnies s'ignorent et se jaugent, cohabitent et s'opposent les unes aux autres dans la violence. L'Étranger, La Peste, L'Exil et le Royaume, Le Premier Homme nous convient à retrouver l'Algérie de Camus. Autour de lui, Jean Pélégri, Kateb Yacine, Jean Sénac, Mouloud Feraoun, Alain Vircondelet, Rachid Mimouni, Maïssa Bey... Voix et regards algériens de ce siècle, autant de textes qui posent des questions plutôt qu'ils ne se complaisent dans des certitudes.
Jean Sénac est né en 1926 à Béni-Saf, en Algérie, au sein de la communauté espagnole installée dans ce petit port d'Oranie. Dès ses premiers poèmes il est remarqué par René Char et Albert Camus. Il consacre alors sa vie à la création poétique qu'il ne séparera jamais d'un engagement politique de tous les instants. En 1962, il choisit l'Algérie indépendante dont il devient un acteur essentiel de la vie littéraire. Il réalise des émissions de radio et organise des récitals où se révèlent de nombreux et nouveaux talents. Celui qui signait parfois Yahia el Ouahrani, fut assassiné, à Alger, le 30 août 1973. Cet ouvrage réunit hommage, études et une correspondance inédite (lettres et poèmes) entre Jamel-Eddine Bencheikh et Jean Sénac.
Décryptez l’œuvre de Mouloud Feraoun à travers une analyse critique qui interroge la Kabylie mise en texte, son contexte socio-historique et la singularité de sa voix littéraire.
Cet essai interroge les écritures d'écrivains et d'écrivaines d'Algérie ou simplement habitées par l'Algérie, sous l'angle du genre, en cherchant à déceler du féminin ou du masculin à l'oeuvre et à faire apparaître concrètement dans les textes la combinaison inévitable du sexe et du genre. Ce sont huit figures très représentatives des écritures de ce pays, toutes identités et tous sexes confondus qui nous accompagnent au cours de ce vagabondage littéraire : Isabelle Eberhardt, Albert Camus, Kateb Yacine, Leïla Sebbar, Rachid Mimouni, Rabah Belamri, Malika Mokkedem et Maïssa Bey.
Beaucoup a été écrit sur Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain : à sa gloire et à sa charge. En essayant de pister le pourquoi de la magie qu'a exercée et qu'exerce ce roman de lutte et d'espoir, il souhaite donner quelques clefs pour décupler le plaisir que donne le texte, une oeuvre littéraire ayant les moyens de faire advenir dans notre imaginaire des figures et des voix inaudibles jusque-là.
1962-2012. Cinquante ans ont passé depuis les accords d'Evian, la proclamation de l'indépendance de l'Algérie et la fin de celle qu'en France on appelle désormais officiellement la « guerre d'Algérie ». Car si du côté algérien il fut très vite question de guerre (« Guerre de libération nationale »), dans l'Hexagone, on préféra longtemps évoquer les « événements d'Algérie ». Guerre dite « sans nom », au moins du côté français, elle n'a en revanche jamais été sans mots. Au contraire, de part et d'autre de la Méditerranée, des voix se sont élevées pendant mais aussi après ces combats d'une rare violence, pour témoigner, interroger et transmettre. Ces voix, les universitaires et les chercheurs dont les contributions sont réunies dans ce volume les analysent à travers des textes variés : journaux mais aussi - et surtout - oeuvres littéraires diversifiées tant dans leurs genres (poésie, théâtre, roman, littérature de jeunesse, bande dessinée, témoignage) que dans leurs dates de publication (de 1962 à aujourd'hui). Une spécificité de taille a cependant orienté la constitution des corpus d'étude : celle de ne retenir que des textes qui accordent à l'année 1962 une place de choix, de manière à proposer des lectures novatrices et fermement problématisées autour d'une date fondamentale de cette guerre en particulier et de l'Histoire du XXe siècle en général. Comment cette année résonne-t-elle dans les oeuvres ? Parallèlement à son déroulé, que disent-elles de 1962 ? Quel sens lui donne-t-on dans l'un et l'autre pays ? Pour quels imaginaires et pour quelle(s) mémoire(s) ? Christiane Chaulet Achour est professeur à l'Université de Cergy-Pontoise, spécialiste de la littérature algérienne. Pierre-Louis Fort est maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise, spécialiste de la littérature française des XXe et XXIe siècles.
Un nouvel ouvrage sur la question des genres, à partir de la littérature, de la peinture et de la langue ? Pourquoi ? Les manifestations des genres et la séparation ou la porosité entre le masculin et le féminin doivent être approchées autour de zones tranchées, indécidables ou de contact. Que signifie le « neutre » en langue ? Qu'est-ce qui incite une personne de sexe déterminé à utiliser les signes et caractéristiques de l'autre sexe, dans le champ socio-culturel, littéraire, artistique ? Quels sont les signes qui désignent le sexe, comment en joue-t-on et quels sont les effets produits ?